Première conférence de l’AFR100 : L’Afrique s’engage à restaurer 100 millions d’hectares de forêts d’ici à 2030

Par Idrissa Konditamdé, depuis Addis Abeba • vendredi 14 octobre 2016 à 00h59min

La première conférence régionale pour la restauration des paysages forestiers en Afrique (AFR100) s’est tenue à Addis Abeba en Ethiopie du 11 au 12 octobre dernier. Ce fut l’occasion pour le continent de réaffirmer son engagement à restaurer 100 millions d’hectares de forêts d’ici à 2030 devant 57 participants venus de 21 pays africains, européens et américains. La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée le lundi 11 octobre, a été présidée par le ministre éthiopien de l’environnement, des forêts et des changements climatiques Ato Kebede Yimam Dawd.

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Première conférence de l’AFR100 : L’Afrique s’engage à restaurer 100 millions d’hectares de forêts d’ici à 2030

La dégradation continue des paysages forestiers est une réalité en Afrique. Cette situation est causée principalement par la conversion des forêts en terres agricoles, l’urbanisation et la surexploitation du bois à des fins domestiques. Aussi, pour remédier à cette situation préoccupante les pays africains ont lancé en décembre 2015, en marge de la conférence sur le climat (COP21) à Paris, l’initiative pour la restauration des paysages forestiers en Afrique (AFR100). Cette initiative africaine s’inscrit dans le cadre global de la déclaration de Bonn, un engagement mondial pour restaurer 150 millions d’hectares de terres dans le monde d’ici 2020 et la Déclaration de New York sur les forêts qui vise à restaurer 350 millions d’hectares en 2030. Première du genre, la conférence d’Addis Abeba a réuni plus de 57 participants de 21 pays africains, européens, et américains. Elle est l’initiative du ministère éthiopien de l’environnement, des forêts et des changements climatiques et l’agence de planification et de coordination du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) avec les partenaires de la plateforme AFR100. Pendant deux jours les participants de cette conférence réfléchiront sur comment trouver les voies et moyens d’apporter un soutien technique et faciliter le financement des pays engagés dans l’AFR100, favoriser l’apprentissage par les pairs des meilleures pratiques en matière de restauration des forêts et d’informer les participants sur les interventions stratégiques à l’intention des pays. Dans ce sens sept des vingt et un (21) pays présents à savoir l’Ethiopie, le Kenya, Madagascar, le Rwanda, le Niger, le Malawi et le Cameroun ont présenté leurs expériences en matière de restauration des forêts dans leurs pays respectifs. Le Ministre éthiopien de l’environnement, des forêts et des changements climatiques, Ato Kebede Yimam Dawd, tout en se félicitant du fait que l’Ethiopie se soit engagé pour la restauration de 15 millions d’ha de forêt a insisté sur la nécessité pour chaque pays de traduire ses engagements en actions. « Je suis très heureux d’apprendre que plus de 21 pays ont pris des engagements pour le défi de Bonn et la AFR100, avec des engagements nationaux de restauration qui atteignent actuellement 63,3 millions d’hectares. » s’est –il réjoui. Le NEPAD et les gouvernements des pays respectifs ne seront pas seuls dans ce combat. En effet les partenaires techniques et financiers de l’AFR100 dont la Banque Mondiale, la GIZ, WRI qui ont fait le déplacement d’Addis Abeba ont tous réaffirmé leur disponibilité à accompagner cette initiative. Présente à cette conférence la Co-présidente du Conseil mondial de restauration, Wanjira Mathai a, dans son intervention, fait la relation entre la restauration des forêts , la croissance démographique et la sécurité alimentaire. Elle a ainsi fait ressortir que 65% des terres africaines sont en état de dégradation et que l’Afrique a le deuxième taux de déforestation le plus élevé au monde. Une situation qui risque de causer de nombreux problèmes en matière de sécurité alimentaire et d’énergie au regard de la forte croissance démographique du continent. « Des études montrent que la demande de nourriture en Afrique va doubler d’ici 2030. Nous sommes confrontés à des défis majeurs en matière de sécurité alimentaire, l’eau et l’énergie nécessaire pour couvrir les besoins de cette population croissante dont des études prévoient qu’elle va doubler d’ici 2050. » a-t-elle déclaré. Il faut noter qu’après les deux jours de conférence les participants visiteront la région du Tigré au nord de l’Ethiopie pour toucher du doigt une expérience réussie en matière de restauration d’un paysage forestier.

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Vos commentaires

  • Le 13 novembre 2016 à 19:15, par Mansour Ndiaye
    En réponse à : Première conférence de l’AFR100 : L’Afrique s’engage à restaurer 100 millions d’hectares de forêts d’ici à 2030

    Si pour restaurer les massifs forestiers dégradés la solution retenue devrait encore consister a planter des arbres dans ces domaines forestiers et autres espaces publics (reboisement) ou communautaires, nous pensons que nous (en Afrique) devrons encore garder notre mal en patience pour voir ces boisements naturels restaurés. Nous estimons que la solution devrait passer obligatoire par une implication des populations locales (les agriculteurs) dans ce vaste chantier a travers la pratique de l’agroforesterie par ces mèmes populations dans leurs parcelle de cultures.

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