Collectif pour un peuple uni : « Si nous continuons à ce rythme, une prochaine insurrection est en vue »

mercredi 4 mai 2016 à 01h26min

Au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 4 mai 2016, le Collectif pour un peuple uni (CPPU), s’est prononcé sur la situation nationale. Le bilan de la transition, les 100 jours du président Roch Kaboré, étaient au menu des échanges avec les médias

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Collectif pour un peuple uni :   « Si nous continuons à ce rythme, une prochaine  insurrection est en vue »

« Le président Roch Kaboré doit laisser les irrégularités constatées dans la gestion de la transition aux autorités judiciaires et faire face aux défis qui l’attendent. Il ne faut pas léser la transition à travers sa gestion », a annoncé Aziz Ouattara, coordonnateur du CPPU. En effet, pour le CPPU, en dépit des failles relevées dans la gestion de la transition, de nombreux acquis ont été engrangés. « Des grandes réalisations en infrastructures, des grandes réformes entreprises et différentes lois votées par le CNT ».

Ainsi, Il faudra se garder de condamner l’équipe dirigeante de la transition car disent –ils, au sujet de l’audit de l’ASCE : « La question que nous nous posons est si ces audits sont sincères, quand on sait que le principal responsable de cette structure est issu de la transition ». Raison pour laquelle, le CPPU soutient que le président doit avoir plus de réserve, laisser le pouvoir judicaire faire le constat des irrégularités car « à force de constater les irrégularités de la transition, il finira par créer d’autres problèmes ».

Un bilan jugé négatif pour les 100 jours du président

Un bilan négatif, c’est ce que retient le Collectif pour un peuple uni des 100 jours du président Roch Kaboré. Un bilan pas du tout satisfaisant, au point que le collectif soutient que le choix du président Roch Kaboré a été une erreur de l’électorat burkinabè. Des 100 jours du président, le CPPU retient une montée brutale de l’incivisme, une insécurité grandissante, l’absence d’autorité de l’Etat, des Kogleweogo « en gestation » qui défient les forces de défense et de sécurité. Et que dire du ministre de l’administration territoriale et de la sécurité intérieure ?
A ce sujet, Aziz Ouattara fait le constat d’ « un ministre de la sécurité qui oublie ou ignore ses prérogatives et se balade comme s’il était en campagne ». Le premier ministre et ses ministres n’ont pas été épargnés. Qualifiés d’inexpérimentés, avec un président qui tâtonne, le CPPU indique : « Le peuple est à bout de sa patience et cela résonne comme une prochaine insurrection. Si nous continuons à ce rythme, une prochaine insurrection est en vue ».

L’opposition politique en a eu pour son compte également. Qualifié d’« opposition bouffonne », Aziz Ouattara et ses camarades soutiennent que ces derniers sont plutôt intéressés par la conquête du pouvoir. « C’est quand les syndicats, le peuple d’une manière générale crient son ras -le –bol, qu’elle se fait sentir et pas de la meilleure manière », a indiqué Aziz Ouattara.

« Des solutions concrètes pour sortir de la misère »

De l’avis d’Aziz Ouattara, au sujet des questions sécuritaires et d’incivisme, le président Roch Kaboré devrait commencer par établir une relation de confiance entre lui, la grande muette, la justice et le peuple. Et pour cela, le CPPU suggère au président : « de renvoyer tous les généraux à une retraite anticipée et de promouvoir les jeunes ». Ce qui permettra au président, ajoute-t-il : « de prendre le commandement et d’instaurer une certaine confiance. Le président n’a peut-être pas la main mise sur ces vieux généraux qui ne peuvent pas apporter grande chose au pays ».

Concernant l’employabilité des jeunes, le CPPU estime que les solutions fortes ne sont pas les solutions à court terme qui sont proposées présentement. En effet, selon Aziz Ouattara, les présents projets proposés par le gouvernement créeront d’autres problèmes majeurs. C’est pourquoi, le coordonnateur du CPPU estime que la recherche d’investisseurs étrangers est la meilleure manière de promouvoir l’employabilité. « Il est temps que le président Roch Kaboré prenne son bâton de pèlerin pour rechercher des investisseurs pour le pays. C’est ça qui permettra de créer des emplois durables », a signifié Aziz Ouattara.

S’agissant du passage à la cinquième république, le coordonnateur du collectif estime que les priorités du pays se situent à d’autres niveaux et le moment n’est pas opportun. « Pour une cinquième république, il faut aller jusqu’au référendum et cela est aussi coûteux pour le contribuable burkinabè. Ce n’est pas le passage à la cinquième république qui va consacrer la rupture avec l’ère Compaoré. C’est le travail et les actes », a-t-il ajouté. Ce qui signifie, de son avis, que le président doit travailler pour éliminer les maux de l’ère Compaoré. Il s’agit entre autres de la corruption, la gabegie, les mauvaises passations de procédures de marché, les nominations par complaisance et les recrutements.

Le collectif pour un peuple uni se veut une OSC exemplaire. Ainsi, le coordonnateur du collectif soutient qu’il est temps que les partis politiques arrêtent de créer des OSC. « 98% des organisations de la société civile burkinabè sont créées par des formations politiques. Nous voulons des OSC apolitiques et incorruptibles », a dit Aziz Ouattara.

Nicole Ouédraogo
lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés