André Bayala, un maître chocolatier aux grandes ambitions

LEFASO.NET | Par Milaine Goretti Tiendrebeogo (stagiaire) • dimanche 25 mars 2018 à 13h46min

En Afrique, le chocolat a un nom : André Bayala, un Burkinabè de 46 ans. Elu grand chocolatier du continent en 2016, l’homme qui a très tôt décroché de l’école, las de rêver aux gros diplômes, est un modèle pour cette jeunesse pour qui, il nourrit d’ailleurs un ambitieux projet. Portrait.

André Bayala, un maître chocolatier aux grandes ambitions

Contrairement aux jeunes de son âge qui avaient la boulimie des diplômes, André Bayala, lui, a choisi dès ses 18 ans de se former dans les métiers de bouche particulièrement en pâtisserie, en boulangerie, en glace et en chocolaterie. Il sera formé en Côte d’Ivoire, en Suisse, en Espagne et en Egypte. En 2016, son professionnalisme, son abnégation et son pragmatisme le hissent sur le toit de l’Afrique à l’issue d’un concours international organisé à Abidjan sur la chocolaterie.

Premier devant l’Egypte et le Ghana

Présentation de l’oeuvre du candidat burkinabè lors du concours du meilleur chocolatier d’Afrique

Tout ne s’est pourtant pas déroulé comme il l’imaginait. « Le jour du concours, le comité d’organisation s’est rendu sur le site de compétition en m’oubliant à l’hôtel. Ils ont commencé le concours deux heures de temps avant de se rendre compte qu’ils avaient oublié le candidat du Burkina Faso », se souvient André Bayala qui souligne au passage qu’il n’avait pas de matériel de pointe comme les autres candidats. Qu’à cela ne tienne, le Burkinabè a gardé son sang froid et a bataillé dur pour parvenir à la première place devant l’Egypte et le Ghana. « Le bon chocolatier, c’est celui qui se nourrit de patience et qui a la maîtrise de soi. Car, la chocolaterie est un art. Et comme dans tout art, si le savoir-faire est perturbé, cela se ressent sur la matière », explique-t-il.

D’où vient cet amour de la cuisine ?

André Bayala vient d’une famille où l’a cuisine est l’affaire de tous, nous a confié Catherine Bayala, sœur ainée du chocolatier. On comprend aisément d’où André Bayala tient son amour pour la cuisine. « Nous avons des parents cuisiniers. Tout le monde a l’amour de la cuisine chez nous, filles, comme garçons. C’est une affaire de famille. » Tenez-vous bien. L’oncle d’André, Jean Bayala, est cuisinier à l’université Ouaga 1 Pr. Joseph Ki Zerbo depuis une vingtaine d’années. « Le père d’André m’a appris la cuisine, il y a plus de 50 ans. La cuisine est une passion et grâce à elle, j’ai connu la France ».

Le métier nourrit-il son homme ?

André Bayala, champion d’Afrique de chocolatier

Le métier nourrit pleinement son homme à entendre André Bayala. « Je peux vous rassurer que je suis un homme comblé. Pas matériellement, mais j’arrive à réaliser mes projets et je peux dire que ce n’est pas donné à tout le monde ». L’homme fait la fierté de sa famille et ce n’est pas son épouse qui dira le contraire. « Avoir un époux champion d’Afrique, c’est une fierté pour moi et ma famille, mais aussi pour toute la nation burkinabè », se réjouit Roukiatou Diallo. Elle n’est pas seule à admirer celui avec qui elle partage sa vie. Il y a aussi Christophe Bazembo, pâtissier et élève d’André Bayala. Selon ses dires, c’est grâce à cet homme de conviction, de rigueur qu’il a été élu champion de la pâtisserie du Faso.

Tout n’a pas été toujours été rose

La vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour André Bayala. « Le chemin, se remémore-t-il, a été long. Contrairement à ceux qui se sont formés sur une courte durée, je me suis formé sur cinq (5) ans. Et durant tout ce temps, il n’y avait pas de salaire. J’ai vécu énormément de choses comme le racisme. Au moment où j’étais à l’étranger, on me disait [rentre chez toi]. J’avoue que ça faisait très mal. Ce sont des choses que l’on accepte difficilement. » En dépit de toutes ces difficultés, André Bayala n’oublie pas les portes que lui a ouvert ce métier. Cela lui a permis de voyager dans plusieurs pays comme la Suisse où il a eu l’occasion de s’exprimer devant l’assemblée nationale sur un bateau.

