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Enseignement technique : 165 élèves-professeurs en Tunisie pour une spécialisation

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou • lundi 10 septembre 2018 à 23h55min
Enseignement technique : 165 élèves-professeurs en Tunisie pour une spécialisation

Le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Stanislas Ouaro, a tenu, ce lundi 10 septembre 2018, une rencontre d’échanges avec les élèves-professeurs admis en formation en Tunisie. Ils sont au total 165 qui vont s’y rendre pour une formation d’une durée de deux ans et demi.

L’enseignement technique constitue aujourd’hui une priorité pour le gouvernement burkinabè, qui souhaite faire passer le taux de 4% à 16%. Pour ce faire, des infrastructures, des équipements mais aussi une ressource humaine qualifiée sont nécessaires. C’est dans ce cadre que, suite à un concours de la Fonction publique, 165 jeunes ont été recrutés pour une formation technique au profit du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA).

Diverses disciplines sont concernées, parmi lesquelles le génie civil, l’agriculture, l’horticulture, l’architecture d’intérieur, le stylisme, la pisciculture, etc. Ces disciplines, selon Stanislas Ouaro, sont en adéquation avec les besoins du pays.
Après six mois de formation en pédagogie à l’Ecole normale supérieure de l’Université Norbert-Zongo de Koudougou, les élèves-professeurs doivent s’envoler pour la Tunisie pour leur spécialisation en deux ans et demi. À l’issue de cette formation, ils obtiendront soit un Diplôme universitaire technologique (DUT), soit un Brevet de technicien supérieur (BTS).

Après ces deux ans et demi, ils seront de retour pour six autres mois de formation pédagogique et de stage. Et c’est à l’issue de ces six derniers mois de formation qu’ils recevront leurs certificats d’aptitude à l’enseignement technique, l’équivalent d’un BAC+4. Puis, ils seront affectés dans les collèges d’enseignement technique et de formation professionnelle actuellement en construction dans les différentes régions du pays.

Avant le premier vol de départ prévu pour le mardi 11 septembre 2018, Stanislas Ouaro a tenu à rencontrer ces élèves-professeurs pour leur prodiguer quelques conseils. Il les a ainsi exhortés à être des patriotes, à travailler à hisser haut le drapeau du pays à travers leurs comportements, mais aussi la discipline et surtout à revenir servir leur pays.

Aux filles spécialement, il leur a demandé de prendre les précautions nécessaires, afin d’éviter toute grossesse, ce qui pourrait nuire à leur formation. « Les questions de grossesse sont difficiles à gérer sur la terre tunisienne (...) Faites vos bébés à la fin de votre formation. Celui qui fait un bébé là-bas va gérer. Il faut vous protéger. Ce n’est interdit de vous aimer. Aimez-vous, mais venez faire vos bébés ici », a martelé le ministre. Il ajoute : « On a préféré être francs et sincères, c’est de tout faire pour d’abord finir leurs études et à leur retour, ils auront le loisir d’entreprendre tous les projets qu’ils souhaitent ».

Des propos qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. En effet, le délégué des élèves-professeurs, Aimé Yaméogo, a, au nom de ses camarades, tenu à rassurer le ministre Ouaro sur leur volonté à travailler dur pour revenir servir le Burkina Faso. « Nous avons écouté les conseils du ministre, nous prenons acte de tout ce qu’il a dit. Nous travaillerons de telle sorte à porter haut le flambeau de notre cher Burkina Faso (…) Nous travaillerons à relever les défis de l’enseignement technique comme le souhaite le ministre. », a promis Aimé Yaméogo.

A l’occasion de cette rencontre d’échanges, le ministre leur a remis officiellement leurs billets d’avions et leurs cartes bancaires.

Selon le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, les frais de formation, d’hébergement et de restauration des 165 élèves-professeurs pour les deux ans et demi s’élèvent à plus de 4 milliards 321 millions de F CFA. Avec une réduction de 281 millions de la part de la Tunisie, le Burkina Faso doit combler un gap de plus de 3 milliards 560 millions ; gap que le gouvernement travaille à combler.

Les partenaires techniques et financiers que sont la Coopération autrichienne et la Coopération luxembourgeoise, qui accompagnent le gouvernement dans ce projet, espèrent que ces jeunes qui seront formés reviendront accompagner le processus de développement du pays. « Que les 165 qui partent, reviennent avec les diplômes et mettent leurs compétences à contribution pour former les jeunes dans le secteur de l’enseignement technique et professionnel », a souhaité Affoussiata Sougué, chargée de programmes à la Coopération autrichienne.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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