Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

vendredi 30 septembre 2016 à 12h59min

Il y a très peu d’africains qui travaillent dans le groupe de la Banque mondiale, environ 12% des employés à travers le monde. L’institution veut changer la donne. Elle parcoure alors les capitales africaines pour expliquer son processus de recrutement. Une équipe était à la rencontre des étudiants de l’Université Ouaga 2 et des 2ie (l’International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement) le 26 septembre dernier pour une opération de démystification.

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Recrutement à la banque mondiale : Opération  de démystification dans les  universités Ouaga 2 et 2ie

Travailler dans le groupe de la banque mondiale, c’est possible, à condition de bien se préparer et d’avoir l’information au bon moment. Mais pour diverses raisons, basées souvent sur des stéréotypes, il y a très peu d’africains dans cette institution internationale. On n’y compte par exemple que 57 Burkinabè dans le staff de la banque dans les 120 pays où elle est présente. « Les Burkinabè sont modestes et pensent qu’ils ne sont pas aussi compétitifs que les autres », regrette Jérémie Ouédraogo, responsable de l’acquisition des talents de la banque mondiale, basé à Washington DC pour qui, le travail des Burkinabè est pourtant bien apprécié.

C’est ce haut cadre de l’institution, chargé de dégoter les cerveaux de la banque qui a conduit la délégation venue apporter l’information aux étudiants Burkinabè. « Le but c’est de faire en sorte que 12,5% du staff de la banque mondiale, à travers le monde entier soit constitué d’africains. Ceci parce que la banque appartient à tout le monde, on a besoin d’avoir des voix différentes en son sein », a expliqué le natif de la ville de Kaya, au Burkina. Plus l’Afrique a ses fils et filles au sein de l’institution, mieux sa voix portera dans les différentes politiques.

Depuis deux ans donc, lui et son équipe parcourent les capitales africaines pour identifier, faire la collecte de bons CV. Travailler dans un environnement multiculturel, multiracial où 173 nationalités se côtoient, pour un travail souvent stressant mais toujours exaltant et contribuant à la réduction de la pauvreté, c’est le rêve réalisable que Jérémie Ouédraogo et son équipe sont allés présenter aux étudiants.

Comment intégrer la Banque ?

Pour Jérémie Ouédraogo, il ne s’agit pas de connaitre ‘’quelqu’un’’ ou taper du sable pour décrocher un poste dans l’institution financière internationale. Fils de paysan, il travaille depuis une douzaine d’année dans cette institution de Bretton Woods. Face aux étudiants, il a insisté sur la nécessité de maitriser la langue de Shakespeare. « Sans anglais on n’a aucune chance de pouvoir travailler dans ces organisations. Le plus grand conseil, c’est d’inciter les gens à apprendre l’anglais dès qu’ils peuvent, aussi vite qu’ils peuvent », a-t-il dit précisant que ‘’malheureusement’’, l’éloquence est liée à l’intelligence dans le système anglo-saxon.

D’ailleurs, poursuivra-t-il, il n’y a pas de test écrit pour embauche à la banque. Tous les recrutements se font à l’issue d’interview d’une quarantaine de minutes, en anglais.
‘’Il y a des recrutements à la banque tout temps’’ il a donc conseillé aux apprenants d’aller régulièrement sur le site de l’institution pour voir si les postes à pourvoir correspondent à leurs profils.

Mais la banque offre également différents programmes, notamment en faveur des jeunes. Le programme des analystes pour les jeunes de moins de 28 ans, et le Young Professional Program (Programme des jeunes professionnels) pour les moins de 32 ans. Sans oublier le programme de stage. Le conférencier a surtout conseillé ces jeunes frères, à acquérir beaucoup d’expériences avant de tenter une carrière à la banque, ce parce qu’une fois rentré par un petit poste, il est difficile d’évoluer.
Même s’ils ne sont pas membres du staff de plus de 10000 employés de la Banque, les étudiants d’aujourd’hui peuvent être parmi les plus de 5000 consultants disséminés à travers le monde.

Quel que soit le poste pour lequel vous postulez, il y a un dénominateur commun à tous à la banque mondiale, « l’aptitude et de la capacité à apporter des solutions aux problèmes », selon le formateur, c’est très important comme compétences techniques et c’est ce que la banque recherche, et au-delà de la banque toutes les organisations internationales.

