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Groupe BOA/Bilan 2023 : Une croissance globale de 26% malgré un contexte économique difficile

Publié le mercredi 1er mai 2024 à 18h40min

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Groupe BOA/Bilan 2023 : Une croissance globale de 26% malgré un contexte économique difficile

Le Groupe Bank of Africa (BOA) a organisé une conférence de presse en ligne pour présenter les résultats financiers de l’année 2023 de ses six filiales cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Cette conférence, qui s’est déroulée le mercredi 24 avril 2024, a été animée par Abderrazzak Zebdani, directeur général de BOA Afrique de l’ouest, et par ailleurs directeur général adjoint du Groupe BOA. Sur le plan financier, le Groupe BOA a réalisé une performance solide en 2023, avec une masse bénéficiaire cumulée atteignant 110 milliards de francs CFA, en hausse notable de 18%. Cette performance est obtenue en dépit des défis économiques et politiques auxquels fait face la banque.

L’année 2023 a été marquée par des défis économiques et politiques pour le Groupe BOA opérant dans l’espace UEMOA. Dans ce contexte complexe, caractérisé par des turbulences politiques et un ralentissement de la croissance économique, le groupe a su démontrer sa résilience et sa capacité d’adaptation.

La résilience

« L’impact des crises sanitaires et sécuritaires dans le monde sur l’inflation a poussé les régulateurs à changer les politiques monétaires pour y faire face. Ce changement des politiques monétaires a aussi eu un impact sur le coût de la ressource, et partant, sur l’activité bancaire. Aussi, en tant qu’institution bancaire, les ressources qui constituent nos matières premières, se font de plus en plus rares », a situé Abderrazzak Zebdani, directeur général de BOA Afrique de l’Ouest.

En guise d’illustration, Abderrazzak Zebdani note que les sanctions sur le Niger depuis juillet 2023, matérialisées par la fermeture des frontières et surtout l’arrêt de transactions avec les autres pays, ont lourdement impacté le niveau de la liquidité et le business de façon générale sur le territoire nigérien. Cela a engendré une légère dégradation du portefeuille, relève-t-il : une baisse de 6,8% de son cours est enregistré, reflétant les répercussions négatives des évolutions politiques du pays. Car plusieurs clients, poursuit-il, étaient dans l’incapacité de respecter leurs engagements. Cette dégradation du portefeuille, a donc nécessité des provisions supplémentaires pour respecter la réglementation.

Cependant, face à cette situation, le Groupe a pu surmonter les difficultés grâce à la mobilisation de l’ensemble des collaborateurs de BOA-Niger. Ainsi, selon la banque, le résultat du Niger est quasiment similaire à celui de 2022, estimé à environ 10 milliards de francs CFA.

Au Burkina Faso et au Mali, Abderrazzak Zebdani mentionne aussi un manque de liquidité qui gêne le système financier. Ce qui ne procure point de visibilité pour financer des projets à long terme, a-t-il indiqué. « Nous arrivons sans problème à gérer le financement des entreprises et des États sur le court terme. Mais au regard de la situation sécuritaire au Mali et au Burkina Faso, nous n’avons malheureusement pas de visibilité lorsqu’il s’agit d’un investissement à moyen et long termes », a-t-il confié.

Le plan de redressement de BOA-Mali achevé

Concernant la BOA-Mali, le plan de redressement a été achevé, selon le directeur général de BOA Afrique de l’Ouest. Il rappelle que la banque était assez souffrante, ce qui a nécessité la mise en place d’un plan d’action énergétique. Pour ce faire, des actions ont donc été menées sur plusieurs volets : assainissement du portefeuille, gestion des immobilisations hors exploitation et charges. Pour monsieur Zebdani, les charges sont aujourd’hui maîtrisées, le portefeuille a été à 99,99% assaini et le problème des immobilisations hors exploitation est désormais de l’histoire ancienne.
Ces actions ont permis de plus que doubler le résultat net dégagé par la BOA-Mali, soutient-il. « Ce résultat est passé de 2,5 milliards de francs CFA à 5,8 milliards de francs CFA, cette année. Avec ce résultat obtenu, l’assemblée générale de BOA-Mali a décidé de distribuer des dividendes aux actionnaires », a-t-il présenté.

Malgré ces défis, les filiales du Groupe BOA cotées à la BRVM ont affiché une progression encourageante. Les encours de crédits agrégés ont augmenté de 5,1%, atteignant 2 348 milliards de francs CFA, bien que les dépôts agrégés aient connu une légère rétraction de -1,9%, s’établissant à 3 324 milliards de francs CFA. Cette croissance des crédits s’est accompagnée d’une amélioration du coût du risque, démontrant la solidité des pratiques de gestion des risques du groupe.

