Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

Ceci est une déclaration du Syndicat autonome du personnel de l’action sociale (SYNAPAS). • jeudi 20 juillet 2017 à 21h15min

Le Syndicat Autonome du Personnel de l’Action Sociale (SYNAPAS) a été créé dans l’optique d’interpeller les consciences individuelles et collectives sur la nécessité de repenser les vertus cardinales de la solidarité et de la dignité de la personne humaine si chère à notre identité mais qui se meurent dans notre cité tant au niveau des habitudes, des comportements qu’à travers les politiques publiques en matière d’action sociale et de solidarité nationale.

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Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

Au-delà de la défense des intérêts matériels et moraux de tous les travailleurs et travailleuses œuvrant dans le domaine social sans exclusion aucune, le SYNAPAS a toujours inscrit ses actions dans le respect strict des dispositions légales en vigueur dans notre pays relatives aux libertés syndicales.

La création du SYNAPAS, est une réponse à l’appel incessant de l’ensemble du personnel social et partant du peuple burkinabè tout entier, épris de justice et de paix. C’est pourquoi il a décidé d’assumer sa part de responsabilité devant l’histoire, face aux velléités répétitives et sans pareil des autorités, tendant à la liquidation probable du ministère en charge de l’Action Sociale, en perte progressive de repère et de référence permettant de rétablir les valeurs tant prônées au prix de la vie sociale et économique.

Depuis sa création en 2015, le SYNAPAS, n’a cessé d’initier des actions d’information, de communication et de formation au prix des sacrifices consentis par ses membres sur le plan physique, intellectuel et financier. Toute chose qui justifie le sens de l’engagement militant pour les causes nobles et justes. Dans cette optique, le discours du SYNAPAS a de tous les temps toujours été axé sur l’unité d’action syndicale, l’intérêt général au sein du ministère, dans le respect des libertés individuelles et collectives d’opinion et de pensée.

Ainsi, le SYNAPAS a entrepris des démarches pour une synergie d’actions avec les autres partenaires sociaux au sein du ministère en référence aux lettres d’invitation à des échanges (lettre N° 2016-001, lettre N°2016-002 et lettre N°2016 -005 en date du 24 mars 2016, adressées aux autres partenaires sociaux du ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille. Malheureusement, ces initiatives salvatrices pour notre corps de métiers teintées de discours rassembleurs n’ont pas eu d’échos favorables auprès des pairs des autres syndicats.

En tout état de cause, le SYNAPAS reste convaincu et professe que seule la lutte organisée et uniforme paie. En effet, l’uni polarisation catégorielle dans un monde bipolarisé est inopportune voire insensée et n’aboutit à aucun résultat qui satisfasse toutes les parties si ce n’est qu’elle fait les choux gras des autorités. Au demeurant, cette situation qui fait d’ailleurs partie de l’expérience des luttes syndicales et qui participe de la formation de nos militants, n’a ni affecté, ni influencé l’engagement et la détermination des camarades membres du SYNAPAS, dont la force de la conviction et le sens de l’engagement demeurent le leitmotiv.

Et comme le disait si bien le Philosophe Sénèque, « Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient ». D’ailleurs, le SYNAPAS continue de dérouler les activités telles que définies dans son plan d’action élaboré de façon participative pour la période 2016-2017en vue de la satisfaction de sa plateforme revendicative, dans le seul intérêt des travailleurs et des travailleuses du ministère en charge de l’action sociale.

En rappel, notre plateforme revendicative en date du 14 juillet 2016 et adressée à Madame le Ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille exigeait le traitement diligent des points suivants :

1. La dépolitisation des structures administratives du Ministère marquée par l’arrêt des nominations et des responsabilisations basées sur l’appartenance politique et de complaisance (amitié, camaraderie et copinage),

2. La valorisation du capital humain du MFSNF (compétences et formations),

3. L’application d’un management de type participatif tant au niveau central que déconcentré,

4. L’institutionnalisation de cadres de concertations entre le MFSNF et les partenaires sociaux que sont les syndicats,

5. L’instauration d’une conférence annuelle des cadres du ministère,

6. La gestion transparente des ressources des structures du MFSNF,

7. L’organisation d’un test d’intégration au profit des Inscrits sur Titre (IT) de l’Institut National de Formation en Travail Social (INFTS),

8. L’application effective des décrets portant création des services sociaux d’entreprises, d’institutions et d’ambassades et l’affectation de compétences requises pour leur opérationnalité,

9. La réhabilitation, la réfection et/ou la construction d’infrastructures adaptées pour abriter les services sociaux,

10. La dotation conséquente des structures du MFSNF en ressources matérielles, logistiques et fournitures de bureau,

11. L’octroi d’une indemnité de risque à l’ensemble du personnel du MFSNF,

12. L’octroi d’une indemnité de garde au personnel du Ministère astreint à la garde,

13. La réhabilitation de l’indemnité d’accueil et de permanence des travailleurs sociaux,

14. Renforcement conséquent des capacités humaines, financières, matérielles et logistiques des services départementaux/arrondissements,

15. Le traitement diligent des dossiers de reclassement et d’intégration des nouveaux sortis de l’INFTS avec incidence financière dans les plus brefs délais.

