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Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • vendredi 18 janvier 2019 à 00h23min
Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

Afin de juger de la qualité à mi-parcours de projets routiers de l’Etat, notamment les travaux d’aménagement et de bitumage de la section urbaine RN4 allant au croisement de la RN3 à l’échangeur de l’Est, à Ouagadougou ; de la RN29 Manga-Zabré et de la route Kantchari-Diapaga-Tansarga-frontière du Bénin, un atelier de restitution s’est tenu le jeudi 17 janvier 2019 à Ouagadougou. Le rapport produit est un travail conjoint du REN-LAC et du ministère des Infrastructures, et renforcé par des agents des services déconcentrés des infrastructures routières ; avec l’appui financier de la Banque mondiale.

Les projets routiers de l’Etat avancent très lentement. C’est le constat général qui se dégage des résultats à mi-parcours du suivi citoyen des projets routiers de l’Etat livrés par le trésorier du REN-LAC, Dr Mafing Kondé, ce 17 janvier 2019. « Au niveau de la section urbaine RN4 allant de l’hôpital [Yalgado-Ouédraogo] à l’échangeur de l’Est, les gens continuent à rouler sur les pistes rouges. Pourtant, le marché a été attribué en 2016 à l’entreprise COGEB international SA. Normalement, on devrait avoir l’infrastructure entre 2017-2018 », a confirmé Dr Kondé. Tandis que l’ONEA sollicite trois mois pour enlever ses fils, l’entreprise, de son côté, demande trois mois pour ériger le mini-échangeur.

A la date du 10 octobre 2018, le taux de réalisation physique était de 66,5%. En ce qui concerne les travaux de construction et de bitumage de la RN29 Manga-Zabré, le taux de réalisation est de 12% avec 42,66% de délai consommé et un taux de décaissement d’environ 40%. Les travaux sont exécutés par le Groupement d’entreprises L’Africain des travaux publics SA/Société de grands travaux internationaux/Kanazoé et frères.

Dr Kondé attribue la responsabilité des retards aussi bien à l’administration qu’aux entreprises chargées de l’exécution des projets. Pour se dédouaner, les entreprises évoquent des lourdeurs administratives, la saison des pluies et l’imposition de démarrer les travaux à partir d’un point donné, pour des raisons politiques. Ce fut le cas à Manga, pour tenir compte des festivités du 11-Décembre 2018.

S’agissant des travaux de la bretelle Kantchari-Diapaga (70 km), Diapaga-Tansarga (25 km), Tansarga-frontière du Bénin (50 km), il ressort du rapport que les sociétés (SOROUBAT et la Compagnie sahélienne des entreprises) retenues pour le démarrage des travaux ne disposent toujours pas d’ordre de service, presqu’une année après le lancement officiel des travaux par les autorités, le19 novembre 2017. Mieux, poursuit M. Kondé, « ce qu’on a eu comme information avec le chef de projet, c’est qu’il y a des études qui doivent être reprises au niveau du tronçon Tansarga-frontière du Bénin ».

Les résultats à mi-parcours font également cas des procédures de passation des marchés. A ce niveau, l’analyse des critères de conformité technique du matériel proposé dans le marché de la RN4 révèle une « étrange coïncidence d’exactitude de la qualité de matériel proposé par COGEB (22 quantités/22) pour ce marché et ce qui a été demandé dans le dossier d’appel d’offres ». Dans la même veine, la question des activités connexes n’est pas toujours bien comprise par les acteurs sur le terrain, selon Dr Konfé.

Pour contrecarrer les faiblesses, des recommandations ont été émises par les acteurs impliqués dans le projet. Ils demandent à l’Etat et au ministère des Infrastructures de s’assurer de la capacité effective des entreprises à réaliser les travaux à travers la vérification de leur niveau effectif de plan de charge, avant l’attribution des marchés ; de prendre des dispositions nécessaires pour le démarrage des travaux avant le lancement officiel ; de travailler au respect des engagements pris au cours des activités officielles de lancement, etc.

Ils exhortent les collectivités territoriales à faciliter la communication et la diffusion sur la construction des infrastructures ; à s’approprier, en tant que représentants élus des populations, les réalisations des projets de développement dans leurs localités. A l’endroit des Organisations de la société civile, les acteurs demandent la mise en place de cellules citoyennes actives pour suivre les différentes réalisations d’infrastructures avec l’implication des populations aux différentes étapes des projets. Aussi, ils appellent à tenir compte des réalités locales pour l’organisation de la veille citoyenne.

Le suivi citoyen des projets routiers de l’Etat s’inscrit dans le plan de travail et de budget annuel 2017 du REN-LAC. Pour le secrétaire exécutif, le choix du ministère des Infrastructures comme partenaire n’est pas anodin : « C’est en raison des flux financiers colossaux qui y transitent mais aussi de la qualité défectueuse des produits qui sont livrés par les entreprises ». En réponse à ceux qui veulent faire croire que le REN-LAC fuit « comme la peste la grande corruption », Dr Claude Wetta dira que les trois projets routiers prouvent à suffisance qu’un procès de mauvaise intention leur a été fait.

Le conseiller technique du ministère des Infrastructures, Michel Kafando ; Abibou Tapsoba de la Banque mondiale, ont unanimement félicité le REN-LAC et son partenaire pour cette collaboration fructueuse, avant de souhaiter plein succès aux travaux qui vont certainement améliorer ce qui est déjà fait.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 18 janvier à 00:53, par ANA En réponse à : Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

    Pour le bitumage de la route Kantchari-Diapaga et Diapaga-frontière, j’ai l’impression qu’il de la mauvaise volonté de l’état et des entreprises sinon comment comprendre que depuis le lancement il y a maintenant un an on est toujours à la case départ ? Ou bien il faut attendre 2020 pour accélérer parce que élections

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  • Le 18 janvier à 09:58, par J_oblak En réponse à : Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

    En résumé selon le communiqué, ce qui retarde les travaux de la bretelle Kantchari-Diapaga (70 km), Diapaga-Tansarga (25 km), Tansarga-frontière du Bénin (50 km), c’est qu’il y a des études qui doivent être reprises au niveau du tronçon Tansarga-frontière du Bénin " et l’absence de notification.Ce qui veut dire qu’il y aura une révision du contrat (Avenant au marché) et avenant aux travaux d’études complémentaires. Le BFA est à la croisée des chemins. Les populations sont dans l’attente de la livraison de l’ouvrage et jusqu’à présent pas de notification. On ne signe pas un contrat tout en sachant qu’on ne dispose pas des ressources financières nécessaires à la réalisation de ces routes. Il faut que le Ministère en charge des infrastructures sache qu’un engagement reste un engagement. Les délais prévus doivent impérativement être respectés si le PNDES veut connaitre un score honorable en matière de réalisation d’infrastructures.
    Il faut également remarquer que l’absence de sanctions des entreprises techniquement défaillantes les maintiennent dans leur médiocrité. Avant d’attribuer un marché à une entreprise, il faut vérifier le nombre de contrats similaires réalisés dans les délais et de façon efficiente. Il faut annuellement classer selon le type de marché les meilleures entreprises.

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  • Le 18 janvier à 10:22, par SARKO En réponse à : Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

    Pour la route Didir - Toma -Tougan , le constat est le même . Vous serez édifier par la qualité de travaux . Au cours d’ une mission sur Tougan , nous avons constaté le désarroi des pauvres samo qui assistent impuissants à la mauvaise exécution des travaux .

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  • Le 18 janvier à 18:39, par jeunedame seret En réponse à : Infrastructures routières : Trois projets routiers de l’Etat passés à la loupe du REN-LAC

    Le laxisme ne donne jamais de bons résultats. Le ministre des infrastructures et ses responsables d’attributions de marchés doivent même être punis pour conspiration, incivisme laxisme. Pourquoi souffrir du manque d’estime de soi des autres ? Autorités chiffonnes.

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