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Rassemblement des écologistes du Burkina Faso : Pour une république humaine, écologique et démocratique

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 9 décembre 2011 à 01h59min

Le Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF) n’est plus à présenter sur l’échiquier politique national. Cela fait vingt ans qu’il existe au Burkina Faso. Cette formation a connu des mutations non sans difficultés passant de l’Union des verts pour le développement du Burkina (UVDB), créée en 1991 par Ram Ouédraogo, au RDEBF en passant par les verts du Burkina Faso, en 1997 et le Rassemblement des écologistes du Burkina (RDEB) en 2002. Quel est l’historique du RDEBF  ? Comment s’organise t-il  ? Et quelle alternative propose t-il aux Burkinabè  ?

Faire du Burkina Faso, un Etat où l’homme sera en phase avec la nature afin de jouir de ses bienfaits et de le léguer beau, riche et diversifié aux générations futures, tel est la vision du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF). Crée en avril 1991 à la faveur du processus démocratique par Ram Ouédraogo sous le sigle UVDB (Union des verts pour le développement du Burkina), le parti a participé, selon son président, au Référendum sur la Constitution du 2 juin 1991.

Six ans plus tard, soit en 1997, l’UVDB deviendra Les Verts du Burkina. Mais loin d’être une formation où l’ensemble des membres partagent les mêmes idéaux, les évènements que vont connaître le Burkina Faso en 1998 suite à la mort du journaliste Norbert Zongo, vont être un tournant chez les verts.?«  ?En 1999, suite à la crise née du drame de Sapouy, nous avons participé au gouvernement d’ouverture où j’étais ministre d’Etat chargé de la Réconciliation nationale et des Réformes politiques. A la fin de la mission en 2002, il était question de quitter le gouvernement…mais malheureusement, certains de nos camarades, suite à des propositions, ont décidé de rejoindre la mouvance présidentielle… ? », a affirmé Ram Ouédraogo. A partir de cet instant, la scission au sein des verts était inévitable. Face aux compromissions de certains responsables du parti, Ram Ouédraogo ira fonder le Rassemblement des écologistes du Burkina (RDEB) en 2002.

Selon Ram Ouédraogo, son acte s’explique par le refus de la compromission car des responsables avaient cédé aux chants des sirènes et voulaient rejoindre la mouvance présidentielle. Or, pour lui, il n’en était pas question. Lui qui a été ministre, président du comité de mise en œuvre des recommandations de la commission pour la réconciliation nationale ne voulait pas d’une guerre fratricide au sein du parti et a préféré s’en aller. Parlant des camarades qui ont rejoint la mouvance, il explique que ceux-ci n’ont pas eu satisfaction dans la mesure où ils ne sont ni rentré au gouvernement, ni connu aujourd’hui au plan national, voire international. A entendre Ram Ouédraogo, dès la naissance du RDEB, il a travaillé à asseoir le parti et se démarquer des mouvanciers. On croyait alors les déboires du parti finis.

Mais aux législatives 2007, le RDEB va connaître un cinglant revers, dû selon son responsable, à une confusion de sigles. Dans la Léraba, un conflit agriculteurs-éleveurs (militants CDP et RDB) a entraîné des victimes, «  ?on nous a appelé pour nous dire que notre parti qui prône la paix, est en train de faire des victimes alors que ce n’était pas le nôtre… ? », a indiqué avec une certaine amertume, Ram Ouédraogo. Et d’ajouter que la confusion du sigle RDEB et celui du RDB (Rassemblement démocratique du Burkina), «  ?nous a porté préjudice, puisque phonétiquement, c’était la même prononciation ? », explique t-il.

Structuration du RDEBF

Ainsi, pendant les élections de 2007, les populations vont faire la confusion entre le logo du RDEB et celui du RDB. « La confusion a été totale. On a dû convoquer une assemblée générale pour ajouter un «  ?F » à notre sigle », a-t- il confié. Depuis 2007, le RDEB est devenu RDEBF comme pour se démarquer du RDB. Mamadou Diarra, un militant du RDEBF a critiqué le rôle ambigu du parti au pouvoir et qui a été à la base de tout cet imbroglio. Cet épisode malheureux passé, le RDEBF va se réorganiser en vue des échéances électorales et pour la conquête du pouvoir d’Etat. Afin de mieux s’organiser et aller à la conquête de l’électorat et surtout du pouvoir d’Etat, le RDEBF va se doter d’un bureau exécutif de vingt membres composé, entre autres, d’un président, en la personne de Ram Ouédraogo, d’un secrétariat général, des coordinations des jeunes et des femmes. Un collège exécutif comprenant quarante-cinq membres, représentants les 45 provinces du Burkina Faso.

Les responsables provinciaux se réunissent deux fois par an au siège du parti à Ouagadougou, pour discuter de la vie du parti, des questions nationales et internationales et des préoccupations relatives aux provinces. Au siège du parti, le bureau exécutif s’y réunit en assemblée générale une fois par semaine pour échanger sur le parti et traiter d’un thème inscrit à l’ordre du jour. « Nous sommes le seul parti au Burkina Faso qui se réunit une fois par semaine depuis notre création ? », fait remarquer M. Ouédraogo. En outre, un congrès ordinaire est en préparation pour le 10 décembre 2011 sur le thème ? : ?«  ?Elections couplées 2012 ? : quels enjeux pour le RDEBF ? ?? ». Ram Ouédraogo a évoqué les difficultés que rencontrent le RDEBF comme la plupart des partis de l’opposition.

 ?« Des problèmes nous en avons, c’est le manque de moyens financiers pour animer les bases car il ne s’agit pas d’avoir un bureau dans une province, si celui-ci ne fonctionne pas ? », a-t-il souligné. Il a par ailleurs fustigé la manière dont les partis politiques sont financés au Burkina Faso et d’affirmer, «  ?nous nous débrouillons parce qu’au Burkina Faso, si vous n’êtes pas au pouvoir, personne ne va vous aider ? ».

Le développement solidaire au cœur du projet de société

S’exprimant sur le financement des partis politiques, il a relevé que seul quatre ou cinq partis en bénéficient.?«  ?Nous avons dit de faire le financement au prorata du nombre de suffrages obtenus. Ce qui veut dire qu’on vous donne le financement en fonction du pourcentage de voix que vous avez obtenus aux dernières élections. C’est plus équitable et plus juste », a dit Ram Ouédraogo. Il s’est insurgé contre le fait que certains partis se soient réunis à l’Assemblée nationale pour faire passer le taux de 5% à 3% afin d’être éligibles et écarter tous les autres partis. Sans pour autant s’apitoyer sur son sort, le RDEBF veut continuer à exister et amener les Burkinabè à épouser la vision des écologistes, qui serait comme la meilleure alternative. Comme le soutient son leader, le programme des écologistes tourne autour de l’homme, rien que l’homme, tout pour l’homme. Ainsi, le RDEBF a comme philosophie, tout ce qui sous-tend l’écologie politique à savoir la paix, la non-violence et la solidarité. Le Burkina Faso étant un pays sahélien enclavé qui tire l’essentiel de ses ressources de la terre, les écologistes estiment qu’il ne peut se développer sans prendre en compte l’environnement. ?

Au Burkina Faso, l’écologie est un problème de survie, de santé et d’éducation. «  ?L’écologie politique est un projet de société, une autre manière de faire la politique. Elle s’entend par une meilleure gouvernance sur le plan politique, social, économique et culturel. Ce qui signifie, une vraie démocratie avec des institutions fortes, une séparation des pouvoirs, le partage équitable des fruits de la croissance avec en sus la protection de l’environnement, facteur de tout de développement ? », soutient le premier responsable du RDEBF, Ram Ouédraogo. « Chez les écologistes, il y a une morale en politique. Voilà pourquoi les écologistes n’arrivent pas au pouvoir très vite car ce qu’ils défendent est tout à fait contraire à ce que les partis politiques défendent », fait remarquer Ram Ouédraogo. Le RDEBF prône le développement solidaire et affirme que s’il y a croissance, chaque Burkinabè doit en bénéficier.

