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Archives d’Afrique et Appels sur l’actualité de RFI : La période révolutionnaire et la révision de l’article 37 au centre des débats

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso • • mercredi 8 décembre 2010 à 01h55min

La place Tiéfo Amoro de Bobo-Dioulasso était bondée de monde venu être témoin oculaire et auditif de l’émission, " Archives d’Afrique " d’Alain Foca et " Appels sur l’actualité " de Juan Gomez de Radio France Internationale (RFI) ce lundi 6 décembre 2010. Deux heures de révélations, d’enseignements, d’apprentissage (...) ; ce n’était pas du temps perdu.

Domba Jean Marc Palm, membre du Bureau politique national du CDP, du Conseil national de la révolution et ancien ministre des Affaires étrangères ; Alidou Ouédraogo, président d’honneur du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples ; Ernest Nongma Ouédraogo, ancien député et actuel maire de Téma-Bokin dans le village de Thomas Sankara et Boukary Kaboré dit le Lion étaient les invités de l’émission, " Archives d’Afrique " d’Alain Foca de Radio France Internationale (RFI). Si Domba Jean Marc Palm et Boukary Kaboré défendaient les causes de la révolution, ce n’était pas le cas de Alidou Ouédraogo. " Sankara était sincère, mais il n’avait pas une expérience dans la gestion du pouvoir ", explique-t-il. Aussi poursuit-il, "une révolution ne s’attaque pas au peuple. Or c’était le cas sous le régime Sankara. Néanmoins, on ne peut pas l’incriminer parce qu’il n’était pas seul". En réponse à cette déclaration de Alidou Ouédraogo, Ernest Nongma Ouédraogo dira que "Sankara avait de l’expérience en ce sens qu’il a été ministre de l’Information et ensuite Premier ministre. Il a également suivi une formation politique."

Mais qu’est-ce que la révolution a apporté ?, a demandé Alain Foca à ses quatre invités. Pour Ernest Nongma Ouédraogo, cette période a permis de faire évoluer les mentalités et la recherche permanente de la justice sociale. Seul avis des pros-Sankaristes qui sera d’ailleurs partagé par Alidou Ouédraogo qui avoue que la révolution a permis de donner une identité aux Burkinabé. Pour Boukary Kaboré dit "le Lion" et Domba Jean Marc Palm, il n’y a pas un aspect négatif de la révolution. Elle est un processus continu jusqu’à nos jours. " Les différents partenariats avec les institutions internationales, l’adoption du programme d’ajustement structurel, (...) ; sont des sceaux de la révolution ", soutiennent les deux amis du jour. La deuxième question qui était de savoir si nous sommes toujours dans la révolution et de ce qu’il en reste, connaîtra de nombreuses réponses. En effet, selon Domba Jean Marc Palm, la transition a été faite à partir du 15 octobre 1987 avec l’assassinat de Thomas Sankara, c’est-à-dire avec l’avènement de la quatrième République.

Pour Boukary Kaboré dit "le Lion", ce qui reste de la révolution, c’est tout simplement l’immobilier. " Tout a été tué et il reste seulement le chemin de fer, les cités et quelques survivants comme moi. Cet immobilier demeure toujours parce qu’ils ne peuvent pas l’enlever sinon, ils allaient le faire ", soutient-il. Quant à Alidou Ouédraogo, l’oeuvre de la révolution ne s’arrête pas uniquement à la construction. Il faut encore des acquis. Il dira ensuite que sous la révolution, il n’y avait pas de liberté d’expression et que même, cela est toujours valable de nos jours. " On rentrait jusque dans les bureaux des juges pour les arrêter ", révèle-t-il. 200 personnes ont été tuées sous ce régime et la liste a même été publiée dans le Journal officiel, et inscrites dans les archives au Collège des sages à Ouagadougou.

Domba Jean Marc Palm en tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères de la révolution ne se souvient pas des 200 personnes tuées comme souligné par Alidou Ouédraogo. Les débats ont été houleux et cette confrontation d’idées pendant 40 minutes d’horloge a véritablement été un cours d’histoire pour les uns et les autres.

Faut-il limiter les mandats présidentiels ?

C’est la question qui était au coeur des débats de l’émission "Appels sur l’actualité" animée par Juan Gomez. Il avait pour invités Augustin Loada, co-initiateur de la pétition contre la révision de l’article 37 et Moïse Nignan Traoré, membre du Bureau politique national du CDP. Evidemment la position du CDP et ses partisans n’est pas un secret. Il entend modifier la Constitution en se référant à l’article 165 qui selon eux, l’autorise en vue de renforcer la démocratie.

Cela est d’ailleurs possible parce que, explique Moïse Nignan Traoré, la France a fait 108 ans de non-limitation de mandat. Augustin Loada, pense tout contrairement aux raisons avancées par le CDP qu’ "il faut mettre fin à l’éternité des chefs d’Etat au pouvoir ", tout simplement. Aussi, il ressort des débats, qu’il n’y a aucun dossier pendant aux Nations unies concernant le Burkina Faso, même celui de Norbert Zongo.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

Vos commentaires

  • Le 8 décembre 2010 à 08:53, par daniel En réponse à : Archives d’Afrique et Appels sur l’actualité de RFI : La période révolutionnaire et la révision de l’article 37 au centre des débats

    "La France a fait 108 ans de non limitation de mandat" Je trouve que les Africains sont Schizophrènes : tantôt ils évoquent des arguments de mondialisation quand ça les arrange et tantôt ils évoquent leur identité quand ça les arrange. Aucun de leurs chefs d’Etat ne se déplace en peugeot 403 ou en avion caravelle que je sache, puisqu’ils sont contre le progrès !

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  • Le 8 décembre 2010 à 10:21, par Téo En réponse à : Archives d’Afrique et Appels sur l’actualité de RFI : La période révolutionnaire et la révision de l’article 37 au centre des débats

    Je trouve que c’est mieux de laisser Blaise partir car il est bien entouré de personnes très malhonnêtes qui depuis des années occupent des postes et ont eu le temps de bien volé l’argent de l’état, et c’est d’ailleurs les raisons qui fait qu’on ne peut pas lutter contre la corruption et difficile de faire justice. On dit que le pays avance. Mais est ce qu’en 50 ans, si ça devait aller normalement, on devait pas être à ce niveau. Blaise est entouré de faut types qui vont que rien ne va, et par leur faut, ça marche très lentement.
    Ils sont bien riches, et c’est dur de les écartés. C’est pour ça il faut l’alternance. Là les gens vont venir pour travailler et non pour volé.Il bien de limiter les mandats présidentiels car les mecs de RFI le savent bien sinon, en France, il allait aussi se poser la même question. Si a chaque fois il faut modifier la constitution pour protéger des voleurs, cela sera très difficile pour l’Afrique noire.
    Ce sont les mecs que Blaise Compaoré qui vont ternir son image, ceux là même qui se casse derrière le CDP pour ne pas être juger, car leur place est à la prison, Blaise même le sait, et c’est d’ailleurs pour ça que le premier ministre Tertus à des problèmes pour faire aboutir ces projets. Sinon, à écouter Blaise ou son premier ministre, on sait qu’ils ont l’amour de leur pays et veulent voir les choses aller plus que ça. Mais et mais ceux vautours du CDP.
    Mais ces vautours diront que c’est grâce à eux aussi qu’il est toujours au pouvoir car il faut les voir à la télé, voulant dire qu’il y a toute une population avec eux.
    Il faut que Blaise compte sur le peuple et non sur ces vautours.

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  • Le 8 décembre 2010 à 11:04 En réponse à : Archives d’Afrique et Appels sur l’actualité de RFI : La période révolutionnaire et la révision de l’article 37 au centre des débats

    J’en suis plus que ravi et je RETIRE MON DOUTE EXPRIME hier en répondant à "COOL". Car j’avais attendu en vain et je commençais à désespérer. Et voilà que le débat a eu lieu et se poursuit, CERTAINEMENT GRACE A LA TÉMÉRITÉ de R F I...

    C’est ce genre de débat qu’ont suggéré "LES SAGES" dans leur rapport adressé au Chef de l’Etat. Mais HEEELAAASSSSSS....

    La vérité et la justice sont "TABOUS" au BURKINA FASO.

    Des "HOMMES FORTS" refusent des invitations aux débats (sur CANAL3). Même le Premier Ministre...........Ils ont peur du peuple.

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