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Protection de l’environnement : le Neemd-Naaba Ritaam II plaide pour l’implication de la chefferie coutumière et traditionnelle

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 4 septembre 2018 à 12h10min
Protection de l’environnement : le Neemd-Naaba Ritaam II plaide pour l’implication de la chefferie coutumière et traditionnelle

C’est un acte qui vise à exhorter ces leaders d’opinion, non seulement dans la préservation, mais aussi la promotion de l’environnement. Ce sont donc plus de 400 plants pourvoyeurs de produits forestiers non-ligneux, qui ont été mis en terre, en ce dimanche 26 août 2018, sur ce site sis village de Nahartenga, commune de Toeghin, région du Plateau Central. Cette initiative du Neemd-Naaba Ritaam II, Jean-Paul Tapsoba à l’état civil, député à l’Assemblée nationale, est à sa deuxième édition, après celle de 2014.

« Contribution de la chefferie coutumière à la préservation de l’environnement ». C’est le thème qui a sous-tendu l’édition 2018 de « camp reboisement ». Elle a connu une forte mobilisation des responsables coutumiers et traditionnels et une grande adhésion des populations locales et d’ailleurs.

Pour cette édition également, c’est le député Odagou Goula qui a été choisi comme parrain, et le maire de Toeghin (commune bénéficiaire), co-parrain. Pour le député Goula, cette initiative du ministre du Mogho Naaba, le Neemd-Naaba Ritaam II, exprime une vision noble (protéger et restaurer l’environnement). « Ce que nous avons vu aujourd’hui, c’est un reboisement qui renforce déjà un bois. C’est une bonne chose. On n’attend pas que les zones soient désertes avant de commencer à planter. Il faut commencer dès qu’on sent que le couvert végétal est en train de prendre un coup. C’est une leçon qui a donc été donnée et nous souhaitons que toute la population prenne exemple sur l’initiative de Nemnd-Naaba Ritaam II pour continuer à protéger et à restaurer tout le territoire communal », a analysé le parrain.

Le promoteur du Camp reboisement, Neemd-Naaba Ritaam II, député Jean-Paul Tapsoba

Pour le député, lorsque l’environnement est menacé, c’est la survie même de l’homme qui est en jeu. « Sans un couvert végétal conséquent, nous nous exposons au changement climatique qui engendre beaucoup de catastrophes naturelles », avertit-il. De son avis, cette activité s’inscrit comme un exemple donné non seulement en tant que responsable coutumier, mais également en tant qu’élu, représentant de la nation. C’est pourquoi invite-t-il les autorités à accompagner les populations dans l’entretien des plants mis en terre, et les populations à continuer de reboiser.

Le promoteur de cette action de protection et de promotion de l’environnement, Neemd-Naaba Ritaam II, tout en rappelant qu’il s’agit d’une contribution de sa part pour renforcer le couvert végétal existant, exhorte l’ensemble des Burkinabè à se mobiliser pour ce combat profitable à tous.

« La première édition a eu lieu en 2014 dans la province du Kadiogo et nous avons constaté que plus de la moitié des plants mis en terre, avec le concours des grillages de protection, sont restés et ont grandi, certains ont même donné des fruits », a rappelé le responsable coutumier, député à l’Assemblée nationale. Il relève : « Partout au Burkina où nous allons, aller planter un arbre, il y a l’aspect sociétal qui est pris en compte. C’est-à-dire que qu’il y a l’aspect chefferie coutumière et traditionnelle qui est forcément impliqué ».

Directeur régional de l’environnement du plateau-central, Louis Ouédraogo

Fort des observations, du bienfait et de la place de l’arbre/forêt dans la société, il a exhorté cette catégorie de leaders d’opinion a également mettre l’accent sur ce pan de la société. « Nous souhaitons, à travers cet acte, que les chefs coutumiers également travaillent à sensibiliser l’ensemble des populations, dont ils ont en charge, et celles qu’ils auront l’occasion de rencontrer, les populations qui viendront à les fréquenter dans leur résidence, leur cours royale. Nous souhaitons surtout que, à travers cet acte, précisément pour la commune de Toeghin, et pour le canton de Nahartenga, l’ensemble des ressortissants, des habitants de la commune puissent décider d’accompagner et d’aider l’ensemble des autorités à protéger non seulement ce que nous avons planté aujourd’hui, mais également l’environnement de façon générale », recommande-t-il.

Le chef du canton de Nahartenga, président de cette édition, a, après avoir reconstitué l’origine de son canton, confié qu’il reçoit cette plantation d’arbres comme un signe d’amitié du ministre du Moghoo Naaba, Neemd-Naaba Ritaam II, député Jean Paul Tapsoba.

Rendez-vous est donc pris pour l’édition à venir sur un autre site.

Lefaso.net


Encadré :

L’œil du spécialiste, le directeur régional de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique du Plateau Central, Louis Ouédraogo :

Nous inscrivons ce reboisement dans la vision du ministère cette année, dont le thème est : « Plantons et entretenons les arbres pour contribuer à l’accroissement de la production agro-sylvo-pastorale ». Le Burkina Faso est un pays agricole. Donc, l’économie repose principalement sur l’agriculture, l’élevage et la foresterie. L’acte posé ce matin va contribuer à renforcer durablement la production agricole, animale et forestière, en mettant en exergue les produits forestiers non-ligneux (souvent les gens ne voient pas, mais sa contribution à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire est vraiment énorme). Cette année, la vision, c’est de planter au moins 25% des plantes pourvoyeuses de produits forestiers non-ligneux.

Ce site est bien choisi, parce qu’il est voisin de la forêt régionale, une forêt qui a été acquise par le conseil régional, d’une superficie de 20 hectares. Cela vient vraiment renforcer pour constituer un réseau de barrière contre le phénomène de changements climatiques. Si nous repartons en arrière, on voit que dans les années 35, il y a eu un régime forestier au niveau de l’Afrique occidentale française et en application de ce régime, il y a beaucoup de forêts classées qui ont été construites pour constituer des barrières contre les changements climatiques, qui sont tributaires de l‘action de l’homme (comme la coupe abusive du bois), mais aussi le phénomène naturel.

Ces forêts permettent donc d’atténuer les effets du changement climatique et de renforcer la production agro-sylvo-pastorale. L’expérience a montré que dans les régions où il y a des forêts, il pleut beaucoup plus. Ce reboisement répond aux besoins des populations. Nous voulons aussi salué cet appel du Nemnd-Naaba (Ritaam II) aux populations à se mobiliser derrière le service forestier pour protéger et restaurer l’environnement. C’est en cela que leurs productions agro-sylvo-pastorales vont se maintenir pour répondre à leurs besoins.

La région du plateau-central compte trois forêts classées. En dehors de ces Forêts classées, il existe des forêts qui appartiennent aux collectivités (dont cette forêt) et des forêts villageoises. Actuellement, nous sommes en train d’élaborer des plans d’aménagement pour gérer durablement ces forêts. Nous profitons pour lancer un appel au niveau des autres communes, pour que les gens travaillent à délimiter les autres forêts (que chaque commune, dans chaque village, délimite des espaces de conservation : bois sacrés, mise en défend) pour que le Burkina puisse atteindre le taux normal.

Dans un pays, pour qu’il y ait un équilibre, il faut que la formation végétale atteigne 30% du territoire national. Alors qu’au Burkina, les aires classées occupent un taux de 14%. Il y a donc un effort à faire pour atteindre le seuil normal. Voilà pourquoi, je pense que de telles initiatives valent leur pesant d’or. Et vous noterez la présence ici de quatre députés, qui sont des représentants des populations ; c’est dire que cela va marquer les populations. La question de la protection de l’environnement est au cœur des actions de toutes les institutions du pays. Aujourd’hui, le cap, c’est la protection : plantons et protégeons.

Lefaso.net

Portfolio

  • Député Odagou Goula, co-parrain

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