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Bagré pôle, dix ans après : « Il y a eu des difficultés mais il y a beaucoup d’espoir » selon le ministre de l’Economie

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET • jeudi 10 décembre 2020 à 22h10min
Bagré pôle, dix ans après : « Il y a eu des difficultés mais il y a beaucoup d’espoir » selon le ministre de l’Economie

Le Comité national de pilotage des pôles de croissance (CNPPC) au Burkina a tenu, le mardi 8 décembre 2020 à Bagré, sa session de l’année, sous le thème « Pôle de croissance de Bagré, bilan de dix ans de mise en œuvre ». Au-delà des échanges sur la thématique, la session a aussi permis d’apprécier l’état de la mise en œuvre des décisions de la session 2019 du CNPPC ainsi que la préparation des nouveaux pôles de croissance. La session a été présidée par le Ministre en charge de l’Economie, Lassané Kaboré, représentant le Premier ministre.

2011-2020, voilà maintenant 10 années que la mise en œuvre du pôle de croissance de Bagré a démarré. La session ordinaire de 2020 du Comité national de pilotage des pôles de croissance (CNPPC), tenue le 8 décembre 2020 à Bagré, a été l’occasion pour capitaliser les acquis de la décennie de mise en œuvre du pôle de croissance. « C’est l’autorité qui a voulu se baser sur les dix ans d’exercice et réfléchir sur les autres pôles de croissance que nous sommes en train de mettre en place », a indiqué le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré.

Le Comité national de pilotage des pôles de croissance en pleine session

Pour le ministre, le bilan est assez satisfaisant. « C’est vrai qu’il y a eu des difficultés mais lorsque vous regardez ce qui a été fait en dix ans en termes d’aménagement, il y a beaucoup d’espoir » s’en réjouit-il. Selon lui, les acquis majeurs engrangés concernent entre autres la réalisation des infrastructures critiques, l’accroissement des rendements agricoles, le développement du secteur privé et la création de nombreux emplois, l’injection d’environ 14 milliards de F CFA d’investissements privés dans la zone du pôle, une dynamique de sécurisation foncière enclenchée, la réalisation d’infrastructures socioéconomiques en soutien au développement des économies locales et le renforcement des capacités des acteurs.

« Nous sommes partis des premiers aménagements qui n’étaient pas tout à fait aux normes et quand vous observez ce qui se fait, soit avec la Banque mondiale ou avec la BAD (Banque africaine de développement), nous sommes convaincus que cette expérience pourrait faire tache d’huile » s’en convainc le ministre en charge de l’Economie.

Le Directeur général de Bagrépôle explique le plan d’aménagement de la plaine de Bagré, bâtie sur plus de 140 kilomètres

Les bénéficiaires attendent davantage du gouvernement

Avant le début des travaux, le comité a procédé à une visite des réalisations du pôle de croissance de Bagré. Les espaces aménagés sans énergie sont directement attribués aux populations ; plus de 2200 ha de terres sont en cours d’aménagements.

Au cours de cette visite, des titres fonciers ont été officiellement remis à des exploitants de la plaine aménagée. « Nous sommes très satisfaits des actions qui ont été entreprises dans le cadre des travaux du pôle de croissance de Bagré » s’en réjouit Oumarou Zabsonré, représentant des bénéficiaires. Plusieurs paysans sont attributaires de titres fonciers, poursuit-il, « cependant, environ 5000 paysans sont toujours dans l’attente ».

Mahama Baguian communique aux membres du CNPPC, les informations sur l’exploitation de son domaine

Il souligne aussi la problématique de l’écoulement du riz produit dans la plaine rizicole de Bagré. Mahama Baguian, attributaire d’un hectare de terre aménagée, exploite 2 hectares et demi et engrange environ 12,5 tonnes de riz. Avec une marge d’exploitation d’environ 875 000 F CFA, M. Baguian dit être confronté à des problèmes d’écoulement de sa production, d’approvisionnement en intrants de qualité à coût abordable, d’insuffisance d’équipements agricoles, de main-d’œuvre et de terres cultivables.

Prenant la parole, le ministre Lassané Kaboré rassure que plusieurs actions ont été entreprises pour permettre de surmonter certains obstacles. Pour le ministre, il faut d’abord corriger les lourdeurs administratives sur lesquelles les témoignages à Bagré pôle en disent long et deuxièmement résoudre les questions liées aux retards de paiement pour les producteurs.

Sur l’un des sites de production d’alevins, les responsables confient produire bio

Il ajoute : « Même si nous avons commencé avec la remise de quelques titres fonciers, il faut que nous puissions accélérer parce que c’est cela aussi qui va sécuriser les propriétaires terriens ». Deux options ont été adoptées, selon lui, à savoir l’attribution des titres fonciers pour dédommager les propriétaires terriens et le bail pour le reste des agrobusiness. « Nous allons continuer dans cette lancée et faire en sorte que le développement de cette zone puisse être complet et que les paysans, ceux dont on a récupéré les terres, ne puissent pas être lésés » a-t-il promis.

Pour la promotion de la consommation du riz local, le ministre Kaboré informe qu’il y a eu des échanges pour instaurer des quotas dans les consommations des services publics. Mais aussi, ajoute-t-il, « dans les grandes villes, de plus en plus les populations comprennent et il y a espoir que dans les années à venir, les efforts puissent conduire à des consommations plus orientées vers les produits locaux ».

Une unité de production de riz à Bagrépôle.

Le pôle de croissance de Bagré au-delà des difficultés

La construction du pôle pilote de Bagré, explique le ministre Lassané Kaboré, apparait comme un véritable challenge pour le Burkina Faso et doit se révéler à terme comme une expérience réussie, avec des résultats positifs et tangibles en termes d’effets et d’impacts économiques et sociaux d’une part, et d’acquis majeurs à capitaliser pour le passage à l’échelle d’autre part.

Une pose entre les ministres présents à la visite et quelques bénéficiaires des titres fonciers

La session 2020 du Comité national de pilotage des pôles de croissance (CNPPC) a enfin procédé à une appréciation du processus de maturation des autres pôles de croissance, tels que les Agropoles du Sourou et de Samendeni, les pôles de croissance de l’Est et du Sahel, la grappe huilerie de Bobo-Dioulasso, le technopôle ERTIC de Ouagadougou, le technopôle pharmaceutique, etc. Il s’est agi de façon générale, explique le ministre, d’examiner les perspectives en matière de promotion des pôles de croissance sur la période 2020-2022.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

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