Semaine nationale de l’internet : Le comité national d’organisation prêt pour la 13e édition

LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • mercredi 1er novembre 2017 à 23h44min

Le grand jour approche. Pour les acteurs du numérique, ce sera l’occasion de partager leur expertise et expérience, de rencontrer des jeunes innovateurs, de nouer des contacts, d’envisager des collaborations futures, etc. Bref, la semaine nationale de l’internet (SNI), c’est du 07 au 11 novembre 2017 du côté du pavillon Soleil Levant du SIAO. Le comité national d’organisation est suffisamment prêt pour relever le challenge, foi de M. Hamadé Ouédraogo, Secrétaire permanent du Forum panafricain de partage des meilleures pratiques dans le domaine TIC et de la SNI. Nous l’avons rencontré, ce mercredi 1er novembre 2017, pour parler des différents aspects de l’organisation et surtout des activités prévues. Lisez !

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Semaine nationale de l’internet : Le comité national d’organisation prêt pour la 13e édition

Lefaso.net : La SNI, c’est dans moins d’une semaine, comment se passent les préparatifs ?

H.O. : Nous pensons que nous sommes dans le timing. Entre le prévu et le réalisé, il n’y a pas tellement d’écart et nous pensons pouvoir tenir nos prévisions. Nous nous estimons suffisamment prêts pour la 13e édition.

Lefaso.net : Il n’y a donc pas risque de report comme cela l’a été au premier semestre ?

Non. Je pense que vous connaissez déjà les raisons des précédents reports et de la stabilité de la chose maintenant. Vous pouvez être rassurés qu’il n’y aura pas de report.

Lefaso.net : Quel est le budget de cette édition ? A-t-il été bouclé ?

Le budget définitif est de 189 millions de francs CFA. Actuellement, avec ce qui est encaissé et ce qui est annoncé, nous sommes à plus de 80% de mobilisation. Et nous pensons pouvoir boucler le budget à l’instar des autres éditions.

Lefaso.net : Quelles sont les activités prévues à cette 13e édition ?

Il est prévu plusieurs activités. Au-delà de la cérémonie d’ouverture traditionnelle, patronnée par Son Excellence Monsieur le Premier ministre, nous aurons le lancement d’un vaste programme de transformation digitale dénommé E-Burkina, financé par la Banque Mondiale. Après, nous aurons la présentation du rapport d’Internet Society sur l’état des lieux de l’internet au Burkina Faso depuis 25 ans. Dans la soirée, nous aurons un débat en direct à la Télévision nationale à partir de 21h. Toutes ces activités ne concernent que la journée du 07 novembre.
Pour la journée du 08, nous aurons une série de conférences sur le thème « Tic et sécurité ». Quand nous disons sécurité, il s’agit bien de la sécurité dans toutes ses formes. A l’heure actuelle, nous avons une quinzaine de communications qui sont programmées pour cette journée. C’est dire qu’au sortir de cette journée, on aura suffisamment traité le thème de cette 13e édition.

Le lendemain, nous aurons des conférences thématiques organisées à l’hôtel Palace par CFAO Burkina. Parallèlement, une conférence sur le cyber-crime sera animée par le ministère de la sécurité, parrain de l’édition, au niveau de l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF).

Le vendredi 10 novembre, nous aurons le forum de la gouvernance de l’internet. Cette journée sera également consacrée aux acteurs de l’écosystème du numérique à travers le Networking Day. Il y aura un B2B dans la matinée et dans la soirée nous aurons un Business Meeting et une soirée commerciale organisée par l’entreprise Alink Télécom.

Notons toutefois que du 7 jusqu’au 11 novembre, jour de clôture de la SNI, le Salon international des TIC de Ouagadougou (SITICO) battra son plein au niveau du pavillon Soleil levant du SIAO.

Le samedi matin, nous irons au quartier Somgandé pour l’inauguration du siège d’Internet Society Burkina Faso (ISOC-BF). Et dans la soirée, nous aurons la Nuit des TIC, le palmarès des différents concours et la distinction d’un certain nombre de personnalités à travers des prix d’honneur.

Mais avant le 07 novembre, nous aurons à partir du 03 jusqu’au 05 novembre, un Hackathon, c’est-à-dire un marathon de développement. Il est prévu le recrutement de dix équipes de trois développeurs au maximum qui seront en compétition sur le thème de la SNI. Les lauréats seront récompensés par le comité national d’organisation à travers un Gambré, une médaille et une enveloppe de 200 000 F CFA. Il y aura également deux prix de CFAO Technologies constitués d’une part d’une enveloppe de 300 000 F CFA plus un bon de formation à CFAO évalué à 800 000 F CFA, et d’autre part d’une enveloppe de 200 000 F CFA plus un autre bon de formation, aussi évalué à 800 000 F CFA. D’autres prix sont annoncés pour ce Hackathon.

