Pour des Etats Généraux de la Démocratie : Contre la confiscation de l’insurrection populaire au Burkina

jeudi 6 novembre 2014 à 18h00min

Blaise a démissionné, mais le système Compaoré est-il pour autant déchu ? L’insurrection démocratique et populaire d’octobre 2014 profitera-t– elle au peuple burkinabè et au développement du Faso ? Les martyrs de la liberté pourront-ils reposer en paix en sachant que leur sacrifice n’aura pas été vain ?

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Pour des Etats Généraux de la Démocratie : Contre la confiscation de l’insurrection populaire au Burkina

La lutte pour la révolution démocratique en cours ne s’achève pas avec la démission de Blaise Compaoré, pas plus qu’elle ne débute maintenant. En effet, elle a commencé depuis bien longtemps et de vaillants fils du Burkina (Thomas Sankara, Dabo Boukari, Norbert Zongo et bien d’autres) sont tombés avant.
Rappelons-nous des grandes luttes de 1966 avec les syndicats et le peuple, de 1999 avec le Collectif contre l’impunité (organisations de la société civile et partis politiques), de 2008, de 2011 avec la Coalition contre la vie chère et les mutineries militaires.
Nous devons avoir le courage et la lucidité d’oser, tous ensemble, un audit approfondi de la situation de notre pays. Faute de quoi, la révolution démocratique en cours pourra être confisquée par des « spécialistes » qui considèrent la politique comme un filon porteur, à leur bénéfice personnel et celui de leurs complices extérieurs.

L’Armée nationale

Depuis janvier 1966, date de la première insurrection populaire qui a renversé le tout premier président de la Haute-Volta, Maurice Yaméogo, notre armée a pris un virage politique, bien loin de sa mission initiale. Depuis 48 ans donc, les militaires sont à la tête de l’Etat. Au total, six présidents militaires de 1966 au 1er novembre 2014. On sait que de nombreux chefs militaires ont occupé des fonctions politiques en tous genres, encouragés par certains civils. Cela a entrainé une distanciation avec la troupe et le peuple, et une division de l’Armée d’une part, et de la société civile d’autre part.
Dès le 1er novembre 2014, après la démission du président du Faso, l’Armée, avec le soutien de la France, a pris la précaution de placer Blaise Compaoré en sécurité, permis la fuite de son frère et de caciques du régime, avant de se disputer les rênes du pouvoir. Jusqu’au bout, Blaise Compaoré aura été protégé par sa garde prétorienne. Fallait-il absolument le soustraire à la justice, couvrir sa fuite et celle de ses complices pour sans doute gagner du temps pour effacer le maximum de preuves compromettantes ?

Après le départ de son chef, le système Compaoré divise encore les Burkinabè civils et militaires. Il est aussi vrai que l’Armée a, en son sein des officiers et soldats aux conditions sociales proches de celles des populations défavorisées, victimes du système Compaoré. Et c’est certainement là que la fracture apparaît le plus. Mais, une armée qui a tiré sur son peuple, une armée qui a confisqué la démocratie durant un demi-siècle, une armée qui manifeste aux yeux du monde la division de ses officiers supérieurs peut-elle assumer convenablement la direction de la transition vers une véritable démocratie telle que réclamée par l’insurrection populaire ? Moralement et politiquement, c’est insoutenable.

Après un demi-siècle de gestion du pouvoir politique, notre Armée nationale doit retourner à la caserne, reprendre le chemin de ses missions authentiquement républicaines pour enfin être un des piliers de la démocratie et de la défense de notre pays, de sa dignité et de son image.

Intellectuels de tous bords, politiques, au pouvoir ou pas, vous avez une responsabilité dans cette situation

Si les militaires ont pu autant perdurer au pouvoir politique, c’est bien parce que de nombreux représentants de la société civile se sont mis à leur service, les uns comme conseillers, les autres comme idéologues, pour leur apporter caution et justification à la confiscation des libertés. Même dans les périodes de grande répression et de crimes de sang, sauf erreur de ma part, pas un seul de ces intellectuels de service n’a eu le courage de dénoncer publiquement ces forfaitures, encore moins de démissionner. Quelques exemples forts méritent d’être cités, en dehors du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de Blaise Compaoré sur lequel il n’est pas utile de s’attarder ici.

L’Alliance pour la Démocratie et la Fédération / Parti Démocratique Africain (ADF/RDA)

Le RDA, un des plus anciens partis politiques d’Afrique, a été fondé en 1947 sur les valeurs de la lutte anticolonialiste, de la démocratie populaire et du panafricanisme. Ces valeurs sont totalement oubliées par l’ADF/RDA qui a cogéré le pays avec le CDP et publiquement soutenu la tentative de passage en force pour la modification de la Constitution. C’est aussi, dans une certaine mesure, le cas de l’Union Nationale pour la Défense de la Démocratie (UNDD). Ces deux premiers partis politiques, l’ADF/RDA et l’UNDD, font partie du Front Républicain créé par Blaise Compaoré et son CDP, avec une quarantaine de partis revendiqués, pour imposer la modification de l’article 37.

Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP)

Issu d’une scission au sein du CDP, le MPP a rejoint la lutte contre le projet funeste de Blaise Compaoré d’instauration d’une monarchie dans notre pays, ce qui est à saluer. Dans tout processus révolutionnaire, c’est parce qu’une partie significative de ceux d’en face rejoignent le camp du peuple que ce dernier finit par arracher la victoire. La contribution du MPP à la chute de Blaise Compaoré est indéniable et capitale. A présent, ses dirigeants, anciens compagnons du président déchu, doivent aider le peuple à démanteler le système honni.

L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) et LE FASO AUTREMENT
Très présents dans la révolution démocratique en cours, ces partis politiques sont tous deux dirigés par des anciens ministres de Blaise Compaoré. Tous deux ont affirmé dès leur création la nécessité de l’alternance.

La Coalition de l’opposition politique réunie autour du Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP)
Elle demandait le retrait simple du projet funeste de Blaise. Mais, sous la pression du peuple et de la jeunesse héroïque en particulier, elle s’est ralliée à la revendication populaire d’un départ immédiat et sans conditions de Blaise Compaoré.

Le Parti Africain de l’Indépendance (PAI), l’Union de Lutte Communiste Reconstruite (ULC/R), le Groupe des Communistes Burkinabé (GCB)
Ils ont aussi conseillé et soutenu les militaires, notamment sous le Conseil National de la Révolution (CNR) avant de se fondre pour certains dans le CDP de Blaise Compaoré.

Le Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV)

A l’inverse des exemples ci-dessus, le PCRV n’a jamais été impliqué dans l’exercice du pouvoir politique. Ses prises de position ont irrité plusieurs régimes qui n’ont pas manqué de réprimer sévèrement plusieurs de nos compatriotes soupçonnés d’appartenir à ce parti. Mais son obstination à demeurer dans la clandestinité même lorsque le peuple est en insurrection populaire généralisée sur toute l’étendue du territoire national, comme en 1999, dans une certaine mesure en 2011, et en octobre 2014, reste mystérieuse et incompréhensible pour beaucoup de nos concitoyens. Le pays a besoin de tous ses fils. Ne pas s’impliquer ouvertement et clairement dans les moments historiques, c’est laisser faire. Ces jeunes qui sont morts pour notre liberté, comme tous les autres avants eux, Aimé Nikiéma, Yssouf Traoré, Thomas Sankara, Dabo Boukari, Clément Oumarou Ouédraogo, Norbert Zongo, le juge Nébié et bien d’autres, tous fils du Faso et donc nos frères, nous interpellent toutes et tous, autant que nous sommes. Ce dont il est question aujourd’hui, ce n’est ni d’idéologie, ni de politique politicienne, ni de louvoiements, mais de rassemblement, de débats, de partage et de propositions de sortie de la dictature militaire déguisée et de la misère. Il est aisé d’avoir la critique acerbe et les mains propres lorsqu’on refuse de les mouiller en public. Marx disait : « Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Mais les femmes et les hommes, hier comme aujourd’hui, sont les seuls à faire l’histoire. Osons ensemble l’Histoire.

La chefferie traditionnelle

Dans une certaine mesure, elle a aussi été instrumentalisée et utilisée à des fins politiciennes par Blaise Compaoré.

En dépit de tout, le peuple a remporté une victoire historique. Pour l’heure, on peut déjà relever l’audace de la jeunesse, son engagement et son sacrifice déterminants, l’implication des femmes, le courage des artistes engagés, le rôle capital de la société civile et de toutes les organisations engagées, notamment le Balai Citoyen, le Front de Résistance Citoyenne, la Coalition contre la vie chère, à côté des organisations traditionnelles engagées de longue date dans la lutte ainsi que l’expérience des anciens.


La France tutélaire et condescendante

D’une certaine manière, la France a souvent cogéré le pouvoir dans ses anciennes colonies à travers un système opaque, généralement en soutenant les chefs d’Etat souvent désavoués et contestés par leurs peuples. D’ailleurs, le président Hollande venait de proposer le soutien de la France à Blaise Compaoré pour un poste de haut responsable d’une institution internationale s’il acceptait de partir. Pour services rendus ? Services rendus à qui ? Certainement pas au peuple burkinabé qu’il avait muselé et meurtri durant trois décennies, après avoir assassiné le Président Thomas Sankara. Ne vaudrait-il pas mieux proposer plutôt une place à l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU ?

Notre histoire commune, celle de l’Afrique francophone et de la France nous impose naturellement une collaboration équitable et raisonnable. Nous avons longtemps marché ensemble, plus souvent sous l’ombre de la France : en tant qu’esclaves et même bien-meubles, en tant que sujets et indigènes de l’empire colonial, en tant que « tirailleurs sénégalais », en tant que main d’œuvre au cours des 30 glorieuses et depuis toujours en tant que pourvoyeurs de matières premières et de richesses en tous genres contre « aide ».

Pourtant, nous allons aussi dans les universités et grandes écoles françaises, ainsi que dans celles du reste du monde. Il est temps de lever le doute sur la maturité de l’Afrique et des Africains, sur leur capacité à se prendre en charge, à décider librement et en responsabilité de leur organisation sociale, politique et économique, du choix de leurs dirigeants et de leur devenir.

La coopération et l’expérience de la France nous sont nécessaires. Mais de grâce, Monsieur le président Hollande, ne nous refaites pas l’erreur de la supercherie du sommet de la Baule de 1990. Vous avez l’opportunité de faire le choix du noble soutien aux vrais démocrates pour asseoir les institutions républicaines authentiques dont le Burkina est en train de se doter en commençant l’œuvre par la rue.

L’impératif de la révolution démocratique

La démocratie ne se réduit pas à l’électoralisme, encore moins au seul changement d’homme. Certes, Blaise Compaoré est parti, mais son système tentaculaire et ses stigmates doivent être extirpés, démantelés ou réformés en profondeur, sans esprit revanchard. Sinon, dans quelques années, nous serons obligés de nous mobiliser à nouveau pour chasser son clone. S’il y avait une démocratie réelle au Burkina, Blaise Compaoré n’aurait jamais pu gouverner durant 27 ans (une période d’exception de 4 ans, 2 mandats de 7 ans, 2 mandats de 5 ans dont le dernier réduit à 4 avec sa destitution par la rue), les crimes de sang et les crimes économiques auraient été élucidés et jugés, le pays aurait connu un développement économique significatif et une amélioration substantielle des conditions de vie des populations les plus fragiles et défavorisées.

Au lieu de cela, Blaise Compaoré briguait trois nouveaux mandats de cinq ans chacun, les nombreux dossiers de crimes de sang et de crimes économiques demeurent dans l’opacité, la misère s’est amplifiée dans les périphéries des villes et dans les campagnes, concomitamment à l’enrichissement spectaculaire de proches du président, de son frère, de sa belle-famille, de membres de son parti et de leurs alliés. Ce n’est pas d’une telle démocratie de façade que veut l’Afrique. Ce n’est pas une telle démocratie tronquée qu’espère le Burkina des luttes populaires. Il faut une révolution démocratique, une démocratie à inventer avec tous les acteurs de la nation. La démocratie que nous appelons de nos vœux, celle issue de nos luttes et du sang versé de nos frères, devrait être consensuelle, non violente et non revancharde, ouverte mais avec des garde fous et des verrous protecteurs, incitative au rassemblement des forces vives, à la réflexion, au travail socialement utile, à l’éducation citoyenne et la protection des enfants, des jeunes, des plus fragiles, de tous les citoyens. Nous avons le devoir impératif d’inventer les outils et les instruments de notre histoire. Et assurément, l’implication rationnelle et intelligente du plus grand nombre de patriotes réduirait considérablement les marges d’erreur.

Cette démocratie, ce n’est pas seulement une belle Constitution qui permettrait encore à quelques caciques futés de gérer nos richesses à tour de rôle selon leur bon vouloir. C’est davantage un acte fondateur d’une renaissance, un nouveau départ qui donne ses chances au pays, à notre peuple et apporte de l’enthousiasme à chacun de ses citoyens qui seront tous ensemble gardiens de notre fierté, de notre dignité, de notre prospérité et de notre salut.

Voilà pourquoi l’insurrection populaire d’octobre 2014 ne doit pas être volée ni dévoyée. Pour cela, il nous semble important de procéder dès que possible, avant les prochaines élections, à la réunion des ETATS GENERAUX DE LA DEMOCRATIE, seul gage, à mes yeux, qui permettrait de rassembler et construire les Nouvelles Forces pour la conquête du progrès démocratique irréversible. Autrement, nous courrons le risque d’un changement illusoire d’hommes, d’un mirage de la démocratie. Mais, pour que cela fonctionne, il faut qu’émergent des femmes et des hommes de trempe, intègres, d’une grande culture politique et démocratique, courageux, clairvoyants, rassembleurs et travailleurs. Des hommes d’Etat, pas des acteurs éphémères plus soucieux de l’état des caisses à piller que de l’état préoccupant de leurs compatriotes et de leur pays.


Quels pourraient être les préalables à cette proposition ?

1 – Une transition politique dirigée par les civils avec un dispositif législatif transparent ainsi qu’une commission chargée de la préparation des états généraux de la démocratie.
Il y a une différence entre :
-  d’une part, la nécessité de rétablir l’ordre dans le pays pour stopper les violences et assurer la sécurité des biens et des personnes, condition nécessaire pour assurer la continuité de l’Etat de manière provisoire et,
-  d’autre part, prendre des dispositions pour, en s’appuyant sur la Constitution au lieu de la suspendre, réunir les conditions et les moyens du rassemblement des forces démocratiques autour d’un organe supérieur légitime pour mener une réflexion approfondie sur la situation actuelle du pays et son cheminement vers un ordre législatif conforme aux aspirations populaires.
2 – Prendre en charge les soins de tous les blessés et indemniser les citoyens honnêtes victimes de dégradation de biens. La récupération des biens mal acquis doit servir au peuple.
3 – Empêcher toute violence à l’égard des anciens dignitaires. La justice libérée et réhabilitée s’en occupera en temps opportun.
4 – Sensibiliser et impliquer toutes les couches de la population et la diaspora à la réflexion.
5 - Repenser la sécurité présidentielle. Le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), anomalie républicaine, doit cesser d’exister en l’état. Tous nos militaires doivent avoir les mêmes droits. Même si elle porte une responsabilité dans la situation actuelle de notre pays, notre Armée ne doit pas être la seule indexée et surtout gardons-nous des comportements qui pourraient opposer les militaires aux civils. Il y a des patriotes dans l’Armée tout comme il y a des apatrides chez les civils.
6 –Elever au rang de martyrs de la liberté les héros tombés hier comme aujourd’hui sur le champ de la révolution démocratique, avec une journée nationale, une place et une stèle dédiées dans chacune de nos villes et de nos villages, contre l’oubli.
7 – Prendre en compte au cours des débats les questions de l’impunité et de la justice, concernant en particulier les crimes de sang et les crimes économiques.

Tous les acteurs de la vie politique, sociale et civique, tous les patriotes devraient se sentir concernés et impliqués pour ne pas laisser passer cette opportunité historique pour notre pays. Les débats doivent être publics et diffusés en direct, en français et dans les langues nationales, afin d’impliquer au maximum nos populations comme premier acte de l’éducation à la démocratie.

Mettons momentanément de côté nos divergences traditionnelles. Nelson Mandela, fils d’Afrique devenu fils du monde, qui a su allier passion patriotique et internationalisme, engagement militant et esprit d’ouverture doit nous inspirer. Que personne, aucun groupe ni aucun parti ne cherche à s’arroger trop facilement la paternité de la lutte du peuple, que personne ne cherche à récupérer ce processus, comme tente déjà de le faire l’Armée. Le temps de la compétition saine et équitable viendra.

Depuis Yamoussoukro qui n’est pas loin d’être un de ses fiefs, Blaise Compaoré ne pourrait-il pas continuer à nous nuire, ou tout simplement remporter une victoire à retardement parce que nous resterions divisés et assoiffés de pouvoirs individuels ou partisans ?

Concentrons-nous sur ce qui est nécessaire au rassemblement de toutes et de tous les patriotes, des villes et des campagnes, de l’intérieur et de l’extérieur, pour que le processus de révolution démocratique aille à son terme. Pour que plus jamais, aucun aventurier ni aucun clan ne puissent nous imposer la moindre férule humiliante, piller impunément nos richesses et accroitre la paupérisation sous nos yeux.

Si nous voulons la reconnaissance et le soutien de notre peuple tout entier,
Si nous voulons les bénédictions et l’assistance de nos ancêtres et de nos anciens,
Si nous voulons le respect, la considération et la coopération de la communauté africaine et internationale
Si nous voulons réussir le développement et le progrès de notre pays
Restons debout !
Soyons inventifs !
Soyons mobilisés et solidaires !
Nan lara an sara !
Vive la Révolution Démocratique burkinabé !
Vive l’Afrique libre et unie !
Victoire au Peuple !

Adama Coulibaly

Membre du Collectif contre la confiscation de la démocratie au Burkina Faso
Président de l’association Pour l’Emergence Africaine – Mouvement pour la réflexion, la démocratie et le développement durable en Afrique

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés