Burkina Faso : Ephémère excursion à la mare aux hippopotames de Bala

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • mercredi 5 juillet 2017 à 09h41min

Satiri, commune située à une soixantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, abrite un bout de paradis classé « réserve de Biosphère » par l’Unesco en 1987. C’est d’ailleurs la plus petite de l’Afrique de l’Ouest avec ses 19 200 hectares. A Bala, un village de la localité, plus de 70 hippopotames règnent en maîtres dans la mare. Nous y avons fait un tour, ce mardi juillet 2017, avec quelques journalistes en marge d’un voyage de presse organisé par l’Office national des télécommunications (ONATEL).

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Burkina Faso : Ephémère excursion à la mare aux hippopotames de Bala

En faisant ce détour à partir de la route nationale n°10 (axe Bobo-Dioulasso – Dédougou) nous pensons aller à la découverte d’un pylône de l’ONATEL. Sur une route dégradée à travers une forêt verdoyante, la nature se laisse aisément démystifier à travers ses collines, arbres géants et termitières sous forme de champignons. Les secousses provoquent au passage des sursauts « patriotiques », interrompant ainsi la lecture des uns et le sommeil profond des autres. Après un trajet d’une demi-heure, nous voici à la réserve de la biosphère de Satiri. Très vite, nous sommes frappés par le calme olympien des lieux qui contraste avec le vrombissement des moteurs et des klaxons des véhicules aux heures de pointe à Ouagadougou, la « belle et fière » capitale du Burkina Faso. A cela s’ajoute la fraîcheur en provenance des plantes dont les noms scientifiques peuvent vous faire perdre votre latin.

Ici comme partout ailleurs dans les réserves protégées du pays, tout visiteur doit observer certaines règles. Il est formellement interdit de jeter par terre tout plastique ou produit liquide polluant, de cueillir des plantes ou de couper des branchages. Si la chasse est interdite, la pêche, elle, n’est admise qu’après l’autorisation du poste forestier. Toutes ces consignes sont rappelées au voyageur d’un jour. En profane, il doit respecter ces lieux, presque sacrés, au risque de se voir infliger une lourde amende en cas de violation.

Ici vivent des hippopotames, des mammifères semi-aquatiques qui peuvent peser jusqu’à 4 tonnes et sont réputés être très territoriaux malgré leur air débonnaire. Il ne faut pas s’en approcher. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les piroguiers que nous avons rencontré ont hésité un instant avant de nous conduire au « QG » des pachydermes.

Un quart d’heure après notre arrivée, nous embarquons sur une pirogue qui tangue au moindre mouvement brusque. La peur de chavirer se lit sur le visage de certains passagers alors que d’autres plus détendus essaient à leur manière de rendre cette excursion plus zen. Arrivés au beau milieu de la mare largement couverte d’Azolla Africana – une plante de couleur rouge comestible par les hippopotames – les piroguiers nous demandent le silence. Les hippopotames ne sont plus loin. D’ailleurs l’on aperçoit quelques bulles remonter à la surface de l’eau à quelque trente mètres de nous.

Un peu plus de patience et l’un des pachydermes sort sa tête de l’eau. Sans doute veut-il nous intimider et nous éloigner de son territoire. Rappelons au passage que l’hippopotame, bien qu’étant le deuxième plus gros mammifère derrière l’éléphant, peut atteindre une vitesse de pointe de 40km/h sur terre et de 8km/h sous l’eau. Pas d’imprudence alors. Aussitôt les naseaux visibles, le crépitement de nos appareils photos retentissent et ramènent ce « cheval des rivières » au fond des eaux. Le plaisir n’a duré que quelques minutes mais il valait la peine d’être vécu.

Les journalistes restés sur la rive par peur ou par prudence n’ont pu profiter de l’éphémère spectacle et ressentir la montée d’adrénaline. Impatients, ils attendaient notre retour, curieux de voir les quelques images, bien que lointaines, de ces hippopotames qui ont été pendant longtemps la cible des braconniers.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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