Fraude aux concours : L’Union Nationale des Administrateurs civils du Burkina Faso appelle à bâtir une administration républicaine et professionnelle

mercredi 15 avril 2015 à 17h23min

L’Union Nationale des Administrateurs civils du Burkina Faso (UNABF) a été saisie le 20 mars 2015 par certains de ses membres en colère contre des communiqués d’ouverture des concours professionnels des administrateurs civils, secrétaires administratifs et adjoints administratifs publiés la veille par le ministère en charge de la fonction publique. Les termes desdits communiqués sont sans équivoque : ils permettent à des agents qui n’en ont pas le droit, de pouvoir frauduleusement passer lesdits concours professionnels. .

Fraude aux concours : L’Union Nationale des Administrateurs civils du Burkina Faso appelle à bâtir une administration républicaine et professionnelle

En effet, selon le décret N°2006 -062 /PRES/PM/MFPRE/MATD/MFB du 27 février 2006 portant organisation des emplois spécifiques du Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, seuls les secrétaires administratifs sont autorisés à passer le concours professionnel d’administrateurs civils (article 20). Or, le communiqué d’ouverture du concours professionnel des administrateurs civils autorise en plus des secrétaires administratifs, tout agent de catégorie A3, A2 et B1 de l’administration publique de l’Etat à pouvoir passer ce concours

Ce qui constitue une violation des dispositions du décret précité. De même, un concours professionnel de recrutement d’adjoints administratifs a été ouvert, alors que l’article 4 du décret précité ne prévoit pas de concours professionnel mais uniquement un recrutement sur titre ou concours direct. Ce qui constitue un excès de pouvoir. Selon l’article 12 dudit décret, seuls les adjoints administratifs sont autorisés à passer le concours professionnel de secrétaires administratifs. Or, le communiqué d’ouverture du concours professionnel visé, autorise en plus des adjoints administratifs, les agents de catégorie B2 et B3 de l’administration publique de l’Etat à pouvoir passer ledit concours. Ce qui constitue une violation des dispositions dudit décret et une restriction des droits des agents régis par le décret précité.

Saisi par lettre de l’UNABF en date du 20 mars 2015, Monsieur le Ministre en charge de la fonction publique a souhaité une rencontre d’échanges avec ses services techniques en l’occurrence l’Agence Générale de Recrutement de l’Etat et la Direction Générale de la Fonction Publique. A cette rencontre, la délégation de la fonction publique conduite par Monsieur le Directeur Général de la Fonction Publique qui est lui-même magistrat de profession, a reconnu que les communiqués « n’avaient pas de base légale ». L’UNABF s’attendait donc en toute logique, que le département de la fonction publique en tire les conséquences. Mais face au silence de Monsieur le Ministre, l’UNABF lui transmettra une deuxième lettre le 07 avril 2015.

Face à l’argument selon lequel, il faut permettre aux agents recrutés sur titre dans les différents ministères de pouvoir passer un concours professionnel, l’UNABF a proposé qu’il soit ouvert à leur intention, un examen professionnel d’avancement conformément à l’article 62 de la loi n°013/98/AN du 28 avril 1998 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique.
Mais grande a été la surprise de l’UNABF d’entendre Monsieur le Ministre sur les antennes de la Télévision Nationale dans la soirée du 07 avril 2015 à l’émission « tribune », dire qu’il y’avait des agents qui « font du corporatisme » et qui « veulent empêcher des burkinabè de passer des concours professionnels ».

Ainsi donc, non seulement Monsieur le Ministre à mots couverts marque son rejet de la demande de l’UNABF, mais encore répond à une question juridique par une réponse d’ordre divisionniste : « des agents veulent empêcher des burkinabè de passer des concours professionnels ». Venant d’un homme de droit, cette réponse est surprenante et soulève plusieurs questions auxquelles, il n’appartient pas à l’UNABF de répondre.

Sur l’accusation de corporatisme, l’UNABF estime que ce sont les administrateurs qui ont été plutôt victimes du corporatisme à travers le retrait de leur statut particulier qui faisait d’eux des agents interministériels de l’administration générale. L’adoption en 2006 d’un décret inique supprimant leur caractère d’administrateur civil et les transformant désormais de fait en administrateurs territoriaux est la preuve tangible de ce corporatisme oppresseur dont ils ont été victimes.

La cause d’une telle oppression de la part des pouvoirs publics réside dans diverses raisons dont l’organisation impartiale par ces administrateurs de l’élection présidentielle de 1978 lors de laquelle, le président sortant a été mis en ballotage pour la première fois en Afrique. Depuis lors, tous les régimes successifs se sont méfiés des administrateurs les taxant d’être rigoristes. Sous les périodes d’exception la rigueur des administrateurs et leur intransigeance quant au respect des textes leur vaudra d’être marginalisés, sanctionnés et réprimés sauvagement.

Le professeur Laurent BADO alors administrateur civil dans les années 80 a été sanctionné et renvoyé pour enseigner à cause de son refus de cautionner la violation des textes et des principes de l’administration. Ce dédain envers les administrateurs a été couronné par le retrait de leur statut particulier sous la période d’exception et leur transformation en administrateurs territoriaux de fait, par le décret de 2006. On ne peut donc pas leur opposer aujourd’hui, l’argument de corporatisme face à leur demande de respect des dispositions du fameux décret qui les régit.

Parlant de corporatisme, il est irréfutable que c’est l’administration elle-même qui a créé le corporatisme à travers l’adoption des TOES (textes d’orientation des emplois spécifiques) sous le joug desquels, on recrute désormais des agents non pas pour le service public, mais pour un secteur ministériel. Le résultat logique ne peut donc être que le sectarisme. A titre comparé, pour mettre fin au corporatisme, la France a adopté l’ordonnance (n°45-2283 du 9 octobre 1945 relative à la formation, au recrutement et au statut de certaines catégories de fonctionnaires, et instituant une direction de la fonction publique et un conseil permanent de l’administration civile) créant les corps d’administrateurs civils et des secrétaires administratifs et une école nationale d’administration. Cette ordonnance donne des pistes pour combattre le corporatisme par des mesures institutionnelles.

En tout état de cause, il est incompréhensible que seulement 5 mois après l’insurrection populaire,un ministre de la république tient à violer les règlements et les principes de la république pour la défense desquels plus de 30 burkinabè sont morts en martyrs. Faudrait-il alors comprendre par la volonté du Ministre en charge des agents publics d’outrepasser les dispositions réglementaires, une invite aux agents de l’Etat à en faire autant ? Si on peut violer les dispositions du décret précité en faveur de certaines personnes, que ne pourra-t-on pas faire pour les déclarer admis aux concours objet dudit arrêté ?

En tout état de cause, l’UNABF de ce qui précède :
1) prend l’opinion publique à témoin de la fraude qui se prépare et ses éventuelles conséquences ;
2) exige l’arrêt du processus de fraude et le respect strict des dispositions du décret régissant les concours professionnels des administrateurs civils, secrétaires administratifs et adjoints administratifs ;
3) appelle à bâtir une administration républicaine et professionnelle, garant d’un Etat de droit, soucieuse du respect du principe de la légalité des actes administratifs et capable de faire face aux défis du présent et du futur, ;
4) invite tous ses membres à quelque position qu’ils soient, à se tenir prêts pour les actions à venir en vue de faire respecter les règlements de la république les régissant.

Fait à Ouagadougou, le 14 avril 2015

Pour le Bureau Exécutif National

Le Président
Hamidou DIPAMA

Messages

  • Gut gesagt ! Die Regierung must die Leuten respectiren.

  • LOADA est venu à la fonction publique pour créer un désordre. Cette décision a été prise pour satisfaire les intérêts égoïstes de quelques personnes parachutées dans la fonction publique. S’il croit avoir raison qu’on ouvre tous les concours professionnels à ses agents (ENAREF, Douane, Police, Gendarmerie, Gestion des ressources humaines, Eaux et forêts, Enseignements, etc.). Il faut qu’on se respecte dans ce pays en respectant la règlementation en vigueur.

  • Il faut des états généraux sur la gestion des écoles professionnelles et leurs concours d’accès. il y a une grande disparité dans les recrutements et la catégorisation des agents. Certaines écoles professionnelles sont un vrai foutoir et sont gérées parfois suivant les humeurs d’un individu qui y mélange toute sa méchanceté et sa phobie de voir la promotion des autres. Par exemple, le docteur ILBOUDO, directeur général de l’école nationale de l’ élevage et de la santé animale justifiait, pour ne pas ouvrir le cycle d’ingénieurs à l’ENESA qu’il ne pouvait pas "mélanger des choux et des salades" (cf CASEM 2014 à Bagrépole). Qui est "chou" docteur et qui est "salade" ?

  • Même si le Ministre est novice dans la fonction cela ne veut pas dire qu’il doit foutre les textes aux pieds. s’il est juriste qu’il mette en œuvre sa compétence. par manque d’arguments le ministre est en train de créer la confusion au sein de l’opinion nationale.c’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon. Merci à l’unabf pour la précision.

  • TBien vouloir constater que la fraude est vigueur depuis l adoption du toes. Donc il faut redefinir le mot fraude.

  • Merci aux administrateurs d’avoir lever ce lièvre pour le porter à l’opinion publique, en fait Loada se méprend beaucoup avec les agents publics et il veut les traiter comme des étudiants de 1ère année de droit. Attention mon ami Loada, les temps ont changé et tu doit le comprendre, dis toi que tu n’es rien, ne soit pas si méprisant et si suffisant.N’essaie surtout pas comme tu le fais déjà de reverser tes copains du CGD chez les administrateurs. Nul ne connait demain.A bon entendeur salut.

  • samspade. Définissez le mot Fraude pour nous. C’est la lutte qui vient d’être engagée qui nous importe. Ceux qui ont laissé faire par le passé y avait certainement intérêt comme vous. Allons seulement ! Plus rien ne sera comme avant. Surtout en bien LOADA. Rien qu’en bien.

  • Loada encore. ce type va gater son nom definitivement

  • soutien et encouragements à vous les administrateurs. ne laissez pas Loada foutre le bordel dans la fonction publique.

  • Nous allons voir ou Loada va passer pour organiser ces concours professionnels des administrateurs. Tant que le decret n’est pas respecté, il n’y aura pas de concours. en tout cas, on verra ensemble l’issue des choses. Nous avons affronter les balles de Blaise compaoré, c’est pas celles de Loada que vont nous faire peur. dans tous les cas, je suis prete

  • Nous disons non contre la violation flagrante des textes régissant le corps des administrateurs. Notre
    colère est encore plus grande car cette forfaiture vient d’un professeur émérite de droit. Dans tout ça c’est le silence coupable des responsables du MATDS.

  • Nous disons non contre la violation flagrante des textes régissant le corps des administrateurs. Notre
    colère est encore plus grande car cette forfaiture vient d’un professeur émérite de droit. Dans tout ça c’est le silence coupable des responsables du MATDS.

  • Pour infliger une correction au MFPTSS, il faudra boycotter ce concours et exiger sa reprise !

  • Parmi vous,il y a des ex GSP, Secrétaires dactylo, Greffiers et meme Policiers ! Donc arretez de pomper l’air aux gens. Et puis votre ex DGMEC, Aimé G. OUEDRAOGO a fraudé en faveur d’une "pepée", l’année dernier. Votre machin est resté aphone jusqu’à present. Bande d’irresponsables !

  • Bonjour et félicitation aux administrateurs

    Témoignage
    Soyez unis. LOADA n’est pas digne d’un juriste. Les textes sont claires et il les violes. Avant de lancer un concours professionnel, le minimum c’est de se référer aux textes en vigueur. Ce sont les mesures nouvelle qui ont crée tous ses problèmes. Le mode de recrutement sur mesures nouvelles a été mise en place pour satisfaire et recruter les militants engagé du CDP puis qu’il était impossible de passer par les concours directs. Tous ce qui ont été recrutés sur mesures nouvelles sont à 90 pourcent du CDP. Comment évoluer maintenant ? Il fallait valait s’arranger pour qu’ils intègrent par concours professionnel, les corps des GRH et de l’AG. Avec le temps les autres corps ont compris et ont fermé l’accès a commencé par l’Enaref, les Affaires Etrangères.......
    Au niveau des enseignements pour quitter leur corps, ils passaient par le concours professionnel des GRH et autres pour échapper à la craie. Là aussi les GRH pures produit ont compris et ont rabattu un peu la porte de leur corps, pour dire qu’il reste certains issus des mesures novelles qui passassent par les mailes pour rentrer.
    Personnellement j’ai traités des dossiers d’engagement à la Fonction publique des militants issus du CDP siège sur mesures nouvelles. Tenez bien ces militants non pas faits de concours. Si monsieur WANBIN de l’immeuble de la modernisation m’écoute.
    Pour finir, il est nécessaire de supprimes le mode de recrutement sur mesures nouvelles et tout reverser dans les concours directes.

    La justice

  • De quoi ce M. se venge t il finalement ? a t il échoué dans le passe à un concours d’entrée a ENAM. j’ai vraiment honte de certains soit disant intelo. Comment quelqu’un qui a le titre de professeur d’univ. puisse commettre de telle bavure ? merde !

  • c’est pourquoi je préconise que très rapidement nous transformons l’association en syndicat pour nous faire respecter par des grèves. oui les amis, tous les corps sont en syndicats pour lutter, pourquoi pas nous ?ce concours n’aura pas lieu,ou s’il a lieu avec ces incohérences, je quitte l’association.je suis prêt pour un éventuel mot d’ordre.loada a foutaise,mais allons seulement

  • Au Minsitère des affaires etrangères la fraude au concours professionnels est tres flagrante. il faut que les autorités fassent quelque chose

  • Je lance un appel à tous manifestants.de grâce laissez d’exploiter nos soit disant martyrs.vous les exploitez alors que leurs ayants droits n’auront rien de vos revendications. alors que moindre chose vous êtes là nos martyr.quittez dans ça.

  • Parmi vous,il y a des anciens "kobnabas",GSP,Mécaniciens,agents des TP,Secrétaires dactylographes et agents de liaison...Juste pour dire que vous etes mal placés pour critiquer. L’année dernière,l’un des votres a été dénoncé dans la presse pour fraude au concours et vous etes restés aphones !

  • L’UNABF a raison car le MATDS est le seul ministère qui visiblement reçois tous les contractuels ( agents de liaison, agents de bureau, secrétaires de direction et certains comptables). A titre illustratif même les comptables qui sont des financiers ne peuvent pas postuler aux concours du MEF non comptant de cela les agents de bureau relevant du MEF ne peuvent déposer leur dossier pour les concours du département dont ils relèvent. C’est une triste réalité !
    Par ailleurs dans presque toutes les régions on a des IRA (Instituts Régionaux d’Administration), je suis pour cette politique de la décentralisation mais pourquoi on n’a pas créer l’IRA du Centre comme RTB2 Centre afin de permettre à ceux qui veulent et selon leur ordre de mérite de rester à Ouaga car il existe des cas spécifiques comme exemple : madame est à Ouaga en location avec les enfants, le mari en province et madame veut postuler aux concours professionnels de la fonction publique. S’il faut qu’elle bouge avec les enfants, il faut qu’elle cherche d’abord une maison pour la quelle ce n’est pas du facile, démarcheur, avance et caution, ensuite la recherche de l’école des enfants qui est un casse-tête chinois et enfin après la formation la souffrance reprend et de plus belle car à Ouaga c’est encore dur.

  • Mr le juriste chevronné, du respect pour les textes et lois de la république, nous vous en prions, pas plus que ça.merci pour la compréhension

  • Loada il n’est pas tard revenez sur cette décision. En toute franchise ici les administrateurs ont raison

  • pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi monsieur le ministre ne voulez pas reconnaitre votre tort et revoir votre communique ? Si le droit est une question de sentiment, que deviendrai la justice ? S il est possible ouvrez tous les concours dans un comunique unique ou chacun aura la latitude de prendre part au concours de son choix sans exclusion. Ainsi ces administrateurs aura la chance ou vos proteger pouront prendre part au concours de la police, des finances, des affaires etrangeres, pourquoi pas de la magistrature sans avoir fait le droit. C est une question de bon sens et de drioit. C est en voulant aller contre le respect de la constitution que le president compaore se trouve la ou il est today et vous avez eu la chance d etre ministre.. Vous sortirai grand si vous revoyez votre communique. Comment quelqu un qui est dans son droit supplie que le droit s applique chose qui devait etre automatique. Respectons les textes et faisons honneur a soi meme. Avant ces administrateurs pouvaient virer et faire d autres concours mais aujourd hui tout leur a ete ferme. S ils ne peuvent pas evoluer dans un autre corps, alors que personne ne vienne evoluer chez eux. Simple comme bonjour. A cette allure les gardiens chauffeurs et pourquoi pas les bouchers viendront prendre part au concours de ces ADMINISTRATEURS. Cordialement a vous !!

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