L’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR) suspend sa participation aux activités du Chef de file de l’opposition politique

DÉCLARATION | ADR • dimanche 23 octobre 2016 à 06h34min

Ceci est une déclaration de l’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR)

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L’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR) suspend sa participation aux activités du Chef de file de l’opposition politique

RAISONS DE LA SUSPENSION DE LA PARTICIPATION DE L’ALLIANCE DES DEMOCRATES REVOLUTIONNAIRES (ADR) AUX ACTIVITES DU CHEF DE FILE DE L’OPPOSITION POLITIQUE(CFOP)

I. De la recomposition du CFOP après les élections couplées de novembre 2015

Après les élections couplées de novembre 2015 et au regard de la loi n° 046-2013/AN du 17 décembre 2013 portant modification de la loi n° 009-2009/AN du 14 avril 2009 portant statut de l’opposition politique, les partis n’ayant pas acquis la majorité des députés à l’Assemblée nationale se sont retrouvés dans l’opposition à l’exception de ceux qui ont décidé librement de cheminer avec la majorité parlementaire.

Suivant cette logique et ne voyant aucun lien ni idéologique ni politique ni même de la conception et de la perception des valeurs de la vie avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), l’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR) qui n’avait aucun intérêt à coaliser ni à pactiser avec ce parti qui venait de remporter les élections de façon étonnante et surprenante se sentait néanmoins très gênée de composer dans l’opposition avec ceux qui, jusqu’à la date de l’insurrection, ont déifié Blaise COMPAORE en le soutenant aveuglément contre la volonté de notre peuple qui avait rejeté avec fermeté la révision de l’article 37 de la Constitution, l’organisation d’un référendum et la mise en place d’un sénat aux ordres d’un individu et de sa famille.

Une telle situation qui a mis mal à l’aise notre parti nous avait amenés à mener le débat à l’interne pour statuer sur la position à arrêter et qui était de nous tenir à distance vis-à-vis des deux entités politiques. Toutefois, les modérés du groupe dont le camarade Bruno NABALOUM ont estimé que pour demeurer républicains, il nous fallait évoluer dans une institution et c’est ainsi que finalement, il a été décidé que pour en finir avec le système COMPAORE, nous devions nous éloigner du MPP ; d’où l’affiliation de l’ADR au Chef de file de l’opposition politique.

II. De la place accordée aux partis politiques membres du CFOP

En toute sincérité, il est indécent de voir en moins de deux ans des individus, qu’ils aient créé de nouveaux partis ou qu’ils soient restés au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), dont la détermination a été de lutter farouchement et contre tout bon sens pour le maintien de Blaise COMPAORE au pouvoir après son dernier mandat qui devait prendre fin en 2015, jouer les premiers rôles au CFOP au détriment de ceux qui se sont battus pour apporter le changement de régime dans notre pays.

Lors des conférences de presse, les anciens dignitaires occupent des places qui ne sont pas les leurs pour peu qu’on soit juste et honnête pour le reconnaître. Et le comble, lorsqu’ils prennent la parole, comme des amnésiques, ces gens-là balaient d’un revers de main leur propre passé et cela rend complices tous ceux qui, hier encore, leur tenaient tête face à leurs dérives autoritaires et schizophréniques. Pendant ce temps ceux qui disaient non à Blaise et à ces mêmes ouailles ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes parce que considérés comme des seconds couteaux après les élections de novembre 2015. Mais à moins d’être coupé de l’opinion publique, l’on doit savoir que la majorité des Burkinabè pensent que l’opposition est très mal placée pour critiquer le pouvoir ou pour relever certaines anomalies. Tout compte fait, les gens de l’ex-parti au pouvoir ont rejoint les opposants légendaires dont ils ont usurpé la place et cela est plus que désolant.

