Recrutement d’assistants et de chercheurs : À quand une université nouvelle au Burkina Faso ?

Par Bassirou Ouédraogo • mercredi 22 novembre 2017 à 17h50min

Ceci est ce qu’il convient d’appeler un coup de gueule attribuable au « recrutement d’assistants et de chercheurs au profit des institutions publiques d’enseignement supérieur et de recherche ». Il concerne donc le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. J’espère que des compatriotes complèteront d’une manière ou d’une autre ce témoignage d’un citoyen en colère.

Recrutement d’assistants et de chercheurs : À quand une université nouvelle au Burkina Faso ?

Mon opinion est particulièrement fondée sur des échanges avec des candidats potentiels et des candidats. Elle se base aussi sur un suivi personnel et une analyse du processus de recrutement. Globalement, je constate un amateurisme déconcertant.
Le premier communiqué : « Nombreux sont ceux qui ont contacté les universités et le CNRST sans succès »

Fin mai 2017, alors que les rumeurs allaient bon train, le dit Ministère publie un communiqué concernant ce recrutement au titre de l’année 2017. Il précise que « les conditions de candidature ainsi que les délais de dépôt des dossiers peuvent être consultés auprès de chaque structure bénéficiaire ». Il évoque le nombre de postes par structure sans citer les disciplines. Nombreux sont ceux qui ont contacté les universités et le CNRST sans succès. Ces structures ne savaient absolument rien de ces conditions et détails ou encore des disciplines. C’était comme si elles n’avaient pas été associées au recrutement. Il a fallu attendre le communiqué du 22 juin 2017 pour avoir ces informations.

Le communiqué du 22 juin 2017 : « Sur quelles bases claires et transparentes… ? »

Il présente une longue liste de pièces entrant dans le cadre de la composition du dossier de candidature. Jusque-là tout va bien ! C’est comme d’habitude avec entre autres la fameuse demande manuscrite timbrée à 200 francs CFA ! Une information importante manque pourtant. Il s’agit des critères fondamentaux de recrutement. Prenons le cas d’un assistant. Bien sûr, il est question de doctorat. Il reste que tous les candidats potentiels ont ce diplôme. Sur quelles bases (compétences, expériences, …) claires et transparentes vont-ils donc les départager puisqu’on part du principe qu’il y’aura plus de candidats que de postes ? Ce n’est nullement anodin de préciser ces bases qui peuvent être le nombre de publications, le fait d’avoir déjà enseigner ou donner des travaux dirigés, … Peut-être que les recruteurs avaient ou ont eu de telles bases. Mais ça coûte quoi de les publier ? En plus, cela permet à un candidat potentiel d’évaluer sa propre situation avant de se lancer dans la démarche qui est plutôt lourde.

À la publication du communiqué du 22 juin, on constate aisément que les potentiels candidats ont quelques 3 semaines (26 juin au 14 juillet 2017) pour déposer – à Ouagadougou, à la Direction des Ressources Humaines (DRH) du Ministère – leurs dossiers. Pourtant, il faut avant tout les constituer. C’est bien de vouloir centraliser le recrutement, mais c’est encore mieux de prendre en compte certaines réalités. Tous les candidats potentiels ne vivent pas à Ouaga. Il y’en a aux quatre coins du Burkina Faso et au-delà, dans d’autres pays et continents. Pour ceux vivant au Faso mais pas à Ouaga, on aurait pu permettre des dépôts contre récépissés dans les universités et centres universitaires du pays qui seraient alors chargés de les convoyer à la DRH du Ministère.

Pour les candidats de la diaspora, il ne s’agit pas de leur accorder des avantages mais de leur faciliter la démarche si bien sûr l’objectif est de les ramener au pays, si bien sûr on a besoin d’eux. Quand même ! Il y a les ambassades et les consulats que le Sénégal a dernièrement utilisés comme lieux de dépôt lors d’un récent recrutement de docteurs pour ses universités. Concernant encore le dépôt, l’exclusivité de certaines pièces du dossier est incroyable. Notamment, la Carte nationale d’identité burkinabé est exigée comme si le passeport ne pouvait pas constituer une preuve de cette identité.

Le communiqué du 22 juin, encore lui, précise que « le recrutement comporte une phase d’instruction des dossiers et une phase d’entretien oral ». Je doute que la première phase ait déjà eu lieu dans les universités du pays des Hommes intègres du moment où la norme a toujours été la suivante : chacun place son bon petit. Quant à la seconde phase, elle est à ma connaissance nouvelle dans l’enseignement supérieur et très pertinente à mon humble avis. Chacun doit venir défendre sa candidature et c’est normal car, au-delà de tout faux-semblant, il faut départager. Le communiqué souligne que « les lieux et dates du déroulement des entretiens oraux seront communiqués ultérieurement ». Là, ce n’est pas normal.

Une institution digne de ce nom précise ce type d’informations, lesquelles sont importantes afin que les postulants s’engagent en connaissance de cause dans la démarche. Nous avons tous des impératifs et vivons en fonction de ceux-ci. Il a fallu attendre le communiqué du 4 octobre 2017 pour connaître les lieux et dates des auditions.

Le communiqué du 4 octobre 2017 : « Manque d’organisation… »

Il informe que les auditions vont se tenir du 16 au 20 octobre 2017 de 8h à 20h. S’il ne laisse que quelques 12 jours aux candidats ayant déposé leurs dossiers pour venir à Ouaga, il ne donne pas deux informations importantes : le jour exact et l’heure exacte pour chaque candidat. De telles informations seront connues le 16 octobre à 8h. On est où là ? C’est tout simplement incroyable !

