Laboratoire national de santé publique : Des sit-in pour de meilleures conditions de travail

vendredi 13 mai 2016 à 05h05min

Les travailleurs du Laboratoire national de santé publique (LNSP) sont mécontents de leurs conditions de travail. Pour se faire entendre, ils ont initié des journées de sit-in dont la première a débuté ce jeudi 12 mai 2016 à Ouagadougou.

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Laboratoire national de santé publique : Des sit-in pour de meilleures conditions de travail

Une plate-forme revendicative contenant les griefs des travailleurs du LNSP a été déposée le 05 avril 2016 auprès des autorités compétentes. Et le 26 avril, les travailleurs se retrouvaient en assemblée générale pour décider de la conduite à tenir. La décision fut alors prise d’organiser des sit-in les 12 et 13 mai de 7h à 10h dans l’enceinte du LNSP et un préavis fut déposé le 9 mai dernier à cet effet.

A la première journée des manifestations prévues, les travailleurs ont répondu présent à l’appel de la sous-section SYNTSHA (Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale) du LNSP. Et dès 7h30mns, les travailleurs mettaient en place les dernières affiches qui résumaient leur état d’esprit avec en accompagnement de la musique engagée. Les choses sérieuses vont commencer autour de 8h par des slogans lancés par le secrétaire à l’organisation et à l’information, Raoul Bazié. Des slogans repris en chœur par les travailleurs, dénonçant les conditions de travail et « la liquidation programmée du LNSP ». On pouvait lire aussi sur des pancartes des appels à la mobilisation du genre « C’est tous ensemble qu’il faut lutter » ou « Lutter ou subir, il faut choisir ».

C’est le secrétaire général de la sous-section SYNTSHA du LNSP, Nobila Ouédraogo qui s’adressera à ses camarades pour rappeler le contenu de la plate-forme revendicative, et appeler à la mobilisation afin d’inscrire la lutte dans la durée.

Au micro des journalistes, il dira par la suite : « Les travailleurs du LNSP sont en sit-in aujourd’hui et demain (12 et 13 mai) pour exiger des autorités la prise de mesures pour donner suite à un certain nombre de préoccupations auxquelles ils font fasse.

Il y a d’abord la question des conditions de travail. Nous estimons que pour pouvoir faire le travail, analyser les produits, faire les contrôles, il nous faut des équipements performants, des réactifs, des consommables. Il faut alors commencer à doter les services en équipements et consommables de bonne qualité.

Deuxièmement, il y a des préoccupations qui datent de plus de 10 ans déjà comme le plan de carrière qui est bloqué. Vous imaginez vous que depuis les années 2000 les travailleurs sont recrutés avec des spécialités différentes et leur carrière est bloquée.
Il y a eu une déperdition énorme avec l’ouverture des mines, beaucoup de gens sont partis. Des gens qui ont des spécialités uniques, qui ont fait leurs preuves mais malheureusement qui ont quitté la maison. Ça fait quand même un recommencement pour le LNSP.

Il y a aussi des reclassements dont les tests ont été organisés. Les travailleurs concernés sont admis mais les dossiers sont bloqués depuis longtemps. Les autorités ont promis à différentes reprises de donner suite mais jusqu’à présent c’est bloqué.

Il y a les problèmes des indemnités. Les travailleurs ont vu des retenues sur leurs indemnités sans qu’on ne puisse savoir à quoi cela répond et ce n’est pas acceptable.

Il y a aussi le problème de gestion. Nous avons demandé qu’il y ait un audit de la gestion de l’établissement pour des besoins de transparence pour rassurer tout le monde, et faire en sorte que les autorités qui accompagnent l’institution puissent aussi savoir que l’argent du contribuable est bien géré.

Enfin Il y a le problème d’associer les syndicats aux instances où se discute et se décide le sort des travailleurs. Nous avons noté un certain nombre d’humiliations et de provocations d’agents et nous disons qu’il faut que cela cesse ».

La direction générale promet examiner la plate-forme et donner des réponses appropriées

Du côté des autorités de tutelle, on a appris qu’une rencontre a eu lieu hier 11 mai 2016 entre le directeur général, Maxime Drabo et les représentants des travailleurs. Une autre rencontre devait avoir lieu à 11 h ce 12 mai 2016, juste après notre passage entre ces derniers et le secrétaire général du ministère de la santé.
Approché pour qu’il se prononce sur ce mouvement d’humeur des travailleurs de l’institution qu’il dirige, Maxime Drabo n’a pas été prolixe en paroles disant attendre l’issue de la rencontre entre le secrétaire général du ministère de la santé et les travailleurs. Cependant, il a promis que la plate-forme sera examinée : « Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons reçu effectivement la plate-forme revendicative. Nous sommes en train de travailler avec nos supérieurs hiérarchiques pour y apporter les réponses qui se doivent ».

Les travailleurs estiment aussi qu’il est programmé la liquidation du LNSP, qui doit être rattaché à l’Institut national de santé publique. Réponse du DG : « Je vous dit que nous sommes en train d’y travailler avec les autorités hiérarchiques. Nous allons autant que faire se peut prendre en compte les préoccupations qui ont été posées de façon claire dans le préavis de sit-in ».

Des menaces et intimidations dont seraient l’objet des travailleurs de la part de la direction générale, le DG répond : « Je dis que nous sommes en train de travailler. Donc ce contenu va être bien sûr analysé et nous allons apporter les réponses qui se doivent. Nous sommes en train d’examiner le contenu pour avoir des informations complémentaires. Vous savez que tout ne peut pas se dire dans un document. Donc on a besoin de davantage d’informations et c’est même nécessaire pour apporter les réponses idoines ».

Les travailleurs souhaitent que la question de l’absorption du LNSP et de trois autres entités pour créer l’Institut national de santé publique soit un débat public et non une décision de personnes entre quatre murs. Ils estiment qu’Il y a tellement à faire dans le domaine de la lutte contre les produits prohibés et douteux, les contrôles de qualité, que ce serait un gâchis de démanteler un instrument comme le LNSP.

Angelin Dabiré
Lefaso.net

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