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Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • vendredi 18 novembre 2022 à 22h10min
Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

Le chef de l’Etat, président de la transition, a rencontré le 11 novembre 2022 les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile. Le même jour, il a reçu les représentants des médias. Le commun des Burkinabè a appris le compte rendu de ces rencontres avec la source de la direction de la communication présidentielle reprise par l’ensemble de la presse.

La direction de la communication présidentielle est seule médiatrice de la parole et des images du président, mais a-t-elle aidé le président dans ses interventions qu’elle nous a présentées ? Il nous semble que les messages du président qui ont été diffusés, s’ils avaient été analysés par les communicants, auraient pu éviter certaines erreurs. Quelles sont les points faibles apparus dans ces discours ? Quelles similitudes peut-on retrouver dans le discours du capitaine et de son prédécesseur ? Le capitaine Ibrahim Traoré saisira-t-il sa chance en faisant de la communication une arme efficace dans la lutte contre le terrorisme ?

En huit mois nous avons eu deux coups d’Etat, deux présidents : un lieutenant-colonel et un capitaine . La différence entre ces deux militaires n’est pas seulement une question d’âge et de grade. Avec le temps, le capitaine enlevant son masque et déployant ses activités, nous saurons ce qui différencie davantage le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba président du MPSR1, ex chef de l’Etat, aujourd’hui réfugié au Togo et le capitaine Ibrahim Traoré, président du MPSR2, chef de l’Etat, président de la transition. Mais déjà certaines dissemblances se font jour à l’avantage du jeune capitaine.

Première différence, le colonel Damiba a laissé l’image d’un affamé qui avait l’envie folle de se remplir les poches, confère cette scandaleuse augmentation de son salaire et celui des ministres alors qu’il a fait un coup d’Etat pour lutter contre le terrorisme et restaurer l’intégrité du territoire. Son cadet est tout autre, c’est un jeune homme désintéressé qui ne court pas après l’argent et le pouvoir. Pour le pouvoir il l’a dit, et pour l’argent il l’a fait : il garde son salaire de capitaine et ne veut pas de celui de président .

Pour la communication, le capitaine a toujours l’avantage quand on se limite à l’aisance verbale, la présence sur l’écran et la structure du discours. Mais comme le dit Peter Drucker : « La chose la plus importante en communication, c’est d’entendre ce qui n’est pas dit ». Nos deux derniers chefs d’Etat ont fait un putsch pour mettre fin à l’insécurité. Ils étaient tous membres du MPSR. A la fin du deadline qu’il avait donné pour avoir les premiers résultats de son action, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba a fait un discours étrange de bilan de la lutte contre l’insécurité où il rendait tout le monde responsable de la situation du pays, sans donner un bilan chiffré de la lutte en termes de territoires repris et de personnes déplacées retournées dans leur village. C’était le 4 septembre 2022 à Dori.

L’extrait de l’intervention du capitaine Ibrahim Traoré lors de sa rencontre avec les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile était du même tonneau. Nous sommes tous responsables ; les Burkinabè sont appelés à faire leur introspection et à faire leur mea-culpa. Qu’est-ce que le chef de l’Etat recherche en glosant sur la responsabilité collective des Burkinabè dans la présence des groupes terroristes dans le pays ? Après avoir reconnu notre faute que devons-nous faire ? Quel changement de comportement attend-t-il du peuple ? Peut-être l’a-t-il dit à ses invités mais nous n’avons rien appris de cela. Quel est l’objectif performatif attendu du peuple en lui proposant cet extrait de la rencontre ?

Était-ce de voir la sincérité et la compétence expressive à l’oral sans texte écrit du jeune président ? Proposer des propos du président à la population dans le contexte actuel doivent servir à influencer la population, l’emmener à agir dans un sens. Et cet extrait comme le discours de son prédécesseur n’est pas rassembleur n’expose pas un problème clairement et la solution qu’il lui apporte pour qu’on y adhère. Ce n’est qu’ainsi que la communication devient un échange producteur d’action. C’est là que l’émetteur peut influencer le récepteur et obtenir quelque chose de lui.

Le président de la transition semble se plaindre de ceux qui font la fête à Ouagadougou pendant que les gens meurent ailleurs. Un président n’est pas un pasteur, un prêtre ou un iman. Que veut-il que les gens fassent pendant que cette guerre dure depuis plus de six ans ? Il faudrait que le capitaine Ibrahim Traoré n’oublie pas qu’il est aussi le président des travailleurs du secteur touristique et culturel, faut-il que ces hommes et femmes restent chez eux, pleurer la mort de ceux que les groupes terroristes tuent, sans travailler pour obtenir leur pain ?

Certains propos, même s’ils sont sincères et montrent les sentiments de l’homme Ibrahim Traoré, ne doivent pas être tenus par le chef de l’Etat le capitaine Ibrahim Traoré surtout quand ils se limitent à la dénonciation. Un président et son gouvernement ne font pas dans les lamentations, ils proposent des solutions. Comme le dit Spinoza, enseigner les vertus est meilleur que de les condamner. Vous l’avez fait en renonçant à votre salaire de président. Votre gouvernement pourrait trouver des mesures fiscales pour soutenir la lutte contre le terrorisme.

Aider tous les Burkinabè à participer à la résistance contre les groupes terroristes

Autre erreur de communication : demander à la presse de ne pas démotiver les troupes . Cela démotive le peuple de savoir que nos troupes sont abonnées aux médias et aux réseaux sociaux et avalent toute la daube qu’ils proposent. Cela voudrait dire que leur motivation intrinsèque est très faible et que les autorités militaires ne font rien pour les motiver avec les primes et leur paiement régulier, leurs relèves régulières pour avoir un temps de récupération et de formation avant de repartir au front.

Cette communication désespérante se faisait alors que le pouvoir préparait sa vision stratégique dans la lutte contre le terrorisme avec une réorganisation de l’armée et la création de bataillons d’intervention rapide. Voilà ce dont il faut parler qui exprime la résilience de notre armée au lieu de ressasser les fautes communes du passé. Entendre parler de cette réforme pousse à aller de l’avant, crée de l’enthousiasme et de la sympathie.

Le capitaine Ibrahim Traoré doit développer son sens de l’écoute, ce qui signifie diminuer son temps de parole. Et à partir de là, sa parole deviendra de l’or, elle contribuera à aider tous les Burkinabè à participer à la résistance contre les groupes terroristes qui veulent le pouvoir dans notre pays. La parole et les discours d’un président doivent aider ses compatriotes à construire une vie positive malgré les difficultés.

Sana Guy
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 18 novembre à 20:20, par Mafoi En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Même dans le pire de mes cauchemars,il m’était difficile de rêver voire inconcevable de constater que mon cher pays puisse être dirigé un jour par des individus parvenus arrivistes sans épaisseur tels que damiba le faussaire et maintenant par un certain ibrahim traoré alias l’encagoulé-ganté.C’est dire que le Faso est tombé trop trop et très très bas.Donc monsieur Sana Guy,il me semble que vous prêchez dans le désert car le Faso est pris en otage par des crétins qui ne savent même pas ce qu’ils font

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  • Le 18 novembre à 22:47, par Kato En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Mr Sana Guy est vous sur la liste des VDP ? Arrêtez vos critiques faciles s’il vous plaît !

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  • Le 19 novembre à 02:11, par Bob En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    J’ai souvent adhéré à vos analyses, mais là vous avez fait l’erreur de vous coller un peu trop à la théorie et Drucker le pape de la publicité est un peu décalé ici. Le premier objectif de ce NOVICE en politique est d’abord de se faire ACCEPTER par tous ceux qui prennent son jeune âge pour une tare. Le second est de remettre à leur place tous ceux qui disent DOGMATIQUEMENT que les POLITICIENS qui sont RESPONSABLES toutes chapelles confondues dans nos malheurs doivent être à la manœuvre de la transition. Enfin les militaires IB en tête sont en face d’un problème qu’ils ne peuvent pas affronter seuls compte tenu de la formation qu’ils ont reçu. Il vous dit clairement qu’il n’a pas la SOLUTION et appelle au SECOURS tous les hommes INTELLIGENTS de ce pays pour concevoir et exécuter une nouvelle stratégie à même de vaincre les terroristes. C’est au contraire une marque d’humilité qui ouvre la porte à un changement de PARADIGME. Si on cherche à mesurer l’IMPACT de la communication de IB, regardons la mobilisation pour les VDP, la future contribution populaire au financement de la lutte. Enfin je ne sais pas sûr que les travailleurs des bars et buvettes aient un avenir radieux si les terroristes encerclent nos villes. Mieux vaut une activité réduite pour un temps que la cessation définitive de leur activité. Dans tous les cas la critique a toujours fait évoluer les choses, espérons que la presse présidentielle se rapproche de vous pour profiter de votre éclairage.

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  • Le 19 novembre à 02:11, par Bob En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    J’ai souvent adhéré à vos analyses, mais là vous avez fait l’erreur de vous coller un peu trop à la théorie et Drucker le pape de la publicité est un peu décalé ici. Le premier objectif de ce NOVICE en politique est d’abord de se faire ACCEPTER par tous ceux qui prennent son jeune âge pour une tare. Le second est de remettre à leur place tous ceux qui disent DOGMATIQUEMENT que les POLITICIENS qui sont RESPONSABLES toutes chapelles confondues dans nos malheurs doivent être à la manœuvre de la transition. Enfin les militaires IB en tête sont en face d’un problème qu’ils ne peuvent pas affronter seuls compte tenu de la formation qu’ils ont reçu. Il vous dit clairement qu’il n’a pas la SOLUTION et appelle au SECOURS tous les hommes INTELLIGENTS de ce pays pour concevoir et exécuter une nouvelle stratégie à même de vaincre les terroristes. C’est au contraire une marque d’humilité qui ouvre la porte à un changement de PARADIGME. Si on cherche à mesurer l’IMPACT de la communication de IB, regardons la mobilisation pour les VDP, la future contribution populaire au financement de la lutte. Enfin je ne sais pas sûr que les travailleurs des bars et buvettes aient un avenir radieux si les terroristes encerclent nos villes. Mieux vaut une activité réduite pour un temps que la cessation définitive de leur activité. Dans tous les cas la critique a toujours fait évoluer les choses, espérons que la presse présidentielle se rapproche de vous pour profiter de votre éclairage.

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  • Le 19 novembre à 02:24, par Et Pourtant En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Monsieur le Journaliste, je me demande si votre interpretation de ce discours du président IB est sincere.

    Le discours est pourtant tres clair et ne souffre d’aucune ambiguité. Un discours comme on l’aurait souhaité

    - Les predecesseurs de IB faisaint rediger/examiner leurs discours par les experts comme vous le suggerez. Quel est le resultat concret de ces discours corrigés par ces experts. En tout cas c.etaient des discours qui nous faisaient dormir quand on les ecoutait, mais en ecoutant ce message du President IB, de nombreuses personnes comme nous autres ont verser les larmes. Le discours est venu nous chercher dans notre for interieur.

    - Le discpurs appelle a des actions concretes contrairement a ce que vous pensez. Le President IB nous demande une introspection parce que chacun de nous a de part son inactions ou actions contribué directement et indrectement a la situation actuelle. Le President nous demande aussi a nous tous d’apporter notre soutien a la lutte actuelle. Quand il dit par exemple qu’aucun civil n’a daigné donner un camion pour transporter les vivres, que veut-on entendre de plus ?

    - Quand les militaires au front verront que les gens de grandes villes contribuent a la lutte par des dons, cela va leur donner le moral pour se battre au front. Ils vont se dire que tout le pays est debout pour se battre. C’est ce message que le President fait passer. Qu’on sente que tout le monde est mobilisé pour cette lutte.

    - Le discours du President ne demoralise en rien les soldats. C’est tout a fait le contraire. Je me demande si vous journaliste avait fait un stricte minimum reccueil d’informations auprés des soldats par rapport a ce discours. Les informations que moi j’ai n’est pas ce que vous vous pensez mon chere journaliste.

    Que Dieu benisse et guide le Capitaine Ibrahim Traoré
    Que Dieu veille sur le Capitaine Ibrahim Traoré et lui permettre de reussir sa mission de sauver le Burkina Faso de cette situation
    Que Dieu veille sur le Burkina Faso

    Je m.excuse pour les fautes car utilisant un clavier nouveau dont je n’ai pas la maitrise des touches

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  • Le 19 novembre à 03:53, par Tengbiiga En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Mr Sana Guy, laisser le capitaine Ibrahim Traoré tranquille. Certaines analyses semblent être tirées par les cheveux.

    Ibrahim doit être lui-même.

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  • Le 19 novembre à 04:48, par Jean Paul En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Pour l’effort de guerre, je propose au gouvernement de faire une retenue sur le salaire mensuel des travailleurs de la fonction publique, de même que des travailleurs du secteur privé. Ne serait-ce que 0,1% du salaire, ça peut beaucoup aider. Par exemple quelqu’un qui a un salaire de 100.000 francs mensuel, on lui prélève 100 francs à la fin de chaque mois.

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  • Le 19 novembre à 06:57, par Yobi En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Belle analyse non laudatrice mais non méchante.
    S’il lit l’article, il devrait en tirer beaucoup de leçons pour mieux soigner sa posture. Ce sont des erreurs de communication qu’il peut vite corriger et aller de l’avant.