Quand on dit du 16 au 20 octobre de 8h à 20h, cela signifie que l’audition peut avoir lieu entre le 16 octobre et le 20 octobre de 8h à 20h. Même quand on vit à Ouaga, un tel communiqué ne peut que laisser sans voix. Quand on vit en Europe ou en Amérique, c’est encore pire ; surtout quand on a un travail. Qu’est-ce que cela aurait coûté de publier des listes de candidats avec les jours et les heures ? Rien du tout !

Pour ce que j’en sais, ces délais et ces informations non-précisées ont découragé des candidats, ceux-ci ayant décidé d’abandonner. Et on nous dira qu’il y a eu un manque de candidats. C’est complétement FAUX ! Il y a eu un manque d’organisation. Les auditions ont donc eu lieu du 16 au 20 octobre 2017 ! À quand les résultats ? Personne ne le savait. Je pense que même la DRH du Ministère ne le savait pas.

Le Procès-verbal de délibération du 14 Novembre 2017

Le communiqué du 22 juin 2017 précise que « l’intégration ou le détachement prendra effet pour compter du 1er novembre 2017 ». Il a fallu attendre le 14 novembre pour avoir le procès-verbal de délibération qui ne précise toujours pas les fameux critères mais classe pourtant les candidats. Deux semaines de retard ! Peut-être qu’il y a eu quelques difficultés. Pourquoi ne pas communiquer pour dire aux candidats ce qu’il en est exactement ? Pourquoi ne pas expliquer la non-publication des résultats et fixer une nouvelle date ? En communiquant sur le 1er novembre, le Ministère oublie qu’il en fait une règle qu’il est lui-même tenu de respecter. Pourtant, il ne la respecte pas et ne dit rien comme si tout était normal. Non ! Mesdames et Messieurs du Ministère, ce n’est pas normal !

Le pire est ailleurs. En parcourant le procès-verbal, je me rends compte qu’il y a des postes – de certaines disciplines – qui ne sont pas pourvus. N’y avait-il pas de candidats ? Ne sont-ils pas venus aux auditions ? Si la réponse est « non » alors cela relève largement de la procédure de recrutement et notamment des points que j’ai abordés. Ou est-ce que les dinosaures de nos universités ont tout fait pour continuer à profiter du système ? On sait tous que la plupart préfèrent les heures supplémentaires. Pour certains postes, le procès-verbal parle de potentiel disponible. Qu’en est-il exactement ? Est-ce une sorte de liste d’attente ? Qui sont les candidats retenus en tant que potentiels disponibles ?

Dans tous les cas, c’est drôle de lire qu’il y a un potentiel disponible quand on sait qu’il y a un manque d’enseignants dans nos universités. Selon le dernier Tableau de bord de l’Université Ouaga 2, le ratio enseignant/étudiant est de 1/92 en 2016, la norme fixée par l’UNESCO étant de 1/25 et pouvant être atteint en 2044 – « toutes choses égales par ailleurs » – par le Burkina Faso. Dans quelques 27 ans donc si tout va bien ! Et que fait-on du potentiel ? On se contente de dire qu’il est disponible et on est content !

Au-delà, en tapant quelques noms de candidats retenus sur internet – et je vous invite à le faire – je me rends compte que bon nombre sont des anciens étudiants d’enseignants bien connus. Comme quoi, on place toujours son bon petit. Ces mêmes enseignants, d’après mes informations, étaient dans les commissions pour les auditions. Pourtant, recruter, c’est un métier et un enseignant n’est pas un recruteur. Il y a les fonctionnaires de la DRH du Ministère pour cela. Il s’agit de confronter des compétences d’un candidat à des compétences attendues et c’est à ces fonctionnaires – formés dans cette logique – de s’y employer. Nul besoin de commissions coûteuses pour cela. D’ailleurs, qu’ils nous disent quel a été le coût de ces commissions ? Vous verriez à quel point elles ne s’imposaient pas au regard du résultat final.

Bref !

L’université va toujours mal ! Ce n’est pas surprenant entre le retard académique, le manque d’infrastructures et d’enseignants ou encore cette procédure de recrutement parsemée d’un profond et désolant amateurisme qui ne dit pas son nom. C’est malheureux ! Il y avait tous les ingrédients pour mieux faire et ce n’était pas compliqué. Finalement, tout aura été comme avant. Les vieux démons de nos universités ont repris le dessus. Pourtant, nous devons nous en débarrasser pour construire une université nouvelle qui forme pour demain et non pour hier.

Notamment, nous devons regarder vers la diaspora qui compte énormément de docteurs appréciés en Afrique et en Europe, qui ont fait de bonnes thèses et enseignent déjà dans de grandes universités. J’ai échangé avec un certain nombre et j’en ai d’ailleurs encouragés à déposer leurs dossiers ; ils ont participé aux auditions et je n’ai pas vu leurs noms dans le procès-verbal. Certains m’avaient dit : « Le pays ne veut pas de nous ». Et je leur avais dit que c’était faux ! Il me semble qu’ils ont raison.
Des docteurs burkinabè sont prêts à rentrer, mais les conditions sont dissuasives. Le Burkina Faso recrute des docteurs pour qu’ils donnent des travaux dirigés (TD) ; il prend énormément de temps pour les intégrer et payer leurs salaires qui sont bas par rapport à ceux de la sous-région ; ses universités ne disposent pas du minimum pour un confort minimal (salles, …) … Ce n’est pas normal.

Imaginez donc un docteur burkinabè qui donne déjà des cours dans une université canadienne, dans des conditions optimales et qui gagne bien sa vie. On lui propose de rentrer au Faso pour donner des TD dans des conditions déplorables, ne recevoir son premier salaire que plus d’un an après son recrutement dans le meilleur des mondes. Le jeu n’en vaut pas la chandelle et ce n’est pas une question de patriotisme.
N’oublions pas qu’il y a d’autres universités en Afrique et dans le monde qui offrent de meilleures conditions. Il y a une concurrence qui est rude. Pour que nos docteurs rentrent, il va falloir les courtiser parce qu’ils sont compétents. S’ils ne l’étaient pas, ils n’auraient pas obtenu leurs diplômes dans les grandes universités du monde. Il n’y a pas de mal à courtiser des compatriotes compétents surtout si nous voulons construire une université nouvelle.

Nos responsables n’ont pas encore compris, me semble-t-il, l’urgence de la situation. Notre Faso, depuis l’insurrection, est à un carrefour périlleux. Dans une logique d’apprentissage de la démocratie, la rue parle ; elle crie. Dans le secret des dieux, elle dicte certainement sa loi. Après ces 27 années qu’on ne présente plus, notre contrée cherche son chemin. C’est normal et ça prendra le temps que ça prendra même si le plus tôt serait le mieux pour tous. Les enjeux, au regard des attentes, sont nombreux. Il y a tellement à faire. Pourtant, on ne pourra pas tout faire ici et maintenant. Il faut du temps et nous n’en avons pas.

Je n’aimerais pas être à la place de notre Président, celui-ci devant instaurer l’autorité de l’État, condition incontournable d’un présent et d’un futur communs. Notamment et ce n’est pas compliqué, il doit travailler à mettre les personnes qu’il faut aux places qu’il faut. Il en va de son mandat. Il y a des compétents et des incompétents dans la fonction publique et dans nos ministères.

Ce qui est sûr, le « recrutement d’assistants et de chercheurs au profit des institutions publiques d’enseignement supérieur et de recherche » montre qu’il y a des incompétents – malheureusement entre autres ministères – au Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation et dans nos universités. Ceux-ci ont été nommés et pas élus. Leurs incompétences relèvent de la responsabilité de ceux qui les ont nommés. C’est simple !

Bassirou Ouédraogo
Consultant en Gestion de Ressources Humaines
ouedrao.bassirou@gmail.com

Messages

  • Cher Monsieur,

    Ayant moi-même été candidat à ce recrutement j’ai relevé autour de moi les insuffisances de la présente procédure de recrutement. Comme insuffisances j’ai pu relever :
    - Le temps restreint entre l’ouverture officielle du concours et la date limite de dépôt des dossiers de candidature. En effet, si je ne m’abuse ce n’est que le vendredi 23 juin 2017 que l’annonce du recrutement a été publiée sur Lefaso.net et la date limite de dépôt des candidatures était fixée au 14 juillet 2017 ce qui laissait peu de temps à tous les candidats notamment ceux qui sont à l’extérieur de constituer et déposer leurs dossiers.
    - Ensuite, les agents chargés de la réception des dossiers au MESRI ont refusé d’enregistrer les dossiers des candidats qui avaient fourni une copie légalisée de leur passeport en lieu et place de la copie légalisée de la CNIB comme demandée par le communiqué d’ouverture. Quand on sait qu’en termes de sûreté un passeport présente plus de garanties de fiabilités qu’une CNIB ce refus ne peut être compris que comme une volonté délibérer d’empêcher les candidats de l’extérieur de prendre part au concours.
    - Enfin, après la publication de la liste des candidats en début août, ce n’est qu’en début octobre qu’un communiqué pas très officiel convoquait les candidats pour des auditions qui devaient commencer à partir du 16 octobre. La publication de ce communiqué a été faite moins de deux semaines avant le début des auditions ce qui laissait encore peu de temps aux candidats de la diaspora de rentrer à temps pour y prendre part.

    En dehors de ces insuffisances, je pense que tout le reste de la procédure s’est assez bien passée. Les membres des jury d’auditions ou du moins ceux qui ont officié pour le compte des Sciences Juridiques et Politiques étaient d’une probité et d’une neutralité reconnues par tous les candidats. Ce nouveau mode de recrutement est plutôt (toujours selon moi) à féliciter car il est permet d’éviter l’opacité qui entourait les modes de recrutement précédents où l’on ignorait presque tout du processus et même de la date d’ouverture du concours.

    Cher Monsieur Ouédraogo, je pense qu’il ne faudrait pas jeter le discrédit sur tout le processus de recrutement et jeter les candidats admis en pâture en sous-entendant qu’ils seraient tous les "bons petits de tel ou tel autre grand Professeur" . Vous ferez mieux de proposer des pistes d’amélioration du processus de recrutement pour les années à venir. Le MESRI était à sa première expérience dans la mise en œuvre des nouvelles mesures de recrutement ce qui justifie les nombreux tâtonnements que vous avez bien exposé dans votre écrit. Je crois que ce sera mieux la prochaine fois. Écrire un article au vitriol n’est pas à mon avis la bonne chose à faire.

    • Si effectivement des candidats ayant des publications sont laissées pour prendre des candidats qui n’ont pas de publication alors il faut craindre pour ce recrutement. C’est vraiment difficile de comprendre nous ne pouvons rien faire de sérieux. Mais quand on regarde au niveau du CAMES la légèreté qu’il y a on ne peut s’attendre à mieux dans nos Universités.

  • Monsieur le consultant en GRH,
    A vous lire il faut simplement annuler le recrutement car entaché de mauvaise organisation et favoritisme. Toutefois, je trouve un peu trop légère et très subjectives vos conclusions pour une raison très simple : votre démarche méthodologique d’analyse manque de rigueur. Vous ne pouvez pas vous baser sur des candidats et potentiels et votre supposé suivi pour tirer des conclusions robustes. Vous incriminé le Ministère (je ne suis pas du ministère je précise) sans nul part dans votre démarche eu recours à ces acteurs pour comprendre.

    Le processus de recrutement est une première et il est évident que les erreurs n’ont pas manqué, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut peindre le tableau en noir. Au contraire, aidons à faire de propositions pour que les prochains recrutement soient meilleures, mais ne restons pas sur les petits ragots de quartier. Je vous donne un exemple après renseignement, les dossiers ont été instruits suivant une grille disponible avant les entretiens, chaque candidat a reçu une note chiffrée de l’évaluation sur dossier et de l’entretien. Il y a donc des critères vérifiables, je ne dis pas non discutables. Ensuite des postes non pourvus simplement profils inadéquats des candidats. Ce n’est pas parce qu’un un docteur vient de l’extérieur qu’il est forcément meilleur que celui qui a soutenu à Zogona. L’UO est très bien classée parmi les universités en Afrique (référez-vous au dernier classement).

    Enfin vous confondez littéralement tout, un docteur qui rentre pour faire des TD, mais c’est pourquoi il est appelé assistant, vous qui êtes consultant en RH vous devez connaitre ce que l’on appelle une grille des tâches. En quoi cela est dévalorisant, le docteur fait ses armes aux côtés d’un senior et un jour il le deviendra. Quant aux conditions, la plus belle femme du monde offre ce qu’elle a, le pays fait des efforts peut être insuffisants mais appréciables pour améliorer les conditions des enseignants chercheurs et chercheurs, alors n’exagérons pas.

    Je me surprend à parler comme si j’étais du sérail. Il faut arrêter de nous auto détruire, sachons apprécier le peu qui est bien et proposer des choses pour améliorer. Quand au Ministère et autres expliquez au grand jour comment vous avez procédé.

  • Bassirou vous avez tout dit.

    Malheuresement, nos autorité n’ont pas encors compris l’urgence de la situation.

  • Bonsoir M. OUEDRAOGO,

    Hier c’était un jeune docteur de France qui écrivait ici. Je lui ai dit qu’il avait raison.
    Aujourd’hui c’est vous qui écrivez. Après avoir lu vos écrits, je me reconnais dans ceux-ci. En fait, le problème ce n’est pas le recrutement mais les recruteurs : ils ne sont pas bien (je ne dis pas bons, même si certains ne le sont pas - je parle en connaissance de cause), ce sont des magouilleurs qui placent leurs "protégés" (leurs bons petits comme vous l’avez dit) dans les postes ouverts.
    Mais là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est quand vous dites qu’on privilégie les Burkinabè "locaux" aux Burkinabè de la diaspora. C’est peut-être vrai car vous parlez certainement en connaissance de cause. Mais moi je vous dis que je connais des docteurs ici qui chôment parce qu’ils n’ont simplement pas de "gourous" qui vont les placer dans les postes ouverts. C’est pitoyable quand on regarde les docteurs en question ! Tout simplement parce qu’ils ne connaissent pas des gens qui connaissent des gens "bien placés", ils n’auront rien. Leurs promotionnaires ont pourtant été placés dans les postes car ils ont eu des directeurs de thèse aux "bras longs".

    C’est pitoyable. Comme je l’ai déjà dit dans le message sur l’autre article, si nous ne rectifions pas le tir pendant qu’il est temps, ce pays-là risque d’être très petit pour nous tous !

  • J’adhère en partie à cette analyse dans la mesure ou sur le plan organisationnel ca été du grand n’importe quoi. Par contre, je pense qu’il serait indécent de jeter le discrédit sur les admis. Je m’explique. Vous partez du principe que nommer les enseignants dans ces commissions a été une erreur et qu’il aurait fallu que ce soit la DRH du ministère qui s’en occupa entièrement. C’est méconnaître la spécificité de l’enseignement supérieur. Comment permettre à des agents (pour qui j’ai le plus grand respect) d’un niveau en deçà du doctorat, d’évaluer un dossier de docteur ? (À moins d’accepter que les quelques rares docteurs du ministère évaluent tous les dossiers et dans tous les domaines) Et sur quelle base ? Comment ces derniers peuvent ils apprécier le caractère "scientifique" des éventuels travaux de candidats, ou même apprécier la compatibilité des enseignements par rapport au profil recherché ? A ma connaissance ce sont les Universités elles mêmes qui ont exprimé leurs besoins, des profils bien déterminés. En disant cela, ce n’est nullement manquer de respect envers ces agents, mais c’est simplement admettre que seuls des scientifiques sont à même d’évaluer ces types de dossiers. Je vous défi de citer un seul pays ou les enseignants chercheurs sont recrutés sans associer les universités à travers les enseignants d’un certain niveau. Même en France, les recrutements des maîtres de conférence sont faits par des commissions composées entièrement d’universitaires (je dis bien entièrement). Vous êtes consultant en RH et vous auriez sans doute aimé que les spécialistes des RH soient valorisés dans ce processus. C’est ce qui a été fait à mon avis, puisque après le travail des commissions, les classements ont été transférés au ministère pour la répartition. Même en amont du processus c’est le ministère qui agissait. Aussi, est ce parce qu’est candidat un ancien étudiant d’un enseignant qui est ou non dans la commission que ce candidat est moins compétent que les autres ? Je pense qu’il faut éviter de traiter cela sur le fond, dans la mesure ou vous n’avez (vous personnellement) été associé ni de près ni de loin à ce processus et que vous semblez vous fonder sur les ressentiments de candidats non retenus pour vous exprimer. En partant du postulat que vous avancez, même entièrement confié au ministère, les passe droites ne peuvent être évitées. C’est pour éviter tout cela, que les deux (Universités et Ministère) ont travaillé en synergie, contrairement à ce qui se faisait auparavant ou c’était entièrement géré par les universités et ou régnait une véritable opacité. Je pense que pour une première du genre, il y a eu des insuffisances énormes sur le plan organisationnel, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

  • En voilà un qui pense avoir fait ses études dans une université occidentale est synonyme de plus de compétence que quelqu’un qui a fait ses études au Burkina Faso.
    Il est facile de s’asseoir devant un clavier pour raconter sa vie et penser dire la vérité.
    Un GRH connais ce qu’on appelle publication scientifique ? Ou bien on parle pas des même GRH recrutés niveau licence et formés à l’enam ?
    Même dans ces universités dont tu parles, ce ne sont pas des GRH qui gèrent les recrutements mais plutôt des enseignants chercheurs.

    Parlons des TD, tes petits qui enseignent au Canada ou en Europe et qui refusent de venir faire TD parce que mal payé étaient où quand on avait besoin de compétence pour former les enfants de Noraogo qui n’ont pas eu la chance ou les moyens d’aller étudier en Europe ? Ce sont encore ces même enfants de Noraogo qui ont fait leur thèse ici et qui malgré le salaire dont tu traites de misère qui se sont et continuent de se sacrifier pour assurer ces TD et cours . Beaucoup aurait pu faire comme tes petits et aller servir ailleurs et attendre qu’on lance les recrutements et faire leur dossier pour déposer. Mais non, ils ont préféré accepter ces conditions difficiles et accompagner l’université dans la formation des étudiants.
    Souffrez que lorsqu’ils ont déjà des papiers combiné à leur expérience dans l’enseignement supérieur public, qu’on les préfèrent à tes petits qui sont en Europe et qui ne s’interressaient pas à l’enseignement supérieur public burkinabè. C’est parce qu’ils ont revalorisé les salaires des enseignants chercheurs, quand c’était la misère comme tu le dit, on lançait les recrutements mais il n’y avait pas de candidature. En ce moment tes petits préféraient être ATER en Europe que d’etre Assistant au Faso.

    • Tu connais bien le dossier, c’est exatement une des cause, neanmoins , le fait de faire ses études à l’étranger ne doit pas n’ont plus être un moyen de disqualification car n’ayant pas souffert avec les salaires de miseres

  • "Au-delà, en tapant quelques noms de candidats retenus sur internet – et je vous invite à le faire – je me rends compte que bon nombre sont des anciens étudiants d’enseignants bien connus. Comme quoi, on place toujours son bon petit. Ces mêmes enseignants, d’après mes informations, étaient dans les commissions pour les auditions".

    D’accord avec toi. Normalement, ces professeurs ne devraient pas siéger dans les commissions, car ils ont leurs étudiants ou anciens étudiants parmi les candidats. Ça s’appelle un problème de conflit d’intérêt. Le recrutement est déjà biaisé à ce niveau. Il va falloir que le Ministère revoit ce problème de conflit d’intérêt. Tout professeur ayant un étudiant ou ancient étudiant dans la liste des candidats d’une commission donnée ne devrait pas siéger dans cette commission. Le problème ne serait pas totalement résolu (car on peut toujours s’arranger avec un collègue professeur présent dans la commission pour jouer le jeu), mais c’est déjà un pas de commencer par là. Si les candidats retenus sont ceux ayant vraiment des dossier de qualité, qu’on publie les CV de tous les candidats ayant postulé aux recrutements. On pourrait être très surpris !

    • L’idéal c’est effectivement ce que vous dites. En même temps vous dites "bon nombre sont des anciens étudiants". Partant de cela, vous semblez jeter la suspicion de favoritisme sur presque les 3/4 des candidats qui sont tous des "locaux" et qui d’une manière ou d’une autre ont fait leurs thèses ou mémoires avec des enseignants d’ici (il n ya pas 10.000 enseignants à même d’encadrer des thèses, donc ce sont presque les mêmes qui encadrent tout le monde). Et encore, si on doit moduler la composition des jurys en fonction de la.présence ou non d’un étudiant, je crois bien que les auditions ne se feraient pas. A ma connaissance les jurys étaient composés de plusieurs personnes, donc à mon humble avis, si un enseignant présent peut influencer les autres, c’est qu’il doit être suffisamment puissant pour pouvoir le faire même s’il n’est pas personnellement dans le.jury, et cela revient à la même chose (vous l’avez d’ailleurs dit vous même). Et ne vous méprenez pas, pour le peu que je sais, ce ne sont pas les jurys d’auditions qui ont eu le dernier mot, mais bien la direction RH du ministère qui s’est de nouveau penchée sur les dossiers, d’où d’ailleurs le grand retard constaté. En réalité, même sans connaître les dossiers individuels des candidats vous accusez "bon nombre" d’être incompétents, parce qu’ils ont été anciens étudiants de tel ou tel. Il faut éviter cela. Si certains candiatats n’ont pas été retenus, ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais parce qu’ils ne correspondaient pas au profils recherché. J’en ai vu, qui avouait lui même ne pas avoir vu dans la liste son profil exact, mais qui a déposé quand même pour un poste presque similaire, en espérant qu’il n y ait pas de candidats pour ce poste.

