Dossier Salifou Nébié : Le juge Théophile Nana avait- il senti venir un danger ?

vendredi 4 décembre 2015 à 06h50min

L’information est tombée dans la matinée de ce jeudi, 3 décembre. Le juge d’instruction dans l’affaire Salifou Nébié, Théophile Nana, est décédé. A en croire un proche de la famille, l’intéressé qui était bien portant la veille a été, suite à une crise, conduit dans la nuit du 2 au 3 décembre au CMA du secteur 30. L’état du malade jugé très critique, son dossier médical aurait été constitué pour qu’il soit référé à l’hôpital Yalgado Ouédraogo. Théophile Nana serait décédé entre le CMA et l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

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Dossier Salifou Nébié : Le juge Théophile Nana avait- il senti venir un danger ?

Son décès survient le jour même où, toujours selon notre source, certaines conclusions devaient être rendues dans le cadre de l’affaire « Salifou Nébié », juge du Conseil constitutionnel retrouvé mort le 24 mai 2014, affaire dont il avait en charge l’instruction.

Secrétaire à la communication et à la mobilisation du SAMAB (Syndicat autonome des magistrats burkinabè), le juge Nana laisse derrière lui des collègues et proches aphones. « Il n’était pas malade…Tout est parti très vite… », lâche un de ses proches. Se refusant à tout commentaire.

On se souvient que pour marquer le 1er anniversaire de la mort du juge Nébié, sa structure (le SAMAB) avait, au cours d’une conférence de presse le vendredi 22 mai 2015 à Ouagadougou, déploré que ‘’depuis l’insurrection, un certain nombre de dossiers bénéficient d’une attention particulière des autorités et que cela ne soit visiblement pas le cas de celui du juge Nébié’’. Au niveau de cette structure, l’heure semble à de multiples interrogations. Et ce, dans une vive attente des résultats de l’autopsie, confie-t-on.

Le juge d’instruction avait souhaité être dessaisi du dossier

Selon notre confrère, Le Reporter, le juge Théophile Nana, aurait,à un moment donné, adressé une lettre au Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour demander à être dessaisi du dossier. Evoquant entre autres raisons, sa proximité avec le défunt (Salifou Nébié) de son vivant. Ce qui ne lui permettrait pas de conduire le dossier convenablement et en toute objectivité. Le 28 juin 2014, en réaction à sa requête (adressée 48 heures plus tôt), le parquet aurait opposé une fin de non-recevoir.Le Procureur du Faso lui ayant demandé de se départir de certaines considérations pour se mettre au travail. Ce qui avait suscité beaucoup d’interrogations dans les milieux judiciaires, informe Le Reporter. Notre confrère qui poursuit en révélant que dès le départ, ils étaient nombreux à émettre des réserves quant à l’opportunité de la désignation de Théophile Nana pour instruire ce dossier.

Mais, au-delà de l’aspect juridique soulevé, faut-il comprendre que le juge Nana avait senti planer un danger du fait de cette proximité avec le défunt ?

Retour sur l’affaire juge Nébié

Tout est parti de cette soirée de 24 mai 2014. Le juge constitutionnel, Salifou Nébié, âgé de 58 ans, est trouvé mort sur la bretelle de la route communale n° 39, menant au centre-ville de Saponé. Sa disparition intervient dans un contexte surchauffé de débats tranchés sur la modification de l’article 37 de la Constitution. Membre de l’institution gardienne de la loi fondamentale, le Conseil constitutionnel, son décès avait suscité toutes sortes de commentaires avec autant d’hypothèses sur les potentiels auteurs.

Des mouvements sont nés pour exiger la justice pour le juge Nébié pendant que l’enquête de l’affaire est confiée à la section de Recherche de la Gendarmerie de Ouagadougou.

Un médecin légiste français du nom de Stéphane Chochois sera ensuite commis au dossier aux fins d’autopsie. Les résultats de celle-ci, réalisée le 4 juin 2014 (selon le rapport),conclut que « M. NEBIE Salifou est donc décédé des suites d’un accident de la circulation, avec percussion violente par un engin indéterminé, avec impact initial au niveau de l’épaule droite, puis chute violente sur le crâne en fronto temporo pariétal gauche, puis franchissement thoracique par le véhicule initial ou plusieurs autres véhicules, dans un contexte d’alcoolisation aigue ». Ecartant l’hypothèse de l’intervention d’une tierce personne dans sa mort.

Un rapport qui a suscité de l’étonnement (voire de l’indignation) au sein de l’opinion, surtout des organisations constituées pour exiger justice.

Depuis l’insurrection populaire, le dossier semblait connaître un rythme d’avancement qui n’est pas du goût des organisations de défense des droits de l’homme. Avec cette disparition du juge en charge de l’instruction du dossier, on est bien tenté de croire que le dossier Nébié a pris une autre dimension.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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