Performances des institutions et politiques publiques : La note du Burkina chute à 3.7 en 2014

vendredi 17 juillet 2015 à 00h30min

La représentation de la Banque mondiale au Burkina a échangé ce mardi 14 juillet 2015 à Ouagadougou avec ses partenaires nationaux sur le contenu et la note de 3.7 obtenue par le Faso en 2014 en matière de performance des politiques et institutions publiques. Ce résultat marque un recul du pays dont la notation était restée, au cours des trois dernières années, constante à 3.8 sur 6.

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Performances des institutions et politiques publiques : La note du Burkina chute à 3.7 en 2014

Le rapport d’évaluation pour l’année 2014 des politiques et institutions des pays bénéficiaires des allocations de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale est disponible. Les résultats dudit ont fait l’objet d’échanges avec les acteurs burkinabè. C’était ce 14 juillet 2015 au siège de la représentation nationale de la Banque à Ouagadougou au cours d’un atelier et via une vidéo conférence animée depuis Nairobi par Punam Chuhan-Pole, économiste en chef par intérim pour la région Afrique de la Banque mondiale et principal auteur du présent rapport.
3.7, c’est la note finale obtenue par le Burkina Faso en 2014 au terme de l’évaluation de la performance des politiques et institutions publiques. Cette note marque un recul du pays dont la notation en la matière était restée, au cours des trois dernières années, constante à 3.8 sur 6. Du coup, le pays se retrouve relégué dans la profondeur du classement, notamment parmi les quinze premiers pays. Alors qu’en 2011, le pays occupait la troisième place.

Explications d’une contre-performance

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette contre-performance du Burkina dans le classement 2014 de l’évaluation CPIA (Country Policy and Institutional Assessment), comme disent les anglophones.
« 2014 a été une année difficile pour le Burkina. Même avant les évènements d’octobre, le pays avait commencé à rencontrer des difficultés sur le plan économique. La croissance économique avait baissé, il y avait l’épidémie d’Ebola qui avait eu un impact négatif sur l’économie. Il y avait aussi les différentes réformes qui devraient être réalisées sur le plan économique et social », explique la représentante-résidente de la Banque mondiale, Mercy Tembon.
« Les défis à relever pour le Burkina demeurent dans les secteurs financier, de l’équité dans l’utilisation des ressources, de la protection sociale et du genre », indiquera pour sa part Mariam Diop, économiste principal à la Représentation Résidente de la Banque mondiale à Ouagadougou ».

Des actions en vue pour améliorer la note à venir

Au cours des échanges qui ont suivi la présentation ce 14 juillet du contenu du rapport CPIA 2014, les acteurs burkinabè sous la direction de Yamsekré Tiendrébéogo, conseiller technique du ministre de l’Economie et des Finances, ont convenu de la mise en œuvre d’un certain nombre d’actions en vue d’améliorer à l’avenir sur la note CPIA du Burkina qui n’est pas sans enjeu pour les allocations annuelles IDA octroyées au pays.
En effet, comme l’a expliqué Punam Chuhan-Pole, principal auteur du présent rapport, avoir une notation CPIA permet aux pays d’accroître les allocations dont ils bénéficient auprès de l’Association internationale de développement de la Banque mondiale.
Ainsi, avec son bon classement de 2011 conjugués avec d’autres facteurs favorables, le Burkina Faso a réussi par exemple au cours de cette année-là à obtenir jusqu’à 125 millions de dollars d’allocations, alors que la moyenne de ses allocations annuelles se situait autour de 90-100 millions de dollars.
Pour donc renouer avec ces bons résultats, les acteurs burkinabè ont convenu d’une réunion qui devra permettre de renseigner tous les différents critères ; de définir la matrice de mesures à mettre en œuvre en 2015 et de l’établissement d’un rapport à soumettre en conseil des ministres.
En tous les cas, là-dessus, voici l’analyse qu’en fait la représentante-résidente de la Banque mondiale :
« Les populations pauvres au Burkina Faso n’ont pas encore à l’éducation, la question d’équité hommes-femmes se pose toujours. C’est un ensemble de fait qui donne cette légère différence entre 3.8 et 3.7. La solution passe par les réformes, les actions du gouvernement envers les pauvres. Si le gouvernement continue à faire ce qu’il faut, l’engagement est là, mais c’est la capacité à délivrer les services qui fait un peu défaut. Nous espérons que quand la situation politique va se régler le Burkina va reprendre sa 3e place. Nous avons beaucoup d’espoir. C’est pourquoi, nous avons exhorté les responsables de la formulation les réformes sectorielles, de faire en sorte que ces réformes soient effectivement mises en œuvre pour qu’on puisse commencer à percevoir l’impact et les résultats chez les populations démunies. Car l’objectif à terme, c’est de faire reculer la pauvreté ».

Comprendre l’évaluation CPIA et IDA

Faut-il le rappeler, l’évaluation de la performance des Institutions nationales (EPIN), « CPIA » en anglais, porte sur 16 critères regroupés en 4 domaines : gestion économique (politique monétaire et de change, politique fiscale, gestion de la dette) ; réformes structurelles (commerce, secteur financier, environnement des affaires) ; politiques d’intégration sociale et d’équité, et gestion du secteur public et des institutions.
Quant à IDA, il est un instrument financier de la Banque mondiale au service des pays les plus pauvres au monde fondé en 1960 et qui leur accorde des prêts sans intérêt et des dons pour financer des projets et des programmes visant à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations démunies. A ce jour, 39 pays sont éligibles aux fonds IDA.
Les engagement financiers de IDA ont régulièrement augmenté et s’élevaient annuellement à environ 15 milliards de dollars en moyenne ces dernières années. La moitié de ces fonds a été destinée à des pays africains.

Grégoire B. Bazié

Lefaso.net

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