Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

dimanche 4 janvier 2015 à 21h14min

La récurrence de la question des candidatures indépendantes dans le débat public, mérite qu’on s’y penche. Nombreux sont ceux qui souhaitent que cette question soit, au cours de la transition, tranchée pour de bon dans le sens de son admission ou non aux élections législatives et municipales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la question continue de diviser au sein aussi bien du caucus des Organisations de la société civile (OSC), que de la classe politique. En tout cas, le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBHP) et le Cadre de réflexions et d’actions démocratiques (CADRe) tiennent des positions frontalement opposées, sur la question. Au sein de la classe politique, les responsables de partis se veulent prudents, au regard du caractère à la fois sensible et capital pour notre démocratie, mais surtout parce les calculs politiciens obligent.

Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

Au Burkina Faso, si l’on peut être candidat à l’élection présidentielle sans être membre d’un parti politique (article 123 du Code électoral), il n’en va pas de même en ce qui concerne les élections législatives et municipales. Pour candidater à ces dernières, la première des conditions auxquelles il faut satisfaire, c’est d’être membre d’un parti politique. Ce qui, de l’avis de M. Aly Sanou, le Secrétaire général du MBDHP, « est un paradoxe » qu’il convient de dépasser en autorisant les candidatures indépendantes.

Reconnaître les candidatures indépendantes à toutes les consultations électorales, c’est faire droit à une revendication citoyenne que notre Constitution consacre. C’est du moins, ce que soutient M. Sanou ; car, « L’article 13 de la Constitution dit que tous les Burkinabè ont la faculté de concourir à la gestion des affaires de l’Etat et de la société ». Malheureusement, à l’opposé de cette loi fondamentale qui n’oblige pas que les citoyens soient membres d’un parti politique pour être députés, conseillers municipaux ou maires, le Code électoral, aux termes de ses articles 157 et 246, sert de fondement au rejet par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) des candidatures indépendantes aux élections législatives et municipales.
Relativement aux élections municipales, l’article 157 du Code électoral précise que « Seuls les partis ou formations politiques légalement constitués depuis soixante-dix jours à la date du scrutin et conformément à l’article 13 de la Constitution peuvent présenter des candidats ». Quant aux municipales, l’article 246 énonce que « Les déclarations de candidatures doivent être formulées par le mandataire d’un parti politique ou d’un regroupement de formations politiques ».

Les gens n’ont pas totalement confiance aux partis politiques

Ces deux dispositions fondent ainsi le rejet jusque-là opposé à ceux qui, sans être membres d’un parti politique, veulent candidater à de telles compétitions électorales. Un rejet qui, de l’avis du MBDHP, « freine la participation citoyenne », en ce sens que ce sont de nombreux citoyens dynamiques, valeureux, dans lesquels les populations se reconnaissent, qui se trouvent ainsi écartés de la gestion des affaires de la société.
Et ce, relève M. Sanou, au mépris d’instruments juridiques internationaux dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui reconnaissent le droit pour les citoyens de participer à la gestion des affaires de leur société en dehors de toute appartenance à un parti politique, et auxquels instruments notre pays a souscrits.
Et le comble, selon M. Sanou, c’est que le refus des candidatures indépendantes se conjugue mal avec le contexte socio-politique où « les gens n’ont pas totalement confiance aux partis politiques ». Ce manque de confiance aux partis politiques, Me Bénéwendé Sankara, président de l’UNIR/PS (l’Union pour la renaissance/ Partis sankariste) et Hyppolite Domboué, Secrétaire exécutif du CADRe (Cadre de réflexions et d’actions démocratiques), disent trouver qu’il relève du passé.
Les citoyens aimeraient, foi du SG du MBDHP, « qu’en plus des partis politiques, il y ait des citoyens en qui ils se reconnaissent pour leur probité ou pour leur manque de probité ». Toutefois, le MBDHP, à en croire M. Sanou, n’est pas « contre les partis politiques ». D’ailleurs, la conviction générale qui se dégage au sein du Mouvement, c’est que « l’instrument le plus moderne dans la gestion des affaires de l’Etat, c’est le parti politique ; il a toute sa place ». Mieux, M. Domboué et ses camarades du CADRe jurent que le Burkina Faso « ne saurait décoller que si on met l’accent sur le renforcement et l’organisation des partis politiques ». Car, « Seuls les partis politiques sont à même aujourd’hui, de faire un éveil de conscience efficace, et mieux orienter le programme de développement pour notre pays ».

Il faut soumettre l’individu au principe organisé pour défendre les intérêts des masses

En tout état de cause, « il faut également, plaide ardemment le MBDHP, reconnaître aux citoyens, en dehors des carcans partisans, le droit de pouvoir se présenter aux élections ». Au MBDHP, autant l’on a conscience que la reconnaissance des candidatures indépendantes ne peut être une panacée pour résoudre les tous déficits démocratiques de notre pays, autant l’on soutient que cette reconnaissance peut « être une contribution pour ramener notre pays dans le giron démocratique », voulu de plus en plus pluraliste.

Ce qui semble emporter l’adhésion de Me Bénéwendé Sankara, de l’UNIR/PS (l’Union pour la renaissance/ Partis sankariste). Pour lui aussi en effet, « vu sous cet angle du seul renforcement de la démocratie pluraliste, personne ne devrait être contre la candidature d’un citoyen indépendant mais surtout libre ou organisé qui voudrait dans le sacerdoce, servir son pays ». Pour le MBDHP et l’UNIR/PS, les candidatures indépendantes apparaissent donc constitutives de facteurs de rayonnement de la démocratie burkinabè.
Mieux que les candidatures indépendantes, le principe organisationnel est, de l’avis du CADRe, « très important pour la construction d’une nation ». Pour cette OSC en effet, « Le parti politique est par essence, qualitativement supérieur à toutes les formes d’organisation sociale ». De ce fait, il faut, précise son Secrétaire exécutif, « soumettre l’individu au principe organisé pour défendre les intérêts des masses ». La défense des intérêts des masses ne saurait, à en croire M. Domboué, être effective dans un contexte d’autorisation des candidatures indépendantes.

Les candidatures indépendantes ont un caractère bourgeois

Pour le CADRe en effet, « les candidatures indépendantes ont un caractère bourgeois », surtout dans notre « démocratie libérale où de plus en plus, les gens mettent les moyens matériels au-dessus l’être humain ». Si elles venaient à être admises, les candidatures indépendantes ne pourraient « être favorables qu’aux bourgeois compradors ; le pauvre ne pourra jamais se faire élire », présage M. Domboué. Toute chose qui, selon lui, ne fera que la part belle « à la bourgeoisie au sein de l’Assemblée nationale ».

S’associant ses camardes du CADRe, M. Domboué justifie cette perception bourgeoise des candidatures indépendantes : « Nous, nous sommes une organisation de gauche. Nous faisons la primauté du groupe sur l’individu. Nous prônons la solidarité au lieu de l’individualisme. Et un individu à lui seul, ne saurait et ne pourrait défendre les intérêts des masses populaires ».
Au-delà de cette considération idéologique, le CADRe estime qu’un « individu élu sur la base de sa seule candidature à l’Assemblée nationale, il fera ce qu’il voudra ». Or, précise M. Domboué, « s’il est élu sous la bannière d’un parti politique, il peut être contrôlé et être amené à mieux défendre l’intérêt de son parti et des masses ».

Le PAREN, très réservé….

Si le PAREN (Parti de la renaissance nationale) dit être favorable aux candidatures indépendantes pour les municipales, il est, précise son président Tahirou Barry, « très réservé sur la question des candidatures indépendantes aux élections législatives car cela accentuera la personnalisation des candidatures au détriment des idéologies et programmes partisans ». Or, ajoute-il, le PAREN a « toujours soutenu que la politique est une compétition d’idées et non d’individus ou de moyens ; et tout ce qui peut fragiliser le rôle des partis en tant qu’institutions légitimes porteuses d’alternatives crédibles, doit être évité ». L’autre fondement de la réserve du PAREN vis-à-vis des candidatures indépendantes aux élections législatives, c’est que « cela peut empêcher l’homogénéité au niveau parlementaire et être source d’instabilités gouvernementales ». En sus, il faut, de l’avis de M. Barry, « craindre que tous les loups interdits de se constituer en partis politiques selon la loi ne se déguisent en candidats indépendants pour mieux distiller des projets contraires aux valeurs républicaines ».

Le débat sur les candidatures indépendantes doit être posé au cours de la transition
La question des candidatures indépendantes doit donc être tranchée par le Législateur. Dans ce sens, le MBDHP préconise « qu’à faveur de la transition actuelle, la discordance entre la Constitution et le Code électoral soit simplement balayée de notre ordre juridique interne ». « Pour nous, précise Aly Sanou, dans les réformes électorales et institutionnelles qui doivent s’opérer sous cette transition, nous attendons vivement que les candidatures indépendantes soient enfin reconnues. Ce ne sera qu’une justice faite aux citoyens burkinabè ».

Le même espoir, Casimir Sawadogo du RAD (Réseau d’action pour la démocratie), dit le nourrir. Pour lui également, « Il faut donner la chance à tout le monde ; ce ne sont pas seulement les partis politiques qui s’intéressent à la gestion de la Nation ; cela intéresse chaque citoyen ». Et en tant député de la transition, M. Sawadogo promet de « défendre les candidatures indépendantes pour les consultations électorales ».
Pour cette même période transitoire, le président de l’UNIR/PS clame « la nécessité de poser opportunément le débat (sur les candidatures indépendantes, ndlr) dans le cadre des futures réformes pour un meilleur choix pour le Burkina Faso et sa démocratie qui se veut désormais réelle et effective au service de la paix, du progrès social et économique et de la justice ». Dans ce sens, précise Me Sankara, « de même que je plaide pour la relecture de la charte des partis politiques, de même je ne serai pas pour des candidatures indépendantes sans conditions nécessaires et suffisantes de garantie d’ancrage institutionnel et démocratique ».
Autant dire que si le débat venait à être soumis à l’organe législatif qu’est le CNT (Conseil national de la transition), il fera l’objet d’abondantes controverses. Il est temps, selon Me Sankara, que la classe politique burkinabè dégage un consensus sur cette question de candidatures indépendantes. Mais dans quel sens finira-t-elle par être tranchée ? Les jours et mois à venir, offriront sans doute, d’y être situé.

Fulbert Paré
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 31 décembre 2014 à 21:05, par Dr Sanfo En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    A l’etape actuelle de notre evolution, je pense que si certains militent pour la candidature independante moi j’attends envore un argumentaire plus convaincant. Si on pense qu’on a suffisamment de carapace pour se faire élire seul,quoi de plus benefique que de descendre à visage decouvert dans l’arêne avec son parti en vu de participer à l’éducation et l’éveil des consciences ?
    A la faveur des evenements de fin octobre on a vu des OSC plus politiques et plus partisans que des parties politiques. Evitons la confusion des genres ; sans quoi nous courrons le risque d’avoir des deputés sectaires et communautarisés.

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  • Le 31 décembre 2014 à 21:38, par ouédraogo Al Hassane En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Le refus des candidatures indépendantes n’est ni plus ni moins qu’un embrigadement des éligibles pour les partis politiques. On les oblige à tout. Y compris se soumettre. S’il y avait la possibilité de candidatures indépendantes, le CDP n’allait jamais devenir aussi hégémonique. Attention à ne pas commettre la même erreur. Ouvrez les bans !

