Assemblée nationale : Un panel de haut niveau pour une meilleure gouvernance des ressources minières au Burkina

LEFASO.NET | Tambi Serge Pacôme Zongo • mercredi 30 mai 2018 à 00h35min

Un panel de haut niveau s’est ouvert ce mardi 29 mai 2018, à l’Assemblée nationale, sous le thème : « La gouvernance des ressources minières au Burkina Faso ». L’objectif de cette rencontre, selon les organisateurs, est de « trouver des pistes de solutions afin d’améliorer la gouvernance du secteur minier ».

Assemblée nationale : Un panel de haut niveau pour une meilleure gouvernance des ressources minières au Burkina

Trois conférenciers ont été les principaux animateurs de ce panel ouvert autour du thème de « la gouvernance des ressources minières au Burkina Faso ». En effet, Augustin Bélembaogo, administrateur des services fiscaux, consultant international ; Ouindélassida Ouédraogo, ingénieur géologue à la retraite et consultant international ; et Pierre Beauchemin sont les personnes qui ont procédé au décorticage des éléments qui composent ledit thème.

Il a été question, pour Pierre Beauchemin, à l’entame de l’exposé général, de décliner les objectifs et le contexte global liés à l’étude du thème. Ce faisant, il avance que les objectifs clairs, c’est l’inscription dans la continuité des travaux de la commission d’enquête parlementaire, la mise en évidence des meilleures pratiques du monde, la proposition de pistes de solutions dans le but de mieux capter et maximiser les opportunités économiques et sociales liées à l’exploitation minière… Quant au contexte, il cite l’importance de prendre en compte le contexte global dans la planification, le marché mondial, le marché régional (UEMOA/CEDEAO), ainsi que la présence de plusieurs pays au profil minier similaire.

Ouindélassida Ouédraogo, ingénieur géologue à la retraite et consultant international

Le second intervenant, Ouindélassida Ouédraogo, ingénieur géologue à la retraite et consultant international, s’est penché sur le profil minier au Burkina Faso et la politique minière. Selon lui, le Burkina Faso compte à la date d’aujourd’hui, douze mines d’or et une mine de zinc. Et d’après la politique minière existante (la Politique sectorielle des mines, POSEM 2015-2022), l’on doit créer les conditions favorables à la recherche et à l’exploitation rationnelle et durable des ressources minérales, créer un secteur minier compétitif, capable d’impulser la croissance économique et le développement durable du Burkina Faso, etc.

Augustin Bélembaogo, administrateur des services fiscaux, consultant international, a, pour sa part, fait un état des principaux constats observables dans le secteur des mines. Il relève à cet effet que le cadre légal, bien que complexe, est suffisant. Cependant, la mise en œuvre et le suivi sont souvent limités. Il soutient également que la vision n’est pas entièrement opérationnalisée et qu’elle tarde à maximiser les retombées pour les populations, les entreprises et les travailleurs. Par ailleurs, il note un manque de ressources financières, humaines et matérielles, un faible cadre de concertation et de coordination interministérielle, et un secteur des mines artisanales qui représente une source importante de tensions.

Pierre Beauchemin, conférencier

Au titre des recommandations, les panélistes ont premièrement souhaité que soit priorisé le renforcement des institutions chargées de la mise en valeur des ressources naturelles. Et qu’ensuite soit encouragé le dialogue en institutionnalisant les structures multipartites de concertation et coordination. Aussi, que l’on intègre la politique minière au cadre de développement de réduction de la pauvreté. En outre, ils conseillent la création d’un fonds souverain afin de combattre la faible traçabilité de l’utilisation des recettes minières, en vue d’inciter le gouvernement à planifier sur un horizon lointain. Ils préconisent finalement l’approfondissement de la coopération régionale dans le but d’éviter une concurrence « malsaine » dans le secteur minier.

L’exposé, qui a fait l’objet de ce panel, est le fruit d’une mission organisée avec l’appui financier du gouvernement du Canada, à travers le Projet d’appui à la démocratie. Faisant suite au rapport d’enquête parlementaire de 2016 sur le secteur minier, la tenue dudit panel vise de manière générale à « attirer l’attention et donner les informations pour que tout le monde se ressaisisse en ce qui concerne les activités minières », a fait savoir le consultant Ouindélassida Ouédraogo.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 30 mai à 14:57, par Arch En réponse à : Assemblée nationale : Un panel de haut niveau pour une meilleure gouvernance des ressources minières au Burkina

    Quels sont ces gens et on parle de Panel de haut niveau ? Pas besoin d’etre expert pour savoir une traçabilité des recettes minières est necessaire, c’est trivial que c’est l’après or qui sera un problème pour le Burkina. Qu’avons nous fait pour pour préparer la fin des ressources naturelles,lespays arabes préparent leur après pétrole mais je suis sur qu’ici les gens s’en foutent l’essentiel pour eux c’est de garantir l’avenir de leurs enfants. L’avenir est trop sombre pour le pays.

    Répondre à ce message

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