De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

Par Kpagnawnè Domètièro Anissé MEDA • dimanche 17 juin 2018 à 23h00min

Ceci est une tribune de Kpagnawnè Domètièro Anissé MEDA, professeur certifié de philosophie.

De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

Le radicalisme et l’extrémisme violent font rage dans les pays membres du G5-Sahel. Cela excède et agace les dirigeants. Cela se voit et se laisse lire sur leur visage, leurs actions et dans leurs discours. Parce que les résultats ne sont pas du tout à la hauteur des attentes ; parce qu’il n’y a pas de résultats comparés à l’échelle du mal combattu. Malgré la détermination de nos forces armées nationales, appuyées par les forces occidentales rompues à la matière. Que nous reste-t-il à faire, à présent, face à la nébuleuse qui nous nargue ? Nous devons puiser dans nos dernières ressources : faire chorus, réaliser l’union sacrée avec, pour seul leitmotiv, cette devise : ‘‘vaincre ou périr’’.

Mais il ne s’agit pas de vaincre ni de périr à n’importe quel prix ou par tous les moyens ; nous vivons dans des sociétés civilisées et la fin ne doit pas justifier tous les moyens. Là se trouve tout le sens de notre intervention : nos Etats doivent combattre le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme violent ; mais ce n’est pas parce qu’ils sont harcelés et désemparés qu’ils doivent faire feu de tout bois, même en faisant de la laïcité leurs marchepieds. Nous l’avons chèrement acquise au 20ème siècle finissant, cette laïcité. Or ces cinq dernières années, l’Etat burkinabé, en particulier, a fait montre de grabuge avec la laïcité.

Nous n’aurions pas encore eu besoin d’écrire ce propos si, lors de la 2ème réunion de haut niveau des ministres en charge des affaires religieuses et du culte des pays membres du G5-Sahel tenue du 26 au 27 avril 2018 à Ouagadougou , il n’y avait pas eu des propos sibyllins et malheureux sur la laïcité de la part des trois ministres malien, burkinabé et nigérien : « L’Etat doit sortir de la laïcité béate », avait dit le ministre malien Thierno Amadou Omar Hass DIALLO ; « La laïcité à l’Occidental est-elle adaptée à nos réalités ? ». La question est rhétorique et venait du ministre burkinabé, Siméon SAWADOGO. Le représentant du ministre nigérien avait affirmé que des textes sont en train d’être rédigés pour réglementer les prêches. Mais c’est quoi la laïcité béate dont on veut se débarrasser ? L’Etat doit en sortir pour aller vers quelle laïcité ? Vers la laïcité à l’africaine ? Et cette laïcité tropicalisée, qu’est-ce à dire ? N’est-elle pas source de dérives potentielles et avérées ?

La laïcité, dans son sens étymologique grec (Laïos), signifie « qui appartient au peuple » ; donc, pas à une partie du peuple. Le christianisme rassemble une partie du peuple, l’Islam réunit aussi une partie du peuple et il en est de même pour la religion traditionnelle et les autres croyances religieuses et philosophiques sur toute l’étendue du territoire. Cela donne déjà l’idée de ce que doit être la religion d’Etat : l’Etat laïc est, politiquement défini, le principe selon lequel l’Etat n’exerce aucun pouvoir religieux et les religieux, aucun pouvoir politique. Donc l’Etat est au-dessus de la mêlée, traitant toutes les organisations religieuses de façon égale, de sorte qu’en lui, tous les citoyens se sentent à l’abri. La laïcité béate serait cette attitude consistant à respecter naïvement et pleinement la liberté de pensée de chacun et à s’interdire toute forme d’intolérance en matière de religion. Mais un Etat n’a pas à être béat, encore moins à exercer une laïcité béate.

Si le G5-Sahel nous exhorte à sortir de la laïcité béate, il reconnait en même temps que nous sommes actuellement dans cette laïcité-là, béate ; or il est difficile de démonter en quoi l’Etat burkinabé, par exemple, se montre naïf dans l’exercice de sa laïcité. Bien au contraire, non seulement l’Etat a du mal à vivre conformément aux simples règles de la laïcité qu’il s’est librement prescrites, mais aussi il n’est pas tendre avec notre laïcité ; nous avons observé, à maintes reprises, de fortes tentatives d’assassinat de la laïcité de la part de l’Etat lui-même, ici et là. Les pays du G5-Sahel veulent tuer la laïcité déjà moribonde. Plusieurs faits le montrent, à loisir.

Premièrement, les Etats du G5-Sahel ne pensent pas toujours global quand ils pensent laïcité. Dans leur discours, leurs gestes et dans leurs regards, ces Etats orientent leurs messages de laïcité sur une organisation religieuse précise, c’est-à-dire la religion musulmane ; parce qu’actualité oblige ; mais ce n’est pas une raison suffisante. Ce n’est pas parce que l’extrémisme violent religieux est d’actualité et concerne le terrorisme islamique en général depuis Al Qaïda jusqu’à ACQMI, Ansar Dine, Al-Mourabitoun, MUJAO, Boko Haram, Chebabs ou encore Al-Mouakaoun Be Dam, Daesh etc. que les discours gouvernementaux et martiaux doivent se spécialiser en direction de l’Islam.

Il faut que les Etats s’interdisent les références religieuses dans leurs discours sur le terrorisme. C’est un impératif catégorique. Parce que le terrorisme n’a pas de couleur, ni de religion, ni d’ethnie, ni de nationalité. L’avènement des événements de Rayongo, à Ouagadougou, le démontre à souhait. Pourtant dans les discours des ministres malien, nigérien et mauritanien ressortaient des termes comme ‘’imams’’, ‘’écoles coraniques’’, ‘’islam originel’’, ’’oulémas’’ etc. L’histoire montre que chaque fois qu’on a voulu braquer les phares sur une organisation communautaire ou religieuse précise en la présentant comme illégitime ou non débonnaire, on a produit des raidissements chez les gens parce qu’ils se sentent harcelés et, pire, méprisés et martyrisés.

Et par un mécanisme d’auto-défense inconscient, ils passent, subrepticement, du statut de bourreaux à celui de victimes. Du statut de bourreaux ou non à celui de victimes, cela aboutit à ce résultat salvateur ou fâcheux (c’est selon) : cela suscite, d’abord, de la commisération de la part de beaucoup de partisans, de sympathisants et non sympathisants et, ensuite, de la révolte des victimes et des sympathisants ou non sympathisants.

En 26-36 apr. J-C, les Juifs se sont révoltés contre l’Etat qui n’avait plus d’égards pour eux ; ils ont été soutenus par d’autres communautés. Ponce Pilate, représentant l’Etat en Judée, fut ainsi déchu ; en Birmanie, les Rohingyas, minorité musulmane vivant dans l’Etat de l’Arakan, ont été longtemps considérés comme des migrants illégaux, accapareurs de terres ; la loi sur la nationalité de 1982 adoptée par la junte militaire ne leur a reconnu ni droit, ni citoyenneté, ni protection et ils sont négligés, délaissés et, tout récemment, persécutés par les Hindous et les forces de sécurité ; ils se sont raidis, organisés et ont créé officiellement, dans leur gong, l’Armée de Secours des Rohingyas de l’Arakan (ASRA) en octobre 2016 pour se défendre et combattre ; ASRA a déjà des soutiens transnationaux tels les combattants pakistanais et indonésiens ; au Mali, une stigmatisation des Peulhs a consisté à présenter cette communauté comme étant alliée sinon complice avérée des djihadistes et cela a eu pour effet dévastateur de dresser les Peulhs contre les ethnies locales c’est-à-dire contre les Bambara dans le Macina (2016 et 2017), contre les Dogons au centre, contre les Touaregs de Gao et de Ménaka ou encore contre les Haoussa de l’autre côté du Niger.

Par voie de conséquence, les Peulhs se sont raidis, ont profité du départ de l’administration du Nord pour s’organiser et mener des représailles contre l’Etat et ses représentants locaux qu’ils trouvent persécuteurs. Vous avez ainsi compris que nous ne disons pas que les adeptes de l’extrémisme violent sont des islamistes ; et que les adeptes de l’extrémisme violent ne sont pas des islamistes. Nous disons donc que l’Etat doit toujours ratisser large et avoir un discours public globalisant ; il doit individualiser ou spécifier dans ses actions sur le terrain mais sans tambour battant pour ne pas donner une occasion d’auto victimisation à la partie adverse.

On peut bien avoir des débats sur le degré de pressions et de répressions visant à instaurer la laïcité qui convient le mieux, mais jamais on ne doit tolérer cette attitude de l’Etat qui exerce une laïcité dure pour les uns et tendre pour les autres. Au Burkina Faso on a failli, par exemple, basculer dans les émeutes au sujet du projet de loi sur les libertés religieuses devant être examiné en janvier 2017, n’eut été l’acte courageux et dirimant de feu Salifou Diallo ; la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) avait, en effet, émis des préoccupations sur beaucoup d’articles de ladite loi susceptibles de réduire les libertés religieuses et de culte et avait, par conséquent, sommé le gouvernement de procéder au retrait de ce projet querellé, car source de potentiels conflits.

Il faut reconnaitre que ce projet de loi était plus nuisible aux organisations religieuses musulmanes. Depuis lors cette affaire est classée sans suite par le ministère chargé des affaires religieuses dont le commandant de bord était le truculent et zélé ministre d’Etat, Simon Compaoré.

La laïcité doit être égale pour tous. Par exemple, dans ses visites de classes dans des établissements scolaires publics au courant du mois d’avril 2018, un évêque invitait les élèves à se lever et à prier avec lui, lui en face d’eux comme un enseignant. Après son départ, des malentendus étaient nés, des disputes aussi parce que quelques élèves musulmans rechignaient à s’élever pour prier. Par ailleurs des messes euphoriques catholiques sont régulièrement célébrées et des prières à très hautes et fortes voix des protestants sont fréquemment faites dans les salles de classe des établissements publics, contrariant la sérénité, les préoccupations et la sagacité intellectuelles ambiantes du lieu.

En outre, des fidèles chrétiens catholiques et protestants sont désignés et formés à dessein pour assurer la sécurité des biens et des personnes priantes lors des activités cultuelles ; on pourrait citer bien d’autres situations religieuses qui s’accommodent difficilement bien avec la laïcité non béate, car scabreuses. Et face à tout ça, l’Etat observe le mutisme ; on a l’impression que pour ça, le Ciel est haut et le tsar est loin. Ce ne sont que des peccadilles. Recherchez la morale dans la fable sur ‘’Les animaux malades de la peste’’ de La Fontaine.

Deuxièmement, l’Etat burkinabé a été pris en flagrant délit de discrimination religieuse en 2013, lui qui réclame, à cor et à cri, la laïcité non béate ; sait-il vraiment ce qu’est la laïcité et ses implications ? En effet, notre Etat se disant laïc a été généreux pour certaines organisations religieuses et indifférent à l’égard d’autres. Il a puisé, par exemple, l’argent du trésor public pour satisfaire des besoins personnels ou privés de voyages religieux appelés pèlerinage à la Mecque ; ce faisant, il avait flirté avec l’acte de détournement volontaire, avec l’acte de discrimination religieuse et avec l’acte de corruption. Il y a eu du détournement parce qu’aider financièrement des pèlerins à voyager n’a jamais été l’une des destinations de notre bourse commune. Donc de l’argent a été dévié de sa trajectoire initiale vers une autre cible.

Même pour l’Islam, le pèlerinage n’est pas une obligation pour le fidèle musulman ; il peut le faire s’il en a les moyens et la santé. Le pèlerinage est donc privé et il était inconcevable que la structure gouvernementale ait pu puiser dans le trésor public de l’argent pour donner à une minorité afin qu’elle l’utilise à des fins personnelles.

D’autre part, il y a eu de la discrimination au profit d’une seule religion et au détriment des autres croyances religieuses ; et aussi au détriment des non-croyants. Ce fut un geste de bonne volonté dangereux qui a créé non seulement un précédent mais aussi des frustrations à l’égard des lésées qui étaient fondées de se demander si elles faisaient vraiment partir de la république, et si l’Etat avait encore de la considération pour elles.

Qu’avaient-ils fait, les chrétiens, pour ne pas mériter ces types de gestes généreux et paternalistes de l’Etat lors de leurs différents pèlerinages à Paris, en Israël, à Rome ou en Turquie ? Que recherche-t-il vraiment, l’Etat burkinabé, en faisant ce don à la communauté musulmane ? Qui a dit que tout est par intérêt ? En tout cas, cela nous fait penser au président Lamizana SANGOULE qui avait, en son temps, pris fait et cause pour l’Islam et faisait les yeux doux à la communauté musulmane ; c’était pour pouvoir bénéficier des largesses des pays arabes, en général et de l’Arabie Saoudite, en particulier ; largesses en termes de mannes financières et des aides matérielles ; ce faisant, il avait oublié ou négligé les autres organisations religieuses, notamment les catholiques ; et à sa chute, un haut responsable catholique n’a pas hésité d’applaudir des deux mains, qualifiant sa descente aux d’enfers de « grâce de Dieu ».

Ce scénario s’était déjà produit au IV sème siècle à Rome, sous Constantin où le christianisme était la religion d’Etat au dépens des minorités religieuses, et sous le fasciste Benito Mussolini qui avait caporalisé une grande partie de l’Eglise catholique, notamment le clérico-fascisme, au détriment des Juifs. Des émeutes juives ont eu lieu sous forme de protestations. C’est de dire combien de messes noires peuvent être dites et des sacrifices occultes peuvent être faits contre des régimes qui traitent inégalement ses associations religieuses !!!

Et au cas où l’Etat l’eut voulu, comment doit-il subventionner les dépenses des adeptes de la religion traditionnelle, dépenses liées aux achats de poulets, de mil germé pour le dolo, de farine pour le zom-koom… ? Si par prestidigitation l’Etat laïc burkinabé accédait à cette doléance, une question surgira, lancinante : si l’argent de tous a contribué à financer des activités religieuses, toutes tendances confondues, a-t-il demandé l’avis des burkinabé athées en tant qu’ils sont des contribuables ? Que/ combien pourrait-il leur donner en compensation ? Voici l’Etat, tombé sous le coup de l’article 31 de la constitution : « le Burkina Faso est un Etat démocratique, unitaire et laïc ». J’imagine l’Etat perplexe : « Quel diable m’a-t-il poussé dans cette galère ? », se demande-t-il ; l’embarras et la question sont légitimes.

C’est pourquoi le Burkina Faso et les pays du G5-Sahel doivent se le tenir pour dit que la laïcité n’est pas un vain mot ; il est un comportement exigible d’abord à eux et aux citoyens, ensuite. Pour l’Etat, la laïcité dépasse un simple comportement pour être une nature ; la laïcité est consubstantielle à l’Etat burkinabé de sorte que les actes, les comportements, les discours et autres schèmes qu’il distille en sont des émanations.

A propos de l’immixtion de l’Etat burkinabé dans le pèlerinage musulman : Nous ne sommes pas en train de dire que le gouvernement doit se désengager de l’organisation du voyage en terres saintes ; il doit s’y engager mais en ne parrainant que les fonctionnaires de la santé et de la sécurité qui assisteront les Burkinabé tout au long des trafics. Il est du domaine régalien de l’Etat que de veiller à ce que tous ces concitoyens voyagent en toute sérénité vers les lieux saints ; il doit s’y impliquer aussi pour s’assurer des qualités et des capacités de tout ce qui implique les trafics aéroportuaires et enfin pour que les voyageurs accomplissent leurs actes religieux en étant en bonne santé. Il y va de l’intérêt de tous, d’ailleurs.

Troisièmement, l’Etat joue à un autre jeu dangereux avec la laïcité : L’Etat n’a pas à demander aux religions de se séculariser, car ce serait une atteinte à la liberté de conscience. La sécularisation consiste en une perte progressive de la capacité de la religion à structurer la sphère publique comme on peut l’observer dans certains pays musulmans comme la Turquie. Ainsi pourquoi le G5-Sahel voudrait que l’Islam aille vers ‘’l’islam originel du juste milieu ‘’ ?

A quelle vraie fin des imams maliens sont-ils formés en informatique, sous l’instigation de l’Etat ? Mais cette sécularisation que l’on recherche tant ne se décrète pas du haut d’une tribune pour ministres en charge des affaires religieuses. Elle peut être suggérée par un tiers à l’intention des acteurs et adeptes religieux. L’évolution de la religion dépend de la compréhension de chacun et du processus interne de l’organisation religieuse. L’Etat n’a pas à décider de quoi que ce soit pour les organisations religieuses ; il ne fourre pas son nez dans les actes cultuels, de façon flagrante, itérative et intruse.

Autrement dit, il peut les organiser, il doit créer un cadre d’échanges pour elles et avec elles ; il doit apprendre à travailler avec les différents leaders religieux sur ce qui conviendrait aux religions de faire ; ensuite seulement, la délibération et la décision reviendraient à ces commis religieux. Lorsque les premiers acteurs sont ainsi responsabilisés autour d’options à entreprendre pour la bonne marche de leur religion et de la société, ils trouveront des ressources endogènes pour ce faire, et la communauté, à la base, devient naturellement résiliente. Par exemple, la décision d’interdire le port de la soutane dans l’espace public chez les prêtres catholiques est venue, non de l’Etat français, mais des religieux catholiques eux-mêmes pour la plupart, après le concile Vatican II.

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Lorsqu’au Burkina il est permis maintenant à un musulman de se marier avec une fille chrétienne, cela n’est pas la résultante d’une injonction gouvernementale ; quand Son Eminence le Cardinal Philippe OUEDRAOGO va assister désormais aux prières musulmanes, ce n’est pas par soucis d’obéir à une loi de la république ; quand Cheikh DOUKOURE parle d’un « islam africain », c’est-à-dire de libérer l’islam de la forte connotation culturelle arabe dont il est imprégné et ensuite de l’inscrire dans le contexte culturel africain en préservant cependant la ‘’pureté du message’’, ce n’est pas pour les beaux yeux de l’Etat burkinabé laïcisant ; et lorsque l’islam, comme les autres organisations avant lui, se sert maintenant de tous les moyens de communications disponibles afin de réinventer les stratégies de prosélytisme, ce n’est pas à la suite d’un arrêté ministériel.

Et pourtant, l’intention manifeste des pays du G5-Sahel est de dicter des manières d’être aux organisations religieuses, notamment musulmanes. La tentation est grande pour ces Etats de vouloir être plus royalistes que le roi. Ils le veulent et le font à l’instar des opinions publiques et des médias occidentaux qui affirment déjà l’incapacité des sociétés musulmanes de se séculariser, d’entrer dans la modernité et de faire bon ménage avec la démocratie (la démocratie, cette grande caractéristique de la modernité !!!). C’est ainsi que commence la manipulation : cette violence psychologique que le G5-Sahel veut exercer sur les citoyens en vue d’instaurer l’athéisme, pernicieusement.

En effet, il n’a jamais existé de laïcité béate au Burkina ; en parler aujourd’hui, cela devient comme une technique de conditionnement mental des citoyens qui doivent désormais s’offusquer moins quand l’Etat va faire intrusion dans les écoles coraniques et dans les catéchèses chrétiennes ; parce que ce sera au nom de la laïcité non béate. Les citoyens trouveront que c’est normal que leurs guides religieux soient mis sur écoute lors de leurs prêches et soient recadrés, quand il le faut, par les autorités gouvernementales ; parce que l’Etat ne veut plus de laïcité béate ; les citoyens trouveront qu’il y va effectivement de leur sécurité et de leur bien-être mental et psychologique que l’Etat puisse noter les églises, les temples et les mosquées ; les prêtres, les pasteurs et les imams seront sous le coup d’être fichés à tout moment ; et tout cela, d’ailleurs, au nom de la laïcité non béate.

Quand les forces armées nationales boucleront et reboucleront des zones et procéderont à des exactions aux antipodes des droits humains, les citoyens doivent tolérer et comprendre que c’est à ce prix aussi que la laïcité non béate va avoir droit de cité. L’armée burkinabé n’est-elle pas déjà sur les bancs des accusés de Human Rights Watch pour faits d’exactions avérées au Sahel ? Quand le 18, 19 et 20 avril 2018, des prières collectives « pour un Burkina multiconfessionnel de paix, de prospérité et de coexistence pacifique » ont été organisées au cœur de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, c’était déjà dans la dynamique de l’Etat refusant la laïcité béate.

Désormais, quand l’Etat commanditera des séances d’exorcisme à Kossyam afin de faire disparaître les ombres tutélaires du CDP et de Blaise COMPAORE et de chasser tous les esprits maléfiques y rôdant pour que, enfin, le président Rock KABORE puisse y dormir en paix (parce qu’il refuse d’y dormir), ne criez pas au scandale ! Ce sera au nom de la laïcité non béate, pardi !! Quand la délation, la veulerie et la suspicion vont s’installer dans le cœur des citoyens et que derrière chaque prêche on doit sentir les exhalaisons de la laïcité, notre société doutera de sa foi religieuse, se confiera moins à ses hommes de Dieu ; elle se refugiera dans la science et dans la solitude c’est-à-dire qu’elle baignera dans une humanité sans Dieu tout en faisant le culte de la Raison et de l’être suprême.

Ainsi chasse-t-on une dictature pour en installer une autre ; et ainsi naît tout athéisme d’Etat, parfois sans que l’Etat lui-même n’en prenne claire conscience. Parce que la laïcité dont parlent nos Etat consiste à faire de nos religions des organisations génétiquement modifiées, réduites à leurs simples expressions de ritualisme ou de religiosité. Or la laïcité ne doit pas être la religion d’Etat contre les religions, comme dirait François HOLLANDE.