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  • Le 1er janvier 2015 à 07:43 En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Pour le CADRE, caractère bourgeois ? quel drôle de raisonnement lorsqu’on voit les gadgets à coût de milliard de l’ex. parti au pouvoir CDP et de Compaoré ! Que dire des ex. politicards comme les Yoda députés politicards depuis 3 décennies en s’en mettant plein les poches dont leurs émoluments ne peuvent justifier leurs richesses ! si ce n’est pas de la bourgeoisie compradore saprophyte, c’est quoi alors ? Il faut limiter les dépenses de campagne à un niveau digne de notre pauvreté sans gadgets et autres tee shirts. quand je vois des pauvres porter le même tee shirts de Blaise Compaoré pendant 5 ans, cela fait pitié sur tous les plans de notre misère matérielle, morale et spirituelle.

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  • Le 1er janvier 2015 à 13:22 En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Les deux questions :
    - La limitation du mandat présidentiel à deux
    - Les candidatures indépendantes doivent être adoptées par le CNT et placées dans le bloc de constitutionnalité des dispositions non modifiables, donc intangibles.
    - J’aurai préféré que la majorité parlementaire qui sera issue des prochaines élections loyales, transparentes et crédibles adopte ce projet de sacralisation de ces deux questions (parce que je ne reconnais au CNTaucune légitimité, ni aucune légalité ).
    - Cependant, comme il faut faire vite avec les moyens du bord, le CNT pourrait adopter ces deux questions sans que des politiciens en mal d’inspiration ne viennent encore nous pomper l’air...
    - "Le meilleur reste à venir" parce que le pire est derrière nous. Le Citoyen.

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  • Le 1er janvier 2015 à 22:17, par sidsaya En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Pour résoudre tous ces problèmes nous devons nous orienter résolument vers le système uninominal, système à même de favoriser les candidatures indépendantes avec une expression des messages et options politiques. Préalablement il faut briser la toute puissance des partis politiques en s’en prenant au scrutin de liste, émanation des systèmes totalitaires qui favorisent la création de pontifes qu’on appelle commissaires politiques régionaux ou provinciaux, sortes de proconsuls qui bloquent le renouvellement de la classe politique. Le code électoral doit être revisité de long en large de même que la constitution qui ne reconnaît que les partis politiques comme seuls acteurs du jeu politique. Osons inventer une vraie démocratie ouverte à toute la société burkinabè, y comprises les organisations de la société civile. Le jeu politique ne doit pas être le monopole des partis politiques.

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  • Le 2 janvier 2015 à 09:20, par MWINESOBANFO En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Belle conclusion ;car tout ce qui ne sera pas décidé franchement durant cette transition ne le sera plus après 2015.La Transition est une période exceptionnelle que nous devons exploiter à fond pour évacuer nos difficultés ;or visiblement nous trainons les pas.J ai comme l impression que nous attendons tout de ZIDA ET KAFANDO.Les Partis politiques et les OSC doivent impérativement s auto-saisir de toutes les questions politiques quii divisent en attendant que l Etat ouvre un cadre officiel sur la question.Nous sommes dans un attentisme qui se refermera sur nous tel un piège.Pour ma part,je n ai jamais compris pourquoi les choses étaient inversées.L on pouvait etre candidat indépendant (dangereux aventurier) pour diriger toute La nation,mais on ne pouvait pas l etre pour diriger une commune.En fait,à l époque ,Blaise voulait beaucoup de candidatures à la présidence pour émietter les forces de l opposition.Et les Partis politiques à l époque faisaient le jeu.C est le lieu de vraiment féliciter la Société Civile pour son énorme contribution à l avancée des choses.BONNE ANNEE A TOUS !

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  • Le 2 janvier 2015 à 12:34, par ibrahimo En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    N’insultez pas la conscience du peuple qui doit être libre de choisir qui il veut et de l’assumer. Si le peuple décide de voter un âne, c’est à lui d’assumer. Non avons vu les limites (dérives) de la caporalisation du champ politique par les partis politiques. De même la plupart des pays voisins l’ont adopté avec succès pour quoi pas nous. Donc rétablissez nous dans nos droits légitimes en instaurant la candidature indépendante à tous les scrutins

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  • Le 2 janvier 2015 à 13:17, par NELSON En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    C’est curieux quand même ! la candidature indépendante est acceptée pour les élections présidentielles. c’est dire qu’un indépendant peut devenir président de la République. Pourquoi empêcher alors qu’un indépendant puisse gérer une commune ou être député ? aucune raison ne peut expliquer cela. Mr du CADRe les partis politiques actuels sont des partis bourgeois autant vous battre pour leur suppression ça sera plus logique. en l’absence des candidatures indépendantes nous avons vu dans ce pays comment des gens choisis par la base dans les partis politiques sont classés en queue de liste et ne sont jamais (cas des primaires du CDP) et ne sont jamais élus. en lieu et place c’est des individus vomis par les militants qui sont placés en tête de liste et qui se font élire. C’est n’est pas acceptable. dans la sous région les candidatures indépendantes sont reconnues et ne causent pas de problèmes au contraire ça amène les partis politiques a joué pleinement leurs rôles.

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  • Le 4 janvier 2015 à 20:03, par amoued En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    soyons sérieux. Les candidatures indépendantes à la présidentielle ne pose pas de problème car la confection du bulletin de vote est simple. Admettons qu’on autorise les candidatures indépendantes aux élections législatives et au municipales, comment confectionner un bulletin de vote pour chaque commune ou province où il y aurait vingt à cinquante candidats indépendants en plus des partis politiques. Sans rancune, je cherche seulement à comprendre.

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  • Le 4 janvier 2015 à 23:34, par kansegba En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Les candidatures independantes doivent etre acceptées parceque les interdire est non seulement antidemocratique mais aussi on sait que les elus des partis loin d’etre libre de defendre l’interet du peuple qu’il répresentent se retrouve souvent contraint à defendre un parti.Par exemple pendant que tout peuple était contre la modification de l’article 37 les deputes de la majorité étaient mobilisés pour voter pour la modification de l’article 37.Ainsi l’interet du parti ou du clan devient supérieur à celui de la nation !Je pense que l’obligation d’etre dans un parti pour pouvoir candidater est une atteinte grave au droit de l’homme qu’il faut réparer avant les élections.

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  • Le 5 janvier 2015 à 09:28, par PMb En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Engagé en politique et à l’opposition depuis belle lurette et mon point de vue sur la question inspiré de mon expérience est un non radical. L’argument principal qui revient pour réclamer les candidatures indépendante :"le manque de confiance aux partis". Or ceux qui réclament les candidature indépendantes ce sont des OSC (MBDHP et apparentés) qui se sont systématiquement mis en marge de l’organisation des élections dans ce pays. Il est permis de douter de la pertinence de leur revendication puisqu’ils sont sans expérience réelle dans la participation aux élections. Je pense que sur la question la position de mes amis du MBDHP est aussi courte que celle qui consiste à lutter pour la révolution sans savoir comment le pouvoir sera géré après. Candidature indépendante ? Oui, mais comment les candidats indépendants battront campagne et géreront leurs mandats ? Si un militant du MBDHP , un citoyens "valeureux, digne et intègre" se pressente aux législatives et aux municipales en indépendant. Le MBDHP devient de fait une force politique partisane puisqu’il battra campagne à son coté et aidera à la gestion de son mandat explicitement ou en toute hypocrisie. Les OSC qui revendiquent les candidatures indépendantes, prennent le risque de perdre leur neutralité par rapport à la politique partisane. La FESDAC/BC vient de fournir un triste et douloureux exemple du non respect de la distinction société civile/parti politique est salutaire pour notre démocratie, ne gommons pas ces frontières emblématiques de notre vivre ensemble. Les OSC participent efficacement au développement de ce pays en tant qu’OSC. Que celui qui veut aller à l’assemblée nationale ou dans un conseil municipal, s’engage franchement en politique. Je ne rougis aucunement face à ceux-là qui reste en touche comme au foot pour marquer le but du doigt ou qui se vante d’être plus intègre que les politiciens. Qu’ils investissent les partis politiques avec leur intégrité pour les crédibiliser . C’est grâce aux actions des partis politiques qui ont contesté le régime de BC, contre pluies et harmattan, que notre pays connaît une ère nouvelle. C’est par la complicité active ou passive de ces citoyens si intègres et technocrates, qui se croient au-dessus des politiciens et des partis politiques, que le système BC a perduré et que ce pays a connu des heures sombres. Je demande plus de clairvoyance et d’humilité à ces compatriotes plus citoyens que ceux qui sont engagés dans les partis politiques si la politique c’est de la boue selon eux, s’ils veulent y patauger, c’est leur droit d’y descendre en abandonnant leur hauteur. Une des leçons de notre histoire récente c’est que cette vision dévalorisante de la politique comme le lieu où tout est permis, où aucune valeur ni principe n’a d’importance n’est plus d’actualité. Le préambule de la charte de notre transition l’indique clairement sauf si les partisans des candidatures indépendantes n’y trouvent pas leur compte. Nous attendons alors d’autres arguments de leur part.

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  • Le 5 janvier 2015 à 12:51, par fredo En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Cher PMb, vous semblez avoir une mémoire courte, vous qui êtes un militant de l’opposition depuis belle lurette. Et depuis votre engagement en politique vous n’êtes pas arrivé à faire partir Blaise COMPAORE !!! Je voudrais vous rappeler qu’au lendemain du drame de Sapouy, ce sont les organisations de la société civile qui sont passées en avant pour dire que trop c’est trop ! Elles ont peiné à avoir l’adhésion de certains politiques et ont mis en place la CODMPP. L’éveil des conscience a commencé avec les organisation de la société civile que vous vilipendez. Le renversement du régime actuel est encore le fait de certaines organisations de la société civile aux quelles les masse croient. Le changement est un processus. Nous ne rejetons pas la contribution oh combien importante de certains partis politiques dans le processus de démocratisation de notre pays. C’est du reste leur rôle. Mais si aujourd’hui des responsables de partis politiques osent sortir de l’ombre pour véritablement contester c’est parce que des organisations de la société civile et leurs militants ont donné de leur vies. Norbert ZONGO était de quel parti politique ? Guillaume SESSOUMA, Aimé NIKIEMA étaient de quels partis ? Sortons des intérêts partisans et rendons scientifique le débat sur les candidatures indépendantes. Il est de bon ton que des organisations de la société civile veillent aux intérêts des masses. Vous m’auriez dit qu’il existe un risque aujourd’hui que les bonzes de l’ancien régime ressurgissent à l’hémicycle et au sein des mairies à la faveur des candidatures indépendantes qu’ils ont fortement contesté à une époque récente, que je vous aurais félicité.

    Cordialement, le débat se poursuivra !

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  • Le 5 janvier 2015 à 14:09, par TALBAN En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Si réellement il existe une régularisation a faire entre la constitution et le code électoral par rapport a la candidature indépendante qu’on ce refaire a la cours constitutionnelle pour tranché.

    Par ailleurs je pense que la candidature indépendante peut renforcer notre démocratie en donnant plus d’espace de liberté aux citoyen, mais elle ne pourra pas renforcer qualitativement le débat démocratique et le choix de développement du Burkina. Objectivement un Individu ne peux pas a lui seul définir, soutenir un programme de développement et défendre les intérêt du peuple.

    Serte la candidature indépendante peut crée une dynamique pour certain activiste de la société civil de participé activement dans les instances décisionnelle mais cela va les ôtés leurs indépendance et leurs rôle de contre pouvoirs...

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  • Le 5 janvier 2015 à 14:41, par Kaboré Tanga En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Vivement que les candidatures indépendantes surviennent car ils ne feront que raffermir notre démocratie. Le pays ne fera que s’en porter mieux car certaines querelles et soupçon de trahison seront dissipées.

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  • Le 5 janvier 2015 à 15:53, par harm En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    le point commun de nos culture est que personne ne parle en son propre nom ; les candidatures indépendantes sont anti-sociale, le monsieur ne parle qu’à son propre nom. s’il ne pas se constituer dans le cadre du petit groupe qu’est le parti politique comment va -il être utile pour tout une masse ? Celui qui veut être indépendant qu’il aille créer une entreprise privée.Le test de la politique se fait en groupe solidaire avant de se positionner pour l’ensemble.les candidatures independantes sont des idées de l’ULTRA LIBERALISME cest-à-dire MOI MOI ET MOI.

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  • Le 5 janvier 2015 à 15:53, par CRUZ En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Être contre les candidatures indépendantes, c’est être contre la démocratie. La candidature indépendante pour moi doit s’imposer dans tout système démocratique. Les militants d’un même parti peuvent s’opposer dans une même localité pour des postes de député ou de maire. Le parti peut avoir son candidat pour une localité, c’est normal mais il ne doit pas empêcher les militants capables de candidater de le faire en usant de leurs moyens personnels. La candidature indépendante existe en Côte d’Ivoire depuis les indépendance ; elle existe en France. De quoi à ton peur ? Le système actuel est corrompu. La démocratie au sein des partis politiques est taillé sur mesure. Si tu t’opposes à une idée au sein du parti, on te dégage (Salif DIALLO au CDP). On milite pour le Président fondateur du parti et pour soi- même et non pour le peuple. Le choix des députés du CDP et de l’ADF/RDA de modifier la constitution afin de donner 15 ans de plus à l’ancien Président Blaise COMPAORE est révélateur. Pour ma part le candidat appartenant à un parti politique ne peut pas être différent du candidat indépendant au Burkina-Faso. Ils font tous la politique pour le gain personnel. A la mise en place du CNT on a tout vu. Les gens se sont tués pour y entrer ; surtout les Partis politiques et les OSCs. Si les gens ont peur des candidats indépendants, on peut rendre les juges indépendants et soumettre tout candidat aux élections à une bonne enquête de moralité et determiner l’origine des biens de chacun.

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  • Le 5 janvier 2015 à 16:31, par Leopold Diarra /25 50 59 78 /70 39 49 84 En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Quand on entend un politicien dire : "j’ai créé mon parti". Il faut lire entre les lignes que ce parti lui appartient. Il n’est donc pas question qu’une autre personne devienne président de ce parti à part lui. Ce type de président qui peut-être candidat pour tout et rien, quelle est la différence entre lui un candidat indépendant. La dérive que nous avons connu avec le CDP, c’est le parti n’existait pas, c’est Blaise qu’on votait. Blaise valait des millions de voix. Le CDP n’existait pas, ni le peuple d’ailleurs. Et tous les politiciens vous ferons comprendre que c’est leur personnes qui comptent surtout quand ça les arrange. Je trouve qu’il faut mieux dans ce contexte des candidatures indépendantes pour que les gens soient totalement responsables et non qu’ils se cachent derrière l’appellation parti politique juste pour la forme.
    L’une des tares au Burkina, c’est qu’on aime trop la forme, qui à la vider de son contenu. Je préfère un homme qui sait que c’est sa responsabilité personnelle qui engagée dans le meilleur comme dans le pire qu’une personne qui se cache derrière un parti quand ça ne va pas et bombe la poitrine quand tout va bien.

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  • Le 6 janvier 2015 à 09:52, par L’Observateur Koudré En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Le pseudonommé PMb ne comprend rien à la problématique des candidatures indépendantes. Commençons par lui rappeler que ce sont des députés partisans (CDP et ADF-RDA) qui ont failli plonger notre pays dans la guerre civile ! Des députés indépendants n’auraient peut-être pas été aussi sots et manipulables. Et puis lorsqu’une structure demande les candidatures indépendantes, ce n’est pas pour ses membres (ce serait trop réducteur). C’est pour l’ensemble des citoyens. Y compris toi-même PMb.

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  • Le 7 janvier 2015 à 00:17, par Titanga Didier En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Toutes ces idées développées par les uns et les autres se valent certes, mais à mon avis ne résoudront pas le problème du genre Tuk-Guili jadis appliqué par les potentats de la "Politique-politicienne" de l’époque qui est venu compromettre la Démocratie amorcée dès le référendum de 1991. De ce fait, je viendrais faire à travers ce qui va suivre une proposition de fond qui j’espère, pourra solutionner notre situation à travers des Organisations et structures plus justes. A cet effet, celles-ci s’articuleront autour de 3 points principaux que seront : Primo : que le système présidentiel jusque-là pratiqué soit abandonné au profit d’un Régime Parlementaire qui verra le Président du FASO au-dessus de la mélé politico-politicien avec un droit de regard sur le fonctionnement de l’Exécutif. Un peu comme en Allemagne et/ou en Israël, le poste de Président de la République (Faso pour nous) deviendra un poste honorifique qui sera réservé à une personne de forte probité et de droiture au-dessus de tout soupçon. Pour ce poste donc, qu’il soit toléré des candidatures indépendantes qui viendront contre-balancer les gourmandises politiques des partis. Secundo : Que l’Exécutif soit Parlementaire, c’est-à-dire qu’il sera dirigé par le Parti qui arrivera en tête avec le plus grand nombre de députés obtenu par suite des Consultations/élections législatives qui seront engagées et suivies. Celui-ci désignera en son sein, un Premier Ministre équivalent du Chancelier qui sera tenu des comptes de leur gestion pour le mandat pour lequel son Parti a été élu au Président et au Peuple. Ces consultations seront réservées uniquement aux Partis Organisés, reconnus et structurés. Tertio : Pour ce qui sera des Elections locales que seront les Communales que j’estime être la seule voie pour désigner les membres des Structures de Proximité devant avoir en charge les gestions courantes des Cités. Ces Structures, nécessairement rattachées au Ministère de l’Administration Territoriale resteront sous la tutelle de celui-ci. Au titre donc des consultations s’y rapportant, il pourra être accepté les candidatures indépendantes parce que, nécessitant les présences aux postes de Personnes ressources à même de regrouper et organiser les citoyens de chaque Commune/Arrondissement s’il y a lieu pour le développement local de chacune d’elles et ce, de façon individuelle et conséquente dans la limite des Ressources que chaque Commune pourra mobiliser ; les apports de l’Etat centrale ne devant être qu’additionnels. Merci de me comprendre et de m’aider à approfondir l’idée si elle paraît rassurante.

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  • Le 7 janvier 2015 à 03:16, par vis versa En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Le mot est lâché par le président du CADRe : il faut SOUMETTRE( en violation de l’article 13 de la Constitution que nous tous sommes sensés défendre bec et ongle le moindre virgule) l’individu aux masses.
    Démocratie populaire contre démocratie libérale ; Ennemis du peuple contre Amis du peuple et nous y voilà. Le loup finira par sortir du bois !

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  • Le 9 janvier 2015 à 10:15 En réponse à : Candidatures indépendantes : Entre soutien, prudence et opposition

    Je suis contre les candidatures indépendantes seulement dans les municipales. Comment dirigé une commune si je suis élu seul. Je vais certes rassemblé pour être élu maire, mais très vite ce bloc va s’éffriter.

    Répondre à ce message

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