De ce fait Le RDEBF accorde une place de choix à la jeunesse, qui selon lui, fait face à de nombreuses difficultés dont le principal est l’emploi. Dirigé par Victor Boubié Bako, la coordination des jeunes du parti se prépare pour les prochaines échéances électorales. Elle entend mobiliser et sensibiliser les jeunes du parti afin que le RDEBF remporte des victoires. Des bureaux sont ainsi mis en place au niveau des secteurs de la ville de Ouagadougou et comme l’a souligné le président du RDEBF, M. Ouédraogo, dans chaque secteur, il appartient aux responsables de faire un travail de sensibilisation pour faire sortir les électeurs de leurs illusions. Et contrairement à certains partis qui utilisent des gadgets, au RDEBF, on utilise comme éléments de persuasion, l’éducation, la sensibilisation et la formation pour conquérir l’électorat.?Nous expliquons aux populations, ce que nous attendons faire pour elles afin qu’elles aient un avenir meilleur, dixit Ram Ouédraogo.

Scepticisme sur l’organisation des élections en 2012

La coordination des femmes, avec à sa tête, Fatimata Boussim, est constituée de douze membres, toutes des femmes issues du bureau exécutif. Elle a pour rôle de mieux organiser les femmes, les sensibiliser et connaître leurs problèmes réels, même si pour Fatimata Boussim, certaines éprouvent des difficultés à s’impliquer en politique à cause de pesanteurs socioculturelles. Qu’à cela ne tienne, pour les motiver, ?nous les sensibilisons à prétendre aux postes de responsabilités au sein du parti en mettant l’accent sur leur éligibilité, a confié Mme Boussim.

Sur la question des législatives-municipales 2012, le patron du RDEBF s’est dit surpris que la CENI ait annoncé l’installation de ses démembrements alors que la question de la gouvernance électorale sera en discussion aux Assises nationales du 7 au 9 décembre 2011.?«  ?Pourquoi ne pas attendre la fin des Assises nationales avant de mettre en place les démembrements de la CENI ? ? » s’interroge Ram Ouédraogo. Le RDEBF reste sceptique quant à l’organisation des élections en 2012. Selon le parti, d’importantes décisions vont être prises au cours des Assises nationales (gouvernances politique et électorale, le sénat, le Haut conseil de la magistrature etc.). Une Assemblée constituante devrait être mise en place pour valider les décisions et un gouvernement de transition pour mettre en œuvre celles-ci, en plus de l’argent à trouver pour la biométrie et de l’organisation pratique des élections et de leur coût.

Par conséquent, le RDEBF estime que l’organisation du scrutin en 2012 paraît donc difficile, ?«  ?si on force, on risque d’aller à des élections bâclées et dans ce cas, nous n’y participerons ?pas », renchérit M. Ouédraogo.
Quant à savoir si son parti est affilié au chef de file de l’opposition politique (CFOP), il a répondu par la négative, car pour lui, le CFOP est un marché de dupes. Par ailleurs, Ram Ouédraogo a fustigé la coalition de l’opposition dont le CFOP, qui a appelé à boycotter le Conseil consultatif pour les réformes politiques (CCRP). «  ?Quand on crie corps et âme qu’il faut des réformes et que l’occasion vous ait offerte, on ne refuse pas car c’est le moment de poser vos préoccupations ? », a-t-il déclaré. Il estime qu’il y a deux ou trois ans, les refondateurs auxquels il appartient, ont été les premiers a évoquer la nécessité de réformes au Burkina Faso. «  ?Si on ne nous a pas écouté au départ , l’idée a été acceptée par le président du Faso lors de son discours à Ouahigouya ? ».

Le RDEBF estime que les réformes politiques sont une occasion de refonder la démocratie au Burkina Faso pour une meilleure gouvernance politique, économique, sociale et culturelle.

Souleymane KANAZOE (kanazoe.souleymane@yahoo.fr)

Sidwaya

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