L’organisation socio-politique traditionnelle du village de Daboura

LEFASO.NET | David Demaison Nébié • mardi 5 septembre 2017 à 20h30min

Le mercredi 2 août 2017, nous avons publié un écrit sur le village de Daboura dans la commune de Solenzo situé à 17 km de la même commune de la province des Banwa, région de la Boucle du Mouhoun. Cet historique bien dressé aux générations futures a épaté plus d’un. Nous vous proposons cette fois ci, l’organisation socio-politique traditionnelle du village, le rôle de chaque chef, la hiérarchie dans l’organisation familiale, les relations sociales, politiques et coutumières entre le village et les villages voisins, la place de la femme dans l’organisation sociale, économique et politique.

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L’organisation socio-politique traditionnelle du village de Daboura

Marcel Bombiri : Le chef de terre est le seul à qui revient le pouvoir d’organiser la communauté villageoise. Il était l’élément incontestable dans le culte dû aux fétiches en même temps, organisateur de la vie en société. Il n’y avait pas de chef de village tel que nous le voyons maintenant. Le chef de terre ordonne les sacrifices à faire chaque année pour conjurer les malédictions qui peuvent s’abattre sur le village. Il fait des réparations pour des dégâts commis envers les dieux de la brousse (Gnoumouni).

Les dégâts sont pour la plupart des accouchements de femmes, l’enterrement, le vol et des cas d’empoisonnement de champs. Il veille à ce que l’adoration des principaux dieux (Do et Yakwé entre autres) dans les villages soit faite à temps et en bonne et due forme. Dans sa fonction, il se fait aider par les chefs des familles résidant dans son village. Ceux-ci sont choisis par ordre de vieillesse, d’influence et de disponibilité mentale. C’est pour cette raison que la responsabilité de portions de terre est confiée à de nombreuses familles. Le Do est confié à la famille Kakonuan ; la brousse de Tombo aux Kadéba, celle de Kuira à la famille Coakuy. Quant au chef de village, je peux dire que c’est une institution récente. C’est à l’arrivée du colonisateur que ce système a été mis en place pour satisfaire l’intention du colon.

Pour être chef de village nommé, il fallait composer avec celui-ci, accepter toutes ses décisions : les corvées, les cultures de certaines matières premières, la création de nouvelles routes, la perception des impôts. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

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Vos commentaires

  • Le 6 septembre à 15:39, par Ka
    En réponse à : L’organisation socio-politique traditionnelle du village de Daboura

    De génération en génération, nous ne devons pas effacer nos cultures qui restes nos repères : Et l’exemple de Daboura le prouve. C’est pourquoi je me permets de dire dans mes critiques et autos critiques fondées quand on parle de notre culture, ‘’’qu’elle est la seule valeur pour identifier tout un peuple :’’’ Et ceux qui sont les porteurs de ses valeurs culturels sont nos chefs coutumiers, comme ce chef de terre bien organisé, dont leurs continuités des coutumes de l’ancêtre au grand-père allant au père en fils, restent une référence pour notre jeune démocratie qui cherche son vrai chemin. Bravo à la bonne organisation de Daboura qui reste la racine de bien vivre ensemble.

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  • Le 7 septembre à 08:29, par Sidpayetka
    En réponse à : L’organisation socio-politique traditionnelle du village de Daboura

    Bonjour a tous ! Et bonjour a toi ! Merci beaucoup pour ce eclairage ! Je suis un fils d’immigré agricole dans les années 1973 : la grande sécheresse au sahel qui a vu fuir beaucoup de familles du yatenga et d’autres régions pour cette partie du Burkina pour sauver femmes et enfants. J’étais en classe de 6eme et aujourd’hui je suis à la retraite il y’a tout juste 8 mois. Tu permettras donc que je profite de ta tribune pour dire merci aux populations hospitalières des contrées que vous a cité et que je connais parfaitement pour y avoir rouler ma daba et bosse en prestations dans les champs de quelques nantis pour pouvoir acheter du mil au marche de Daboura. En trois jours j’ai eu trois cents CFA et j’ai mis toute une journée au marche de daboura pour n’avoir que 100 francs de mil. J’y ai egalement prononce mon premier mot dioula (yon lo qui signifie est ce du mil ?) Que ce qui ont des oreilles entendent et que ceux qui sont séances réfléchissent. Merci aux bwaba ma deuxième famille. Merci également a toi Demaison

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