Ce n’est pas une simple vue de l’esprit, ce que nous disons ! Pour qu’il y ait une âme religieuse dans la société, il faut que ce qui caractérise la religion soit préservé : le phénomène du sacré, la foi et la mystique. Les guides religieux en sont les gardiens monopolistiques, initiés qu’ils sont dans la connaissance et l’interprétation des textes sacrés ; et seuls habilités qu’ils sont à pouvoir parler du changement de comportement et de schèmes de pensées ; ils sont acteurs de la sécularisation, responsables avertis et assumés du devenir religieux.

Dans une religion, le pratiquant n’a affaire qu’à Dieu et à ses lieutenants, pas à un système ni à autres personnes. Or l’Etat, de par ses commis, apparaît dans la sphère religieuse et parle, parle et parle encore devant des ‘’embonpoints’’ ; cela entame la désacralisation et la démystification religieuses. C’est justement de cette façon que la France a perdu son âme oratoire, depuis qu’elle avait promu l’athéisme d’Etat pendant la Révolution de 1789 et la loi de 1905 (consacrant la séparation entre l’Etat et l’Eglise) : Dieu a été chassé de l’histoire française et la France athée a réussi à émancipé les peuples français des serres christiques.

Voici donc comment se porte et se présente notre laïcité : harcelée, maltraitée, défigurée, avilie et agonisante. On attend qu’elle meure de sa belle mort pour l’enterrer. Déjà, on nous brandit une pièce de rechange : la laïcité à l’africaine ; parce que « La laïcité à l’Occidental » n’est plus adaptée à nos réalités africaines, foi du ministre SAWADOGO. Cela fait faire la moue aux gens intelligents chaque fois qu’on commence à remettre en cause le paradigme occidental et à revendiquer un modèle identitaire africain. Parce qu’on veut passer par tous les moyens pour venir à bout du terrorisme, alors il faut baliser le terrain en dénonçant la laïcité à l’occidental ; elle n’est plus bonne.

Mais on voit poindre l’envie de se tailler une laïcité sur mesure afin de se voir signer un chèque en blanc pour fouler au pied les libertés religieuses. Parce qu’il voulait régner ad vitam aeternam, l’ex président COMPAORE disait que les démocraties, en Afrique, sont encore trop fragiles pour qu’on veuille verrouiller le nombre des mandats et raccourcir le nombre d’années à 4 ou 5 ; il entendait dire qu’il voulait une démocratie à l’africaine, pas à l’occidental.

Le cérémonial de son investiture de 2010 était d’ailleurs, en soi, un rituel d’intronisation, au regard de la part belle faite aux tapeurs de bendré et de djembé. Ainsi on s’apprête à instaurer une laïcité à l’africaine qui sera béante et happante : les religions seront phagocytées et assimilées par l’Etat pour que reste et vive la religion d’Etat ; et au revoir, démocratie ! Bye !bye, droits humains ! Quand Human Rights Watch, Amnesty International et l’observatoire onusien des droits de l’homme voudront parler, on va leur balancer le refrain de Amadou DIALLO : « que les partenaires occidentaux sortent de leur complexe pour comprendre que le problème n’est pas la religion mais ceux qui la portent ou prétendent l’incarner ». On va leur dire d’aller fermer, d’abord, le camp de ‘’concentration’’ de Guantanamo avant de crier haro sur le G5-Sahel. Comme quoi, en ce 21ème siècle, la démocratie occidentale représente, tantôt un modèle de vertus démocratiques pour les jeunes démocraties africaines quand ça arrange, tantôt un tigre de papier bafouant les mêmes vertus lorsque cela dérange.

Par ailleurs, au nom de la laïcité à l’africaine, l’Etat veut veiller à la ‘’qualité’’ de la formation des imams. Déjà au Mali, 500 imams sont formés et encadrés, en partenariat avec le Royaume chérifien du Maroc. L’intention est certainement bonne, mais c’est une bombe à retardement que l’on place. Ces imams et leurs futurs prêches seront-ils à l’abri des conspirations ? Ils seront considérés comme redevables à vous seules, autorités maliennes ! ils n’attireront pas forcément du monde car perçus comme des imams acquis.

Désormais, un discours nouveau naîtra et fera croire que les sermons de telle mosquée sont faits pour répondre aux bons goûts digestes du gouvernement malien. Et contre toute attente, tous les sermons qui ne sont pas malékites vont avoir de l’appétence à l’instar du goût de l’interdit qui est irrépressible. C’est ainsi qu’on reçoit l’effet du boomerang ; sur le visage. L’Etat malien va vouloir compter sur le temps, la modernité et la sécularisation pour que prenne la mayonnaise. Mais ce sera sans savoir que les sociétés musulmanes ont fait preuve, jusque-là, d’une formidable sécularisation (peut-être pas du bon goût de certains) : elles se ‘’réislamisent’’ de plus en plus.

Du reste, l’Etat malien est fréquemment interpellé pour atteintes graves à la laïcité ; il est sérieusement soupçonné de vouloir aller vers une ‘’République islamique populaire et démocratique du Mali’’, au bon soin du ministre Thierno DIALLO et de l’imam Mahamoud DICKO ci-devant président du Haut Conseil Islamique. Pour le premier, « le Mali est un Etat laïc lié avec les religions » et pour le deuxième, il ne lui est pas interdit de faire de la politique et, conclut-il, « s’il faut leur (les fidèles musulmans) dire un choix judicieux en matière politique, il faut le faire.

Je ne vois pas en quoi cela est un mal ». (Source : Indicateur du Renouveau). Par ailleurs, la même source nous apprend qu’une organisation religieuse musulmane procède régulièrement à l’installation, dans les milliers de mosquées sur l’ensemble du territoire, des comités de jeunes musulmans comprenant chacun 13 membres au moins, pour « contrôler, orienter et contribuer de façon incontournable à toutes prises de décisions concernant la vie de la nation », et cela sous la barbe de l’Etat ; enfin, l’Etat laïc du Mali ferait de la discrimination en défaveur des Chrétiens au regard de l’absence très remarquée de la composante chrétienne dans le gouvernement, des concours de la fonction publique organisés sans tenir compte des pèlerins chrétiens.

Le cas mauritanien exposé lors de la conférence mérite d’être examiné ici. La Mauritanie est une république islamique ; sa présence à Ouagadougou pour traiter de la laïcité est donc une anomalie ; mais ce qui est intéressant à faire remarquer est que les oulémas sont exhibés par la république islamique comme de bons formateurs en matière de théologie ; or, dans les faits, ces oulémas, d’obédience sunnite, sont adoubés par le pouvoir ; ils ont même, tout récemment, lancé un appel pressant pour un troisième mandat du président ; ce sont eux qui ont donc le monopole de la formation ou de l’encadrement des jeunes en théologie islamique proche du Maroc et de l’Arabie Saoudite.

Mais que deviennent les hodjatoleslams, théologiens d’obédience chiite et donc proches de l’Iran, de l’Afghanistan, de la Turquie et surtout du Qatar ? Parce que l’Etat a pris position pour le camp sunnite, l’autre camp, dont les Frères Musulmans, se sent marginalisé, exclu. Le 22 mai 2017, les autorités mauritaniennes ont même clairement empêché la tenue d’une réunion destinée à mettre en place un haut conseil pour les Chiites de Mauritanie. Voici comment la Mauritanie n’est jamais à l’abri de l’extrémisme violent, jusque-là, même en tant que république islamique.

Enfin, au nom de la laïcité à l’africaine, des textes sont en train d’être pris pour réglementer les prêches, la gestion des écoles coraniques et les mosquées. C’est ce qui est déjà en cours au Niger. Il faut rappeler qu’Adolf Hitler et Benito Mussolini l’avaient fait, respectivement, en Allemagne et en Italie, c’est-à-dire en mettant, sous coupe réglée, les prêches chrétiens d’alors ; si en Italie, le fascisme a trouvé un peu de grâce aux yeux des chrétiens, la réaction du monde de la chrétienté ne sait pas fait attendre en Allemagne : 55 protestations en moins de 4 ans à l’encontre du Chancelier-Führer qui ne voulait plus entendre prêcher qu’il y a incompatibilité de la doctrine nazie avec l’Eglise catholique et que l’eugénisme est une hérésie ; cela a contribué à l’affaiblissement du pouvoir nazi et renforcé les liens entre protestants, catholiques et surtout juifs (qui pouvaient désormais se marier avec des catholiques).

Aux lendemains de la déchéance du régime nazi, on a assisté à une dynamisation recrue de ces religions, notamment protestantes. On tire la leçon que les lois du plus fort du moment seront toujours observées par mesure de prudence ; cette obéissance sera vécue par les consciences comme une contrainte illégitime ; de sorte que, dès que l’occasion sera venue de se désaliéner ou de se venger, elles le feront allègrement et reviendront à leurs vieilles amours, de plus bel. Tout Etat démocratique doit comprendre qu’il ne faut pas exercer, puissamment, la force sur les citoyens, tant qu’il le peut, même s’il en a le droit.

Celui qui est en face ne sait pas, forcément, toujours qu’il est en faute ni pourquoi il doit changer ; parce que vous exercez de l’autoritarisme sur lui, son esprit se refuse à écouter et à vous comprendre ; il se sent brimé ; et comme un droit qui se justifie par la force (selon le brimé ici) n’est jamais à l’abri de la violence, alors l’espièglerie, le guet-apens, les kamikazes et autres attaques massives, brutales et suicidaires auront de beaux jours devant eux. Pour paraphraser Jean-Jacques ROUSSEAU, disons que nos gouvernants et nos autorités ne seront jamais assez forts pour être les maîtres ‘’des forces du mal’’s’ils ne transforment leur force brute en droit protecteur et rassurant, en éduquant la frange jeune. Par la philosophie.

En conclusion, L’Etat doit rassurer toutes les organisations religieuses : faire preuve d’impartialité et de non-interventionnisme. Il doit se soucier, par-dessus tout, de responsabiliser (dans le sens noble du mot) les différents leaders religieux pour tout besoin de sécularisation, par exemple. Le Burkina Faso est assis sur un socle religieux quasi exclusif, soit environ 60% de musulmans, 30% de chrétiens et 10% de pratiquants de la religion traditionnelle ; travaillons tous à entretenir et à fertiliser sainement ce terreau socio-religieux ; et nous n’en demanderons jamais assez à l’Etat, cet effort. C’est pourquoi nous remémorons : un Etat dit laïc fait référence à des principes comme la séparation entre toutes les organisations religieuses et l’Etat ; il s’agit de deux institutions de natures différentes et qui disposent, chacune, d’une autonomie économique et fonctionnelle.

Un Etat laïc a aussi pour principe un traitement équitable des organisations religieuses en ce sens qu’il n’y a pas de religions privilégiées d’une part et d’autre part de religions persécutées ; pas de religions persécutées à condition qu’elles se conforment à la loi et à la morale de société. Troisièmement, tout Etat laïc veille à garantir l’exercice de la liberté de religion au sens où il y a, sur toute l’étendue du territoire, aussi bien le droit à avoir des croyances religieuses, à changer de croyance et à pratiquer un culte, qu’à n’en avoir aucune et à ne pratiquer aucun culte ; puisqu’il reste entendu que l’État laïc représente autant les croyants d’une religion ou d’une autre, que les non-croyants ; quatrièmement, l’Etat ne doit pas encourager la religion, ni aucun type de religion en particulier ; ce n’est pas du tout son rôle ; sinon il ferait du prosélytisme incombant à chacune des différentes organisations religieuses.

Cinquièmement, l’Etat doit veiller à la laïcité de la morale et de l’éducation du citoyen ; la morale et l’éducation religieuses ne sont pas à exclure mais elles sont susceptibles d’être assurées par les organisations religieuses elles-mêmes. Sixièmement, l’Etat laïc s’interdit d’entraver l’exercice du culte religieux d’une organisation légalement enregistrée et d’intervenir directement dans le déroulement de celui-ci, ainsi que dans les structures organisationnelles de ces organisations.

Kpagnawnè Domètièro Anissé MEDA, professeur certifié de philosophie. E-mail : medado72@yahoo.com

Vos commentaires

  • Le 17 juin à 12:43, par RV En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Cher Pr. Merci pour votre belle contribution au débat sur la laïcité qui a traversé, traverse et traversera toute civilisation. Nos anciens diront tout simplement que la laïcité, c’est le Vivre Ensemble ! Le rôle de l’Etat est d’assurer la Police de nos accords et de nos désaccords qui sont tout deux dynamiques. Aux citoyens de faire siens la belle philosophie de Matin Luther KING et de biens d’autres "sages" : "Si nous échouons à Vivre Ensemble, nous mourrons ensembles comme des Imbéciles"
    En bon philosophe, vous savez que toute thèse a une antithèse.
    Les contres exemples à vos exemples peuvent affaiblir et caricaturer votre haute contribution. Je vous serai redevable de rester dans les principes et non des actes.
    Merci de nous mobiliser sur le rôle de l’Etat, donc de tous, à marginaliser toute dérive.

    Répondre à ce message

  • Le 17 juin à 16:35, par Leicora En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Très belle analyse, bien documentée, bravo, malheureusement nous sommes devenu si mesquins que n’utilisons toute chose qu’à des fins inavoués.

    Répondre à ce message

  • Le 17 juin à 16:52, par Le philosophe En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Ta photo fait un peu kosweogo. Il fait très chaud au Burkina mais en décembre, ce blouson dérange. Je sais qu’au village et les kosweto surtout quand ils revenaient de la côte d’ivoire, pour se faire voir, se permettent ce genre d’acoutrement même en plein midi.
    Bonne continuation dans la philosophie.

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 09:34, par AMKOULEL En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Analyse digne d’intérêt. Suis ravi de lire ton texte.
    Mais des questions me viennent à l’esprit :
    1- Peut-on laisser des organisations confessionnelles (de tout bord confondu) intervenir dans des domaines régaliens de l’Etat comme l’éducation, la santé du peuple ? Quand on sait que toutes ces actions (éducation, santé ....) ont pour objectif de former, soigner l’élite politique de l’Etat de demain. La raison selon laquelle, l’Etat ne peut pas tout faire pour justifier cela est infantilisant et non suffisante à mon sens.
    Si oui, la forme actuelle de ces interventions sont-elles en adéquation avec le principe moteur de la laïcité de l’Etat ?
    2- Comment des hommes/femmes politiques formés dans ce genre de canal peuvent-ils gérés le pouvoir d’Etat dénué de leur couleur confessionnelle ?
    3- Comment nos pays, nos territoires ont traité cette de religions avant l’ère de la colonisation, qui a institué la forme actuelle de l’Etat ?
    4- ...
    Bref, encore merci pour ce brillant écrit.

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 09:53, par bensom En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Très belle analyse mon cher ami.Bonne suite.

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  • Le 18 juin à 10:05, par Kôrô Yamyélé En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    - Mon ami, tu as oublié de dire dans ton écrit, que Oumar Aldjana a annoncé à l’AFP, la création d’un mouvement politico-militaire dénommé Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice ‘’ANSIPRJ’’ pour poursuivre la défense des Peuls. Il s’est présenté comme étant le Secrétaire général de cette organisation. M. Aldjana avait récemment dénoncé, au nom de ‘’Kawral Poulakou’’ ou ‘’Entente Peule’’, le massacre de plusieurs dizaines de civils peuls par une milice, qui n’avait pas été précisée, après des affrontements entre des éleveurs peuls et des cultivateurs bambara dans le centre du Mali.

    CONCLUSION : Dans tous nos pays du Sahel, nos autorités doivent faire attention à ne pas réveiller la chat qui dort !

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 18 juin à 10:14, par Kôrô Yamyélé En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    ’’Et au cas où l’Etat l’eut voulu, comment doit-il subventionner les dépenses des adeptes de la religion traditionnelle, dépenses liées aux achats de poulets, de mil germé pour le dolo, de farine pour le zom-koom… ?’’.

    - Mon frère, ils le font en cachette en envoyant des boeufs à des féticheurs pour demander aux diables de maintenir leur pouvoir vaille que vaille et tant pis pour le peuple.

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 18 juin à 10:19, par Jonassan En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    C’est une belle et forte contribution. Au Burkina, on voudrait une loi pour interdire toute réflexion sur la religion, comme çà on est "tranquilos" et pourtant, comme çà le terrorisme bat son plein et peu à peu ronge le terrain du pouvoir. On veut que l’Etat soit organisé au bon vouloir des religions qui battent des pieds et des mains pour s’y ancrer.
    L’Etat doit BEAUCOUP ET BIEN réfléchir dans sa volonté affichée de quitter la politique de l’autruche mais il est IMPERATIF DE BEAUCOUP ET BIEN REFLECHIR. Ouvrons-donc nos oreilles aux pensées des philosophes. Merci !

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  • Le 18 juin à 10:25, par Kôrô Yamyélé En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    - Il y aussi un nouveau groupe armé, l’Alliance pour le Salut au Sahel ou ASS, qui est né et qui a annoncé son existence et le début de ses opérations dans la zone du Centre du Mali. L’ASS a été fondé par un comité de réflexion composé de personnalités politiques et militaires et elle existe depuis environ 8 à 9 mois. Son chef, Bacar SOW, a dit qu’ils ont drapeau Noir, Rouge, Blanc et il dit : ‘’Le noir symbolise la souffrance humaine dans ces zones du Mali, le rouge, les massacres et tueries qui sont devenues monnaies courante dans le Centre du Mali et le blanc, naturellement, va avec nos coutumes, nos traditions et les valeurs cardinales du centre’’.

    Pour le moment, ils sont une centaine, mais selon le Chef, ça va augmenter dans les jours à venir, et ils opèrent de Nampala jusqu’à Bambara Maoudé et Boulikessi (Vers le Soum n’est-ce pas ?). Concernant leurs combattants, il dit : ‘’Certains proviennent d’autres mouvements armés et nous ont rejoint. Nos combattants sont aguerris et nous avons confiance en eux. Ils ont les moyens d’opérer et ils sont déjà en train de travailler, de faire des patrouilles aujourd’hui dans les localités, ils sont en train d’empêcher la milice dozo ou d’autres combattants de nuire’’.

    CONCLUSION : Une fois de plus ne réveillons pas le chat qui dort !

    Par Kôrô Yamyélé

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 10:35, par bdahien En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Professeur MEDA, merci beaucoup.
    Vous avez fait votre part. Comme vous le dites bien. Il y a panique à bord. Quand on veut se complaire de solutions "tout de suite et maintenant", on peut facilement se retrouver dans pire que ce que l’on voulait résoudre...
    Toutefois, il n’est pas plus sourd que celui qui refuse d’entendre.
    Merci pour votre présentation, propre, bien illustrée, prête à la consommation.
    Dieu vous garde.

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 10:48, par Kôrô Yamyélé En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    - Pour la bonne gouverne de tous, lisez ceci, publié par RFI le 11-09-2016 Modifié le 11-09-2016 à 11:07. Je dis bien ‘’Publié par RFI’’ et non par Kôrô Yamyélé, qu’on se le dise bien !

    LISEZ DONC  : Au Mali, une nouvelle coordination de toutes les associations peules dirigée par l’ancien Président de l’assemblée nationale, Ali Nouhoun Diallo, a vu le jour. Elle a rendu public, samedi 10 septembre, un mémorandum avant de rencontrer des journalistes. L’objectif de ce manifeste est de dénoncer ’’les exactions commises contre des civils peuls dans le centre du Mali’’ qui se multiplient ces dernières semaines.

    Parmi les signataires du manifeste, il y a des cadres maliens peuls et des sympathisants de la culture peule. Ils ont occupé ou occupent des postes de responsabilité au Mali. Tous affirment qu’il y ait des cas d’injustice à l’égard des civils peuls, souvent injustement considérés comme des jihadistes. Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, patriarche, coordonne toutes les associations peules du Mali, et dit ’’Nous disons qu’il faut arrêter l’amalgame. Tout acte posé par un Peul quelque part, on veut que ce soit toute la communauté peule ?!’’, s’indigne Ali Nouhoum Diallo, au micro de RFI (et pas de celui de Kôrô Yamyélé). Il voudrait ‘’que l’on mette fin’’ au délit de faciès.

    Sans mâcher ses mots, Ali Nouhoum Diallo pointe du doigt certains membres des forces de sécurité du Mali : ‘’Certains éléments de nos forces armées et de sécurité - qui n’ont pas été suffisamment bien éduqués militairement, politiquement - pour un oui, pour un non tombent sur les Peuls, les ramassent ! Ils sont enfermés ! Spoliés de leurs biens ! Il faut reconstruire la colonne vertébrale de tout Etat : les forces armées et de sécurité’’, a-t-il ajouté.

    Attention, si l’Etat ne fait rien, des groupes armés peuls peuvent très rapidement développer des thèses indépendantistes dans le centre du Mali, prévient l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali.

    Chers amis, cet avertissement vaut aussi pour nous au Burkina ici où pour un OUI ou NON, des paysans soi-disant sous le sceau de l’autoctochtonie, vont incendier les campements peuls et tuer des humains et des animaux !

    - Une fois de plus, laissons les fantômes dehors de notre pays  !

    Par Kôrô Yamyélé

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 11:44, par zangsda En réponse à : De la laïcité béate à l’athéisme d’Etat au Burkina Faso

    Ce philosophe doit devenir roi.

    Répondre à ce message

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