Commune de Tanghin Dassouri : Kouzoughin érigé en village administratif pour mieux booster le développement local

lundi 30 avril 2012 à 00h10min

Par arrêté n° 2011-51/MATDS /SG/DGCAF/DOAT/ du 12 septembre 2011, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité érigeait Kouzoughin, hameau de culture jadis rattaché à Ballolé, en village administratif. La remise de l’acte administratif a eu lieu, le samedi 14 avril dernier à Kouzoughin en présence des autorités coutumières, religieuses et politiques. C’est le haut-commissaire de la province du Kadiogo qui a procédé à la remise de l’acte administratif sous une grande mobilisation des fils et filles de la localité.

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Les fils et filles de Kouzoughin étaient donc en fête ce 14 avril 2012 et pour cause ce hameau de culture recevait l’arrêté l’érigeant en village. Un acte qui donne une nouvelle orientation au développement de ce hameau de culture désormais village à part entière.

L’érection de Kouzoughin en village porte désormais à 49 le nombre de villages de la commune de Tanghin Dassouri. Pour la petite histoire, la tradition orale indique que le grand-père des habitants de Kouzoughin, serait venu de Gaongo dans la province du Bazèga. Il aurait fait cette aventure suite à une querelle de chefferie qui l’opposait à son frère cadet. Cette aventure le conduit à Bouli un quartier de Tanghin Dassouri.

Ne pouvant l’héberger par manque de place, le chef de Tanghin Dassouri l’aurait orienté vers le chef de Ballolé qui, avec l’accord du chef de Bazoulé se propose de l’installer à côté de chez lui pour qu’ils soient des voisins…L’abnégation au travail et la sagesse tenues ont fait de lui un homme intègre et respecté. Il y a selon Edouard Ilboudo des lustres que les descendants de leurs ancêtres vivent paisiblement et en parfaite harmonie avec leurs hôtes.

Forte aujourd’hui de 4500 âmes, la localité se développe autour de l’exercice de deux principales activités. Il s’agit de l’agriculture et de l’élevage. Les activités secondaires, elles, se résument au tissage de panier pratiqué généralement par les hommes et la fabrication du beurre de karité par les femmes. C’est donc pour mieux contribuer à relever les défis du développement local que les fils de la localité ont entamé des démarches pour son érection en village administratif.

Une initiative qui, selon Gilbert Ilboudo, président de l’Association Rata Manégré regroupant les fils et filles du village et président du comité d’organisation de la cérémonie marquant la remise de l’arrêté a bénéficié du soutien de leurs hôtes de Ballolé, des notables, des autorités administratives, politiques et coutumières.

Selon lui, c’est l’aboutissement d’un long processus. C’est pourquoi il a saisi l’occasion pour adresser ses remerciements à tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont contribué à l’aboutissement du projet. S’adressant aux fils et filles du village, Gilbert Ilboudo les a invités à se tenir la main et œuvrer dans la cohésion au développement du village. «  ?Kouzoughin compte sur ses fils et filles pour bâtir l’avenir ? ».

Mais l’occasion est également saisie pour égrener un certain nombre de doléances à l’endroit des autorités. Les populations du village Kouzoughin souhaitent un certain nombre de réalisation à savoir des infrastructures éducatives (établissement secondaire public), un forage, une bibliothèque, le prolongement de l’électricité, une maternité, un moulin, des infrastructures de formations, des infrastructures sportives, un barrage, l’aménagement d’un périmètre irrigué et des routes à l’intérieur du village.

Les populations ont également souhaité l’accompagnement des autorités pour l’exercice d’activités rémunératrices. Kouzoughin dispose actuellement d’une école à 6 classes grâce à la générosité d’Etienne Tanga Ilboudo un de ses fils.

Les représentants du parrain, du Mogho-Naaba ont tous adressé leurs félicitations aux populations de Kouzoughin et invité les fils et filles du village à toujours œuvrer dans l’union, la solidarité, et la cohésion pour le développement du village et à vivre en parfaite harmonie avec les villages voisins.

Roger W. NANA


Des personnalités donnent leurs avis

M. le Haut-commissaire de la province du Kadiogo représentant le Gouverneur de la Région du Centre ? : « L’érection d’un hameau de culture en village revêt un caractère très important dans le sens administratif. Parce qu’au Burkina Faso, la section à la base, c’est le village.

Dans le cadre de la décentralisation, lorsqu’il y a ces entités administratives, cela veut dire qu’il y a la possibilité pour les populations de se battre elles-mêmes pour le développement d’une entité donnée, d’une commune donnée, d’une province, d’une région et partant pour tout le pays. L’érection en village commande aussi un certain nombre d’obligations vis-à-vis de l’Etat et du village.

Lorsqu’un hameau de culture est érigé en village, certaines infrastructures doivent obligatoirement y figurer. Il s’agit, entre autres, d’infrastructures éducatives, sanitaires…

Il y a bien d’autres avantages. Le village aura désormais des bureaux de vote, et des conseillers municipaux qui vont siéger au sein de la commune et défendre les intérêts du village et de la commune. Comprenez que l’érection d’un hameau en village revêt donc un caractère très important pour l’Administration.

L’appel que j’ai à lancer à l’endroit des populations et que nous ne cessons de faire, c’est l’entente, la cohésion et la solidarité. Sans entente, il ne peut y avoir de développement.

J’invite donc les fils et filles du village à se mettre ensemble à regarder dans la même direction pour s’occuper des projets de développement du village. Quant aux doléances, j’ai pris bonne note et je me chargerai de les transmettre fidèlement à qui de droit. ».

Gilbert Ilboudo ? : président de l’Association Rata manégré de Kouzoughin, président du comité d’organisation ? : « C’est l’aboutissement d’un processus et je ne peux qu’exprimer ma joie. C’est depuis le mois de septembre qu’on nous a fait cas de la signature de l’arrêté et nous avons entrepris des préparatifs pour marquer d’une pierre blanche cet acte.

Nous avons pu surmonter les petites difficultés rencontrées çà et là et aujourd’hui c’est chose faite. L’érection en village a ces exigences et je voudrais inviter les fils et filles de Kouzoughin à s’unir et à être solidaires et œuvrer pour le développement du village. Qu’ils sachent que nous ne pourrons pas bâtir en rangs dispersés. C’est ensemble, la main dans la main qu’on arrivera à relever le défi qui est d’œuvrer à la construction du village ».

R W. NANA

L’Hebdomadaire du Burkina

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