Mariage précoce dans la région du centre : Une campagne de plaidoyer pour son abandon

vendredi 28 août 2015 à 02h31min

Le gouverneur de la région du centre, Joachim Somda a procédé, ce jeudi 27 août 2015 à Pabré, au lancement officiel de la campagne de plaidoyer auprès de 400 leaders traditionnels, coutumiers et religieux pour l’abandon des mariages précoces dans ladite région. Placée sous le thème « mariages précoces dans la région du centre : tous engagés pour la tolérance zéro », elle a été initiée par l’Association Belem wend tiga (BELWET) avec le soutien financier et technique de l’UNICEF et du gouvernorat du centre.

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Mariage précoce dans la région du centre : Une campagne de plaidoyer pour son abandon

Après Boussé, le département de Pabré dans la région du centre a abrité, le 27 août 2015, le lancement de la campagne de plaidoyer pour l’abandon des mariages précoces autour de la réflexion « tous engagés pour la tolérance zéro ». Selon le gouverneur de la région, Joachim Somda la situation du mariage précoce est assez alarmante dans la région du fait de la jeunesse de la population. En effet, les filles constituent 52% de la population et parmi cette franche 3, 9% se marient avant l’âge de 18 ans. Ces indicateurs, de l’avis de M. Somda, interpellent plus d’un à conjuguer les efforts pour combattre ce fléau qui compromet non seulement la dignité des filles, leur sécurité, leur autonomie mais surtout leur santé avec des pathologies telles que les fistules obstétricales. C’est pourquoi, il nourrit l’espoir qu’à l’issue de la campagne, les leaders religieux et coutumiers servent de relais dans leurs zones de compétence.

Selon la représentante adjointe de l’UNICEF au Burkina Faso, Sylvana Nzirorera, les filles ayant le plus faible niveau de formation sont les plus susceptibles de se marier en âge précoce, par contre celles ayant une formation secondaire encourent moins le risque. Ceci laisse croire que l’éducation demeure l’une des stratégies les plus efficaces pour protéger les filles et lutter contre le mariage des enfants.

Toutefois, il faut reconnaitre que la persistance de cette pratique s’explique par le fait que les parents pauvres considèrent la fille comme un fardeau économique et son mariage un indispensable moyen de survie de leur famille. De la même manière, qu’ils pensent que le mariage peut protéger leur fille des dangers de la violence sexuelle et des grossesses hors mariage.

Pour lutter efficacement contre le mariage d’enfants, l’UNICEF s’est donné pour mission de veuiller à la protection et à la réalisation des droits des enfants parmi lesquels l’éducation de tous qui ne saurait se faire réellement sans l’accompagnement de la communauté à envoyer leurs enfants à l’école. « Je connais la force des chefs traditionnels et religieux, autorités dans ce pays ainsi je les invite à être les avocats des petites filles, les défenseurs de leur droit non seulement de cette région mais du Burkina tout entier ».

Quant au président de BELWET, le Larlé Naba Tigré, il a signifié que depuis 2006 l’UNICEF les accompagne dans la mise en œuvre d’actions de sensibilisation sur le bien- être des enfants, des femmes, et des familles dans les différentes régions du Burkina. Avant de reconnaitre que les données actuelles sur les mariages précoces montrent clairement que le pays continue de subir les conséquences néfastes de cette pratique. A cet effet, l’Association s’est donné pour mission la recherche du bien- être de la population car refusant de tolérer le fait que les jeunes filles mineurs soient laissées à la merci des mariages précoces. « Les pesanteurs sociales culturelles et religieuses expliquent la persistance de cette pratique au sein de nos communautés, mais notre responsabilité est grande dans la stratégie à mettre en œuvre pour inverser les tendances et aller vers la tendance zéro » a laissé entre le président de BELWET.

La cérémonie de lancement a été suivie d’un panel sur le thème de la campagne. Les communications ont essentiellement porté sur :
-  la contribution de la DR/Action sociale sur l’état des lieux de la pratique au centre
-  contributions des communautés religieuses sur leurs perceptions relatives
-  contribution de la chefferie traditionnelle
-  contribution de l’UNICEF sur son action
-  adoption de l’engagement des 400 leaders
La plantation d’arbre a officiellement mis fin à l’événement et le prochain rendez-vous prévu dans la région de l’Est.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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