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Recensement 2006 de la population : Une croissance démographique qui inquiète

Accueil > Actualités > Société • • mardi 18 novembre 2008 à 01h26min

Les résultats définitifs du 4e Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de décembre 2006, ont été rendus publics, ce vendredi 14 novembre 2008 à Ouagadougou par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD). A cette date (décembre 2006), le Burkina Faso comptait 14 017 262 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 3,1%.

Après 1975, 1985 et 1996, le Burkina Faso a procédé, du 9 au 23 décembre 2006, sur toute l’étendue du territoire national, à son quatrième recensement général de son histoire. L’opération ayant mobilisé près de 20 000 personnes a coûté la bagatelle de huit milliards six cent millions de F CFA (8 600 000 000).

Les résultats définitifs du recensement livrés au public, ce 14 novembre 2008, par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), indiquant qu’à la date du dénombrement (décembre 2006), la population du Burkina Faso était de 14 017 262 habitants. Elle est composée de 48,3% d’hommes et 51,7% de femmes, soit un rapport de 93 hommes pour 100 femmes. Le taux d’accroissement annuel moyen est de 3,1% contre 2,4% en 1996. Les résultats montrent aussi que la population burkinabè est jeune car, 50% des habitants ont moins de 16 ans, et les personnes âgées de moins de 20 ans représentent 57% de la population.

Il apparaît que le milieu rural demeure le lieu de résidence privilégié de la plupart des Burkinabè, puisque 77% y vivent. La densité de la population, qui était de 20,8 habitants au km2 en 1975, est passée à 51, 8 en 2006 avec 615 habitants au km2 dans la région du Centre, Ouagadougou. Pour ce qui est du taux de mortalité général, il est de 11,8% contre 14,8% en 1996. Le taux brute de natalité, lui, est de 46% (46 pour 1000), ce qui veut dire que durant sa vie féconde, une femme burkinabè met au monde en moyenne 6,2 enfants.
Les résultats définitifs indiquent qu’en 2006, la scolarisation et le niveau d’instruction restent toujours bas au Burkina Faso. 48,4% des enfants de 6 à 12 ans étaient scolarisés (au primaire) à cette date. Au secondaire, seulement 15,8% des 13 à 19 ans étaient scolarisés. Le supérieur ne referme que 2% des personnes de 20 à 29 ans.
Le chômage touche environ 2,3% de la population.

Au cours de la cérémonie de restitution des résultats définitifs, le ministre délégué chargé du Budget, Marie Thérèse Drabo, représentant le ministre de l’Economie et des Finances, s’est réjoui du fait, qu’en dépit des contraintes, le Burkina ait gagné le pari d’organiser un recensement de la population tous les dix ans, comme le recommandent les Nations unies. Cette opération coûteuse, a pour objectif en outre, selon elle, de contribuer à une meilleure connaissance des caractéristiques démographiques, socioéconomoiques et culturelles de la population et de contribuer à la connaissance de l’évolution future de la population.
Le ministre délégué chargé du Budget a déclaré que "le gouvernement attendait ces données pour actualiser et améliorer les indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et les Objectifs du millénaire pour le développement".

Elle a ensuite, invité tous les partenaires et les acteurs de développement du Burkina à utiliser pleinement ces informations du recensement, pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation de leurs programmes et projets de développement. Présents à la présentation des résultats, ils ont félicité le Burkina Faso, qui est l’un des rares pays africain à avoir réalisé quatre recensements consécutifs de sa population. Ils ont proposé, pour limiter les coûts des recensements à venir, d’utiliser au fur et à mesure les statistiques administratives. L’on pourra compléter les autres données par des enquêtes ponctuelles. Ils ont en outre, reconnu, au vu des résultats, des avancées indéniables du pays notamment, la diminution de la mortalité infantile et générale et le relèvement du taux de scolarisation, même si, selon eux, tout cela est en-deçà des attentes.

Mais c’est le rythme de la croissance démographique qui a inquiété les partenaires et les acteurs de développement au Burkina. L’accroissement annuel moyen était de 3,1% en 2006 et selon les prévisions il atteindra le double d’ici à l’horizon 2030. Pour Galina Sotirova, la représentante-résidente de la Banque mondiale, "cette forte croissance économique est un couteau à double tranchant. 47% de Burkinabè vivent avec moins de 250 F CFA/jour. Cette croissance va représenter un fardeau car elle va exercer une pression sur les maigres ressources économiques et naturelles du pays". Embouchant la même trompette, le chef de délégation de la Commission européenne, Amos Tincani, a estimé qu’une démographie galopante est "une bombe à retardement" pour un pays comme le Burkina. Pour lui, vu les résultats, 1 700 bébés naissent chaque jour, ce qui veut dire qu’il faudra prévoir pour eux dans cinq ans, des tables- bancs et plus tard, leur offrir des opportunités de travail.

"Les problèmes démographiques ne se manifestent pas tout de suite, mais après 10, 20, 30 ans", a conclu Amos Tincani. Avec ses pairs partenaires du Burkina, il a souhaité que le pays adopte une nouvelle politique démographique afin de ne pas réduire à néant les efforts et les nouvelles stratégies de développement.
Les résultats définitifs du recensement de décembre 2006 sont disponibles sous forme de dépliants, de tableaux statistiques et sur le site web de l’INSD. En outre, 16 rapports d’analyses thématiques couvrant divers domaines de la vie économique et sociale sont en cours de rédaction et seront disponibles dès le premier trimestre de 2009. Il est aussi envisagé d’élaborer 13 monographies régionales et deux dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Sié Simplice HIEN

Sidwaya

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