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Koudougou : Les classes sont toujours fermées

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • mercredi 9 mars 2011 à 00h52min

La reprise des cours, annoncée par le gouvernement pour lundi passé, n’a pas eu lieu à Koudougou. Hier, les élèves et les étudiants étaient à nouveau dans les rues, à l’appel de la session provinciale de la coordination des élèves et étudiants burkinabè. Objectifs, exiger la vérité et la justice pour Justin Zongo ainsi que pour les autres manifestants tués lors des marches des 22, 23 et 24 février 2011.

La mobilisation pour réclamer la lumière sur la mort de Justin L. Zongo et les autres ne faiblit pas à Koudougou. Avant-hier lundi, ils étaient des milliers à arpenter les rues pour rejoindre le point de ralliement à savoir le haut commissariat du Boulkiemdé où ils ont tenu un sit-in jusqu’à 12 heures. Une marée humaine qui reprenait en chœur des slogans hostiles à la 4e République et à ses dignitaires. La déclaration lue devant les manifestants a été remise au secrétaire général de la province du Boukilemdé, Justin Omar Balima.

Une déclaration toute aussi virulente que l’attitude des manifestants et des organisateurs. La coordination s’est dit indignée par l’attitude des autorités beaucoup plus préoccupées à calmer la grogne sociale et à ranger leurs justes revendications dans les placards. Pour les manifestants, les relèvements du gouverneur et du DR de la police du Centre-Ouest ne suffisent pas.

Citant des noms, les manifestants estiment que dans ce pays, on a toujours récompensé et promu ceux qui tuent ou qui font des exactions, des indélicatesses et des détournements. Pour les élèves et les étudiants, si les autorités comptent sur le temps et le découragement pour venir à bout de leur détermination, elles se trompent et s’éloignent davantage des frontières de la réconciliation sociale.

Ils dénoncent ce qu’ils ont qualifié de manœuvres politiciennes d’intimidation et de tracasserie subies par les familles déjà endeuillées. A ce sujet, la coordination exige un peu de décence à l’égard des familles éplorées et un minimum de respect pour la mémoire de leurs camarades tombés sur le champ de la bataille contre l’arbitraire et l’impunité.

“Vous annoncez que les présumés coupables sont aux arrêts sans lever l’équivoque sur la mort de Justin Zongo et sans dire qui sont ces présumés coupables”, ont-ils fait remarquer, soutenant que ces crimes seront les derniers du régime Compaoré.

Le président de la coordination, Francis Nikièma, a affirmé que si l’esprit pacifique dont font montre la jeunesse ne s’avérait pas payant, il n’est pas exclu que le mouvement envisage d’autres luttes. “Jusque- là, cette jeunesse a fait preuve de maturité et d’esprit citoyen. Malgré la répression du mardi 22 février, qui a duré jusqu’à 19h, aucune casse n’a été commise”, précise Francis Nikièma.

La coordination s’est dit prête à reprendre rapidement les cours, mais cela est fonction de la satisfaction de leurs revendications. En attendant, une grève de 96 heures a été décrétée et ce, à partir du lundi 07 mars. Ce lundi donc, jour censé connaître la réouverture des classes, à Koudougou, les établissements secondaires et les amphis sont restés fermés.

Cela risque de durer toute cette semaine au regard de la grève décrétée. Ce même lundi, on nous a signalé des troubles à Dori, Korsimoro, Kaya, Bousma, Tita et Koupéla, avec, dans certaines de ces localités, des incendies de commissariats de police. Comme on le voit, les craintes que nous avions émises sur les risques de propagation de ce mouvement sont bien réelles et les plus hautes autorités ont vraiment intérêt à s’investir pour arrêter l’hémorragie.

Avec d’autres journalistes nous sommes allés à la rencontre de Nagoukonba Zongo, chef de Ralo et père de Justin L. Zongo. Nous y reviendrons dans une nos prochaines éditions.

Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga

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