Lutte contre la malnutrition : Les parlementaires ne veulent plus se « contenter des réponses d’urgence »

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • jeudi 29 juin 2017 à 00h22min

Initié par l’Union interparlementaire (UIP) et l’UNICEF, en collaboration avec Alive &Thrive et le soutien de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, le séminaire sous- régional sur la promotion de la nutrition infantile en Afrique de l’Ouest et du Centre, s’est ouvert ce mardi 27 juin à Ouagadougou. Cette rencontre qui se déroule jusqu’au 29 juin 2017, vise une meilleure compréhension de la problématique de malnutrition, afin d’aboutir à un meilleur engagement de l’ensemble des acteurs pour contrer ce fléau.

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Lutte contre la malnutrition : Les parlementaires ne veulent plus se « contenter  des réponses d’urgence »

‘’ La malnutrition, ça ne veut pas dire que je n’ai rien dans mon assiette. Je peux avoir une grosse portion de tô, mais si la sauce qui accompagne le tô n’est pas riche en nutriments, ce tô va me remplir le ventre (…) mais il ne va pas me permettre de grossir et de grandir correctement et à mon cerveau de se développer correctement ‘’ a noté la représentante de l’UNICEF, Anne Vicent, soulignant qu’il faut différencier alimentation et nutrition.

En effet, les chiffres sont alarmants. Au Burkina Faso, un enfant sur 3 souffre de la malnutrition. Et selon les estimations de l’UNICEF, chaque année, environ 1 million d’enfants de moins de cinq ans, meurent de maladies liées à la malnutrition dans les régions d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

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Anne Vincent, représentante de l’UNICEF

Problème majeur de santé publique, ce fléau affecte sous sa forme chronique (retard de croissance), le développement de près de 155 millions enfants dans le monde, 52 millions enfants de moins de 5 ans sous sa forme aigüe sévère ou émaciation et près de 2 milliards de personnes pour toutes les carences liées aux micronutriments. Une autre forme de sous-nutrition à laquelle on pense moins dans nos pays, selon la représentante de l’UNICEF, est le surpoids. « L’obésité morbide touche près de 41 millions d’enfants dans le monde. Les enfants en surpoids sont en forte augmentation dans le monde, particulièrement dans les régions d’Afrique de l’Ouest et du Centre » a-t-elle souligné.

La malnutrition chronique, un frein au développement du pays

La sensibilisation sur cette forme de malnutrition, difficile à repérer, est d’ailleurs l’objet de la présente rencontre. Pour docteur Anne Vincent, il y a nécessité d’agir car le développement du cerveau de l’enfant se fait durant les 1000 premiers jours de son existence (de la conception jusqu’à l’âge de deux ans).

« Le cerveau de 2 ans représente 75 % du cerveau d’un adulte. Tout ce qui se produit entre la conception et le deuxième anniversaire a des conséquences sur la vie de la personne. Les enfants qui ont un retard de croissance ont un déficit de quotient intellectuel qui peut aller entre 10 et 13 points » a-t-elle expliqué.

Face à ce triste constat, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, au-delà des statistiques macabres, veulent contribuer à un changement de paradigme, voire de politique, selon le président de l’Assemblée Nationale du Burkina, Salifou Diallo. Pour lui, la nutrition est une arme de développement économique pour nos Etats. Cela consiste notamment, à placer la nutrition des enfants et de leurs mères au cœur des politiques publiques de santé et de protection sociale, dans une approche multisectorielle, une condition sine qua non pour un développement durable et une lutte conséquente contre la pauvreté.

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Amadou Cissé, représentant le président de l’UIP

Et la représente de l’UNICEF de renchérir qu’il faut une politique et une stratégie multisectorielle de la nutrition, impliquant l’ensemble des acteurs. A titre d’exemple, dit-elle, chaque pays doit développer un plan multisectoriel comportant des interventions à fort impact nutritionnel dans chaque secteur. « Il faut que chaque ministère ait un point focal nutrition, une ligne budgétaire pour les interventions dites sensibles » a-t-elle soutenu.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale a tenu à préciser que si des progrès ont été enregistrés ces dernières années au Burkina, la bataille pour une nutrition de l’enfant et de la mère reste liée au développement global de notre pays et tant que ce phénomène de la malnutrition ne sera pas éradiqué, nous allons subir les avantages au plan économique et social. « En 2006, on était à 42 % d’enfants malnutris et aujourd’hui, nous sommes à 27% mais ce chiffre cache des disparités régionales dans notre pays et toujours est-il qu’on peut considérer qu’en enfant sur 3 au Burkina Faso est malnutri et cela impacte sur notre économie. Il y a une baisse du PIB de 7 points » a-t-il reconnu.

Conviant l’ensemble des Etats à conjuguer leurs efforts, le représentant du président de l’Union interparlementaire, Amadou Cissé, a rappelé que l’UIP s’est toujours engagée à appuyer les parlements dans les efforts visant à promouvoir le droit de l’enfant. Adama Thiombiano, le Directeur pays de Alive & Thrive Burkina Faso pour sa part, a invité l’ensemble des partenaires à ne pas lésiner les moyens pour venir à bout de ce fléau. Notons que la présente rencontre qui réunit 20 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, connait la participation du Mouvement scaling Up nutrition (SUN).

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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