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MANIFESTATIONS DES ELEVES : Le père de Justin Zongo appelle au calme

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • lundi 28 février 2011 à 01h57min

La mort de l’élève Justin Zongo de l’établissement Guesta-Kaboré le 20 février 2011 a provoqué des manifestations à Koudougou qui ont gagné d’autres localités du pays. Le vendredi 25 février 2011, nous avons rencontré le père de l’élève défunt. Bien que choqué par la disparition de son fils, il appelle tout de même au calme afin de ne pas endeuiller davantage d’autres familles.

Dès notre arrivée à Poa, nous avons été reçus par le premier responsable de cette commune, Jean Zongo, maire et oncle du défunt Justin Zongo. Un entretien avec lui nous a permis d’avoir plus d’informations sur les manifestations du 24 février dans sa commune. A Koudougou tout comme à Poa, il y a eu des pertes en vies humaines. Ces affrontements ont causé la mort de 2 personnes dont un enfant de l’école primaire et un policier. Le chef de Poa et le "lion" du Boulkiemdé, Boukary Kaboré, ont tenté la médiation afin que les policiers pourchassés ne soient pas lynchés.

Mais ce fut peine perdue. Dans le sauve-qui-peut, un policier s’était refugié dans la maison d’un infirmier qu’il a trouvé ouverte. Les manifestants ont défoncé les ouvertures de la maison et menacé de mettre le feu alors que le policier s’était enfermé avec un enfant de l’infirmier qui s’y trouvait. Se sentant en danger, il s’évade par l’une des ouvertures après avoir propulsé l’enfant dehors. De nouveau pourchassé par les manifestants, un boutiquier l’intercepte et il ouvre le feu sur ce dernier.

Une autre personne l’intercepte, permettant à ses poursuivants de le rattraper et le bastonner à mort. Selon des témoignages recueillis sur place, le défunt policier était à 2 ans de la retraite. Au regard de son âge, il n’a pu fuir comme les jeunes. D’ailleurs, en courant, il disait selon les témoins : "Sauvez-moi, je n’ai rien fait". Mais les manifestants tenaient à appliquer la loi du talion. Un des leurs a été tué par un policier et un policier doit impérativement mourir. Le maire de Poa a regretté au nom de la famille Zongo, les faits et appelé toute la population au calme et à la maîtrise de soi.

Nagounkoaba Zongo, père de Justin Zongo, que nous avons rencontré est choqué et attristé par la mort de son fils. Toutefois, il demande à la population de se ressaisir. "Mon fils est mort et je ne voudrais plus que des familles continuent d’être endeuillées. J’ai été informé que les manifestations ont eu lieu à Ouagadougou et à Ouahigouya, mais je vous demande de vous calmer. J’ai un petit frère dont les fils sont policiers, ils peuvent eux aussi faire face à de telles situations. J’ai même dit au maire d’informer la population de Koudougou d’accepter le pardon.

Je reconnais avec vous que ce sont les coups reçus à la police qui ont causé la mort de mon fils Justin. Sinon il n’était pas maladif. La dernière fois que j’ai vu Justin c’était au "doa" de mon grand frère et je ne l’ai plus revu si ce n’est son corps qui m’est revenu le jour de sa mort. Je suis profondément touché mais je demande au peuple burkinabè d’accepter pardonner. Je demande au gouvernement de prendre les précautions et dispositions nécessaires afin que de tels agissements ne surviennent plus dans le pays. J’ai même appris que le Lallé Naaba se déplacerait à Ralo pour me voir. Non, je refuse cela, car depuis le temps de nos parents, quand il y a un différend et que le chef envoie une délégation parler en son nom, l’ordre et le calme reviennent.

Le comité d’initiative mis en place pour la circonstance est déjà passé me réconforter et me témoigner de son affection (l’évêque, le pasteur et le président du mouvement sunnite). Cela est déjà important et suffisant. Je ne reverrai plus mon fils Justin certes, cela me fait mal, mais je vous demande de vous calmer et éviter de gâter et d’endeuiller des familles. Je vous demande donc de vous pardonner les uns les autres", a laissé entendre le père meurtri. A Koudougou, Assad Ouédraogo, élève en classe de 3e au lycée municipal de Koudougou, qui a trouvé la mort le 23 février à l’issue des affrontements, a été inhumé le 25 courant dans la soirée après une autopsie faite à Ouagadougou. Les élèves et étudiants se sont encore fortement mobilisés pour accueillir la dépouille mortelle de leur camarade et pour son inhumation au cimetière municipal de Koudougou.

Placide ZOUNGRANA

Le Pays

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