LUTTE CONTRE LA PRATIQUE DE L’EXCISION : Pour une chaîne de protection des filles

mardi 8 février 2011 à 00h34min

En prélude à la commémoration de la Journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines le 6 février, le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) a organisé une rencontre d’échange avec la presse nationale autour des vingts ans de lutte. C’était le 5 février 2011 à l’hôtel Splendid.

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"Pour arriver à la fin de cette pratique de l’excision, il faut qu’à tous les niveaux, nous puissions oeuvrer main dans la main. Et nous fondons beaucoup d’espoir sur la presse, parce que c’est vous qui allez nous aider à faire évoluer les mentalités et à faire changer les comportements. Aussi faut-il que cette presse comprenne quel est l’enjeu de ce problème et quels sont les problèmes que la pratique de l’excision peut créer aux petites filles, aux jeunes filles et aux femmes".

C’est en ces termes que Marie Rose Sawadogo, secrétaire permanente, a justifié l’importance de cette rencontre d’échanges avec la presse. Elle a, à travers un exposé, fait l’état des lieux des mutilations génitales féminines dans le monde et au Burkina Faso. Après 20 ans de lutte contre ce fléau qui mine la gent féminine, des acquis ont été engrangés mais beaucoup reste encore à faire, dira la secrétaire permanente. Si au début il était pratiquement impossible de parler de la pratique de l’excision, "de nos jours, la plus grande victoire est qu’on peut parler librement de cette pratique", a-t-elle souligné avant de relever que de plus en plus, les populations comprennent la nocivité de cette pratique et oeuvrent à ce qu’elle recule. "Nous avons également, dira-t-elle, l’engagement de tout un chacun et des différents leaders politiques, administratifs, coutumiers, religieux et associatifs".

L’engagement des gouvernants

"J’invite les populations du Burkina Faso à opérer de véritables changements de mentalité et à se libérer des pesanteurs et des traditions avilissantes pour la femme. Les mutilations génitales féminines compromettent l’avenir de la femme. Loin d’être un rejet de nos us et coutumes, la lutte contre les mutilations génitales féminines traduit la volonté de l’Etat à assurer le développement intégral d’une composante de notre nation". C’était la déclaration du chef de l’Etat à Kaya le 25 mai 2009 à l’occasion de la Journée nationale "tolérance zéro" à la Mutilation génitale féminine (MGF).

Pour Pascaline Tamini, ministre de l’Action sociale et de la solidarité nationale, cette déclaration "historique" du chef de l’Etat burkinabè est une volonté politique manifeste et un engagement du gouvernement à bouter cette pratique hors de notre pays. "A travers cette déclaration du chef de l’Etat, le Burkina Faso est cité dans tous les pays comme un pays engagé", a-t-elle relevé.

Dans son exposé, la secrétaire permanente a relevé qu’au Burkina, l’excision fonctionne comme une norme sociale intériorisée, suivie de la peur de la marginalisation. Une enquête de 2006 indique qu’une femme sur deux est excisée. Il faut prendre les taureaux par les cornes. C’est ainsi que parmi les axes stratégiques du plan d’action national 2009-2013, il est prévu, entre autres, l’intégration de modules MGF dans les programmes d’enseignements primaire et secondaire et des écoles professionnelles, les patrouilles de gendarmerie et le téléphone vert (80 00 11 12), et la réparation des séquelles de l’excision.

"C’est pourquoi, dira Priscille Zongo, épouse du Premier ministre Tertius Zongo, représentante de madame Chantal Compaoré, épouse du président du Faso, présidente d’honneur du CNLPE : nous devons redoubler d’effort et de vigilance pour consolider les acquis à tous les niveaux". Elle a, au nom de la première dame, lancé un appel aux organisations de la société civile à l’organisation d’une action collective vigilante et systématique à même de constituer une véritable chaîne de protection des filles contre les MGF et d’engager les autorités judiciaires à tous les niveaux pour une application effective des textes contre les MGF au Burkina Faso. C’est sur le souhait de voir une nouvelle résolution sur cette pratique au niveau des Nations unies que cette rencontre d’échanges a pris fin.

L’engagement des gouvernants, selon Marie Rose Sawadogo, SP/CNLPE

"L’an dernier, le gouvernement a fait un effort puisqu’il nous a donné 50 millions de F CFA en plus. Mais lorsque nous avons divisé ces 50 millions de F CFA par le nombre de comités régionaux, provinciaux et communaux, aucune structure ne pouvait avoir plus de 50 000 F CFA. Avec 50 000 F CFA, excusez-moi, qu’est-ce que vous voulez que les gens fassent ? Nous souhaiterions qu’un effort supplémentaire soit fait afin de pouvoir nous accompagner. Et les partenaires ne mettront effectivement des financements supplémentaires que quand ils constateront que la Burkina en a fait un problème primordial et qu’en fonction de cela, le gouvernement a prévu les financements nécessaires en vue de l’élimination de la pratique de l’excision".

Hamadi BARO (Collaborateur)

Le Pays

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