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Religion : Alfred Di Ban Ki-Zerbo, l’esclave sauvé par la Vierge Marie

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • mardi 2 mars 2021 à 23h00min
Religion : Alfred Di Ban Ki-Zerbo, l’esclave sauvé par la Vierge Marie

Difficile de parler des grands hommes de Toma sans évoquer le nom d’Alfred Di Ban Ki-Zerbo. L’homme est né en 1875 à Da, un village situé à 30 kilomètres de la capitale provinciale du Nayala. Sa jeunesse n’a pas été un long fleuve tranquille. Il sera enlevé, puis vendu comme esclave au Mali voisin. C’est dans ce pays qu’il fera la rencontre de la Vierge Marie. Au Burkina, il sera le premier chrétien et premier catéchiste du pays. Il est le père de l’éminent professeur d’histoire Joseph Ki-Zerbo.

Di Ban Ki-Zerbo était un vrai Samo, selon Jean-Baptiste Ki-Zerbo son dernier fils toujours vivant rencontré au domicile familial. Il raconte qu’il est né dans un village appelé Da, à 30 km de Toma. Ses parents étaient de vrais Samo qui ne faisaient que des sacrifices. L’octogénaire explique qu’ils n’étaient pas des chrétiens. A ce moment-là, il n’y avait pas la religion chrétienne ni aucune autre religion. Dans sa jeunesse, Di Ban Ki-Zerbo sera enlevé et vendu comme esclave au Mali. Un jour, il fugue et se retrouve en brousse. C’est là que lui est apparu la Vierge Marie. Dans son errance, il sera conduit chez les Pères blancs. A l’intérieur de l’église, il découvre l’image d’une femme. C’est la même qu’il avait vue en brousse.

C’est le début de sa conversion à la foi chrétienne catholique et apostolique. Au Burkina, il sera le premier chrétien et le premier catéchiste du pays. Parlant de lui, Mgr Prosper Bonaventure Ky, évêque de Dédougou, indique que sa vie a été vraiment très exemplaire. Il explique que selon les dires des Pères blancs, l’homme a prôné la foi chrétienne à Réo et au Ghana, avant de revenir bâtir l’église à Toma. Selon le prélat, aux temps des guerres contre les missionnaires, il s’est montré très actif et a vraiment défendu la mission.

En 1975, le viel homme s’est rendu en pèlerinage à Rome avec le cardinal Paul Zoungrana, et en compagnie de son fils Joseph Ki-Zerbo. Il est présenté au Pape Paul VI qui, par respect, lui cède sa place sur le trône pontifical. C’est inédit dans l’Eglise catholique. Il meurt en prière en mai 1980, au moment où le pape Jean-Paul II, en visite au Burkina, donne la bénédiction finale de la messe qu’il avait célébrée.

De lui, l’évêque retient : « Il tenait à sa foi et on le reconnaît comme un homme de réconciliation, un homme de prière, un homme de parole. Compte tenu de toutes ses vertus, l’Eglise du Burkina a demandé qu’il soit reconnu et mis sur les autels. Ceci pour qu’il puisse être un modèle pour les chrétiens du monde entier ».

Aujourd’hui, l’Eglise catholique au Burkina est sur les traces de la béatification du premier chrétien burkinabè. « Sa cause est en béatification, une première documentation a été donnée. Il a été reconnu comme serviteur de Dieu », a révélé l’évêque de Dédougou.

Alfred Diban Ki-Zerbo repose dans sa cour familiale à Toma. C’est un lieu incontournable désormais pour tout chrétien de passage dans la ville. Pour un jeune bobolais rencontré sur place, c’est un lieu très symbolique, en particulier pour le mouvement Sacerdoce marial. « A chaque fois que nous venons dans nos cénacles, dans le programme d’activités, il y a une procession au cours de laquelle nous venons visiter le tout premier chrétien du Burkina Faso », a-t-il ajouté.

Son fils Jean Baptiste retient de lui un homme de foi. Aujourd’hui, pour l’évêque de Dédougou, il faut œuvrer à sa canonisation pour que, plus tard, « on reconnaisse qu’il y a eu un saint africain, particulièrement un Burkinabè, parce qu’il a beaucoup fait pour la cause de l’Eglise catholique ». A l’étape actuelle, « il reste à compléter cette documentation afin qu’un jour, on puisse définitivement le béatifier. C’est une cause à laquelle on doit s’engager, les responsables de l’église et ensuite les autorités, pour sa canonisation », a conclu l’évêque.

Dimitri OUEDRAOGO
Auguste PARE (Vidéo)

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