Accès à la terre : La femme mérite mieux

jeudi 1er décembre 2011 à 02h03min

C’est Bougui, une commune rurale de la région de l’Est, à quelques km de Fada N’Gourma qui a abrité la célébration, en différé, de la Journée mondiale de la femme rurale 2011. La commémoration a eu lieu le mardi 29 novembre dernier et la question de l’accès de la femme à la terre a constitué l’élément central des échanges. En prélude à la journée proprement dite, des conférences ont été organisées à la mairie de Fada, la veille, pour permettre aux femmes d’être mieux éclairées sur la question du foncier rural.

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La Journée mondiale de la femme rurale célébrée le 15 octobre de chaque année, offre l’occasion au monde entier de marquer un temps d’arrêt pour réfléchir à une problématique en relation avec les conditions de vie et les besoins spécifiques des femmes du monde rural. Cette année, c’est sous le thème « Revendiquez votre droit à la terre et à la succession ? » ? qu’elle a été célébrée au Burkina en différé, le mardi 29 novembre 2011. Thème qui trouve sa justification dans la précarité des droits des femmes, surtout en matière de foncier rural.

La cérémonie commémorative a eu lieu dans la commune rurale de Bougui, à l’Est du Burkina et a été présidée par la ministre de la Promotion de la femme, Nestorine Sangaré, accompagnée de plusieurs autres autorités dont le ministre délégué à l’Agriculture, Abdoulaye Combary. C’est un évènement qui, selon les autorités, doit contribuer à la promotion d’un accès égal à la terre et à un contrôle équitable des femmes et des hommes, en vue d’un développement humain durable. Et cela peut être vu comme une quête de justice pour l’autre moitié du ciel qui représente près de 52% de la population burkinabè et assure environ 60% de la production agricole du pays. D’ailleurs, selon des recherches, «  ?les pays en développement ne peuvent amorcer une autonomisation socioéconomique durable tant que les femmes et les hommes n’auront pas les mêmes droits à l’accès à la terre ? »

La journée a été une occasion pour les femmes, sorties en masse pour la circonstance, de montrer leurs savoir-faire à travers une exposition-vente de produits transformés par leurs structures. Ces produits de différentes variétés traduisent la richesse de nos ressources alimentaires. Il y a eu également, une remise de technologies à des groupements et associations feminines de la région, dans le but de renforcer leur capacité de production.

Conjuguer les efforts pour la cause de la femme

Une dizaine de groupements a en effet, reçu du matériel composé de charrettes, de brouettes, de pelles et de moulins à grain. Mais, les hôtes du jour ne sont pas repartis eux aussi,les mains vides car les femmes leur ont fait en retour, de nombreux cadeaux dont des béliers, des pagnes traditionnels et des produits locaux.

Dans son discours, la ministre Nestorine Sangaré a largement plaidé pour l’amélioration des conditions de vie de la femme en général, et de celle du milieu rural, en particulier. Selon elle, «  ?l’on doit faire une introspection collective sur les préjugés à l’égard de la femme, car considérée dans sa famille d’alliance tout comme dans sa famille d’origine, comme une étrangère, elle est le plus souvent spoliée de tout ? ». Elle estime par ailleurs, qu’une bonne connaissance des textes et de la législation en matière de foncier rural par les femmes peut contribuer à améliorer la situation.

Pour la coordinatrice des femmes, Mme Hortense Kandja, cette fête est un acte de reconnaissance de leur dur labeur et une occasion pour elles, d’exposer les difficultés auxquelles elles font face. Elle a fait cas de certaines pratiques, telles que le lévirat, le mariage forcé et l’excision qui sont toujours d’actualité au Burkina et participent à dégrader l’image de la femme. Elle a alors appelé ses sœurs à conjuguer leurs efforts dans la lutte pour espérer sortir de cette situation peu enviable.

Des partenaires techniques et financiers parmi lesquels la FAO, ont participé à la cérémonie. Pour le représentant de la FAO, François Rosalo, «  ?la lutte pour l’accès de la femme à la terre est une lutte noble car plus de 100 millions de personnes pourraient échapper à la pauvreté, si les femmes en zone rurale avaient les mêmes ressources productives que les hommes et le nombre de personnes souffrant de la faim pourrait diminuer de 150 millions ? ». Avant d’ajouter qu’actuellement, la FAO estime le nombre de personnes souffrant de la faim à plus d’un milliard. M. Rosalo a également saisi l’occasion pour féliciter le gouvernement burkinabè pour les moyens déployés dans la mise en œuvre de la politique nationale genre.

Pour mieux impliquer les femmes et leur permettre de s’approprier le thème de la journée qui les invite à revendiquer leur droit à la terre et à la succession, des conférences ont été animées par des hommes de droit à Fada, dans la soirée du 28 novembre. Ces conférences étaient traduites en gulmachéma, langue majoritaire du milieu, pour permettre à tout le monde de se retrouver. La première conférence, animée par Issiaka Zerbo, a traité de la législation en matière de propriété foncière.

Le conférencier a passé en revue plusieurs points parmi lesquels les principes essentiels d’accès à la terre, le constat qui se dégage dans la réalité dans la pratique, les causes qui limitent l’accès des femmes à la terre, les conséquences qui en découlent et les perspectives à envisager. Le problème de la succession a fait l’objet de la deuxième conférence animée par Mme Christine Lompo et a été l’occasion de donner des détails, surtout sur l’héritage, en ce qui concerne le foncier rural.

Daniel ZONGO (anielzongo62@yahoo.fr )

Sidwaya

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