Révision du statut de l’opposition au Burkina : Eddie Komboïgo et Mamadou Kabré déplorent l’attitude du gouvernement

LEFASO.NET | Tambi Serge Pacôme Zongo • mardi 5 juin 2018 à 04h00min

À la faveur de son hebdomadaire point de presse, le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF), s’est prononcé, ce mardi 5 juin 2018, à son siège de Ouagadougou, sur la saison pluvieuse et le début de la campagne agricole, les examens et concours de 2018 et la situation politique nationale. Les conférenciers du jour étaient le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo ; et Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya.

Révision du statut de l’opposition au Burkina : Eddie Komboïgo et Mamadou Kabré déplorent l’attitude du gouvernement

Pour cet énième rendez-vous hebdomadaire avec la presse, le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF), à travers le président du Congrès pour la démocratie et le progrès(CDP), Eddie Komboïgo, et Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya, a donné sa lecture sur divers sujets regroupés en trois grands points et ayant marqué l’actualité ces derniers temps.

Saison pluvieuse et début de la campagne agricole

« Sincères condoléances aux familles des victimes », a d’emblée formulé Eddie Komboïgo, à l’endroit des familles des personnes décédées suite à la pluie de la nuit du 31 mai au 1er juin dernier, à Bassinko (localité située à quelques encablures de Ouagadougou). Ensuite, il a invité le gouvernement, au regard des annonces de fortes pluies faites par l’Agence nationale de météorologie, à la prise de mesures allant dans le sens « de travaux d’entretien en urgence dans les localités et sur les routes dont les infrastructures ne répondent plus aux normes de qualité », afin de ne pas répéter « le cas de Bassinko ».

« Que cette saison soit celle de l’abondance et de la satiété, et qu’elle soit meilleure que la précédente », a souhaité le président du CDP aux paysans du Burkina Faso, quand il s’est agi d’aborder le sujet de la campagne agricole. Pour le CFOP, il est impérieux, du fait de leur majorité, que les agriculteurs et éleveurs soient mieux écoutés et accompagnés. Quant aux semences améliorées, gratuitement distribuées entre 2010 et 2014, les conférenciers disent faire le constat d’une politique « jetée aux oubliettes ».

Concours et examens 2018

Président du Congrès pour la Démocratie et le Progrès(CDP), Eddie Komboïgo

C’est par une dénonciation de la mesure gouvernementale, celle de réduire de 40% les postes à pourvoir dans la Fonction publique, en ce qui concerne l’année en cours (2018), que l’opposition politique burkinabè a débuté ce second grand point inscrit à l’ordre du jour. « C’est un recul grave puisque le gouvernement du MPP ne fait rien de sérieux pour promouvoir l’auto-emploi des jeunes et une véritable émergence des petites et moyennes entreprises », a regretté Eddie Komboïgo.

Du délai annoncé pour le dépôt des dossiers de candidatures (10 jours), l’opposition souhaite sa prolongation d’au moins une semaine, dans le souci d’aider les postulants. Aussi, au vu et au su du nombre qui ne fait que croître d’année en année, suggestion est faite au gouvernement de miser sur la déconcentration des lieux de dépôts dans les chefs-lieux de province et sur une inscription en ligne plus aisée.

Pour les examens scolaires qui s’annoncent, le rival politique du gouvernement avoue s’inquiéter du sort des élèves du Sahel. « Leurs cours ont été perturbés par des attaques à répétitions. Leurs enseignants ont été parfois contraints de quitter leurs postes sous la menace terroriste. Beaucoup d’élèves et leurs parents ont dû fuir leurs villages, et des écoles ont fermé », a rappelé le président du CDP.

De fait, il a invité le pouvoir politique tenant les reines, à accompagner ces élèves du Sahel à divers niveaux : pédagogique, psychologique et matériel. Egalement, en instituant une bourse spécifique pour les élèves du Sahel autorisés à aller en classes de 6e et 2de. De toutes les mesures et décisions à prendre, le plus urgent aujourd’hui est, selon l’opposition, un engagement ferme de l’Etat de faire taire les armes dans cette partie du territoire national.

Sur la situation politique nationale

Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya, parti communiste du courant sankariste, est l’autre conférencier qui a accompagné le président du CDP pour ce face-à-face avec les Hommes de médias. Il a ainsi fait part du contenu du troisième et dernier grand point de la rencontre, qui s’articulait principalement autour du projet de loi portant révision du statut de l’opposition et du vote du nouveau code pénal.

Mamadou Kabré, président du PRIT-LANNAYA, Parti communiste du courant sankariste

À ce sujet donc, le CFOP reconnaît que ledit projet de révision est le fait du gouvernement. Initiative qui, d’ailleurs, a rencontré l’assentiment de l’opposition parlementaire, car « visant à combler un vide juridique ». C’est juste au moment du vote, révèle le CFOP par la voix de Mamadou Kabré, que les députés de la majorité ont choisi de boycotter le texte, en demandant son retrait. Pourtant, poursuit-il, ce projet a été soumis à toutes les commissions indépendantes, et a fait l’objet d’une discussion en plénière.
Pour son appréciation, le CFOP-BF déclare : « Nous ne comprenons pas cette manière de travailler. Un gouvernement peut retirer un texte, mais il ne peut pas le faire au moment de passer au vote ». « Pourquoi ne l’avoir pas fait après le travail en commission ? », se questionne-t-il avant de présumer : « Soit le gouvernement s’est concerté au préalable avec sa majorité, et si tel est le cas, la majorité a choisi d’humilier son propre gouvernement. Soit le gouvernement ne s’est pas concerté avec sa majorité, et cela pose un problème dans la conduite des affaires du pays ».

Revenant au vote du nouveau code pénal, le 31 mai dernier du côté de l’Assemblée nationale, l’opposition admet d’emblée, l’inadéquation de l’ancien code avec les réalités actuelles liées à la criminalité. Elle trouve, en revanche, des insuffisances à la nouvelle loi, en se fondant sur la précipitation avec laquelle elle fut élaborée. L’opposition en veut pour preuves quelques dispositions dudit code qui ne reflèteraient pas les réalités du Burkina, notamment l’article 513-2, alinéa premier. Cette dernière « traite du rapt alors qu’il constitue une valeur pour certaines ethnies de notre pays », a regretté Mamadou Kabré. L’autre argument avancé par le CFOP, c’est l’absence de « techniciens du droit et de la chefferie coutumière » lors de la schématisation du projet de ce code pénal.

« Le projet de constitution de la Ve République prévoit, à son article 5, l’abolition de la peine de mort. Cette question a fait couler beaucoup d’encre et de salive, tant au niveau de la commission constitutionnelle qu’au niveau des régions. La question n’ayant pas été définitivement tranchée, il serait judicieux d’attendre l’adoption de la Constitution », a suggéré le président du Prit-Lannaya sur la question de l’abolition de la peine de mort. En résumé, pour le CFOP, la peine de mort est suffisamment importante pour être évacuée par l’adoption d’une loi portant code pénal.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés