Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • mardi 23 mai 2017 à 01h14min

Le 20 mai 2017, dix organisations ont organisé un meeting de dénonciation de l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques à la maison du peuple de Ouagadougou. C’était la dernière activité des 48h retenues pour appeler à la nécessité d’élucider différents crimes depuis le pouvoir de la 4e république, en passant par la transition et le coup d’Etat de septembre 2015. Les organisateurs ont accusé les tenants du pouvoir actuel d’avoir « quelque chose à se reprocher », puisqu’aucune volonté de justice n’est perceptible.

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Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

« Les journées de dénonciation de l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques » ont pris fin ce 20 mai à travers un meeting. La mobilisation n’était pas celle des grands jours, mais les organisateurs ont appelé à la mobilisation et à la lutte pour que lumière soit faite sur les crimes économiques et de sang.

Pour Elie Tapaga, président de la coordination des Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou, ce meeting a été un tremplin pour dénoncer la persistance de l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques, l’aggravation de la vie chère et le manque de perspectives pour la jeunesse en matière d’emplois.

La situation nationale n’est pas reluisante et en termes de justice, rien ne semble poindre à l’horizon, foi des organisateurs et la relance économique promise se fait toujours attendre. « Après l’arrivée au pouvoir du MPP et alliés, les masses populaires constatent que les avancées révolutionnaires qu’elles ont réalisées à travers l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la résistance victorieuse au putsch de septembre 2015 sont en train d’être remises en cause ; notamment l’espoir de voir juger correctement les crimes de sang et les crimes économiques », a noté Elie Tarpaga, porte-parole des 10 organisations initiatrices des deux jours de dénonciation de l’impunité.

« Les pilleurs de deniers publics en prison ; les députés et maires voleurs en prison », ont scandé les manifestants. Ils ont par ailleurs réclamé justice pour Thomas Sankara, Guillaume Sessouma, Dabo Boukari, Norbert Zongo, Flavien Nebié, Blaise Sidiani, Emile Zigani, Assad Ouédraogo, le juge Nebié, les victimes de l’insurrection populaire, ceux de la résistance au coup d’Etat de septembre 2015.

Après le changement de régime, des espoirs étaient nourris quant au jugement de certains ‘’dossiers brulants’’. « Si trois ans après l’insurrection et près d’un an et demi après l’arrivée au pouvoir du MPP et alliés, la justice n’est pas encore dite sur certains dossiers judiciaires emblématiques, on peut en conclure que les tenants du pouvoir actuel y ont des choses à reprocher », a tranché Elie Tarpaga.

Malgré l’ouverture du procès sur le dernier gouvernement de Blaise Compaoré, ces organisations se disent sceptiques. Et les appels à la réconciliation sont de leur avis, une parade trouvée par des amis d’hier, « qui ont endeuillé et appauvri notre peuple, de trouver des portes de sortie à leur propre crise sur le dos du peuple et des martyrs tombés pour la justice et la liberté ».
Selon eux, c’est dans ce cadre de cette feuille de route appelée « réconciliation nationale » que se tient « la théâtralisation du procès en cours du dernier gouvernement de Blaise Compaoré ».

Le meeting a eu lieu dans la ferveur de l’anniversaire de l’assassinat de Dabo Boukary. Dans le message de l’Union générale des étudiants du Burkina, son secrétaire général Vincent Badolo a une fois de plus réclamé justice.

Avant de se quitter, les organisateurs ont reconnu que la lutte contre l’impunité est comme une course de fond et que c’est un combat de longue haleine. Mobilisation et lutte ont été préconisées à tous les militants épris de justice et de vérité. Partout au Burkina, l’écho des deux journées de dénonciation de l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques », doit résonner. Ceci pour entre autres :

-  exiger le jugement des crimes de sang
-  exiger le rapatriement et la confiscation des biens mal acquis et / ou volés au peuple par les dignitaires du pouvoir de la IVème république sous Blaise Compaoré, sous la transition et sous le pouvoir MPP, l’arrestation et le jugement de tous les criminels économiques ;
-  exiger le remboursement et le paiement à l’Etat des milliards que doivent les politiciens et les grands commerçants et opérateurs économiques véreux
-  exiger des mesures concrètes contre la vie chère et la corruption


