Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Qui n’a pas envie de donner, donne de la main gauche» Proverbe burkinabè

FESPACO 2021/Insécurité : Semfilms présente « Massoud ! »

Accueil > Actualités > Culture • Lefaso.net • vendredi 8 octobre 2021 à 21h00min
FESPACO 2021/Insécurité : Semfilms présente « Massoud ! »

En marge de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), Semfilms Productions a présenté l’avant-première de « Massoud ! », un long métrage en compétition officielle, ce vendredi 8 octobre 2021. Cette fiction de 1h 40 minutes traite, entre autres, de l’insécurité, de l’extrémisme violent et de la cohésion sociale.

L’histoire du commandant afghan Massoud a inspiré un film au Burkina Faso. « Massoud ! », c’est le titre d’un long métrage de 1h40 minutes tourné pendant sept semaines dans sept localités du pays des hommes intègres. Le réalisateur, Emmanuel Rotoubam Mbaïdé, y pose une série de questions sur l’extrémisme religieux et expose son point de vue.

Emmanuel Rotoubam Mbaïdé a écrit et réalisé « Massoud ! »

Comment la religion peut-elle justifier la violence ? Ce combat est-il vraiment religieux ? Qui soutient ce combat ? L’auteur et réalisateur dit ce qu’il en pense : « Il n’y a aucune justification crédible à cette déviance. Il s’agit simplement d’un endoctrinement qui prend sa source dans la misère et l’inculture ».

« Massoud », est un jeune étudiant, fils de Barkaye, un imam tolérant et respecté d’une petite communauté villageoise. Massoud va basculer dans l’extrémisme lorsque son ami Noufou, un sourd muet, est tué par des forces de sécurité. Pour sa consécration, son gourou lui demande d’abattre son propre père. Un exercice difficile pour Massoud, malgré sa radicalisation. Le temps passe, il n’accomplit pas sa mission. Une autre personne est envoyée pour l’exécution. Massoud, par instinct familial, finira par tuer son frère d’arme pour sauver son géniteur. Par sa collaboration, le réseau terroriste est démantelé.

Massoud (à gauche) et le chef terroriste dans leur camp après son endoctrinement.

« Il ne faut pas prendre Dieu en couverture, en faisant le mal »

Pour l’acteur principal qui campe le rôle de Massoud, Souhoudoun Barry (nom à l’état civil), c’est sa première fois de jouer un tel rôle et il ne cache pas ses sentiments. « Pour la première fois, il faut comprendre que ce n’est pas du tout aisé. J’ai déjà joué dans des films mais c’étaient des rôles secondaires. Ici, je porte tout le film sur moi, donc j’ai eu beaucoup de difficultés. Il fallait faire un don spécial de soi. Mais après tout, ce n’est qu’un jeu ».

Ibrahim Traoré a joué le rôle du chef terroriste. Dans le village, c’est un musulman généreux. « Il faut incarner le mauvais rôle pour que les gens sachent que ce n’est pas bien », justifie l’acteur. Par la même occasion, il conseille : « Il ne faut pas prendre Dieu en couverture pour faire le mal ».

« Massoud ! » plonge les cinéphiles dans l’univers du terrorisme.

Le cercle restreint qui a pu suivre cette avant-première n’a pas manqué d’apprécier le film. Tous le jugent d’actualité. Pour Djamila Barry, une cinéphile, en plus de la thématique du film, l’image et le son sont de bonne qualité.

Selon le délégué de production, Gédéon Vink, ce film est un projet qui a duré trois ans. Il devait être tourné dans la région de l’Est, au départ, mais la région du Sahel (précisément la ville de Dori) a été la deuxième option. Finalement, c’est à Wahabou, une commune de la province des Balé (région de la Boucle du Mouhoun), que le film a été tourné en grande partie. Pour une avant-première, Gédéon Vink a estimé qu’il était nécessaire de la partager « en famille », avec notamment l’équipe de tournage, des amis et des journalistes.

Un aperçu des invités à l’avant-première.

Pour Emmanuel Rotoubam Mbaïdé, le propos de ce film qui est de mettre en conflit Massoud et son propre père au nom d’une doctrine meurtrière est un moyen pour lui de ramener le commun des mortels à la cellule familiale, car dit-il « malgré nos différences, nous sommes une seule famille condamnée à vivre sur terre ».

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 9 octobre à 08:27, par Bigbale En réponse à : FESPACO 2021/Insécurité : Semfilms présente « Massoud ! »

    Bravo aux Burkinabè ! Aborder cette question sous forme de film est déjà une victoire sur le terrorisme et l’islam politisé ! Quoi qu’on fasse, la vérité sera toujours dite ! Ceux qui veulent vivre de l’obscurantisme peuvent toujours rêver, la Charia ne sera jamais appliquée dans le monde entier. Qu’ils arrêtent de mentir sur Dieu pour couvrir leurs forfaits !

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Donsharp De Batoro, Kundé d’or 2021 : « Ce trophée vient récompenser toute la filière art oratoire »
Théâtre : le spectacle jeune « Beoogneere, l’espoir de la savane », présenté en avant-première
Burkina Faso : L’institut Goethe ouvre le bal de la 7e édition du festival de films scientifiques
Ciné Droit Libre 2021 : Alpha Blondy et Youssoupha, parrains de la 16e édition
Kundé 2021 : La 20e édition se tiendra sur fond de résistance et de résilience du peuple burkinabè
Burkina : Le musée de la musique rend hommage au maître incontesté du tianhoun, Bakary Dembélé
Festival international Barka naaba Wende : Le calendrier de la 2e édition dévoilé
Cinéma : Luc Saint-Eloy de la Guadeloupe décroche le Sotigui d’or 2021
FESPACO : La réalisatrice nigérienne Aïcha Macky, lauréate du Prix Femme Ambassadrice de Paix
Yilsomyan award 2021 : L’artiste musicienne évangélique Rose Bationo sacrée lauréate
Trafic illicite des biens culturels : La ministre de la culture Elyse Ilboudo \Thiombiano, pour une synergie d’actions contre le fléau
Festival culture, rythmes et ambiance de Nandiala : La première édition se tiendra du 17 au 19 décembre 2021
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés