Palais de justice : Il usurpe son titre pour la séduire

dimanche 7 octobre 2012 à 20h42min

Christelle est une jeune fille de 19 ans. Plus d’une année, elle a vécu en concubinage avec Issouf. Qui l’aurait séduit en se présentant comme étant un acheteur d’or. Ce fut donc, pour un temps, un amour idyllique entre les deux tourtereaux. Un amour qui se détériorera, indique Christelle, par l’information selon laquelle son p’tit chéri devait marier une autre femme promise par ses parents. « Issouf m’a présenté ses excuses pour cette impératif. En guise de reconnaissance, il m’a promis une moto », dit-elle aux juges. Après l’achat de l’engin, des mésententes seraient survenues pour causes d’infidélité et Christelle décida de repartir chez elle en famille.

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Des mois plus tard, elle a été convoquée à la gendarmerie par le sieur Bagagna pour recel de moto. Ce dernier serait le cousin d’Issouf qui lui avait remis 6 millions de FCFA en 2010 pour vendre des céréales. Issouf était donc un vendeur de céréales et non un acheteur d’or. Et c’est à la suite d’un inventaire que son cousin se rendra compte du déficit. Son argent a été utilisé dans l’achat de la moto de Christelle, de lui-même Issouf et d’une autre personne. Appelée donc à la barre pour les faits de recel de moto d’origine frauduleuse, Christèle, ménagère et domiciliée au secteur 21 ne reconnaîtra pas les faits à elle reproché. « Tous les documents de la moto sont en mon nom.

Ce qui prouve qu’elle m’appartient », explique-t-elle. Issouf reconnait avoir menti à son ex-chérie. « Comme mon cousin tenait à ce que je rembourse l’argent, c’est pourquoi, je lui ai indiqué la moto de ma copine. Je pensais qu’il pouvait le revendre et combler le vide », argue-t-il. Pour le juge, c’est plutôt Issouf que Bagagnan devait poursuivre et non Christelle, qui soutient par ailleurs qu’elle ne connaissait personne de la famille de son ex-copain. Le substitut du procureur dans sa plaidoirie a noté qu’aucun élément n’a pu être démontré pour situer l’origine frauduleuse de la moto. D’où la relaxe pure et simple. Le tribunal a suivi sa requête avant de mettre les charges aux dépens du trésor publique.

Il voulait une potion pour la chance

De passage devant une gare de transport en commun à Bobo-Dioulasso, Sita a aperçu deux vendeurs de médicaments traditionnels. Vendeur de savon, il a posé son problème de mévente tout en sollicitant un « médicament de chance ». Chose que Abdoul Kader, l’un des vendeurs de médicaments (le poursuivi) a décliné la demande par manque de compétence. Mais pour satisfaire son hôte, il l’a orienté vers son acolyte en ces termes : « Je pense que mon confrère peut le faire pour toi ».

Pour entrer en possession de sa potion de chance, la somme de 300 000 FCFA a été demandée à Sita. Le lendemain, Sita se présente avec 150 000 CFA comme avance. Abdoul Kader et Assane (le compatriote) lui ont fait jurer sur le coran à côté de trois colas blanches. Après cet acte, Sita n’avait qu’à apporter le restant de la somme pour avoir sa potion magique. Lui qui voulait faire fructifier son commerce et augmenter son chiffre d’affaires sollicita l’aide d’un ami en Arabie Saoudite pour le complément. Malheureusement pour Sita, le non-versement des 150.000 francs restants ne lui ont pas permis d’avoir sa potion. C’est ainsi qu’il va débourser jusqu’à 710 000 FCFA, dans le seul but d’avoir sa potion pour avoir la chance. Le juge a demandé à Sita s’il croyait en Dieu.

En se disant bon musulman, il devrait « prier Dieu pour faire fructifier son marché, n’est-ce pas ? », réplique le juge. La victime avoue avoir eu confiance en Assane, parce qu’il connaissait très bien le Coran. Poursuivi pour escroquerie, Abdoul Kader, nigérien de nationalité a réfuté sa culpabilité. Il reconnaît avoir pris 150 000FCFA, mais les a remis à Assane. Dans cette affaire assez louche, le prévenu indique n’avoir reçu que 4000FCFA. « Sita en était témoin », dit-il.

Toujours est-il que selon le ministère public, les faits sont caractérisés. Il y a eu faute. Mais, il a demandé la requalification des faits reprochés à Abdoul Kader en complicité d’escroquerie. Douze mois de prison fermes ont été requis contre le prévenu par le parquet. Le tribunal l’a relaxé pour infraction non constituée.

Rassemblées par Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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