Lire aussi : Crimes de sang et économiques impunis : La piqûre de rappel aux autorités


Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 23 mai à 07:31, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

    - Ce Élie TARPAGA devrait être plus dynamique dans ses interventions pour être crédible ! Je l’ai suivi quand on l’interviewait à la maison du peuple, mais c’était complètement moche et il manquait de dynamisme. Qu’il prenne exemple sur Bassolma BAZIÉ qui, même si tu l’entend parler, tu sais qu’il y a du dynamisme et de la détermination dedans.

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 23 mai à 07:40, par le gnès
    En réponse à : Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

    Pays réel, courage. Le bas et vrai peuple vous regarde, vous soutient. Tôt ou tard les pilleurs vont payer. Wait and see

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  • Le 23 mai à 09:00, par HORUDIAOM
    En réponse à : Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

    Je salue cette initiative qui consiste à manifester contre l’impunité dans notre pays. A mon avis, les tenants du pouvoir(MPP) ont certes des choses à se reprocher mais il appartient aux magistrats de bouger leurs fesses. Ils ont acquis leur indépendance avec des moyens conséquents. Jamais, on ne s’attendait à cela. Les magistrats ont toujours crié en off que c’est le régime COMPAORE qui les empêchait de travailler. Dieu merci, Blaise est parti. Qui bloque les dossiers pendants actuellement ? Blaise COMPAORE toujours ?????? Bande de corrompu !! Tout se paie sur cette terre.

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    • Le 23 mai à 14:13, par Wadal
      En réponse à : Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

      Vous avez vu juste internaute n°3. Il faut que le dernier rempart pour un faible c’est à dire la Justice se réveille enfin. Mais qu’Est-ce qu’il y a au juste dans ce pays là ? Attention les gens vous qui êtes au pouvoir, prenez garde sinon la seconde insurrection sera plus insupportable pour nous tous ! On remarque que sous Blaise on n’a jamais vu des millions se volatiliser comme cela si ce n’est sous RSS. On est là on tergiverse et après on étouffe tout dans l’œuf. Je dis ce pays connaîtra sous peu une seconde insurrection précipitée par non seulement les Financiers en général et qui ont fonds commun et ceux qui se disent hommes de droit et qui réellement ne sont droits qu’à cause de leur égoïsme et leurs surabondances stomacales (corruption clientélisme politique...). J’appelle tous les patriotes animés de bonne gouvernance et de l’amour du plus faible à se mobiliser car l’heure est grave, très grave. On n’a raté complètement notre révolution à travers l’insurrection de 2014. Cette fois-ci doit être la bonne en barrant la route à l’impérialisme sous toutes ses formes ! Victoire au peuple éclairé. La patrie ou la mort, nous vaincrons !

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  • Le 23 mai à 17:22, par BURKINA NOUVO
    En réponse à : Crimes de sang et crimes économiques : Le meeting de la colère !

    Voici des gens à qui, il faut se méfier. Au moment où les burkinabè devraient aller voter leur Président, ils appellent au boycott car selon eux aucun projet de société ne pouvait développer le Burkina.Vous avez soutenu implicitement le MPP. On vous connait ; des gens qu’on manipule facilement.
    Vous intellectuels, qui savez très bien que c’est par les votes qu’on doit changer les choses ; et vous savez très bien que sans vous vos votes, les élections auront bel et bien lieu ; et que ce sont ceux qui sont corruptibles avec les sommes d’argent qui vont décider du sort de tous les burkinabè.
    Vous ne devez pas vous plaindre, car vous êtes coresponsables de ce que nous vivons aujourd’hui.
    Avec le MPP, c’est un leurre de parler de justice et de lutte contre l’impunité et la corruption. Tous ceux qui mangeaient, qui tuaient et qui se moquaient du peuple depuis plus de 27 ans ont tous migré du CDP au MPP. Vous voulez quoi ?

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