Santé : L’IRSS ouvre une formation sur la médecine traditionnelle et pharmacopée africaines

mardi 15 décembre 2015 à 00h19min

Sur initiative de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), il se tient du 14 au 17 décembre 2015 à Ouagadougou, la première édition du « Cours régional d’ethnopharmacologie ». Cette formation, qui réunit 25 participants venus du Bénin, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo, est placée sous le thème : « De la plante aux phytomédicaments : approche méthodologique ». La cérémonie d’ouverture intervenue dans la matinée de lundi, 14 décembre 2015 a été présidée par le délégué général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST).

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Santé : L’IRSS ouvre une formation sur la médecine traditionnelle et pharmacopée africaines

L’initiative a pour « objectifs pédagogiques » d’utiliser les méthodes adéquates d’étude de terrain pour recenser les savoirs et savoir-faire traditionnels en matière de santé, mettre en pratique les méthodes d’étude de laboratoire pour l’évaluation scientifique de l’intérêt thérapeutique des plantes médicinales utilisées dans la médecine traditionnelle africaine. Cette formation vise également à élaborer des protocoles d’évaluation clinique des médicaments à base de plantes et de concevoir un plan de conservation de la biodiversité.

« Le cours qui démarre ce matin, et qui durera quatre jours, voit aboutir nos ambitions de partager avec vous, un savoir-faire dans le domaine où plusieurs disciplines cohabitent », a résumé le coordonnateur du cours, Pr Pierre Guissou, s’adressant aux stagiaires. Selon lui, l’ethnopharmacologie est une jeune science qui peut se comprendre comme l’exploration interdisciplinaire des agents biologiquement actifs, traditionnellement employés ou observés par l’homme pour le bien-être de la santé. A en croire le Pr Guissou, ce cours, tel que conçu, répond également aux recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) qui demande aux pays en développement, d’étudier les pharmacopées traditionnelles en vue d’intégrer la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé pour améliorer la capacité de prise en charge des populations.
Occasion pour le délégué général du CNRST, Pr Roger Nébié de louer le mérite de cette initiative qui, confie-t-il, lui tenait particulièrement à cœur depuis sa prise de service l’an dernier à la tête du CNRST. Expliquant qu’il n’a de cesse d’encourager les directeurs d’instituts d’aller dans le sens de développer des modules pour des « formations certifiantes ». D’où sa joie de participer, dit-il, à l’ouverture de cette 1ère édition de cours qu’il dit espérer voir perpétuer d’année en année.

La médecine traditionnelle et la pharmacopée africaines apparaissent de plus en plus comme un système de santé indispensable aux populations des pays en développement en particulier. Requérant ainsi sa prise en compte dans les différents programmes de développement socio-sanitaires comme priorité pour asseoir un système de santé efficace. Selon les initiateurs de la formation, la médecine traditionnelle africaine, « riche et variée », peut contribuer à résoudre le problème d’accessibilité géographique et économique de la majorité des populations à des médicaments efficaces essentiels.

« Certains pays de la sous-région ouest africaine produisent localement, à une échelle pilote, diverses préparations à base de plantes pour traiter certaines pathologies (OMS, 2000). Cependant, cette production est loin de satisfaire les besoins des populations de la sous-région qui font face à la recrudescence de maladies négligées (parasites, drépanocytose) et émergentes (HTA, cancer, diabète) dans un contexte de pauvreté qui rend difficile l’accès aux médicaments modernes », note-t-on des termes de références du cours, d’où il ressort en outre qu’une des raisons de cette insuffisance est la rigueur du processus de développement du médicament à base de plantes.
Par cette initiative, l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), un des instituts du CNRST, répond aux besoins de renforcement des capacités des différents acteurs intervenant dans ce domaine, explique le premier responsable de l’Institut, Sylvain Ouédraogo.
Durant ces quatre jours, des spécialistes de nombreux pays interviendront à travers plusieurs ‘’modules’’ parmi lesquels on retient volontiers : « l’ethnologie/anthropologie », « l’ethnobotanique », « la photochimie/standardisation », « les technologies pharmaceutiques et le protocole d’essais cliniques ».

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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