III. Du clanisme révoltant au sein du CFOP

Le constat à ce niveau est clair et inquiétant. En effet, lorsqu’il a été question de désigner des représentants du CFOP pour siéger dans la commission constitutionnelle, monsieur Zéphirin DIABRE n’a fait qu’envoyer les membres de la « coalition Zeph 2015 » et ceux de l’ex-majorité au pouvoir. Et pour donner l’impression de n’avoir pas fait dans du clanisme, il a désigné monsieur Victorien TOUGOUMA, candidat aux présidentielles de 2015 pour compléter sa liste. Au décompte, sans risque de nous tromper, nous dirons que le premier responsable du CFOP a copté ses nouveaux alliés et les membres de sa coalition pour aller dans la commission constitutionnelle en adjoignant un candidat aux présidentielles pour acquit de conscience alors qu’il a usé d’un pouvoir discrétionnaire pour le faire au détriment d’un consensus consécutif à un débat franc qu’on aurait dû mener.

Une autre bévue a été le choix des commissaires pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Là, monsieur DIABRE s’est octroyé deux (2) postes, a donné deux (2) également à ses nouveaux alliés, et par une technique dont seul il a le secret, il a refilé le cinquième poste à un de sa coalition qui plus est, se trouve être son parent. Nous le soulignons parce que ce dernier (Idrissa DARGA) ne répondait pas aux critères préalablement proposés(le poids politique du parti et la compétence du candidat) lors de l’assemblée générale des chefs de partis du mardi 28 juin 2016 et rappelés le jour de l’annonce du choix du commissaire de l’opposition extraparlementaire à la CENI, le jeudi 14 juillet 2016. Si concernant l’argument du poids politique selon les chiffres des dernières élections on semble avoir appliqué une règle aux partis parlementaires (même si c’est discutable), le cas des partis extraparlementaires a connu un dénouement malhonnête que nous ne pouvons pas ne pas relever.

Pour rappel, notre parti a régulièrement pris part aux différentes compétitions municipales depuis la communalisation intégrale assorties de résultats probants (conduite de la commune rurale de Bougnounou de 2006 à 2012 ; 18 conseillers municipaux dans les communes rurales de Bakata, Bougnounou et Gao aux municipales de 2012 et 15 conseillers municipaux dans les communes rurales de Bougnounou,Didyr et Téma-Bokin aux dernières municipales dans le cadre de l’Union des Révolutionnaires pour le Faso(UREFA).

Il importe également de mentionner quelques faits troublants lors de l’annonce du choix du commissaire de l’opposition extraparlementaire à la CENI :
• Sur demande d’un candidat qui voulait savoir davantage quels étaient les autres candidats au poste du commissaire de l’opposition extraparlementaire, le représentant du CFOP en la personne de monsieur Jean-Hubert BAZIE resta muet ;

• Concernant l’explication des critères politique et technique ayant prévalu au choix dudit commissaire, monsieur Jean-Hubert BAZIE, incapable de fournir la moindre réponse, piqua une colère noire des plus inouïes ; une telle attitude obligea toute personne ayant un esprit de suite de s’abstenir à prendre la parole pour la suite du théâtre.

De toute évidence, monsieur DIABRE se comporte en vrai politicien en cherchant à écarter les autres pour mettre sur orbite ses alliés et ses partisans au détriment de ceux qui se sont battus dans les anciens CFOP avec courage, lucidité et dignité pour une avancée démocratique dans notre pays. Nous avions refusé les arguments de certains de nos camarades qui ont rejoint la majorité à propos du premier responsable du CFOP mais aujourd’hui il nous semble qu’ils avaient compris très vite des choses inavouables.

IV. Des contributions de chaque parti à la marche du CFOP

Comme nous l’avons souligné plus haut, le CFOP n’est pas né après l’insurrection mais bien avant et à ce titre, il n’est pas logique que ceux qui ont rejoint le CFOP après avoir coulé avec le navire du pouvoir déchu viennent supplanter ceux-là parce qu’ils ont eu plus de députés ou qu’ils ont plus de moyens financiers dont l’origine dans un Etat révolutionnaire futur devra être élucidée car des fonctionnaires burkinabè ne peuvent pas compter honnêtement autant d’argent dans leurs comptes personnels. Cette tabula rasa relève de la mauvaise foi ou alors constitue un acte délibéré de nuire à autrui en dépit de ses compétences avérées.

A l’ADR, nous considérons que notre contribution à travers la participation active et régulière du camarade Bruno NABALOUM a au moins la même valeur que celle financière d’un parti qui donne de l’argent alors que sur le terrain il est inexistant. De la commission ad hoc portant statut du personnel du CFOP à la coordination nationale des Comités contre le référendum (CCR) en passant par la représentation du président Zéphirin DIABRE comme CFOP à des cérémonies officielles ainsi que la participation aux débats radiodiffusés ou télévisés et aux pourparlers avec les émissaires de la CEDEAO, de l’UA et du Secrétaire général de l’ONU pendant l’insurrection populaire, le camarade Bruno NABALOUM s’est acquitté avec satisfaction des missions à lui confiées au temps fort de la lutte du CFOP contre la révision de l’article 37 de notre Constitution, le référendum et la mise en place du Sénat.

De ce point de vue, l’ADR se félicite de la qualité de sa participation à travers le camarade Bruno NABALOUM au plan institutionnel et de ses militants à la base dans les secteurs de la ville de Ouagadougou et dans les provinces où notre parti est représenté. Et quand l’insurrection est survenue, dans un souci d’équité, la commission ad hoc mise en place pour définir les critères de désignation des membres de l’ex-CFOP devant siéger dans certains organes de la transition politique avait fait des propositions objectives que les arrivistes et chercheurs de postes ont battues en brèche par après. Nous nous rappelons que l’un des acteurs clés de cette commission était le camarade Bruno NABALOUM. 

V. Que retenir de ce qui précède ?

Au regard des choix que nous jugeons arbitraires pour les différentes commissions sous votre nouveau mandat de CFOP, il y a des raisons d’inquiétude au niveau de l’ADR. Vous estimez malheureusement que le CDP est votre allié naturel et que c’est un parti qui travaille sur des chiffres alors que quand il voulait réviser l’article 37 au moment où il était au pouvoir, il était majoritaire à tout point de vue mais vous n’avez pas accepté leurs manœuvres. Pour revenir par exemple au choix des commissaires de la CENI, vous avez donné quatre places aux partis représentés à l’Assemblée nationale selon leurs scores aux dernières élections et une seule place aux extraparlementaires sauf que là, le même principe n’a pas été appliqué. Les critères retenus seraient la compétence et le poids politique du parti pour la désignation du commissaire des partis extraparlementaires.

Or il se trouve que celui qui a été choisi est loin de répondre à ces critères et sans faire du narcissisme, nous estimons que le candidat de notre parti a les atouts nécessaires pour siéger à la place de votre poulain qui, curieusement, est un de vos parents (et vous ne pouvez pas nous convaincre du contraire !). Retenez surtout que si nous étions friands de postes, nous vous aurions fait la cour depuis le début mais là, nous avons compté sur l’objectivité alors que nous n’étions pas sur les mêmes longueurs d’onde.

Vous aurez remarqué que quand nous avons compris qu’il se tramait des choses bizarres, nous avons effectué un déplacement avec la direction du parti et n’avons pas laissé un individu aller vous rencontrer afin que vous sachiez que chez nous c’est le parti et non l’individu qui compte. Comprenez que nous n’avons pas contesté votre statut de responsable de CFOP parce que c’est sur la base d’une loi républicaine mais concernant la gestion interne c’est notre droit de revendiquer. Car si ladite loi disait que vous aviez systématiquement droit à des commissaires, nous n’aurions rien dit. C’est donc dans cet esprit et dans cet esprit seulement que nous réagissons puisque le chef de file de l’opposition politique n’est pas le chef de l’opposition.

En conséquence, l’ADR estime ne plus continuer à subir des injustices qu’elle a combattues sous le régime COMPAORE avec toute la ferveur révolutionnaire qu’on lui connait. Notre parti a décidé lors de la session de son présidium du 4 août 2016 de suspendre à compter du lundi 8 août 2016 sa participation aux activités du CFOP et à continuer à se battre pour l’avènement d’une véritable révolution qui viendra des masses elles-mêmes.

Ouagadougou, 07 août 2016.

Ampliations :
-  CAB/CFOP
-  PSR/ADR
-  ARCHIVES/CHRONO

Pour le Présidium suprême de la révolution,

Le Premier membre

Boucolou SENI

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