Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

mardi 6 décembre 2011 à 00h55min

Des chercheurs de Guttmacher Institute et de l’Institut de Recherche en Science de la Santé (IRSS) ont mené une étude sur la problématique de la planification familiale au Burkina Faso. « Les avantages de satisfaire les besoins de contraception moderne au Burkina Faso », tel est le thème de cette étude dont les conclusions ont été rendues publiques ce lundi à Ouagadougou.

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L’étude a été réalisée, entre autres, par Michael Vlassoff, Aparna Sundaram et Akinrinola Bankole de Guttmacher Institute ; par Dr Danielle Yugbaré/Belemsaga de l’IRSS et Lisa Remez, consultante indépendante.
Les résultats, s’ils ne sont pas surprenants, dans un contexte de pauvreté et de forte natalité évaluée à plus de six enfants par femmes, font quand même froid dans le dos. Ainsi, chaque année, près d’un tiers des grossesses au Burkina ne sont pas planifiées.

Parmi les femmes qui veulent actuellement éviter une grossesse, presque les deux tiers n’utilisent aucune méthode de contraception efficace.
Et l’étude d’en conclure que l’ensemble de ces femmes ont des besoins non satisfaits en matière des méthodes modernes. Alors que satisfaire seulement la moitié des besoins des femmes Burkinabè en contraception moderne conduirait de 116 000 le nombre de grossesses non planifiées par an et de 37 000, le nombre des avortements provoqués. Quant au nombre annuel de décès maternels, il se réduirait de 400 l’an.
L’étude a également révélé le fait que le bien-être économique des femmes de notre pays influe significativement sur l’utilisation contraceptive. Aussi le niveau des besoins non satisfaits est le plus élevé chez les femmes les plus démunies.

Par ailleurs, la présente recherche est parvenue à cette conclusion : Elargir les services de contraception confère des avantages substantiels pour les femmes, leurs familles et la société burkinabè. Car, investir dans les services de contraception moderne pour satisfaire, ne serait-ce que la moitié des besoins non satisfaits, permettrait de faire une économie annuelle dans les frais médicaux associés à des grossesses non planifiées ou à leurs conséquences. C’est pour Donatien Ouédraogo, représentant du directeur national de l’Association Burkinabè pour le Bien-Être Familial du Burkina Faso (ABBEF), les résultats de l’étude confortent son institution dans sa mission qui est de contribuer, par le plaidoyer, à la prise de conscience sur les bénéfices à tirer d’un investissement conséquent et approprié dans la planification familiale, mais aussi les dangers encourus dans tous les secteurs de la vie si rien n’est fait pour inverser la tendance actuelle de nos indicateurs en matière de population.

« Il est urgent d’investir dans la planification familiale parce qu’elle est pour des pays comme les nôtres avec des ressources limitées l’une des stratégies la moins coûteuse et la plus efficace pour réduire la mortalité maternelle et infantile, et impulser la croissance économique », a-t-il plaidé. La présente étude se veut d’ailleurs un outil de plaidoyer et d’aide à la prise de décision pour les pouvoirs publics. Mais, combien faudrait-il au Burkina pour satisfaire tous les besoins des femmes en méthodes de contraception moderne ? Selon l’étude, une quarantaine de millions de dollars est nécessaire.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2011 à 01:54, par le burkinabe de Hollywood
    En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

    ce sont les pauvres qui ont plus d’enfants. c’est inadmissible car c’est source de beaucoup de chose dont la delinquance, la mendicite, l’analphabetisme, et la manutrition. mais aussi et surtout on nous terrorisent avec des images des enfant au gros ventre comme des margouillats en voulant nous donner mauvaise conscience. Trop c’est trop. la sterelisation forcee doit etre systematique pour une categorie de personne economiquement insignifiantes. ca y va de notre surete nationale