Une croissance globale de 26%

Des propos de monsieur Zebdani, sur le plan financier, le Groupe BOA a réalisé une performance solide en 2023, avec une masse bénéficiaire cumulée atteignant 110 milliards de francs CFA, en hausse notable de 18%. Cette performance a permis à l’ensemble des filiales cotées, de distribuer un dividende global de 67,3 milliards de francs CFA bruts, enregistrant une croissance de 26% par rapport à l’année précédente. Cette distribution de dividendes reflète un rendement élevé, situé entre 10,4% et 12,2%, offrant ainsi une rémunération attrayante pour les actionnaires.
Ainsi, la performance globale enregistrée pour chacune des six filiales, est de 18,6% pour BOA-Bénin, de 45,8% pour BOA-Burkina Faso, de 97,4% pour BOA-Côte d’Ivoire, de 15,9% pour BOA-Mali, de 5,3% pour BOA-Niger et de 41% pour BOA-Sénégal.

La stratégie de diversification bilancielle en faveur des Petites et moyennes entreprises (PME), l’un des principaux axes stratégiques du Groupe BOA, a été poursuivie avec prudence dans ce contexte incertain. Cette approche prudente a contribué à maintenir un niveau de satisfaction des besoins en liquidité, bien que celui-ci ait connu une légère baisse à 74% en fin 2023, contre 100% en fin 2022.

Les stratégies de développement

Pour une meilleure gestion des PME, le Groupe BOA a mis en place des agences baptisées « Espaces business », totalement dédiées à cette clientèle. Et il en dispose de plus d’une trentaine pour prendre en charge les besoins particuliers des PME. La banque a dit être dans un processus de constitution d’un véritable fonds de commerce à accompagner. Ainsi, le nombre de dossiers mis en place durant l’exercice 2023 a progressé, selon Abderrazzak Zebdani, de +16%, générant ainsi une progression des montants débloqués de la production de plus +19%.

Sur le plan de la transformation digitale, monsieur Zebdani relève que l’offre de services proposé à la clientèle répond à 99% des besoins exprimés. « Nous avons énormément investi dans la digitalisation de plusieurs processus en interne. À titre illustratif, la digitalisation du traitement des crédits facilite le déblocage des crédits dans un délai compris entre 24 et 48 heures. Il y a aussi, la digitalisation des traitements des réclamations. Ce qui permet aujourd’hui de pouvoir traiter les réclamations dans un délai de cinq jours. Toutes ces innovations ont pour seul but d’améliorer la qualité des services et de satisfaire la clientèle », a-t-il montré.

Monsieur Zebdani rappelle qu’en tant qu’investisseurs industriels avec un business modèle qui opère dans la durée, leur mission, est de collecter et gérer l’épargne des citoyens, tout en finançant l’économie réelle. Ce financement, fait-il savoir, passe par l’accompagnement des citoyens qui ont des besoins de consommation d’équipements, par le financement des entreprises, surtout celui des PME et le financement des États.

Les perspectives annoncées

Se référant aux différents rapports internationaux, notamment de la Banque africaine de développement (BAD), la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et du Fonds monétaire international (FMI), le directeur général de BOA Afrique de l’Ouest annonce de bonnes perspectives. « Il y a un certain optimisme qui règne au niveau de toute la zone des États du Sahel et surtout avec de bonnes perspectives pour le Niger. Ce, d’autant plus qu’il a été découvert dans le pays un nouveau gisement d’uranium, avec en vue le début véritable d’une exportation de masse de produits pétroliers à travers le pipeline mis en place entre le Niger et le Bénin », a indiqué Abderrazzak Zebdani.

Le Groupe BOA révèle avoir arrêté des budgets très ambitieux au profit de l’ensemble des filiales pour l’année 2024. Sur demande des autorités étatiques à l’endroit des banques opérant dans la zone UEMOA, de porter leur capital à un minimum de 20 milliards de francs CFA, le Groupe BOA entend communiquer un plan d’action à la BCEAO avant juin 2024. Des propos du directeur général de BOA Afrique de l’Ouest, toutes les six filiales cotées à la BRVM, ont suffisamment de fonds propres pour porter leur capital à 20 milliards de francs CFA, par intégration de réserve.

Il faut noter que toutes les banques ont un délai de trois ans pour se conformer à cette norme. « Cette réglementation va être respecter très prochainement sans aucun effort de la part des actionnaires », a assuré Abderrazzak Zebdani. Soulignant les bonnes relations qui existent entre la banque et les autorités des États où elle opère, le Groupe BOA a dit rester confiant et engagé pour les accompagner quelle que soit la situation.

En somme, malgré les défis économiques et politiques rencontrés en 2023, le Groupe BOA a su maintenir sa trajectoire de croissance et démontrer sa résilience financière. Avec une gestion prudente et une stratégie axée sur la diversification et la gestion des risques, le groupe continue de renforcer sa position dans le paysage financier de l’UEMOA.

Lire aussi : Groupe Bank Of Africa : Les six filiales enregistrent un dividende de 53,5 milliards de francs CFA bruts en 2022

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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Messages

  • C’est terrible. C’est du pillage en ordre d’une population tondrable à souhait. Sans défense. Comment expliquer que la vie des gens se complique, les économies s’étiole et vous vous progressez à 26% ? Dans une région normal c’est pas possible.

    • Sans être un spécialiste, je ne pense pas que ce soit des chiffres fiables et crédibles. Connaissant ces Marocains, ils truquent les résultats tout en réduisant les charges et les investissements. Si on interrogeaient leur personnels, ils vont diront les réalités.

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