Eau et assainissement pour l’Afrique : Hobah Rogoto, le nouveau Secrétaire exécutif, promet de remettre l’institution sur les rails

lundi 23 avril 2018 à 23h00min

Après cinq années d’absence des suites d’une crise qui a paralysé la mise en œuvre de ses activités, le réseau Eau et assainissement pour l’Afrique (EAA) est sur le bon chemin de la relance. Son siège à Ouagadougou abrite les 23 et 27 avril 2018, une réunion technique. Moment fort pour les équipes du siège et celles des bureaux installés dans les pays membres afin d’harmoniser les compréhensions, aspirations et s’assurer qu’ils regardent dans la même direction. En lieu et place du ministre de l’eau et de l’assainissement, c’est son directeur de cabinet, Amidou Zagré qui a présidé l’ouverture des travaux.

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Eau et assainissement pour l’Afrique : Hobah Rogoto, le nouveau Secrétaire exécutif, promet de remettre l’institution sur les rails

En avril 2014, l’Agence intergouvernementale panafricaine Eau et assainissement pour l’Afrique (EAA) a connu une crise caractérisée par de nombreuses insuffisances au niveau de la gouvernance financière, institutionnelle et organisationnelle qui l’a mis dans une période de léthargie pendant cinq ans, rappelle Amidou Zagré, directeur de cabinet du ministre de l’eau et de l’assainissement. Face à une institution qui n’avait plus de secrétaire exécutif (SE), le Conseil des ministres (CM) lors de sa dernière session extraordinaire du 27 septembre 2017 à Yaoundé, a fait l’insigne honneur à Hobah Rogoto en lui confiant la mission de remettre l’organisation sur pied. Il a officiellement pris fonction en janvier dernier. Le CM a eu lieu grâce à l’abnégation en partie des différents Etats dont le Burkina Faso. « A partir de cet instant, tout le monde s’est dit que voilà la période à laquelle on doit maintenant procéder à la relance des activités de EAA dont les populations ont senti l’absence pendant un certain nombre d’années », a signifié M. Zagré.

La relance…

La pluie d’hier étant passée avec son froid, une nouvelle ère s’ouvre avec une nouvelle administration. « Mon premier champ d’action, ce sont les ressources humaines. J’aimerais bâtir tout sur une équipe cohérente, une équipe réunie autour du mot leadership, une équipe qui regarde dans la même direction que son leader. Et alors ensemble nous allons enclencher tout un processus de relance axé en deuxième point sur le nouveau plan stratégique 2018-2022, que nous allons élaborer au cours de cette rencontre. Nous allons l’enregistrer tenant compte des contextes de chaque pays », a dévoilé le nouveau responsable de l’institution. Toutefois, avoir un contexte réunissant 35 pays membres n’est pas chose facile. M. Hobah Rogoto en est conscient : « Ça ne peut pas se faire en une semaine mais on s’y attèlera ».

Le plan stratégique quinquennal, selon lui, trace une vision claire du futur de l’agence devant permettre à ses membres d’agir avec efficacité dans les années à venir et de se l’approprier. Il couvrira son mandat avec une année de marge de manœuvre. Le but ultime est de permettre à son successeur de pouvoir trouver une institution saine et de bâtir ou d’élever le mur sur la fondation qu’ils auront mis ensemble.

Les différentes restructurations

Outre ce premier point, l’agenda devrait permettre de définir les contours des relations fonctionnelles entre le siège et les bureaux pays ; revoir à fond le cadre de contrôle interne en termes de délégation d’autorité par rapport à la gestion quotidienne des portefeuilles et charges de fonctionnement pour voir exactement qui doit faire quoi et à quel niveau de responsabilité. « Nous allons revoir dans nos dispositifs institutionnels, la structure Ad ’oc qui doit être mise en place avec un cahier de charge bien étoffé pour pouvoir suivre les grandes décisions des CM », ajoute-t-il. Avant de justifier en substance : « On sait rendu compte que les CM se réunissent tous les trois ans et dans l’intervalle il y a un gap qui peut autoriser beaucoup de dérapages si il n’y a pas une suivie encadrée pour permettre au SE de produire selon les résultats attendus ».
S’agissant des textes statutaires de l’institution, ils seront réactualisés, dépoussiérés et complétés. Mais à quoi servent toutes ces restructurations si jamais elles ne sont financées ? Se questionne M. Hobah Rogoto. « Au regard de votre proximité avec l’épicentre de notre institution, c’est notre cri de cœur à votre honneur, monsieur le ministre, de porter le leadership de la renaissance de EAA dans toutes ses composantes de plaidoyer, mobilisation de ressources et d’appui politique et diplomatique », a-t-il formulé.

A terme, le chapelet de textes ainsi que le document stratégique ci-dessus seront soumis au CM pour adoption.

Des représentants engagés

EAA est en train petit à petit de reprendre sa place depuis septembre, s’est réjoui le directeur de cabinet. Mais comme on aime à le dire, la nature a horreur du vide. « La période de crise a permis à d’autres instituions de travailler et vouloir prendre la place de l’institution mais l’organisation a un savoir-faire que les autres n’ont pas. C’est pour cela, elle entend revenir prendre sa place et travailler pour le bonheur de la population », a-t-il avancé.

Le représentant résident de EAA au Sénégal et en Mauritanie, pour sa part, n’a pas pu contenir sa joie. « Je suis très heureux de me retrouver ici à Ouagadougou au siège de notre institution pour participer à la rencontre technique du réseau, la première après crise », a laissé entendre Ndiogou Niang. Pour lui, la présence massive des représentants résidents témoigne de leur engagement à sauver l’institution. « Pendant cinq ans, la crise a régné et nous disons maintenant qu’elle est derrière nous. EAA a besoin de l’Afrique et vice-versa. Nos populations ont également besoin d’elle. Et nous allons nous battre pour qu’elle puisse relever les défis de l’heure », a-t-il lancé.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net


Les pays membres de EAA par année d’adhésion

1988-2010 : Burkina Faso, Bénin, Burundi, Cameroun, Centre Afrique, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo
2011 : Ghana, Libéria, Madagascar, Nigéria et Sierra Léone
2012 : Djibouti, Ethiopie, Gambie, Kenya, Lybie, Mozambique, Ouganda, Soudan, Swaziland et Zimbabwé
2013 : Union des Comores, RDC et Egypte

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