Médiateur du Faso : Alima Déborah Traoré pour « ajouter de la conciliation à la conciliation »

mercredi 3 août 2011 à 01h54min

Nommée en conseil des ministres du 22 juin dernier comme nouveau Médiateur du Faso, Alima Déborah Traoré/Diallo, conseiller des affaires économiques, a été installée hier 2 août 2011 à Ouagadougou. Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a présidé la cérémonie de passation de pouvoir entre le nouveau Médiateur et la sortante Amina Moussou Ouédraogo, en présence de parents, amis et connaissances .

RÈagissez ‡ cet article Réagissez

Une nouvelle ère s’est ouverte au Médiateur du Faso. L’institution a vécu la passation de pouvoir entre son ancien président, Amina Moussou Ouédraogo/Traoré et le nouveau, Alima Déborah Traoré/Diallo, le 2 août 2011 à Ouagadougou, sous la présidence du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, représentant le président du Faso pour la circonstance. A 10h comme prévu, le ton de la cérémonie de passation est donné. Une rapide lecture du décret de nomination du nouveau patron de l’institution chargée de concilier l’administration et les administrés permet de savoir que c’est le 22 juin 2011 que le conseil des ministres a porté son choix sur Mme Traoré pour succéder, comme elle-même l’a laissé entendre, à « sa très chère aînée », Amina Moussou Ouédraogo.

Et place aux discours. C’est le président sortant qui ouvre le bal. « Six ans après ma prise de fonction (elle a pris fonction le 22 avril 2005), le bilan peut être considéré comme satisfaisant à bien des égards. On peut ainsi retenir, entre autres évolutions, l’amélioration de l’accessibilité du Médiateur du Faso par les citoyens sur toute l’étendue du territoire ; le renforcement du professionnalisme des collaborateurs par des formations spécifiques ; l’accroissement du pourcentage de dossiers reçus et traités dans l’année, de l’ordre de 90% en 2010 ; l’amélioration des rapports avec les administrations publiques qui a permis l’augmentation du taux de médiations réussies et le renforcement de la coopération entre médiateurs au niveau international ». Avec un ton empreint de modestie, le Médiateur sortant, après avoir énuméré quelques acquis, a souligné que c’est grâce à la compétence et à la franche collaboration des uns et des autres que ces résultats ont été atteints.

Tout en appelant ses anciens collaborateurs à appuyer le nouveau Médiateur, le sortant a fait observer : « je quitte cette institution avec la satisfaction de laisser les clés à une femme compétente dont j’ai la certitude qu’elle continuera de la faire progresser ». Amina Moussou Ouédraogo s’est gardé de donner des conseils à son successeur, car, dit-elle, le nouveau Médiateur est « une femme de dialogue et d’expérience de par son parcours professionnel et aussi en tant que femme engagée ». De ce fait, elle est persuadée que Alima Déborah Traoré saura imprimer à l’institution, les valeurs d’écoute et de disponibilité nécessaires à la réalisation des missions du Médiateur du Faso.

Justice et équité, crédo du nouveau Médiateur

Le nouveau Médiateur du Faso a pris la mesure de sa mission. Ainsi, l’a t-on écouté déclarer : « oui, j’ai conscience que la charge que son Excellence, le président du Faso m’a confiée en m’élevant parmi tant d’autres talents et élites de notre pays, à cette haute fonction, est une marque de confiance, mais aussi un redoutable privilège et un challenge de haute facture qui est celui de se mettre au service de son peuple, à un très haut niveau d’action et de responsabilité en temps de crise ». Selon le successeur de Amina Moussou Ouédraogo, dans ce contexte de crise sociale que vivent les pays d’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier, « je mesure l’ampleur de la tâche qui sera la nôtre, nous les institutions d’interface à qui il revient de rechercher toujours l’équilibre, l’harmonie, la justice et l’équité pour une meilleure gouvernance administrative ».

Mme Traoré entend se situer dans la continuité de ses devanciers en œuvrant à la consolidation des acquis et en portant un accent particulier sur le renforcement de la légitimité de l’institution au sein de la société, l’accessibilité des services du Médiateur du Faso par son rapprochement continu avec l’administré, l’instauration d’un mécanisme de veille permettant d’intervenir en amont et la contribution à la promotion des droits humains et du genre avec une attention particulière aux droits de la femme et de l’enfant. Pour ce faire, le nouveau Médiateur dit vouloir se laisser guider dans son action par la justice, l’équité, le respect et la considération de toutes les parties, la transparence et l’intégrité qui apparaissent, selon elle, comme les meilleurs garants de la démocratie au quotidien et de la paix sociale. Le nouveau Médiateur a rendu un vibrant hommage à son prédécesseur qui, « à travers son professionnalisme et son esprit d’ouverture, a su renforcer le crédit et la notoriété de l’institution, auprès du citoyen ».

Et de souligner : « je voudrs saluer, à travers la personne de Amina Moussou Ouédraogo, toutes les femmes du Burkina Faso, en action pour un monde de paix, de justice et d’équité ». Pour terminer, le nouveau Médiateur du Faso a mentionné qu’elle ne doute pas que les personnalités qui ont bâti l’institution et toutes les personnes éprises de paix et de liberté sauront l’accompagner dans cette œuvre de bonne gouvernance pour laquelle elles seront toutes les bienvenues.

Ali TRAORE (traore_ali2005@yahoo.fr)


Luc Adolphe Tiao : « Le gouvernement restera à l’écoute »

« Permettez-moi de féliciter le Médiateur sortant, Amina Moussou Ouédraogo qui a fait un travail extraordinaire. J’ai eu l’occasion de travailler avec elle quand j’étais président du Conseil supérieur de la communication (CSC). Elle a apporté beaucoup d’innovations et de souffle au Médiateur du Faso. Elle est arrivée dans un contexte particulier et je crois qu’elle s’en va après avoir laissé une marque très importante. Je voudrais souhaiter la bienvenue à Mme Traoré que je connais bien. C’est une femme battante, compétente et pétrie d’expériences. Je suis persuadé que dans la même lancée que Mme Ouédraogo, elle portera cette institution-phare à un niveau de développement tant attendu par les citoyens. Le Médiateur est une structure très importante. Elle est à la fois une structure de recours, de conseils et d’appuis. Je pense que d’année en année, les citoyens ont recours systématiquement à cette institution quand ils ont des problèmes. Le gouvernement, pour sa part, restera à l’écoute de cette institution, lorsqu’elle fait des recommandations, pour améliorer les conditions de vie des citoyens pour qu’il y ait plus de justice dans le pays ».

Propos recueillis par A.T.

Sidwaya

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés