Commune rurale de Saaba : Un groupe de jeunes s’oppose à un cross populaire

jeudi 18 octobre 2012 à 23h48min

La tenue d’un cross populaire dans la commune rurale de Saaba, le jeudi 18 octobre 2012, par le collectif des mouvements et associations et de la société civile de ladite commune a pris une mauvaise tournure. Les organisateurs ont été empêchés par un groupe de jeunes décidés à leur barrer la route.

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Commune rurale de Saaba :  Un groupe de jeunes s’oppose à un cross populaire

La commune de Saaba a vécu une chaude matinée, le jeudi 18 octobre 2012. Il est 9h. Le Collectif des mouvements et associations de la société civile (CMASC) de ladite commune s’affairent pour un cross populaire de reconnaissance pour les activités réalisées en faveur du développement de la commune durant le mandat du conseil municipal. Trajectoire prévu : Préfecture-Mairie, long de près de trois kilomètres. En face de la préfecture, sur le terrain communal, des instrumentistes, du haut d’un porte-char immobilisé, se chargent de l’animation. Au même moment, entre le prolongement de la voie qui va de la préfecture au marché, passage obligé pour les sportifs du jour, des jeunes excités, armés de pierres, incendient des pneus et des branches.

Entre les deux groupes, des forces de la Compagnie républicaine de sécurité(CRS), postés depuis peu, servent de tampon. Mais cette révolte a-t-il un lien avec le cross populaire ? Oui. Les frondeurs appartiennent à une association dénommée Coordination communale des mouvements et associations de la jeunesse de Saaba (CCMAJS). Selon son secrétaire général, Philippe Sawadogo, la CCMAJS s’oppose « catégoriquement » à ce cross qui, selon lui, est le fait d’une poignée des jeunes de la commune qui cherche et des faveurs auprès du maire. « En tant qu’association de jeunes, nous avons trouvé que le moment n’est pas propice pour des remerciements au conseil municipal. Nous avons suggéré une mobilisation de toute la jeunesse pendant ou après la campagne mais nos démarches ont été vaines.

Voilà pourquoi nous avons décidé de leur barrer la route », a expliqué M. Sawadogo. Selon lui, il n’y a pas de cohésion entre les jeunes de Saaba et il reproche à la mairie son "incapacité" de les concilier. « Au lieu de chercher l’apaisement, la mairie soutient les actions d’une poignée de jeunes, avec l’implication de chefs coutumiers, qui disent reconnaître les efforts du conseil municipal », a-t-il tempêté. Pourtant, du côté du Collectif des mouvements et associations de la société civile, on ignore ce qui se passe. Pour le représentant du comité d’organisation du cross, Joseph Dipama, la coordination s’est toujours opposée à toute activité organisée par une autre association. A l’écouter, c’est un groupe qui en veut à la personne du maire. Car, a-t-il poursuivi, la coordination a même été invitée pour la marche mais elle a tout simplement désisté. « Pourtant, nous prenons part aux activités qu’elle organise quand nous sommes conviés », a-t-il indiqué. Pour le représentant des jeunes du village de Boudtenga, Jacques Kaboré, venu participer au cross, la coordination réclame des droits qui ne sont pas les leurs. A l’entendre, elle cherche à contrôler les actions du conseil municipal et veut être au centre de toutes ses décisions. Quant au maire de la commune de Saaba, Josiane Kabré, elle a invité les organisateurs du cross à y renoncer pour éviter un éventuel affrontement, tout en se réjouissant de la démarche du collectif qui est « une reconnaissance du mérite et du travail abattu par le conseil municipal, par les vingt-trois villages que compte sa commune, au cours de ses cinq années d’exercice ».

Parlant de la tournure des évènements de la matinée, Mme Kabré a laissé entendre que la jeunesse de Saaba est unie. Pour elle, on ne peut pas être aimé de tous quel que soit ses efforts. « Les frondeurs ont demandé la dissolution du collectif qui est pourtant reconnu par le ministère en charge de l’Administration territoriale. Ils sont tout simplement contre les actions et le développement de Saaba et je viens de m’en rendre compte », a-t-elle tonné.

Asdara SAWADOGO

Sidwaya

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