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  • Le 6 décembre 2011 à 04:41
    En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

    je l’ai toujours pensé et je le dit ici il faut que la planification familiale rentre dans nos mœurs, us et coutumes. il faut une lois qui fixe le nombre maximum d’enfants par couple à 3 (je parle bien sûr des nouveaux couples et de ceux qui n’ont pas encore dépassé la limite) ; il faut aussi que chaque mère de famille prenne ses responsabilités de sorte que dès que sa fille entre dans la puberté elle soit automatiquement sous contraception ; cela pour éviter les grossesses indésirées et leurs conséquences.
    il faut que l’ensemble de la population soit sensibilisé et impliqué dans cette cause là. Nous sommes 7 milliards dans le monde ; as t’on nécessairement besoin de tout ce monde ? as t’on nécessairement besoin de plus de 2 ou 3 enfants dans une famille ? avant oui ; car nos grands parents avaient besoins de main d’œuvre pour cultiver ; aujourd’hui les choses ont changé.
    Il y’a des couples qui se retrouvent avec 6, 7 ou 8 gosses parce qu’il recherchaient un "héritier" ou une "princesse". A quoi ça sert tout ça ? Chacun doit se dire que si après 2 ou 3 enfants je n’ai que des filles j’arrête ; à coup sûr j’aurai des beaux-fils ; et si je n’ai que des garçons j’aurai des belles filles.
    Je pense sincèrement que la planification familiale doit être imposée aux Burkinabé (riches comme pauvres) si nous voulons réellement être un pays émergent. L’émergence passe d’abord par la maitrise de la croissance démographique.

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  • Le 6 décembre 2011 à 09:55, par leNostalgique
    En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

    Les Chinois sont plus d’un milliard. Pendant longtemps ils ont été considérés comme pauvres et le pays comme sous-developpé. Il a suffit de modifier le mode de management du pays pour qu´il devienne un eldorado. Aujourd´hui l´atout majeur de la Chine, c´est sa population : un immense reservoir de producteurs et de consommateurs, qui boostent l´économie.

    Prétendre que les moyens du Burkina sont limitées temoigne juste d´un manque de vision prospective.

    Travaillez à mettre les Burkinabè au travail plutôt que de passer le temps à crier au loup : l´incapacité actuelle de nombre de Burkinabè de se prendre en charge n´est qu´une conséquence de l´infantilisation dont ce peuple est toujours victime : on veut toujours penser à sa place, faire les choses à sa place. Alors que partout ailleurs on sait le Burkinabè très travailleur, au pays on developpe chez le Burkinabè la médiocrité. A tel point que beaucoup parmi eux, qui ont parfois des talents particuliers, pensent en toutes circonstances qu´il faut avoir "des bras longs" avant de tenter quoi que ce soit. Et pourtant...

    Dites aux Burkinabè, ce qu´on a dit aux Chinois ("enrichissez-vous !") et vous constaterez la futilité de tous ces colloques et séminaires que l´on organise à grands frais. Vous verrez le dynamisme dont ce peuple est capable.

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  • Le 6 décembre 2011 à 10:38, par TK
    En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

    Je trouve la proposition du Burkinabe de Hollywood trop radicale et ethiquement inacceptable. La solution c’est l’Education. Au BF nous devons faire de l’Educcation/Ecole notre cheval de bataille pour les 20 ans a venir. Il est inconcevable que des enfants de moins de 15 ans n’aillent pas a l’ecole par ce qu’il n’ y a pas d’ecole ou d’enseignant. Celui qui refuse d’envoyer son enfant a l’ecole devrait etre puni par la loi. L’Education des enfants burkinabes strategiquement parlant devrait etre, pour tout les burkinabes,la priorite des priorites et beaucoup d’autres problemes s’en trouveraient resolus du meme coup

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    • Le 7 décembre 2011 à 02:33, par Peace
      En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

      oh le frère, on dirait tu connais pas le systeme. Je t’explique :
      1_on passe bcq de temps a vous dire que vous êtes pauvres. TV RADIO JOURNAUX
      2_ET on deplace les causes de cette soit disante pauvreté, vous faite bcq d enfants.etc...
      3_enfin on vs impose des solutions qui va créer un marché pr leur économie. Les pillules et autre moyens de contraceptions st pas fabriqué par nous.
      Surtout si vs n êtes pas bcq ça les arrange. La chine et l’inde font peur imagine si l afrique dvient 2milliard.
      Et ceux qui disent les ressources st limité, k pense til du fait k 80% des ressources dispo st o main de 20% de la pop.
      En occident c’est parce que les femmes travaillent qu’elle veulent par bcq d’enfant, il ya o6 la charge qui elevée.

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  • Le 29 juin 2012 à 10:44, par Leon
    En réponse à : Planification familiale au Burkina : Des chiffres qui font froid dans le dos

    Afrique soyons realiste et sachons programmer les naissances, car nous allons avoir beaucoup des problemes etant donne que le pouvoir en Afrique ne fait aucun cas pour la communaute. Afin de dimunuer tant soit le taux de la mortalite maternelle. MERCI AFRIQUE !!« »

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