    • @Baba
      "En réalité, même sans connaître les dossiers individuels des candidats vous accusez "bon nombre" d’être incompétents, parce qu’ils ont été anciens étudiants de tel ou tel. Il faut éviter cela." Où est-ce que cela apparait dans mon écrit ? J’ai seulement demandé à ce qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt. Je vous suggère également, comme l’a déjà invité l’auteur de cet écrit, à chercher les candidats sur le net. Cela vous donnera un idée du contenu de leur dossier. Aujourd’hui avec l’internet, on peut retrace beaucoup de personnes.

      Le problème des profils recherchés se pose dans certains domaines mais pas tous les domaines. Un domaine comme l’économie n’a presque pas donné le profil recherché. En général, ce qui est était affiché par la plupart des universités c’est "économie" et "sciences économiques". De ce fait, le candidat ne peut pas savoir d’emblé que son profil n’est pas vraiment ce qui est recherché. On pourrait alors être tenté de se demander pourquoi sa candidature n’a pas été retenue.

    • J’entends parfaitement ce que vous dites, raison pour laquelle j’ai précisé plus haut que l’idéal serait que les choses se passent comme vous l’avez signifié. Mais en toute honnêteté, pensez vous réellement qu’un simple clic sur internet peut vous donner le contenu exact et actualisé (je dis bien actualisé) de tous les dossiers de tous les candidats ? Ne tombons pas dans la facilité s’il vous plait. Quand bien même ca serait le cas, connaissez vous les critères retenus par les jurys et commissions ? A moins qu’on demande que les prochains recrutements se fassent à la place de la nation avec la télévision à l’appui. En réalité, en dehors des insuffisances quant à l’organisation, tous les autres arguments sont purement subjectifs, car personne n’a été dans le secret des dieux. Et à mon avis cela est dangereux car ca jette de la suspicion sur tous les candidats admis. Je ne dis pas que tout es blanc comme neige, encore faut il prouver que ca ne l’est pas. Je suis également d’accord avec vous que lorsque les profils ne sont pas spécifiés dans certains cas, cela peut poser problème. Peut être faudrait il la prochaine fois clarifier les choses. Mais pour le reste, laissons quand même le bénéfice de la sincérité à la procédure.

  • Pas grand chose à ajouter. Mon seul point de désaccord est que les professeurs doivent être impliqués dans l’évaluation technique des candidats car les fonctionnaires du ministère ne connaissent pas les disciplines pour cela. Seulement, il faut des critères strictes pour éviter le favoritisme.

    Dans un pays où on ne recrute pas sur la base des compétences mais des accointances, surtout à l’université, on condamne l’avenir car rien de bon ne peut sortir de là. L’université n’est pas un lieu pour de l’à peu près. Il faut recruter la crème de la crème pour former la relève. Sinon on est entrain empoissonner le grain.

    Les entrevues peuvent se faire en ligne, sur skype, au lieu d’exiger que des gens qui sont à l’extérieur, qui occupent des emplois, puissent décider, acheter le billet pour se rendre au pays en moins d’une semaine, pour des entrevues qui ne sont même pas fixées précisément.

    Il faut réduire la composition du dossier. CV, thèse et lettre de motivation sont suffisants. Ceux retenus pourront compléter le reste des dossiers. Quand on veut recruter et on ne crée pas les conditions pour faciliter les choses, on ne peut recruter que les désespérés et les meilleurs ne sont jamais désespérés.

    On a l’impression qu’on aime la médiocrité au Burkina et qu’on ne fait même pas le moindre effort pour élaborer une procédure de recrutement, la soumettre à une revue critique avant d’y procéder. Cher gouvernement, ce n’est pas difficile de faire mieux.

  • Très belle analyse, comprenne et en profite qui pourra..... nous avons en Afrique encore beaucoup de chose à apprendre sur le professionnalisme et l’organisation de tout ce que nous faisons, nous ne sommes pas derniers pour rien. Si nous voulons bouger les lignes il faut du courage et plus-que-tout PLACER LES BONNES PERSONNES AUX BONS ENDROITS.... ceci est capital et aucun développement ne s fera en dehors de ca.
    halte aux copinages et autres passe droits, ils sont le lit de la pauvreté et de la régression

  • Bonjour,
    bonne analyse M. OUEDRAOGO. La fraude, le favoritisme et l’affairisme ont été les caractéristiques de ce recrutement dans les universités et la recherche. Dans des instituts du CNRST comme l’INSS, ce qui s’y est passé est encore inacceptable ! Des candidats qui n’ont que leur thèse et sans publications ont été recrutés au détriment d’autres qui ont déjà plusieurs signatures scientifiques. Cela montre que ce ne sont pas des recrutements pour faire de la recherche mais pour placer des protégé (e)s.

    Ce recrutement doit être annulé et repris sur des bases justes pour marquer l’aspiration au changement réclamé à cor et cri par la jeunesse.
    La lutte continue

  • Voilà qui est bien dit. Sincèrement, il faut reprendre ce recrutement et maintenant par des professionnels du recrutement !
    Je dis bien professionnels parce que là, c’était par des "yes man", des gens payés chers pour recruter leurs bons petits. C’est dommage !
    Demandez aux candidats quelles étaient les questions à l’oral ? questions très plates, administrées en moins de 5 mn. Quel gâchis !!!
    Combien a couté ce montage !!! S’ils disent le montant, les têtes vont tomber !
    A quand le Burkina !

    • Et quels types de questions de fond ces "professionnels" pourraient il bien poser aux candidats ? N’oubliez pas qu’il s’agit d’évaluer le caractère scientifique des poductions du candidats. A moins de trouver des "professionnels" des RH qui ont des doctorats dans les domaines couverts par le recrutement (santé, économie, géologie, etc.). Matériellement, cela est complètement impossible. Dans tous les pays, Côte d’Ivoire, Sénégal, France...ce sont les Universitaires (d’un certain grade) qui évaluent les dossiers des candidats.