Un projet novateur

Jean Bayala Oncle de André Bayala et cuisinier à l’université Ouaga 1

André Bayala pense à l’avenir, à la jeunesse. Il nourrit un projet actuellement, la construction d’un centre de formation des métiers de bouche. D’un coût de plus de 250 millions de francs CFA, ce projet a séduit un député suisse (souvenez-vous sur le bateau, ndlr) qui a décidé de financer sa construction. Ce centre, qui sera fonctionnel en 2019, permettra de relever le niveau et d’assurer la relève dans le domaine de la gastronomie au Burkina Faso.

En plus de cela, le maître chocolatier d’Afrique a organisé des concours culinaires où les gagnants seront les ambassadeurs du Burkina Faso au salon des métiers de bouche qui se tient chaque année au Maroc. A en croire André Bayala, tout cela participe à la promotion du potentiel de la jeunesse et au développement économique du pays. Convaincu que l’entrepreneuriat permettra au Burkina de trouver sa voie, notre champion invite le Président du Faso, Roch Kaboré, à investir sans relâche dans la formation afin de redonner de l’espoir aux jeunes.

Milaine Tiendrebeogo (stagiaire)
Le Faso.net

Messages

  • Courage Ando ! On est vraiment fier de toi..
    Que Dieu t’accompagne dans tes projets...
    ton petit Medard.

  • bravo mon cousin bon vent même si on n’aime le lièvre reconnaisse que c’est un bon coureur.

  • Félicitation !!!

    Garde ton argent dans des banques internationales en côte d’ivoire et en Europe. N’envoie rien au Burkina.

    Ici au Burkina , les gens n’aiment pas les personnes honnêtes.
    Ils détestent les citoyens qui gagnent honnêtement leur vie à l’étranger et qui veulent épargner de l’argent au Burkina.

    Les gens préfères les faux types ou filles escroc qui volent l’argent du peuple au Burkina pour les planquer en Europe, Canada, USA etc....

    Bonne chance petit gourounsi

  • Bravo, les gourousi on toujours eu la réputation d’être de très bons cuisiniers.

  • L adage nous preconise qu il n ya pas de sot metier, mais des sittes gens. Combien d ecole de cuisine og d dhotelleries sont en fonction au Burkina Faso ? On parle du chomage, alors que les metiers sont restes sans boosting de nos gouvernants depuis des siecles. Chancun croit que la reussite d un homme er quand on a brosser son cycle universitaire pour aller grossir le rang des chomeurs.

    Aujourdhui en Europa, on a des docteurs quittent la ville de Paris pour sinstaller en campagne comme cultivateurs. Parce que ils preferiaent les metiers liberals que la bureaucratie corrompue qui vous denu de votre creativite naturelle. Ton genie createur y en sape par cette conception coloniale des metiers. Ou le titre est une fin en soi.

    Nos amis englophones l ont compris que tout chemin peut amener a Rome. Voila pouquoi au Ghana l autre moitie de l homme sont recrutees dans les metiers a dominans masculin. Le rideau de ce mythe est tombe dans presque toute l Afrique englophone.

    Les francophone sont restes dans la teorie de moliere qui ne nous avance pas du temps. Et la France s en ait tirer l epingle du jeux en nous laissant trainer dans cette boue d ignorance.

    La culture des metiers n existent pas chez les pays colonises par la France. Nous sommes que des consommateurs suivant les lois des Marches comme le caiman qui suit que le cours d eau qui impose la direction pour sa survie.

    Quelque soit le metier, il a toujours nourrit son homme.

    Bravo ! mon Cher Bayala.
    Un exemple a suivre et a s inspirer.

  • je sais que cette école sera un grand succes car mr André a toujours accueilli et formé gratuitement beaucoup de personnes qu il ne connaissait meme pas auparavant. Quand son lieu de travail est trop plein pour accueillir les nouvelles personnes à former il transforme simplement son salon en salle de formation pour permettre aux nouveaux d’apprendre et tout cela avec une gentillesse incroyable. Puisse le grand et juste Dieu lui ouvrir des portes encore plus grandes pour réaliser ses rêves.

  • Voilà au moins des gens qui pensent vrai et qui agissent vrai pour l’avenir du pays. Le Burkina a tout pour son développement. Souhaitons seulement qu’un virus de politicien ne s’y infiltre ou ne profite de BAYALA pour tout déjouer. On connaît les campagnards au pouvoir. BAYALA, protège bien ton droit d’auteur, et fuit les visites politiciennes. BAYALA, HEAD ON !!!

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