Crise en RDC : L’église catholique rend public son rapport sur la tuerie dans le Kasaï

jeudi 22 juin 2017 à 13h45min

Mardi 20 juin 2017, la nonciature apostolique de Kinshasa a présenté une note technique résumant les dégâts occasionnés par la crise dans le Kasaï. Il en ressort que 3 383 personnes ont été tuées et 3 698 habitations privées détruites.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Crise en RDC : L’église catholique rend public son rapport sur la tuerie dans le Kasaï

Le 25 août 2015, la République démocratique du Congo (RDC) a adopté une loi fixant un statut pour les chefs coutumiers. Aux termes de cette loi, ils deviennent des salariés de l’État et sont aussi reconnus et investis par le pouvoir qui a le droit de les nommer et de les destituer.

Jean-Pierre Mpandi alias Kamwina Nsapu, influent chef traditionnel des Bajila Kasanga dans le Kasaï-Central qui n’a pas été reconnu par le gouverneur de la région, a lancé une rébellion contre l’autorité et fait campagne pour que le président Kabila ne soit plus reconnu à partir du 20 décembre 2016. Le 12 août 2016, Kamwina Nsapu est assassiné lors d’affrontements avec les forces de sécurité. Ses disciples étendent la rébellion à d’autres provinces notamment le Kassaï, le Kasaï oriental et le Lomami. S’en suit alors une escalade de la violence.

Dans une note technique datée du 19 juin 2017, l’église catholique congolaise a rendu public un rapport faisant le bilan des victimes de ce conflit depuis le début de la crise. Ce rapport fait état de 3 383 personnes qui seraient mortes, l’existence de 30 fosses communes, près de 3 698 habitations privées détruites, 20 villages également détruits (10 par l’armée congolaise, 4 par les miliciens de Jean-Pierre Mpandi et 6 par des auteurs inconnus). L’église catholique indique que 60 de ses paroisses ont été endommagées ou fermées. Selon elle, le rapport a été fait sur la base des informations rapportées par les paroissiens des zones touchées.

Le gouvernement congolais de son côte avait publié le 12 juin dernier son rapport dans son « LIVRE BLANC TOME I » pour rétablir la vérité sur les événements malheureux qui ont secoué les provinces du Kasaï en particulier. Ce rapport fait état de plus de 10.000 personnes sans ressources déplacées dans les provinces environnantes, plus de 30.000 réfugiés en Angola, des milliers de familles brisées et détruites, et des milliers de familles sans toits (incendiés par la milice) sans pour autant donner le nombre de personnes tuées.

Les Nations Unies avaient manifesté leur volonté de mettre en place une commission d’enquête internationale sur les violences dans le Kasaï. Chose que Kinshasa dit ne pas être disposé à accueillir. Ce jeudi 22 juin 2017, un vote devrait décider de la mise en place ou non d’une commission d’enquête internationale sur les violences dans le Kasaï.

Youmali Koanari
Lefaso.net
Source : Jeune Afrique

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 23 juin à 10:43, par Cathy Madimba
    En réponse à : Crise en RDC : L’église catholique rend public son rapport sur la tuerie dans le Kasaï

    Veuillez svp mieux prendre vos renseignement avant de publier un article. Il n’est nullement dit dans notre loi que l’Etat a le pouvoir de nommer et destituer les Chefs coutumiers. Il ne faut pas jeter de l’huile sur un incendie qui fait déjà rage. Ci-dessous le texte extrait de l’exposé des motifs.

    ’’Elle prend en effet en compte les valeurs traditionnelles immuables
    et saines dans une société fondée sur le droit écrit, la démocratie, la
    bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme. Elle vise
    notamment à :
    - affirmer le rôle protecteur du chef coutumier en ce qui
    concerne l’identité culturelle ainsi que les valeurs
    traditionnelles morales ;
    - réaffirmer le caractère apolitique du chef coutumier ;
    - réaffirmer l’implication du chef coutumier dans la sauvegarde
    de l’unité et de la cohésion nationales ;
    - réserver aux seules structures reconnues par la coutume le
    droit et le pouvoir de désigner le chef coutumier ;
    - confirmer le droit des pouvoirs publics de reconnaitre ou de
    prendre acte de la désignation du chef coutumier ;
    - reconnaitre à l’autorité coutumière le droit d’être consulté par
    les pouvoirs publics ;’’

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2016 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés