ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

jeudi 17 février 2011 à 00h35min

Au Burkina Faso, il existe plusieurs types d’enseignants ou de professeurs. Il y a les enseignants permanents et les enseignants dits vacataires. Deux catégories d’enseignants, qui, c’est le cas de le dire, ne sont pas logées à la même enseigne. Toutefois, les vacataires sont considérés comme des "professeurs de rechange" pour ceux qui ignorent leur statut et les règles qui encadrent le domaine, en dépit de leur place incontournable. Quelles sont les conditions de travail de cette catégorie d’enseignants dits vacataires à Ouagadougou ? Quid de l’impôt sur la vacation ? Quels rapports entretiennent-ils avec les fondateurs d’établissement ? Zoom sur cette catégorie d’enseignants, maillon incontournable du système éducatif burkinabè, au regard de la prolifération des établissements d’enseignement, surtout privés, à Ouagadougou.

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Ils sont appelés enseignants-vacataires, professeurs-vacataires, "missionnaires", ou encore "mercenaires". Une certitude, ils sont tout simplement des enseignants. Les vacataires dans le système éducatif burkinabè disposent d’un pourcentage très élevé dans le volume horaire annuel. C’est dire toute l’importance de ces enseignants dans l’offre éducative. Le métier d’enseignant est noble et exige de la vocation. Comme les autres métiers, pour pouvoir accéder à cette fonction, il faut passer par une école de formation et obtenir un diplôme de qualification. Une autorisation d’enseigner est délivrée par le ministère en charge des Enseignements secondaire et supérieur, selon le niveau du demandeur.

Cette autorisation permet à des étudiants de faire de la vacation dans les établissements d’enseignement secondaire mais surtout de contribuer à l’offre éducative. Pour Harouna Toguyéni, fondateur des établissements Marie Curie et Excelle 2000 à Ouagadougou, il existe plusieurs catégories de vacataires. "Dans nos établissements, nous avons recours aux vacataires, c’est-à-dire, des gens qui viennent offrir leurs services dans l’enseignement. Ils sont de plusieurs catégories : il y a des fonctionnaires de l’Etat qui enseignent déjà dans les établissements publics, qui ne remplissent pas le volume horaire normal dans leur établissement et aussi parce que le gouvernement les y autorise ; il y a aussi des étudiants qui sont en fin de cycle et parce qu’ils ne sont pas boursiers ou n’ont pas les moyens de poursuivre leurs études, viennent dans nos établissements afin de pouvoir financer leurs études et subvenir à leurs besoins.

Il y en a également qui ont fini leurs études et qui attendent un emploi. C’est un personnel en situation d’attente." Une préférence entre étudiants-vacataires et professeurs-vacataires ? A la question, Harouna Toguyéni répond : "Du fait du manque d’enseignants, nous sommes obligés de faire appel aux étudiants." L’enseignant-vacataire est cet enseignant qui est en mouvement ou libre de ses mouvements. Mais si les conditions essentielles pour y accéder sont, l’école de formation et l’autorisation du ministère, il importe de se poser une question évidente : pourquoi une aussi grande floraison d’établissements surtout privés à Ouagadougou, et de ce fait, de vacataires ?

Ces derniers, pour pouvoir accéder à une salle de classe, munis de leur autorisation, déposent une demande auprès des chefs d’établissement. "Ils viennent déposer leur demande en fin d’année puis à la rentrée ; avec l’administration, nous jugeons de la nécessité de les prendre ou pas. Nous arrêtons un emploi du temps avec eux et dès la rentrée, ils commencent les cours", affirme Zézouma Stéphane Millogo, fondateur de l’établissement KAWOK à Ouagadougou (ex-ISCO). Pour Evelyne Darga, directrice du secondaire au Cours privé Marie Curie, c’est le même procédé qui est utilisé pour avoir des vacataires ; même si elle refuse de parler de recrutement, chose qui relève du domaine du fondateur, lui qui, par ailleurs, ne parle pas de contrat entre lui et ses vacataires.

Les fondements de la vacation

Pour ce qui est de la vacation à Ouagadougou, dans les établissements privés surtout, tous reconnaissent que le fondement est le manque d’enseignants par rapport à la demande. Mais au-delà du fait qu’elle permet de pallier le manque d’enseignants, la vacation crée certains problèmes. Elle a un impact négatif sur les cours au public. Beaucoup d’enseignants prennent trop de cours dans le privé, ce qui affecte leur efficacité non seulement dans le public mais aussi dans le privé où ils interviennent. Le ministère, à un moment donné, a voulu contenir les dérives en limitant le nombre d’heures que chaque professeur devrait occuper.

Mais cela n’a pas fait long feu, soutient l’inspecteur de mathématiques, Charles Nassouri. Certains ont 25 voire 30 heures par semaine dans le privé, ce qui n’est supportable, ni physiquement, ni intellectuellement. L’inspecteur Charles Nassouri ajoute que, la qualité des personnes qui sont amenées à faire la vacation, pose problème. "Je ne parle pas des étudiants qui, parce qu’ils n’ont pas la bourse vont de façon honnête ou de façon correcte donner des cours dans les établissements, affirme-t-il. Ceux-là sont nombreux ; il faut les encourager, leur donner les conditions parce qu’ils bouchent des trous. Je parle plutôt de ceux qui n’ont pas le niveau.

Ce sont des gens de chez nous ou des gens venus d’ailleurs. Pourtant, un enfant mal enseigné est pire qu’un enfant qui n’est pas enseigné, conclut-il. Ali Diané, vacataire en sciences physiques au groupe scolaire "Le Bon berger", à Ouagadougou, trouve que l’augmentation du nombre des vacataires tient à des raisons d’ordre purement économique. S’il faut chercher la raison de l’augmentation du nombre des vacataires à Ouagadougou, "il faut surtout comprendre que les fondateurs ne souhaitent pas avoir à faire à des enseignants qu’ils paieront toute l’année. Alors, ils se décident de travailler avec les vacataires" Pour le président de l’Union nationale des établissements d’enseignement privé laïcs (UNEEP-L), Ismaël Touré, la vacation prend de l’ampleur ces derniers temps à Ouagadougou, du fait de plusieurs facteurs.

Ce sont, entre autres, le dynamisme des promoteurs d’établissements et la demande croissante des parents d’élèves. Le besoin allant crescendo, dit-il, il faut y répondre par l’ouverture de nouveaux établissements. La vacation est aussi une source de revenus pour beaucoup d’étudiants et de professionnels et personne n’ouvre une entreprise pour fonctionner à perte, affirme le président de l’UNEEP-L. On peut dès lors dire, qu’investir dans l’enseignement peut rapporter financièrement. N’est-ce-pas l’une des raisons qui amènent les promoteurs à s’investir tous azimuts dans l’enseignement afin de "renflouer" les poches ?

A cette question, le président de l’UNEEP-L répond par la négative : "Même si le fondateur ne souhaite pas fonctionner à perte, se faire de l’argent ne saurait être la fonction première.

Les rapports chefs d’établissement-vacataires

Quant au fonctionnement quotidien des établissements qui emploient des vacataires, les rapports entre ces derniers et les fondateurs ou proviseurs ne sont pas, le plus souvent, au beau fixe comme le font croire ces derniers. "Chez nous, jusqu’à présent, nous n’avons pas de problème avec les vacataires", affirme Zézouma Stéphane Millogo, de KAWOK à Ouagadougou. Mais ils sont nombreux ceux qui dénoncent la gestion catastrophique de la vacation à Ouagadougou, à commencer par les vacataires. Si les fondateurs et les proviseurs trouvent que les rapports avec leurs vacataires sont au beau fixe, les vacataires ne l’entendent pas de cette oreille. "Dans l’ensemble ça va, affirme Ali Diané.

Cela ne veut pas dire que tout va bien. Par moments, il y a des fondateurs qui décident de suspendre les cours ; souvent pour des motifs qui n’en valent pas la peine. Il arrive que certains suspendent même les cours pour célébrer leur propre anniversaire. Quand vous voulez faire comprendre que la suspension n’est pas acceptable, cela peut tourner à l’incompréhension et entacher la collaboration". De même, certains fondateurs paient très mal leurs vacataires. Ils sont nombreux les fondateurs qui, à Ouagadougou, font des retards de paiement ou même n’arrivent pas à rémunérer les vacataires.

Ces derniers font des mois sans salaires, il faut attendre la rentrée prochaine pour entrer en possesion du salaire et certains finissent par faire fi de cela. "Ou encore, ce sont des forfaits qui sont payés", souligne Mamoudou Yaméogo, vacataire de mathématiques. Ali Diané conclut que c’est le moindre mal car le fondateur peut décider de ne même pas payer. La vacation à Ouagadougou baigne dans un flou total. Les frais de scolarité sont fixés arbitrairement, les effectifs incontrôlables. Un ancien vacataire que nous avons rencontré reste toujours très amer du fait des turpitudes des chefs d’établissements : "Le monde de la vacation à Ouagadougou est un monde de mafia, de malhonnêteté et d’exploitation.

Nous savons tous que pour la vacation, on exige un certain taux pour la paie. Mais ce que l’on constate à Ouagadougou, c’est qu’il y a certains fondateurs d’établissements qui recrutent des enseignants et ne veulent pas respecter ce taux quand bien même il est légal. Toute chose qui pose le problème de la qualité de l’enseignement. Il faut de la vocation et du dévouement. Parce qu’à l’exigence d’un traitement juste et équitable les rapports peuvent s’envénimer. Alors, le fondateur peut décider de se passer de vous et faire appel à un vacataire moins exigeant. La mafia que je dénonce dans la vacation c’est que certains recrutent expressément des enseignants de DEUG I ou de niveau inférieur dans le souci de payer moins, malgré le temps occupé et le niveau des classes tenues".

En clair, certains préfèrent une main-d’oeuvre peu qualifiée et à bas prix. Mais il arrive qu’un fondateur augmente le taux horaire de ses vacataires, mais sans aucune incidence sur le salaire à la fin du mois.


"Certains inspecteurs reçoivent des pots-de-vin"

Autre chose qui est reprochable, poursuit Wilfried Bakouan, c’est l’inspection. Là-dessus, "certains inspecteurs reçoivent des "pots-de-vin" pour ne pas dénoncer certaines tares, ou encore ils présentent des anciens dossiers. Il est important que l’inspection de l’enseignement soit regardante sur ces aspects. Elle ignore comment les vacataires sont payés". "L’organisation dans le secteur est défaillante, ce qui fait que chacun en fait à sa tête. Les fondateurs se croient tout-puissants, à la limite, intouchables à Ouagadougou", conclut Wilfiried Bakouan.

A propos des "pots-de-vin", l’inspecteur Charles Nassouri s’insurge et nie toute implication d’inspecteurs dans de telles manoeuvres même s’il soutient qu’il faut dénoncer la pratique. Le vacataire est à la recherche de quoi soutenir son quotidien ou engager des projets d’études universitaires. Pour lui, c’est donc le moyen de se faire de l’argent à juste raison. Alors, les chaudes empoignades et les "prises d’otages" reposent sur des problèmes de remunération. Pour une heure non comptabilisée, il arrive que les collaborateurs s’empoignent en se donnant en spectacle devant les élèves.


Quid de "l’impôt sur la vacation" ?

Nombreux sont ceux qui, dans le monde de l’enseignement, se souviennent de l’affaire de l’impôt sur la vacation. Une affaire qui ne fait pas l’unanimité. D’abord fixé à 10%, l’impôt a ensuite été revu à la baisse. Passant à 2%. M. Harouna Toguyeni, fondateur du Cours privé Marie Curie se souvient toujours. "A propos de l’impôt sur la vacation, la question s’est posée il y a quelques années. Je pense qu’il est normal que sur tout revenu encaissé, l’Etat ait une part. Mais cet impôt a évolué de 10% à 2%." L’impôt est défini comme un prélèvement fait par l’administration publique sur le revenu de chaque travailleur aux fins de l’intérêt général. Enseignants-vacataires, fondateurs et directeurs, par endroit, ont des appréciations diverses sur le sujet.

Ali Diané estime que l’impôt sur la vacation est un abus." Je ne le trouve pas indiqué, car la plupart des vacataires sont des jeunes diplômés formés par l’Etat ; dans l’impossibilité de trouver du travail, ils utilisent la vacation comme tremplin et on vient prélever sur le peu qu’ils gagnent. D’autant plus que les vacataires se plaignent de la faiblesse du taux horaire auquel ils sont rétribués, on se demande ce qu’on nous veut." Pendant que certains le trouvent inopportun, d’autres affirment n’en avoir jamais eu connaissance. "Je ne connais pas cet impôt", affirme Wilfried Bakouan, ancien vacataire. Pour ces derniers, si l’imposition est juste, il y a un hic.

"Le hic c’est que les vacataires, malgré leur grande mobilité, subissent l’impôt en réalité. Quelqu’un qui n’a pas de garantie sociale et vous lui prélevez un impôt sous prétexte que cet argent sera reversé au budget de l’Etat. Il est inconcevable que l’Etat perçoive l’argent d’un travailleur dont il ne connaît pas la situation. Cette somme est-elle perçue ? Est-elle réellement versée à l’Etat ? S’interroge Mamoudou Yaméogo. Collecter un impôt implique que la somme collectée profite effectivement à l’intérêt général. "Depuis longtemps, le nombre des établissements publics est resté le même à Ouagadougou. Par contre, beaucoup d’études ont montré la nécessité du droit des enfants, au point de leur créer un parlement.

Alors, il faut que la logique suive. Le droit à l’éducation passe par là aussi. Il faut, ne serait-ce que par l’impôt collecté, construire des établissements, ce serait l’idéal. A la rigueur, il faut soutenir les promoteurs privés afin qu’ils traitent bien non seulement les travailleurs, mais aussi construire des établissements d’enseignement". Foi de Mamoudou Yaméogo.

"Il ne faut pas permettre qu’un privé ferme et ouvre comme il veut" Le système éducatif du Burkina est basé sur le privé qui abat le plus gros travail et paradoxalement, il n’est pas encadré. S’il y a des suggestions à faire pour la vacation en matière d’éducation à Ouagadougou, soutient la directrice du secondaire du Cours privé Marie Curie, Evelyne Darga, c’est que le ministère engage la formation continue des vacataires. Du fait que beaucoup viennent directement de l’université, les appuyer les rendrait beaucoup plus efficaces dans les classes. Les vacataires jouent un rôle important dans le système éducatif.

Ali Diané, quant à lui, suggère une amélioration du taux horaire de la vacation. Une augmentation du taux de rétribution de la vacation est possible quand on observe les effectifs pléthoriques dans les classes. Des effectifs qui permettent de dégager de colossales marges bénéficiaires. Aussi, la conviction de Mamoudou Yaméogo est que "l’enseignant est à la base de l’éducation des enfants de nos jours." Une démission vis-à-vis de l’éducation a conduit les enseignants à s’occuper de tout. Il n’est donc pas aisé de concevoir un enseignant dépité dans une classe. Un enseignant bien traité sur le plan salarial ne peut pas avoir le même engouement qu’un enseignant payé en monnaie de singe.

Améliorer les conditions de travail des enseignants en leur garantissant une meilleure rémunération pourrait être la solution à la crise actuelle. En plus du cours que le vacataire donne, il y a un travail qui est fait à la maison ; ce travail n’est pas pris en compte. "Le gouvernement doit être regardant sur l’ouverture des établissements. Il ne faut pas permettre qu’un privé ferme et ouvre comme il veut et quand il veut", préconise un enseignant. A qui profite la mauvaise gestion de la vacation ? Si la vacation dans son ensemble, est très mal gérée, c’est qu’il y a un gagnant.

Dans un Etat de droit, les infractions sont reconnues et punies conformément à la réglementation. Pour Mamoudou Yaméogo, les gens font ce qu’ils veulent de la vacation et restent impunis. Tout simplement parce qu’ils savent qu’en le faisant, ils ne seront pas punis : "Cela n’est pas normal."


Ce qu’en pensent les élèves...

Ilboudo Mahamadi, Tle D LPZK : "Qu’ils soient vacataires ou permanents, nous voulons des professeurs compétents. Qu’ils puissent tout simplement satisfaire les besoins des élèves. Quel que soit leur statut, pour moi ça ne pose pas de problème. Mais souvent, je vois des vacataires qui ne s’entendent pas avec les intendants. J’imagine que c’est à cause des problèmes d’argent ; je ne vois pas cela avec les permanents."

Madou Sako, Tle D LPZK : "Je n’ai jamais été enseigné par un vacataire, mais je pense que ça dépend des uns et des autres. Il y a des vacataires qui sont très compétents, qui savent bien faire passer leur message, comme il y a en qui ont des difficultés. Peut-être que le problème vient de leur école de formation où certains sortent sans le niveau. Si c’est le cas, il ne faut pas permettre que ceux qui n’ont pas le niveau enseignent. Mais nous, élèves, nous n’avons pas à les blâmer. Il me sera d’ailleurs difficile de choisir entre un vacataire et un permanent."

Aïcha Nikièma, Tle D LPZK : "Je connais des vacataires qui ont le savoir mais ils ont des problèmes pour le faire passer. Ce n’est pas de leur faute."

Mensah Leonnie Affi Tle D LPZK  : "Moi j’ai déjà été enseignée par un vacataire mais ce Monsieur était timide. Je pense qu’il n’avait même pas les compétences. Quand il vient en classe, même pour regarder les élèves c’est tout un problème pour lui. Surtout quand il interroge une fille, il te tend la craie sans même te regarder."

Ahmed Zigani, 1ère A LBO : "Parmi mes professeurs, il y a un vacataire. Il est très compétent. Il a actuellement beaucoup de diplômes et il nous a dit qu’il continue de chercher d’autres diplômes. Il est très bon."

Yvette Sawadogo, Tle G2, L. T. Bethel : "Les vacataires ? Ils sont remarquables par leur jeunesse. L’expérience n’y est pas beaucoup mais il faut savoir qu’il y a des vacataires qui sont très compétents et dispensent leurs cours mieux que des titulaires. Mais vacataires ou permanents, l’essentiel est qu’ils dispensent bien les cours. Les vacataires ont très souvent des problèmes avec les élèves qui trouvent qu’ils expliquent mal." Propos recueillis par AN


Galère de vacataires

Il est reconnu que l’éducation est un secteur important pour la vie d’une Nation qui veut se construire. Pourtant, la vacation semble délaissée et il y règne une anarchie totale. Les établissements s’ouvrent à l’emporte-pièce comme ils se ferment. L’avenir des élèves est ainsi sacrifié sur l’autel du commerce. Le premier problème auquel sont confrontés les vacataires, c’est le traitement salarial dont ils font l’objet : taux horaires fixés sans base, des heures de cours supprimées sans informer les enseignants, des salaires impayés, des ruptures abusives de "contrats"... . Les textes conventionnels régissant les établissements laïcs privés datent des années 80. Dans le public, la traçabilité des professeurs pose problème. On ignore où se trouve exactement un professeur qui, par exemple dispense des cours à Ouagadougou, Kaya et Manga.

Aimé NABALOUM (Stagiaire)

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 17 février 2011 à 10:42, par Nole
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    Selon M. Wilfried Bakouan, ‘’Certains inspecteurs reçoivent des pots-de-vin" pour ne pas dénoncer certaines tares’’. Je suis étonné qu’une telle affirmation vienne d’un enseignant du secondaire.

    M. Bakouan les encadreurs pédagogiques (inspecteurs ou conseillers) de l’enseignement secondaire travaillent conformément aux textes en vigueur. En l’occurrence le DECRET N° 2006-423/PRES/PM/MFPRE/MESSRS/MFB du 11 septembre 2006 portant organisation des emplois spécifiques du Ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.
    Ce texte ne leur donne pas pour mission de contrôler les établissements secondaires. Ce qui est du ressort d’une autre direction

    Le rôle des encadreurs pédagogique est principalement pédagogique d’ailleurs un ministre nous l’a déjà rappelé. M. Bakouan, je crois qu’il est préférable d’éviter les affirmations gratuites

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  • Le 17 février 2011 à 23:53, par Fred depuis Norfolk,VA, USA
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    Bonsoir a tous ! Mr Noel ce que vous dite est egalement gratuite car je ne vois pas en quoi les textes auxquels vous faites reference, nous donnent la preuve qu’il n’ya pas d’abus comme l’affirment certains vacataires(notamment les pots de vin). Les codes administratif, penal, CPF... et meme la constitution de notre pays st la comme des garanties mais il ya tjrs des crimes qui sont commis chaque jour. Donc, cherchons a verifier les faits d’abord avant de traiter quelqu’un d’autre de menteur car vous ne savez pas si ce dernier a vecu un cas concret ? Cherchons des solutions a nos problemes au lieu de tjr fuir en avant pour apres se retrouver devant la dure realite des faits.

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  • Le 18 février 2011 à 01:18
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    Si le pays où la morale agonisait en 93/94 na pas connu de therapie serieuse en son temps, pourquoi voulez vous que le cadre moral ait evolué en 2011. Comment comprendre qu’un monde specifique (vacataires, douanes, securité, enseignants (primaire, secondaires et universitaires, ....)soit epargné des mefaits de la pourriture ou corruption. C’est un probleme national. Comme disait un journaliste : personne n’a un avenir dans un pays qui n’en a pas. (Norbert Zongo).

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  • Le 18 février 2011 à 14:07
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    L’on criera encore que l’on veut montrer aux journalistes leur travail. mais que l’on m’excuse, le journaliste stagiaire a du chemin à faire surtout que ses maîtres ne semblent pas bien vouloir l’encadrer ?
    Le titre est incohérent avec le corps du texte. A la lecture du texte, l’on aurait cru que les enseignants vacataires sont des mafiosi.
    La globalisation des établissements est dangereux et vouloir laisser entendre que les brebis galeuses se retrouvent dans le privé est faux. Nous connaissons des établissements publics dont les cours de vacation doivent être payés par les APE et qui ne sont pas tous payés.
    Les interlocuteurs du journaliste viennent de deux établissements. A Ouagadougou, il y a 328 établissements privés contre une vingtaine dans le public. La porportion des enquêtés ne me semblent pas pertinente.
    Enfin il y a des professeurs qui sont paresseux et qui ne viennent jamais à l’heure et qui terminent avant l’heure. et quand vous avez des vacataires de ce genre, ils sont virés et ensuite, ils crient. J’ai connu des prof de PC et de math, parce qu’ils sont en nombre insuffisant voulaient 45mn ou 1H45 de cours afin de rejoindre un autre établissement ou qui arrivaient toujours avec 15mn de retard parce qu’ils venaient de quitter un autre établissement. Et ces prof ont une double attitude. Ils défendent les élèves qui arrivent en retard parce que eux mêmes se sentent visés quand on parle de retard ou la deuxième attitude il viennent défendre les élèves fautifs chaque fois. Ainsi, ils tentent de soulever les élèves contre l’administration. Et quand ils ne réussissent pas, les voilà grogi ! Les élèves du LPZK sont plus matures. La compétence d’un prof ne dépend pas de son statut. Il y a des vacatires qui sont bons. Tout comme il y a des prof permanents (et aussi des vacataires) qui sont pires.

    Dans tous les milieux, il y a des mauvais. Comme l’on dit la vertu se tient au milieu. Vouloir fustiger les fondateurs privés n’est pas juste et vouloir laisser croire que les vacataires ne sont que des roues de secours n’est pas juste non plus !

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  • Le 18 février 2011 à 15:40
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    "Le métier d’enseignant est noble et exige de la vocation. Comme les autres métiers, pour pouvoir accéder à cette fonction, il faut passer par une école de formation et obtenir un diplôme de qualification. Une autorisation d’enseigner est délivrée par le ministère en charge des Enseignements secondaire et supérieur, selon le niveau du demandeur".

    Voici un moreceau choisi de l’article. Je ne voudrais point faire de la casuisitique. Mais le texte serait plus à même, si le journaliste écrivait : Comme les autres métiers, pour pouvoir accéder à cette fonction, il faudrait (au lieu de il faut) passer par une école de formation et obtenir un diplôme de qualification. "Or actuellement, seulement" une autorisation d’enseigner est délivrée par le ministère en charge des Enseignements secondaire et supérieur, selon le niveau du demandeur.

    Le texte en ce momement nous montrerait la faille du système s’il pense que les vacataires ne sont pas assez outillés pour enseigner. Car il est vrai, l’Etat recrute ses enseignants et les envoie à l’ENSK pour une formation, sauf bien sûr les nouveaux 600 maitres envoyés dans les collèges, mais à leur décharge, il ont déjà enseigné. Or ici, dans le privé, il y a des enseignants vacataires de DEUG II qui enseignent pour arrondir les angles de leurs études. Et que dire des élèves de Seconde, Première Terminale qui encadrent les élèves à la maison ? Si vous vous intéressez à l’enseignement vous entendrez dire qu’il y a des jeunes prof (surtout les jeunes, qui ne savent que faire pour obtenir le silence dans une classe). Confère ce que l’élève du LPZK a dit à propos du prof timide. Comme un proverbe dit, "quand votre maison brûle, l’on choisit pas son eau pour éteindre l’incendie" ! (sauf que si c’est l’eau du WC, vous avez de grande chance de ne pas puvoir habiter votre maison après l’incendie). Mais cela dit c’est le manque de prof qui fait que les établissements caracolent par ci par là. Vous savez, le monde de l’enseignement est bizarre. Les prof sont des gens qui pensent qu’ils connaissent tout et peuvent tout justifier ! Quand ils sont mauvais, ils pensent que ce sont les élèves. Vous avez aujourd’hui des prof qui ont une maitrise mais qui écrivent avec de très grosses fautes au tableau, qui font de grosses fautes de grammaire. Mais il y a des bons élèves capables de relever ces fautes ! Et voilà problème ! La maladie inguérissable de tous les profs, c’est la suffisance, surtout pour les vacataires qui commencent, car ils veulent suppléer cette carence par la force ! Quand vous êtes bon, il n’y aucune raison que vos élèves ne vous écoutent pas ! Ils diront toujours, ce prof là, il est méchant, mais il est bon (dans sa matière s’entent). Mais vous pouvez être gateau avec eux, ils diront toujours, il est carent !

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  • Le 19 février 2011 à 16:15, par naoubas
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    Vous savez, je pense qu’il ne faut pas accuser à tord ( ou à raison) les vacataires. Moi, jai été vacataire avant d’etre là ou je suis. Ce que je sais, tous les vacataires ne sont pas carents !
    Il sont meme souvent regrettés à leurs départs.
    Thanks,

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  • Le 21 février 2011 à 22:31, par Doogy1st
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    Felicitations au rédacteur de l’article. Un sujet intéressant, important et d’actualité. il fallait en parler ; Bravo !

    Répondre à ce message

  • Le 21 mars 2016 à 15:57, par sandargou biboabiyale
    En réponse à : ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A OUAGADOUGOU : "La vacation est un monde de mafia"

    bonjour Monsieur ;je suis un diplômé sans emploi au Togo ;je suis dans le volontariat depuis six ans et maintenant j’aimerais servir dans une école privée a Ouagadougou .
    j’ai fait la licence en histoire contemporaine à l’université de Lomé. je suis disponible et apte à m’engager dans un établissement burkinabè.
    je réponds au 00228 99 86 52 43
    merci à vous tous qui souhaitez m’aider.

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