Après une année et selon l’agenda du Bureau National et ce en étroite symbiose avec sa base, il est envisagé de faire le point des réponses et engagements pris par les responsables du ministère depuis sa rencontre avec ceux-ci, le mardi 09 août 2016.
Devrions-nous encore revenir sur l’importance de la création du SYNAPAS, qui à n’en point douter a été la source de regain de l’éveil et du réveil de la lutte syndicale au sein de notre Ministère ? Car jusqu’en 2015 et prenant à témoin « les syndicalistes attitrés », le mouvement syndical baignait dans une somnolence voire une profonde léthargie provoquée à dessein au grand dam des intérêts des travailleurs et travailleuses.

C’est en cela que nous tirons toute notre satisfaction commune, pour l’atteinte d’un des objectifs qui tenaient à cœur, à savoir que la mise sur orbite du SYNAPAS, il y ait un regain d’engouement pour les luttes syndicales au sein du ministère et que les travailleurs et travailleuses sortent de leur torpeur pour dire non aux bavures administratives et aux comportements antisociaux des autorités, aux antipodes de tout esprit de développement d’un pays responsable, dont l’importance et la nécessité des questions sociales doivent bénéficier d’une autopsie idoine, afin d’améliorer la gouvernance en apportant des solutions idoines aux questions pertinentes et légitimes pour un secteur social plus performant.

Plusieurs défis se présentent à nous dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel de l’action sociale. En effet, ces mêmes autorités continuent toujours de semer les graines du désespoir au sein de notre ministère, à travers moult casseroles qu’elles traînent et qui s’apparentent à la rigueur des signes d’incompétence, d’essoufflement et d’un manque de vision claire depuis leur arrivée aux affaires.

Nous ne cesserons de revenir sur certains cas écœurants de nominations comme celles de Madame BADOLO, professeur certifiée, nommée à la tête du Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) qui aujourd’hui, est l’illustration parfaite d’une incompétence notoire ; on constate du « sauve qui peut » des camarades pour éviter d’être complices du naufrage programmé. Voilà donc une situation, qui malheureusement rattrape Madame le Ministre et donne raison au SYNAPAS qui aux premières heures avait attiré l’attention de l’opinion publique sur la question des nominations arbitraires basées sur le copinage et autres accointances politiques de certains responsables du département.

« Même sans espoir, la lutte est encore un espoir », disait l’Ecrivain Romain Rolland. Nous sommes donc invités, tous à poursuivre sans relâche la mise en place des Sous sections, des Sections, Coordinations et surtout à rester vigilants et mobilisés comme un seul homme pour tenir encore plus haut la flamme de la lutte en vue d’actions futures d’envergure, plus fortes, dans le seul intérêt de tout le personnel du ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille.

Pain et liberté pour le peuple !

Notre Engagement est Notre Force !

Notre Détermination est Notre Victoire !

Pour le Bureau National

Le Secrétaire Général

Sébastien OUEDRAOGO.

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Vos commentaires

  • Le 20 juillet à 19:11, par HUM
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    Bien parlé vaillants travailleurs du domaine social.Courage.Seule la lutte bien organisée raffinée et unie paie.

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  • Le 20 juillet à 19:13, par Gangobloh
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    Un parti qui arrive au pouvoir peut il laisser ses membres et nommer les membres d’un autre parti dans les postes de responsabilité ? Je pense que non. Dans les postes techniques, on peut nommer sans distinction d’appartenance politique. Sinon il n’y pas un pays démocratique ou non démocratique au monde où ne nomme ou ne previligie pas ses membres .

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  • Le 20 juillet à 19:51, par Somle
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    Soutien a votre lutte, c’t une occasion pr le SYNSTHA de reclamer l’application du protocole d’accord car périod propice

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  • Le 20 juillet à 19:52, par Mafoi
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    Heureusement que le ridicule ne tue plus dans ce pays.En tout cas j’étais mort de rire en lisant les revendications des responsables syndicaux de ce ministère bidon mais comme il faut récompenser ses ami(e)s on crée pléthore de ministères alors que dans la réalité,pour bien diriger le Faso,15 ministères suffisaient largement.En fait les affaires de ce MFSNF pouvaient être gérées par une bonne direction logée par exemple au ministère du travail.Donc conseil gratuit à notre gouvernement mouta-mouta :
    Pour casser,déstructurer toutes ces organisations anarchistes qui pullulent les ministères,il faut une profonde refonte de notre administration avec un nombre très limité de ministères tout en restant très ferme

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    • Le 21 juillet à 10:35, par Karim OUEDRAOGO
      En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

      A l’internaute ma foi, il est très grave de caractériser un ministère de bidon. En effet, le MFSNF contribue beaucoup au maintien de la paix sociale même si cela ne lui est pas reconnu. Résoudre un conflit conjugal entre un couple peut prévenir un conflit pouvant toucher des familles, voire des communautés. Grace à ce ministère le Burkina porte le flambeau africain de la lutte contre les mutilations génitales féminines. Par le travail de ses agents dévoués avec un manque de moyens, le phénomène des enfants de la rue est jugulé et la société subit moins les effets de cette catégorie de jeunes.Maintenant mon éducation et ma profession m’interdit de vous qualifier d’individus bidons car selon il existerait des ministères de telles contenances. Vive LE SYNAPAS !

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  • Le 21 juillet à 09:35, par kwiliga
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    "La création du SYNAPAS, est une réponse à l’appel incessant de l’ensemble du personnel social et partant du peuple burkinabè tout entier, épris de justice et de paix"
    Ben c’est sur, moi-même j’ai vu le peuple tout entier se lever et marcher pour revendiquer la création de votre.... syndicat ?
    "...au prix des sacrifices consentis par ses membres sur le plan physique, intellectuel et financier. Toute chose qui justifie le sens de l’engagement militant pour les causes nobles et justes."
    "1. L’octroi d’une indemnité de risque à l’ensemble du personnel du MFSNF,"
    "12. L’octroi d’une indemnité de garde au personnel du Ministère astreint à la garde,"
    "13. La réhabilitation de l’indemnité d’accueil et de permanence des travailleurs sociaux,"
    Il semble donc que les sacrifices que vous consentiez "sous Blaise" ainsi que ce militantisme acharné qui vous honorait, ne soit plus de rigueur aujourd’hui.
    Demander de meilleures conditions de travail, afin de vous rendre plus efficaces dans vos missions au service de la population du Faso, voilà qui est noble.
    Réclamer des avantages supplémentaires quant-à vos rémunérations, alors que vos fonctions mêmes vous amènent quotidiennement à côtoyer la misère, voilà qui ne vous honore point.

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  • Le 21 juillet à 12:26, par Karim OUEDRAOGO
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    Internaute Kwiliga il me semble évident que dans la déclaration que la demande de meilleures conditions de travail, afin de nous rendre plus efficaces dans nos missions au service de la population du Faso est explicite et voici quelques unes
    1. La dépolitisation des structures administratives du Ministère marquée par l’arrêt des nominations et des responsabilisations basées sur l’appartenance politique et de complaisance (amitié, camaraderie et copinage),

    2. La valorisation du capital humain du MFSNF (compétences et formations),

    3. L’application d’un management de type participatif tant au niveau central que déconcentré,

    4. L’institutionnalisation de cadres de concertations entre le MFSNF et les partenaires sociaux que sont les syndicats,

    5. L’instauration d’une conférence annuelle des cadres du ministère,

    6. La gestion transparente des ressources des structures du MFSNF,

    7. L’organisation d’un test d’intégration au profit des Inscrits sur Titre (IT) de l’Institut National de Formation en Travail Social (INFTS),8. L’application effective des décrets portant création des services sociaux d’entreprises, d’institutions et d’ambassades et l’affectation de compétences requises pour leur opérationnalité,

    9. La réhabilitation, la réfection et/ou la construction d’infrastructures adaptées pour abriter les services sociaux,

    10. La dotation conséquente des structures du MFSNF en ressources matérielles, logistiques et fournitures de bureau,
    Mais comme on ne saurait réveiller quelqu’un qui ne dort pas !

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    • Le 22 juillet à 09:34, par kwiliga
      En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

      Oui, oui, j’avais bien suivi, mais autant j’avais apprécié cet angle de votre démarche, autant les revendications personnelles et opportunistes (relativement au contexte de désordre revendicatif au sein du fonctionnariat ) me semblent déplacées et déplaisantes.
      En effet je ne dors pas, j’ai les yeux grands ouverts pour constater tous les jours avec effroi la misère qui frappe la majeure partie de la population de mon pays, je suis là, bien éveillé à souhaiter que ce ne soit qu’un cauchemar, mais non, force est de constater que l’égoïsme, l’individualisme inhérent au néo-capitalisme et à la mondialisation se sont emparé du cœur et de l’esprit de la plupart des fonctionnaires de ce pays qui ne semblent plus voir la réalité du Faso et semblent incapables de lui imaginer un avenir.

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  • Le 21 juillet à 19:13, par spartacus
    En réponse à : Lutte syndicale au Burkina Faso : Le Syndicat autonome du personnel de l’action sociale annonce les couleurs

    L’internaute Ma foi se trompe et sa réaction est digne d’un parachuté dans la fonction publique.ton niveau d’instruction ne te permet pas de comprendre l’importance de ce ministère.Pour revenir à nos amis syndicats,travaillez d’abord à être crédibles dans nos actes en tant que membre d’un syndicat mais aussi et surtout en tant qu’agent.

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