  • Ah oui ! RESPECT. C’est une vraie enquête fondée sur les propres mots du ministère. l’administration doit comprendre que les règles ne sont pas faites pour les chiens et qu’elles engagent aussi ceux qui fixent. Ils disent le 1er novembre et aujourd’hui, c’est le 23. Un petit communiqué pour situer les gens doit être fait. Quand même ! Pour ce recrutement, je pense qu’il y a de sérieux problèmes de fond et qu’il ne prend pas en compte les réalités de notre université. il faut recruter nos docteurs même s’il faut former ceux qu’on estime ne pas avoir le niveau. J’en connais plein qui sont dans d’autres pays et qui ne veulent pas rentrer parce que la faso les traite mal.

  • Pourquoi pense-t-on que les docteurs formés en Europe ou en Amérique valent mieux que ceux formés dans notre cher Faso. Je suis fier de nos docteurs locaux qui ne se pavanent pas dans la présomption, mais qui se battent pour prouver leur qualité. Ce recrutement a choisi les candidats méritants sans chercher à savoir dans quel pays chacun a eu son doctorat. Arrêtez ce complexe de supériorité affiché par ceux qui ont étudié hors du Burkina. Quand le sélectionneur des Etalons choisit ses joueurs, il ne se préoccupe pas de qui "qui évolue en Europe, en Amérique, en Asie ou en Afrique" : il cherche qui sait se battre pour son pays ; c’est ainsi que Aristide Bansé a montré qu’il sait et veut marquer des buts sans aucun complexe d’infériorité devant ses camarades jouant en Europe. De même, ce recrutement a choisi les candidats qui pourront se battre pour développer l’enseignement supérieur et la recheche au Burkina. Le savoir est partout, en Europe mais aussi dans nos Universités du Burkina ou d’Afrique en général.

  • Tout court, il y a débat parce que certains docteurs à l’étranger ont échoué devant des docteurs locaux. Comment peut-on réfléchir court court ainsi ? Si les docteurs à l’étranger étaient bons, ils allaient s’imposer à l’étranger ; certains y parviennent de par leur qualité académique. De même nous connaissons beaucoup d’enseignants chercheurs locaux qui sont bien cotés à l’étranger où ils sont régulièrement invités pour des cours et des conférences. Ce recrutement a été supervisé par la Fonction publique dans tout le processus. Chaque commission était composée de scientifiques venus des différentes universités du Burkina et du CNRST. Un candidat ne peut pas connaître tout ce monde d’une dizaine de personnes. Le ministère a fait l’effort pour tendre vers l’objectivité et la transparence, accompagnons le avec des propositions d’amélioration pour les sessions à venir. Fair play s’il vous plait les perdants.

  • Pour certains postes, le procès-verbal parle de potentiel disponible. Qu’en est-il exactement ? Est-ce une sorte de liste d’attente ? Qui sont les candidats retenus en tant que potentiels disponibles ?
    SVP qui peut bien expliquer "potentiel disponible" ?

    • Un docteur formé au Burkina n’est pas moins competent qu’un docteur formé en Occident. La formation est transnationale et des étudiants formés au Burkina ont eu des collaborations scientifiques internationales que des étudiants formés en occident n’ont pas eu. Donc arrêtés d’epiloguer sur les compétences des locaux, c’est une paresse de la pensée.

  • Cher ministère, au prochain recrutement, choisissez Bassirou Ouédraogo comme GRH. Il est omniscient, et « totipotent ». Bref, il est irréprochable.
    Soyons sérieux, j’emprunte cette fable de Jean de La Fontaine pour vous enseigner :
    Le renard et les raisins
    « Certain renard gascon, d’autres disent normand,
    Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
    Des raisins mûrs apparemment ,
    Et couverts d’une peau vermeille.
    Le galand en eut fait volontiers un repas ;
    Mais comme il n’y pouvait point atteindre :
    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »
    Fit-il pas mieux que de se plaindre ? »
    Selon Bassirou Ouédraogo, les étudiants des membres du jury ne doivent pas postuler au recrutement ni figurer parmi les admis. Connaissez-vous les critères de choix du jury ? N’est-ce pas sur la base de leurs compétences, leurs rigueurs et leurs dynamismes que les membres ont été retenus ? S’ils sont compétents, pourquoi leurs étudiants ne le seraient-ils pas aussi.
    Pour éviter le parti pris dans le recrutement, confions la tâche au Mogho Naba ou à l’Eglise catholique, ou aux protestants, ou aux musulmans. J’oubliais, eux aussi sont des hommes, ils pourraient considérer les membres de leurs religions respectives dans le recrutement.
    Nul n’est parfait.

    • Pour certains postes, le procès-verbal parle de potentiel disponible. Qu’en est-il exactement ? Est-ce une sorte de liste d’attente ? Qui sont les candidats retenus en tant que potentiels disponibles ?
      SVP, expliquez moi "potentiel disponible" ? C’est à quel niveau ?

  • Bonjour,
    Je voudrais remercier Mr Ouédraogo pour avoir eu le courage de dénoncer et inviter ceux qui ont quelques choses à reprocher ou à dire de le faire. C’est inadmissible que de tels actes soient posés dans le Burkina post-insurrectionnel et surtout dans le milieu des soient disant éclairés.
    Ceux qui dénoncent ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas été retenus qu’ils le font mais pour que de telles choses ne se répètent plus à l’avenir.
    Il ya vraiment de questions qui méritent qu’une enquête soit conduite pour éclaircir certaines zones d’ombre :
    Question 1 : Sur quelles bases ont été évaluées les candidats
    Ayant côtoyé le milieu de la recherche et de l’enseignement les critères pour un bon chercheur et enseignant-chercheur résident dans :
    - Sa capacité à publier,
    - à encadrer mais aussi
    - à chercher des financements pour ses recherches.
    Ceux retenus répondent-ils à ces critères ? Si oui, bon vent à eux et on espère que l’on aura de bonnes de retombés au niveau de nos centres de recherche et Université. Si non, nous ressentiront les impacts négatifs dans quelques années dans nos Universités et centre de recherche.
    Et nos centres de recherches devraient particulièrement faire attention à ces critères puisqu’un chercheur qui n’est pas capable de chercher des financements pour mener des recherches devient un fonctionnement sans activités donc non productif et donc un danger pour le devenir du CNRST et ses instituts.
    Question 2 : A ton évaluer tous les candidats sur leur premier choix ?
    Si oui pourquoi certains se retrouvent retenus dans leur deuxième ou troisième choix ? (peux aisément se vérifier dans les dossiers de candidature)
    Question 3 : a-t-on vérifié si les profils des candidats répondent au profil du poste ?
    Question 4 : ya til une liste d’attente formuler sous la forme (potentiel disponible : un candidat) Pourquoi n’avoir pas affiché les noms de ces potentiels disponibles ??
    Ce flou peut donner libre voie à beaucoup de transaction pas très nette.
    Question 5 : Combien a coûté ces commissions pour le recrutement pour 5 mn d’audition pour la plupart des candidats. Une pré-sélection aurait réduit le nombre de candidat et aurait permis aux différentes commissions de mieux connaître le potentiel de chaque candidat à travers différentes questions pertinentes pour chaque candidat .
    Question 6 : pourquoi certains qui n’ont pas le profil demandé pour le poste ont-ils été retenus ? (peux être vérifié !!!)
    Question 7 :
    Pourquoi avoir demandé 25000F pour des frais de dossier ? Est-ce que dans tous les recrutements de la fonction publique demande ton 25 000F pour des frais de dossier. Une explication devrait être faite à ce niveau.
    Au regard de tout cela, une enquête devrait être menée pour éclaircir ces zones d’ombre avant la validation de ces recrutements et qu’à l’avenir de telles irrégularités ne doivent plus être relevées.

    • Je pensais que le financement de la recherche était public, en tout cas essentiellement. Si la capacité à rechercher des financements doit être une condition du recrutement, alors là, je pense bien qu’aucun jeune docteur, chômeur, ne remplira cette condition. Le fait est que seuls ceux qui sont des éminences dans leur domaine peuvent mobiliser des bailleurs, privés ou publics. Leur simple nom étant une garantie. La capacité à rechercher des financements est bien évidemment nécessaire lorsque l’État ne pourvoit pas aux besoins des chercheurs, mais en faire une condition du recrutement de prime à bord, personne ne remplira cette condition.
      Ensuite pour votre point 2, je pense également que si la possibilité a été donnée aux candidats de formuler plusieurs voeux, c’est pour qu’au cas ou le poste correspondant au premier choix est déjà pourvu, que le candidat puisse être réorienté vers son deuxième ou troisième choix.
      Enfin, je pense, personnellement, que tout ce débat, et ce contrairement à ce que vous avez dit plus haut, c’est bien parce que certains pensent être plus méritants que d’autres. Peut être que c’est vrai. Peut être que certains se connaissent, et comme on le dit savent qui est qui. Ces personnes se savent entre eux mais ne savent pas tout le monde. Mais leur demande implicite, pas forcément vous, est qu’on étale les dossiers de tous les candidats sur la place publique. Je ne pense pas que cela soit possible. Les jurys ont effectué un travail technique de manière souveraine, sur la base de grilles fournies par le ministère, car c’est bien le ministère qui a fourni les critères de notation aux jurys. Ceux-ci ont transmis leurs conclusions au ministère qui a repris la main. La séparation des tâches vise à mon sens à limiter les doutes. Même si le.ministère communique sur la grille d’évaluation, sans les dossiers individuels des candidats, on ne pourra pas apprécier de façon globale. Alors que comme je l’ai souligné, ca serait du voyeurisme que de publier les dossiers de tous les candidats.
      Comme l’ont déjà souligné plusieurs intervenants plus haut, nous sommes d’accord que l’organisation pratique laisse à désirer, mais pour le reste, je pense que contrairement aux années antérieures c’est nettement mieux. Si des insuffisances il y en a, ca fera partie de l’expérience pour les prochains recrutements.

  • La demande était forte pour peu de place ; et comme le dernier recrutement date de 2014, le gouvernement pouvait faire mieux. Le besoin d’enseignants est réel. Pour régler la crise universitaire, il faut non seulement construire des infrastructures adéquates mais également recruter suffisamment d’enseignants. Courage aux docteurs chômeurs !

    • Je vois que vous n’avez tous les éléments ou vous êtes de mauvaise fois, des candidatures ont été écartées pour laisser des postes vacants. Deux postes en GESTION a été ouverts et deux candidats ont postulé et les deux candidats ont été écarter pour laisser les postes toujours vacants. C’est que les gens soient aussi hypocrites pour laisser de telles choses se poursuivre au Faso. Allez y vérifier le PV de délibération. Un bon Dr ne chôme pas, il est toujours utile ailleurs ! C’est vous au contraire qui faisiez pitié !

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