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« Je m’engage à être un ministre pour la lutte », dixit Clément Sawadogo, ministre de la sécurité

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO • mardi 6 février 2018 à 11h30min
« Je m’engage à être un ministre pour la lutte », dixit Clément Sawadogo, ministre de la sécurité

C’est désormais acté. Clément Sawadogo est maintenant le ministre de la sécurité. La passation de charge entre le nouveau ministre et Simon Compaoré a eu lieu dans la soirée du 5 février 2018 à Ouagadougou. Le ministre entrant a promis être un ministre de la lutte, dans le contexte sécuritaire délétère que le pays connait, notamment dans sa partie septentrionale.

Ce 5 février 2018, alors qu’il devrait rendre les clés de son département ministériel dans la soirée, Simon Compaoré était en mission toute la matinée. Il est allé voir les troupes positionnées au nord du pays, notamment à Djibo. Conséquence, lui qui est connu pour sa ponctualité légendaire est venu en retard à la cérémonie. D’abord, prévue pour 16h, c’est finalement peu après 17h que la cérémonie a débuté. Simon Compaoré confiera d’ailleurs que c’est de la base aérienne qu’il est venu directement au CENASA, lieu de la passation.

C’est le secrétaire général du gouvernement du conseil des ministres, Stéphane Sanou qui a installé officiellement Clément Sawadogo, non sans avoir salué l’action de Simon Compaoré. « On l’a vu à l’œuvre », lancera-t-il.
Le désormais ancien ministre de la sécurité prend la parole et remercie le chef de l’Etat et le premier ministre pour la confiance qu’ils ont placé en lui pour diriger un ministère si stratégique, il y a plus de deux ans. « Contrairement à ce que certaines personnes ont pu dire, il n’y a pas de crise de confiance ».

Au moment de partir, Simon Compaoré s’est dit heureux pour trois choses essentiellement. D’abord le moral des troupes sur le terrain est au beau fixe, témoignera-t-il. Lui qui les a vus sur le terrain des opérations quelques heures auparavant, a rassuré avoir remarqué des éléments en position de se battre pour la patrie, malgré les difficultés.

Ensuite, le sortant a la conviction d’avoir bénéficié d’un appui franc et massif de la part des travailleurs du ministère de la sécurité. Toute chose qui lui a permis d’engranger des résultats. « Nous avons ensemble essayé de faire bouger les lignes. Ça n’a pas été facile. Quelques lignes ont bougé, et beaucoup de lignes restent à être bougées », dira-t-il.

Enfin, sa joie est justifiée parce que celui qui le succède est un « bâtisseur », qui continuera l’œuvre de construction du ministère de la sécurité.

« Je mesure l’ampleur de la tâche »

Clément Sawadogo a reconnu que dans un contexte mondial marqué par la montée du terrorisme, le poste de ministre de la sécurité n’est facile dans aucun pays au monde. « Je mesure l’ampleur de la tâche qui m’est désormais dévolue ». Il a ainsi appelé à l’union de tous les Burkinabè pour relever le défi. « Quel que soit le défi sécuritaire, si le peuple est mobilisé et solidaire, par où passeront-ils, ces terroristes, malfrats de tout genre pour nous endeuiller ? Un peuple mobilisé et combatif restera un peuple invincible ».

Il a rappelé que dans ce combat contre les forces du mal, les Forces de défense et de sécurité sont appelées à assurer une mission historique dont elles devront s’acquitter avec honneur et dignité. « Hommage et gloire éternels à ceux d’entre eux qui sont tombés sur le champ d’honneur de la patrie », lancera le nouveau sécurocrate.
Le ministre s’est dit prêt pour enfiler sa tunique de combattant. « Je m’engage ici à être un ministre pour la lutte », dira-t-il avant de confier à l’endroit de ses collaborateurs au ministère et sur le terrain, « je sais que vous ne dormez pas, eh bien je ne dormirai pas non plus. Je veillerai avec vous… ».

Pour ce qui est du manque de moyen, Clément Sawadogo tout en précisant que le gouvernement se bat pour mettre ce qu’il faut à la disposition du ministère, relativise. Il n’y a pas que les moyens pour gagner les guerres. En ce sens, il cite Thomas Sankara, « la sur abondance des moyens traduit l’incompétence des chefs ».

En tout cas, pour le nouveau ministre en charge de la sécurité, son département n’est pas le lieu des bavardages interminables et inutiles, mais de l’action.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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