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Fondation Lucie-Kaboré-Traoré : une campagne de dépistage gratuit au profit des veuves du Burkina

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • lundi 25 juin 2018 à 00h07min
Fondation Lucie-Kaboré-Traoré : une campagne de dépistage gratuit au profit des veuves du Burkina

Après avoir célébré, hier, la 8e édition de la Journée internationale des veuves, la Fondation Lucie-Kaboré-Traoré pour la promotion et la protection des veuves et orphelins du Burkina Faso a organisé, le dimanche 24 juin 2018, une campagne de dépistage gratuite au profit des veuves venues de divers horizons du pays. La Fondation ambitionnait de dépister 450 femmes.

« La plupart des veuves n’ont pas accès à des centres de santé, pas parce qu’elles ne sont pas malades, mais parce que le peu de moyens qu’elles ont, elles le mettent au profit de leurs enfants », constate la coordonnatrice de la Fondation Lucie-Kaboré-Traoré pour la promotion et la protection des veuves et orphelins du Burkina Faso.
Fort de cela et profitant de la présence de cette catégorie de personnes venue des quatre coins du pays à la faveur de la célébration de la 8e édition de la Journée internationale de la veuve (JIV), les membres de la fondation ont alors jugé nécessaire de leur offrir gratuitement un mini-bilan de santé. Effectivement, dans la matinée du dimanche, la cours de la fondation était bondée de femmes en majorité des « grand-mères ».

En file indienne, fiche à la main, elles attendent impatiemment leur tour pour se faire dépister. D’autres, réunies en petits groupes, prennent leur petit-déjeuner composé d’une tasse de lait et du pain, après avoir fait un tour chez l’agent médical.

« On a commencé au environ de 8h30. Tout se passe bien jusque-là », rassure Alain Yaméogo, agent médical à la pédiatrie Charles-de-Gaulle, sous le regard curieux de ses patientes. Sur une prévision de 450 veuves, 150 femmes ont bénéficié du dépistage pour ce qui concerne le diabète (ndrl, il était 10h).

« Il était question de voir le taux de sucre dans le sang. Il y a des référentiels. Si le chiffre dépasse les limites, on fait une éducation rapide. Ce qui permettra aux femmes de savoir ce qu’il faut contrôler dans leur consommation pour pouvoir éviter la maladie », explique en substance M. Yaméogo.

La campagne de dépistage gratuite prend également en compte d’autres pathologies. Au nombre de celles-ci figurent la tension artérielle, la glycémie capillaire, l’obésité, les pathologies bucco-dentaires.

Une prévision de 450 veuves à dépister

« Nous allons vérifier l’acuité visuelle pour voir si elles n’ont pas de problème de vision de près ou de loin. Egalement, nous allons faire le dépistage au VIH/Sida », a renchéri Dr Alice Zoungrana/Kaboré, précisant que des dispositions sont prises : « Quand on détecte quelque chose, on réfère les personnes aux médecins de leurs localités pour qu’ils puissent recontrôler, confirmer le diagnostic afin de les prendre en charge correctement et faire le suivi par la suite ».

Il convient de noter, cependant, que toutes les 450 veuves ne pourront pas bénéficier du dépistage aujourd’hui. La coordonnatrice de la fondation en est pleinement consciente : « La priorité est donnée aux veuves des autres localités. Celles de Ouagadougou pourrons toujours se faire dépister au centre médical de la fondation. Nous allons ouvrir juste pour une journée, la semaine prochaine, afin de terminer notre campagne de dépistage ».

Un appel aux bonnes volontés…

Créée en 1974, la fondation a plusieurs réalisations à son actif parmi lesquelles la formation des veuves en techniques agro-pastorales et en tissage. Cependant, elle est confrontée à des difficultés qui entravent le bon fonctionnement de ses activités sur le terrain. Et la coordonnatrice de plaider pour le renforcement des capacités des veuves, leur dotation en matériel de production et en micro-crédits.

Elle interpelle aussi les responsables des communes pour qu’ils puissent inscrire dans leur plan d’action, la commémoration de la JIV et à y injecter un budget.
Sensible à la cause des veuves, elle lance un appel au peuple burkinabè pour plus d’humanisme.
« J’invite toute personne qui a une veuve dans son quartier, dans son service ou dans sa famille, à exprimer sa solidaire envers elle, le 23 juin de chaque année. Ecoutez cette veuve, car parfois elles n’ont même pas besoin d’argent ; elles ont juste besoin qu’on les conseille et qu’on les écoute », ont demandé les responsables de la fondation. Notons que la fondation est épaulée dans sa noble mission par des sociétés et des individus.

Feue Lucie Kaboré/Traoré, la maman des veuves et des orphelins
Assise sur une chaise aux côtés de ses « sœurs », Lydie Tapsoba, la soixantaine révolue, nous livre un témoignage touchant qui donne à réfléchir : « Une veuve, c’est une femme qui a perdu une partie de sa joie de vivre. Après la mort du mari, tu n’es plus la femme que tu étais auparavant dans ton foyer. Tu es confrontée à tous sortes de problème même dans le social. À tout moment, la veuve pleure ; et ce, malgré ses efforts ».

La Fondation Lucie-Kaboré-Traoré essuie les larmes de ces femmes. « À travers les conseils et ses encouragements, on arrive à s’en sortir. (…) Aussi, l’orphelin qui se sentait abandonné, isolé par rapport aux autres enfants, a eu une occasion de faire sa fête de Noël dans la joie au milieu de maman Lucie quand elle était vivante », rappelle-t-elle.

C’est avec une mine triste et un cœur meurtri qu’elle a demandé au Seigneur de recevoir Lucie Kaobré/Traoré dans son royaume, car, dit-elle, « elle fut une très bonne mère pour nous les veuves » et souhaité que son œuvre puisse résister au temps.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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