Nous avons mis en place un jury technique pour évaluer les œuvres des concours que nous avons lancés depuis janvier. Il s’agit du concours de sites web. A l’heure actuelle, nous avons enregistré 141 sites en compétition. Du côté du concours Développement génie-logiciel, 25 œuvres ont été enregistrées et sont en évaluation par un jury technique. Ces jurys vont pouvoir restituer leurs résultats au jury officiel qui va faire le travail de compilation et de délibération les 8, 9 et 10 novembre prochain afin que nous ayons le résultat final à la Nuit des TIC, le 11 novembre.

Lefaso.net : Dites-nous, quelle sera la particularité de cette 13e édition de la SNI ?

La particularité de cette 13e édition réside dans l’implication de plusieurs acteurs. Je vous ai dit tantôt qu’une quinzaine de communications a été annoncée. Et si vous regardez le contenu du programme, vous verrez qu’il intègre aussi bien les activités du comité national d’organisation que les activités d’autres structures telles que CFAO, Alink Télécom, ISOC, etc. Autre innovation, c’est la journée que nous avons consacrée aux acteurs à travers le Networking Day.

Cette journée permettra non seulement aux acteurs de terrain de renforcer leurs connaissances mais aussi aux jeunes porteurs de projets de pouvoir rencontrer des investisseurs et tous ceux qui peuvent accompagner leurs idées pour les murir et les amener au stade de start-up et d’entreprise. Nous avons enfin réajusté l’enveloppe financière que nous donnons au niveau des prix. C’est vrai que nous n’en faisons pas une priorité, puisque la priorité reste le Gambré. L’enveloppe qui était de 175 000 F CFA va passer à 200 000 F CFA pour cette édition.

Lefaso.net : La plupart des activités de la SNI se dérouleront à Ouagadougou. Comment sera vécu l’événement dans les chefs-lieux de régions ?

Disons que pour cette année, nous avons d’abord intégré les journées numériques régionales qui se sont déroulées au mois de juillet au niveau de Bobo-Dioulasso. C’était une première expérience de délocalisation de la SNI. Nous avons eu à mener des activités (des conférences, une exposition, etc.) sur trois jours. Au mois d’août, nous avons également mené à travers les treize régions, dans 84 centres de formation, la campagne nationale d’initiation au niveau des localités où il y a des points d’accès internet, des centres de formation et formateurs attitrés. Aujourd’hui, nous avons des résultats : les objectifs numériques de 15 000 personnes à former ont été dépassés. Et pour la SNI, nous aurons encore des formations de développement de blog en partenariat avec l’Association des blogueurs du Burkina. L’inscription se fera sur place, le 8 novembre au niveau du SIAO.

Certes la majorité des activités de la SNI se déroulent à Ouagadougou, précisément au SIAO, mais nous avons travaillé à donner une visibilité mondiale à l’événement. Nous avons mis en place une cellule qui va rapporter toutes les activités en direct sur les réseaux sociaux. Comme je l’ai dit plus haut, nous avons prévu des émissions télé et radio afin d’atteindre toutes les contrées du pays et de permettre à tout le monde de pouvoir vivre la Semaine nationale de l’internet.

Lefaso.net : Combien de personnes sont attendues à cet événement ?

Pour les expositions, il est prévu 41 stands. Il est également prévu des espaces afin d’avoir des exposants d’un autre niveau : Un espace pour les start-ups pour soutenir les jeunes innovateurs, un espace pour les écoles, un espace atelier-solution afin de permettre aux entreprises de faire des démonstrations au grand public. Pour ce qui est des conférences, nous attendons plus de 700 participants pour la 1re journée de la SNI.

Lefaso.net : Après une 1re édition réussie l’année dernière, le Salon international de la sécurité des technologies de l’information et des communications (SISTIC) ne se tiendra pas cette année. Pourquoi ?

Ce sont des promoteurs privés qui ont développé le concept du SISTIC. Cette année, ils n’ont pas éprouvé le besoin de revenir pour le salon et nous, nous ne pouvons que constater.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui justifie le thème de cette 13e édition de la SNI, « TIC et sécurité » ?

Pour chaque édition, nous essayons d’associer un thème pour interpeller les acteurs et les décideurs sur les solutions que peuvent apporter les TIC dans tel ou tel domaine. Par exemple, le thème de l’édition 2018 va être décidé cette année et le présent thème a été retenu l’année dernière. Nous avons remarqué que le besoin de sécurité est en progression que ce soit au niveau de la sécurité intérieure ou de la sécurité routière. Il était temps que nous montrions que le ministère [ministère du développement de l’économie numérique et des postes, ndlr] aussi peut apporter sa contribution en matière de sécurité. Comme je l’ai dit, au-delà de la SNI, nous interpelons les acteurs à développer plus de solutions dans ce domaine ; nous interpelons les décideurs à bâtir leurs stratégies de lutte en intégrant un volet TIC.

Lefaso.net : Dans notre précédent entretien, vous aviez annoncé l’organisation d’un événement en marge de la SNI. Il s’agit du forum panafricain de partage des bonnes pratiques dans le domaine des TIC. Qu’en est-il exactement et n’est-ce pas un forum de trop ?

Ce forum a été institué par décret en 2010. Il y a eu une première édition en 2007, une deuxième édition en 2008. C’est un forum panafricain porté par Microsoft, l’Union européenne et le Burkina Faso. Il a été décidé de stabiliser ce forum au Burkina Faso, de faire en sorte que les Africains puissent rattraper leur retard sur le plan technologique en partageant leur expertise et en partageant leur expérience de telle sorte que les réussites puissent être répliquées sur d’autres territoires en évitant de reproduire les erreurs. Voilà l’intérêt du forum. Pour cette année, nous voulions associer le forum à la SNI mais cela ne nous a pas favorisés et c’est ce qui avait entrainé le report de l’événement. Donc pour 2017, il n’y aura que la SNI. Le 5e forum aura finalement lieu en 2018. [La dernière édition du forum a eu lieu en 2013. La situation dans la sous-région ne permettait pas de rassembler du grand monde à cause de la maladie à virus Ebola et du terrorisme. La situation nationale marquée par l’insurrection populaire a également bouleversé l’agenda de cette biennale, Hamadé Ouédraogo, dans le précédent entretien].

Un forum de trop ? Pas du tout. Les participants au dernier forum, en 2013, exigeaient la tenue annuelle de ce forum alors que les textes prévoient que l’activité se tienne tous les deux ans. Ils estimaient que la qualité et l’objet du forum étaient tels qu’on ne pouvait pas attendre deux ans pour le tenir. Pour eux, il fallait aller vers une tenue annuelle de ce forum pour rassembler tous les africains autour de la problématique de la transformation digitale.

Lefaso.net : Le Burkina apprend-t-il vraiment de ce forum ? Y a-t-il des retombées significatives pour le pays ?

Le forum est un moment fort d’apprentissage et de réseautage. Il est vrai qu’après la dernière édition du forum, nous n’avons pas fait un bilan pour dégager tout ce dont le Burkina a bénéficié. Dites-vous bien que la tenue d’un forum chez nous a plusieurs avantages. Nous mettons de l’énergie pour aller assister à d’autres fora ailleurs et lorsque nous tenons le forum chez nous, cela permet à tous les acteurs de pouvoir participer, de rencontrer des investisseurs, de faire des prospects. Cela participe à leur intégration à l’écosystème mondial des TIC.

Lefaso.net : L’écosystème du numérique accueille de plus en plus d’incubateurs. Quelle est le rôle et la place de ces incubateurs dans l’organisation de la SNI ?

Ce sont les incubateurs qui vont travailler lors de la journée de réseautage. Ce sont les acteurs clés de cette activité. Nous avons tenu deux réunions avec eux et ils connaissent leur rôle. Ils doivent pouvoir accompagner les porteurs de projet, les jeunes innovateurs dans le processus de pré-incubation jusqu’à l’incubation. Vous venez de le dire, chaque jour nous assistons agréablement à la création d’incubateurs et cela est essentiel pour la promotion du numérique.

Lefaso.net : Un dernier mot !

J’appelle l’ensemble des acteurs, les grands utilisateurs des TIC, les décideurs à tous les niveaux et les populations à participer d’une manière ou d’une autre aux activités de la SNI. Nous avons retenu des activités très enrichissantes. Tous ceux qui consacreront leur temps à venir au pavillon Soleil levant du SIAO vont rencontrer des acteurs du numérique et renforcer leurs capacités dans le domaine. Il faut savoir que tous les processus sont dématérialisés, sont transformés numériquement. Nous allons aller de plus en plus dans cette transformation digitale et la population devrait être préparée à s’adapter, à prendre cette opportunité qu’offre le numérique pour faire un bond qualitatif.

Entretien réalisé par Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 2 novembre à 14:30, par Ablo
    En réponse à : Semaine nationale de l’internet : Le comité national d’organisation prêt pour la 13e édition

    Bonjour. Prenez l’argent de l’organisation de la sni et le réaffecter ailleurs. Où confier l’organisation de cette semaine à un privé, il fera mieux avec moins d’argent public. C’est un gaspillage de nos maigres ressources alors qu’il ya des besoins plus importants. Il faut que le président du Faso pousse la réflexion sur la question. L’etat fait de l’ombre au privé qui peut être pourtant pour ce dernier une occasion pour recruter des travailleurs temporairement au lieu de retrouver ces mêmes fonctionnaires entrain de courir pour ça. On y perd beaucoup. Engageons la réflexion et Osons le changement.

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