A tous les étudiants, le responsable de l’acquisition des talents de la banque mondiale s’est montré disposé à examiner leurs CV qu’ils enverront à l’adresse, africanrecruitment@worldbankgroup.org et de leur faire un retour.

L’information fournie aux étudiants vise à les mettre en confiance, afin qu’ils sachent qu’ils ont leur chance, même plus tard. « L’information que nous donnons aux étudiants peut être consommée aujourd’hui, soit dans 1, 2, 3 ans. L’essentiel, c’est de faire en sorte que les gens ne sous-estiment pas la formation qu’ils ont, ni les opportunités qui peuvent se présenter à eux (…) On pense fermement qu’avec l’information qu’ils ont, ils peuvent se préparer et lorsqu’une opportunité se présente, ils soient compétitifs » a ajouté l’ancien pensionnaire du Lycée Philippe Zinda Kaboré et de l’université de Ouagadougou.

Une démarche saluée

« J’ai beaucoup apprécié que la banque se soit déplacée pour venir nous entretenir. Ça brise cette image qu’on avait de la banque mondiale et nous permet de savoir qu’elle n’est pas un cercle fermé, qu’on peut oser un jour si notre profil correspond à un poste », s’est réjoui Marie Madeleine Gambo, étudiante en master 2 du programme de 3e cycle interuniversitaire à l’universitaire Ouaga 2, à l’issue de la session d’information.

Son sentiment est partagé par le Pr Pam Zahonogo, vice-président de l’UO 2, chargé des de la recherche et de la coopération internationale. « Quand on est de l’extérieur, on voit la Banque mondiale comme une tour d’ivoire, un domaine inaccessible. Mais en venant vers les étudiants pour leur expliquer le processus de recrutement, cela brise les barrières et ça permet d’expliquer aux étudiants qu’ils peuvent travailler dans cette institution et qu’elle est ouverte sur le public », a –t-il indiqué avant de poursuivre que les étudiants de son université sont très bien formés et pourraient saisir leur chance avec toutes les informations dont ils disposent désormais.

Les employés de la banque ne sont pas que des économistes et des financiers. Et l’étudiant Issouf Coulibaly, en master 1 Energie aux 2ie l’a appris à l’issue de la séance d’explication. « Il y a plusieurs domaines dans lesquels la banque intervient, comme l’énergie, l’éducation et l’environnement, je sais que je peux aussi avoir ma place en fonction de mon profil ».

Présent à la présentation aux 2ie, le directeur de Technopôle Bernard Bres a également salué l’initiative de la Banque qui est un partenaire « de longue date qui soutient l’institution qu’il dirige, devenue centre d’excellence de la banque dans le domaine de l’eau. « Il y a l’aspect projet et gestion de projet, ce qui peut intéresser les ingénieurs dans les domaines de l’eau, de l’environnement, des infrastructures et de l’énergie » a retenu le premier responsable des 2ie pour qui ses étudiants ont leur chance. D’ailleurs un membre de la délégation est une ancienne étudiante de son institution.

Les portes de la banque mondiale au Burkina sont ouvertes pour toutes informations, ont conclu les membres de la délégation aux étudiants.

Tiga Cheick Sawadogo (tigacheick@hotmail.fr)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 30 septembre 2016 à 14:28, par jan jan
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Ne nous flattez pas, si c’est la Banque Mondiale au BF en tous cas il faut avoir bras long. Combien de dossiers ai-je déposé là-bas sans suite, c’est Dieu seul qui sait. J’ai aussi constaté que les fonctionnaires en plus de chance d’être embauchés à la BM que ceux du secteur privés. On dit qu’il faut bien speaker l’anglais aussi, il y a des gens que je connais là-bas dont le niveau d’anglais est faible, ce qui ne les empêche pas de "palper les feuilles" de la BM.

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  • Le 30 septembre 2016 à 14:46, par Le transitaire
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Encore un parent qu’on veut utiliser. C’est bien de remonter le moral mais le plus important est que les institutions du groupe banque mondial et même les institutions régionales et sous régionales revoient leur copie en matière de gestion. Sans être prétentieux, je crois comprendre que le Président Roch marc KABORE a levé le lièvre. Il faut une vraie révolution au sein de ces institutions. Et là où j’ai peur, c’est comme si après la sortie du président, la Banque Mondiale essaie de redorer le blason avec cette rencontre qui ressemble fort à du verni sur du vieux métal atteint de rouille.
    J’aimerais rassurer M. Jérôme OUEDRAOGO sur le fait que les étudiants sont aux aguets et qu’ils consultent régulièrement les avis de recrutement. Cependant, une chose est de postuler et une autre est d’en connaître la suite.
    Il en est de même d’ailleurs pour les institutions régionales. Tout le monde sait que c’est du régionalisme qui y est pratiqué à commencer par les dirigeants de ces institutions.
    Tenez ! J’ai envoyé mon CV à la Banque Africaine de Développement suite à un avis de recrutement. Je vous assure que côté expérience et qualification, mon CV était bien conforme. Après 7 mois d’attente et sans nouvelles de la suite qui a été réservée à mon dossier, j’entreprends de me rendre à Abidjan dans l’espoir d’en savoir plus puisque les appels téléphoniques et les mails me répétaient la même chose : " c’est un processus qui prend du temps, si vous êtes retenu on vous contactera..." . Arrivé à Abidjan, on me fait savoir qu’on n’accède pas à la banque sans rendez-vous. Je comprends qu’on ne puisse pas y entrer sans rendez-vous mais avec qui allais-je prendre le rendez-vous ? Impossible d’avoir une adresse. Après moult insistance, je parviens à communiquer au téléphone avec une responsable des ressources humaines qui, après des fouilles de plus d’une semaine finit par me faire le point : "le poste est déjà pourvu".
    Je peux comprendre que ma candidature ne soit pas retenue mais ce qui aurait été souhaitable est que les résultats du recrutement soit connus donc affichés ou à tout le moins publiés par le même canal que celui ayant servi pour la publication de l’avis de recrutement. La BAD, ce n’est pas une petite boîte tout de même. Pendant qu’on exige la qualité à nos petites entreprises, on gère nos institutions régionales avec une nonchalance sans pareille !

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  • Le 30 septembre 2016 à 22:18, par Dibi
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Stratégie quand tu nous tiens ! Ils ont toujours été à la recherche d’éléments pourris aux âmes creuses et nichoirs à vermines qui aideraient au saccage des nations ; le saccage de leur souveraineté et qui contribueraient à appuyer les plans criminels d’ajustements structurels contre les peuples d’Afrique. Des éléments qui accompagneraient le sous-développement, le pillage par la dette odieuse, le maintien du Franc CFA contre notre indépendance, à l’exemple de fantoches que sont les A. Ouattara de Côte d’Ivoire, Macky Sall du Sénégal ou le clan Bongo au Gabon.
    Sûr, pour âmes creuses, c’est une mission qui payent très bien en plus des honneurs qui sentent le renfermé !
    Courez y, jeunes scolaires déjà vieillies pour vendre votre âme qui n’en est pas une !
    Le FMI et la Banque Mondiale embauchent ! Ils veulent négrifier le personnel ! Ils veulent leur cohorte de nègres couchés, inaptes à penser le développement autonome de nos peuples par des paradigmes propres à nos sociétés ; c’est à dire des ignares sans autonomie de pensée économique propre. Rien que des rébus d’un système scolaire aliénant et néocolonial de trahison et de démission de soi-même. Et c’est cette prétendue élite qui tient en réseau les sommets des Etats.

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  • Le 3 octobre 2016 à 12:07, par cherche Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Où est passé Kôrô Yamyélé ? J’aimais bien lire ses posts.

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  • Le 4 octobre 2016 à 12:31, par wenlasida
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Je doute fort de la transparence au niveau de la BM. Pour de simples projets et programmes le Burkina subit le dictat de simples chargés de programme au niveau de la Banque. Si le chargé de programme n’est pas d’accord avec le chef de projet ou n’a pas pu placer son homme alors le projet se grippe. Je demande aux journalistes de faire le tour des projets et programmes financés au Faso, ils seront ahuris.
    Pendant que ces institutions nous rabâchent les oreilles sur la transparence et l’égalité des chances quant à l’accès équitable à l’emploi, de simples chargés de programmes en son sein dictent leurs lois

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  • Le 27 avril à 08:45, par KOUAME YAO PACOME
    En réponse à : Recrutement à la banque mondiale : Opération de démystification dans les universités Ouaga 2 et 2ie

    Je suis a la rechercher d’un stage au sein de votre entreprise pour valide mon diplome de brevet technique superieur BTS en IDA informatique de developpeur et application

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