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  • Le 19 novembre à 07:23, par ok En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    la presse est l’un des meilleurs soutiens aux terroristes

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  • Le 19 novembre à 07:26, par BN En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Bonne analyse,il faut peu communiquer, mieux écouter et donner la direction à suivre

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  • Le 19 novembre à 07:36, par Pierre En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Je trouve au contraire que le discours d’IB était une très bonne communication à l’endroit des OSC et des politiciens.
    Le vrai discours de communication sera celui du 1er ministre ce samedi à l’ALT que tout le monde pourra décortiquer.
    Je crois que vous n’avez pas compris l’objectif de IB devant les OSC et les politiciens et donc l’objectif de sa communication. Donc, ayons le courage de suivre les prochains pas pour savoir si nous sommes enfin sur la bonne direction pour lutter contre l’insécurité et notre mal gouvernance !

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  • Le 19 novembre à 09:51, par Kilili En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Thomas Sankara parlait, et bien. Parler motive et ça fait voir l’ame de la personne et sa sincérité. Ce n’est pas mauvais de parler. L’essentiel et que les actes soient conformes à la pensée. À partir de son discours, il y a eu un plus grand engagement des gens. On le sent.

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  • Le 19 novembre à 11:10, par kwiliga En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Bonjour Sana Guy,
    En général, je cautionne vos propos, trouvant souvent que le fond comme la forme de vos articles, vont plutôt dans le sens de ce que je soutiens.
    Hors, ici, ce n’est absolument pas le cas et, si en conclusion de votre article, vous exhortez notre putschiste président de la transition à développer son sen de l’écoute, je ne peux que vous inciter à faire de même.
    En effet, dans le parallèle que vous tentez d’établir entre les discours de Damiba et celui de Traoré, il est, me semble-t-il des choses que vous confondez et d’autres que vous omettez.
    Vous écrivez :
    - "le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba a fait un discours étrange de bilan de la lutte contre l’insécurité où il rendait tout le monde responsable de la situation du pays" Et c’est tout à fait vrai.
    - "Nous sommes tous responsables ; les Burkinabè sont appelés à faire leur introspection et à faire leur mea-culpa" Propos que vous attribuez à Traoré. Hors, ce n’est pas ça qui est dit. Dans ses propos introductifs, le président s’adresse bel et bien aux occupants de la salle, représentants politiques et d’OSC, en leur disant : "vous êtes les acteurs de la société burkinabé" et c’est eux et eux seuls, qu’il invite au mea-culpa et à l’introspection. Si vous vous êtes senti directement concerné, ce n’est certainement pas le cas de millions de burkinabè, qui savent bien que quantité de problèmes de notre pays, proviennent de la mal-gouvernance et de l’égoïsme d’une petite caste de privilégiés. S’il incrimine ensuite davantage les citadins que les ruraux, il le fait en expliquant que la désinformation en est la cause profonde, que les gens de Ouaga, continuent de vivre tranquillement, parce qu’ils ignorent à quel point la situation du reste du pays est dramatique.
    Vous écrivez ensuite : "Le président de la transition semble se plaindre de ceux qui font la fête à Ouagadougou pendant que les gens meurent ailleurs" Et donc, vous réprouvez cela. Et bien, à l’inverse, j’approuve pleinement ces propos, qui ne relèvent pas d’une quelconque morale religieuse, comme vous aimeriez à le laisser entendre, mais bien des simples réflexes humains de compassion et de solidarité que nous devrions tous avoir quand nos frères et nos sœurs meurent sous les balles des terroristes, vivent dans des conditions insupportables ou sont obligés de fuir.
    Et de conclure ce chapitre par un "sans travailler pour obtenir leur pain", mais comment donc avez-vous pu vous livrer à une telle interprétation des propos de ce discours ?
    Vous poursuivez par : "Cela démotive le peuple de savoir que nos troupes sont abonnées aux médias et aux réseaux sociaux et avalent toute la daube qu’ils proposent". Ce qui signifie donc que vous, journaliste, dont la fonction devrait-être de se mettre au service de la vérité, venez ici reprocher au premier représentant de l’état, de justement tenir au peuple, ce discours de vérité. Cela me semble révélateur d’une grande contradiction avec les missions d’information qui sont les vôtres.
    Et de rajouter : "les motiver avec les primes et leur paiement régulier", mais pour une fois que quelqu’un essaie d’amener une autre forme de motivation que la vénalité, on ne va tout de même pas le lui reprocher.
    Vous vous permettez même ce qualificatif : "Cette communication désespérante", alors que moi, à l’inverse, c’est la première fois depuis longtemps que j’ai vu naitre une lueur d’espoir.
    Bien sur, Traoré n’est pas Sankara, il n’en a ni le charisme, ni la verve et surement pas la formidable capacité politique et idéologique, néanmoins, depuis ce discours, je me dis qu’il en a la sincérité et, je l’espère, le courage.
    Surtout, le courage, car après ce discours de vérité, face à l’élite dispendieuse de notre nation, il lui faudra passer aux actes et, pour cela, s’attaquer à des puissants, grands fonctionnaires, gros commerçants,... s’il ne le fait pas, ce beau discours restera lettre morte.
    Pour info, la citation de Spinoza est la suivante : "Il vaut mieux enseigner les vertus que condamner les vices.", sinon, ça n’a pas de sens.

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  • Le 19 novembre à 12:08, par Badisak En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Pourquoi vouloir une chose et son contraire ? Le Capitaine a compris qu’on ne peut rien construire de durable par le mensonge ; et il a bien fait de tenir ce langage de vérité au peuple à travers la rencontre tenue avec les partis politiques et les acteurs de la société civile. Ce n’est pas en enrobant la vérité dans un discours polissant et mensonger qu’on peut faire prendre conscience aux habitants des grandes villes qui ne mesurent pas le degré de déliquescence dans laquelle se trouve le pays. Si vous avez regardé les visages des gens présents à la rencontre pendant sa présentation de la situation sur le terrain, vous comprendrez que c’est là que beaucoup d’entre nous ont compris que la situation est réellement très grave ; quelle autre forme de langage faut-il pour dire ça ?
    Moi je ne vois pas ce qu’il a dit d’inapproprié ou d’inopportun. Il a dépeint le tableau de la réalité sur le terrain qui était prévisible au regard des éléments qu’il a donné. Pour avoir été un homme de terrain au contact des masses laborieuses dans les campagnes, il a fait des constats qui l’ont amené à rédiger des rapports adressés à qui de droit en son temps mais qui sont restés sans suite ; et on sait que beaucoup d’autres rapports comme le sien ont été faits depuis des années sur les difficultés que vivent nos populations dans les zones reculées sans que rien ne soit envisagé par les gouvernants de l’époque.
    Vouloir jouer le défenseur des tenanciers de débits de boisson et autres lieux de réjouissance n’est pas le combat qui sied en ce moment ; ceux qui ont abandonné leurs villages pour être des réfugiés dans d’autres contrés du pays connaissent aussi le goût de ce plaisir et certains vivaient aussi des activités de la culture et du tourisme dans leurs localités mais ont tout abandonné pour devenir Populations Déplacées Interne (PDI). Comme l’a dit le Capitaine, si c’est ce que nous voulons, on y va.
    Arrêtons de faire la politique de l’autruche et faisons des propositions concrètes si nous en avons, pour sortir le pays de cette situation qui est le fruit de la mal-gouvernance au sommet de l’Etat depuis des décennies. L’extension du terrorisme dans notre pays a été favorisée par des facteurs internes qu’il convient de détectés et traiter convenablement pour faciliter un aboutissement rapide de la lutte.

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre à 12:56, par Le prince En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    Je cautionne. Pour dire vulgairement c’est du PROPRE . Ceci étant, concernant la renonciation des émoluments de chef d’Etat, j’aurais aimé que le président de la transition aille jusqu’au bout de sa logique en demandant aux membres du gouvernement de renoncer également à leur émolument. Autrement dit je ne comprends pas ce symbole isolé.
    SANA Guy, encore une fois merci, pour ce décryptage

    Répondre à ce message

  • Le 24 novembre à 21:30, par IBN YOUSSIF KANO En réponse à : Burkina - MPSR 2 : Bien communiquer fait partie de la bataille pour gagner la guerre

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre analyse. Mais je pense que vous n’êtes pas dans votre élément et je dirai que vous marcher sur un terrain glissant vu que vous journaliste. Vous n’avez pas les compétences necessaires pour donner des correctifs sur la communication du président. Si j’étais un des vôtre ( du faso.net), je chercherai à rencontrer un spécialiste du domaine de la communication politique et publique comme le Pr. Balima par exemple (le nom vous quelque chose je suppose). L’auteur que vous citer n’est qu’un pure publiciste sans même l’avoir lu. Dans le contexte actuel, la communication est essentielle. On ne peut pas ne pas communiquer dixit Paul Watzlawick. Pour ma part, je pense que la communication du chef de l’Etat fut un coup bien reussi. Communiquer, c’est aller au délà de soi pour retrouver toucher le soi de altérité. Dire aux sorciers qu’ils sont des sorciers permet en partie d’apaiser les coeurs meurtris de leurs victimes. Le discours politiques doit être véridiques et ce que IBT a fait n’est qu’un diagnostic de la situation que vous et moi connaissons. M.SANA, revoyez votre copie !!!

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