Education : La région du Centre-Est veut en finir avec les infrastructures éducatives sous paillotes

LEFASO.NET | Par Nicole OUEDRAOGO • dimanche 14 mai 2017 à 21h50min

Des écoles et des collèges d’enseignement général (CEG) sous paillotes, il n’en manque pas dans la région du Centre-Est. Erigées pour pallier au manque d’infrastructures scolaires, ces écoles de fortune, loin des commodités des salles classiques, ne réunissent pas toutes les conditions nécessaires à l’apprentissage de l’élève et à l’accomplissement de la mission de l’enseignant.

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Education : La région du Centre-Est veut en finir avec les infrastructures éducatives sous paillotes

Trois hangars à peine couverts de pailles, de sachets, complétés de sac de riz en guise de bâches, clôturés de seccos, avec un tableau de classe sur chevalet. Nous sommes au Collège d’enseignement général de Zano, localité située à une quinzaine de kilomètres de la commune de Tenkodogo, sur l’axe Bittou-Tenkodogo. Là, nous avons découvert un CEG sous abris précaire.

Fort de ses 252 élèves et 3 enseignantes, le CEG abrite trois salles de classe, notamment des classes de 6ème, 5ème et 4ème, à l’intérieur desquelles , s’entassent 3 à 4 élèves par table banc. « C’est assez difficile d’étudier dans ces conditions. Il manque des tables bancs, les bâches sont déchirées, les paillotes sont couteux, il y a trop de soleil et chaque fois, nous sommes obligés de déplacer les tables bancs à la recherche de l’ombre » fulmine Safiatou Kéré, une élève de la classe de 4ème.

Et que dire de ces jeunes enseignantes qui doivent braver le danger : « Plusieurs fois, j’ai retrouvé des serpents à l’entrée de la classe » a confié Neïmatou Ilboudo/ Ouédraogo, professeur d’anglais. Puis de poursuivre : « On est dans des réalités qu’on ne croyait pas du tout, pas de salles de classe, trop d’ouvertures, beaucoup de vent, surtout durant le mois de février. Nous sommes obligées de crier pour nous faire entendre. Le nombre pléthorique des élèves est aussi une grande difficulté, parce qu’il n’est pas évident de les surveiller lors des devoirs ».

Koumbou Victorine Bassolet/ Denné, professeur d’histoire –géographie et de français ne dira pas le contraire. Dans cette école de fortune, où elle assure la formation de l’élite burkinabè de demain, dame Bassolet dit craindre une baisse des performances de l’enseignant en raison des mauvaises conditions de travail. ‘’ Les élèves ne disposent pas de manuels scolaires et il très difficile d’épuiser le programme. Et vu l’état des salles de complexe, nous n’arrivons pas à assurer la discipline. Certains quittent ou rentrent dans les salles de classe sans que nous nous en rendions compte ».

Et si les élèves ne disposent pas encore de salles de classe, ce n’est pas l’administration qui peut s’offrir le luxe de disposer d’un bureau. A Zano, c’est un magasin qui sert à la fois de bureau au directeur du lycée, au surveillant et à l’économe. A ce sujet, l’économe Rébecca Minoungou nous confiera que le fameux bureau appartient au directeur du lycée, qui a bien voulu mettre son local à la disposition de ses collaborateurs.

Une école classique à la rentrée prochaine ?

A Zano, ce CEG sous paillotes sera bientôt un souvenir. En effet, sur le même terrain, pousse une école classique de 4 salles. Débuté en novembre 2016, le chef de chantier, Hermann Tougma, promet de remettre les clés du bâtiment d’ici la rentrée prochaine. Et si la finition des travaux était d’abord annoncée pour mars 2017, monsieur Tougma justifie son retard par l’indisponibilité des ouvriers et l’absence de moyens financiers. « Nous allons terminer les gros œuvres d’ici la fin de la semaine. Les élèves seront dans les salles de classe à la rentrée prochaine » a-t-il rassuré.
Un magasin de céréales transformé en salle de classe

Au CEG de Silenga, dans la commune d’Andemtenga, le constat est encore plus triste. Les élèves de la classe de 6ème, au nombre de 54, reçoivent leurs cours dans un magasin de céréales offert par les habitants du village. Ceux de la 5ème dans une classe sous paillotes, et les élèves en classe de 4ème, dans le seul local dont dispose le CEG. A ce propos, le directeur Mimetiri Birba confie avoir trouvé à son arrivée en 2015, seulement 1 table et 12 tables bancs. Le reste, dit-il, il a fallu emprunter à deux écoles primaires du village. Des difficultés, monsieur Birba ne tarde pas à nous en énumérer. « Je ne sais pas par où commencer. Non seulement, il n’y a pas de salle de classe, il n y a pas de bureau pour l’administration. Notre bureau, c’est juste un table banc que nous avons déposé derrière le magasin » a-t-il lancé, consterné. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

P.-S.

Légende :
1 ou 2 : Quand le soleil ardent transperce les bâches déchirées, les élèves sont obligés de déplacer les tables bancs
3 : Une vue de la classe de 6ème du CEG de Zano
4 : Koumbo Victorine bassolet explique ses difficiles conditions de travail
5 : le directeur du CEG de Silenga dans le bureau réservé à l’administration

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Vos commentaires

  • Le 15 mai à 21:28, par Amadoum
    En réponse à : Education : La région du Centre-Est veut en finir avec les infrastructures éducatives sous paillotes

    C’est ca aussi notre bien aime Burkina Faso !

    D’aucuns dissent que nos enfants sont notre avenir, mais les images et l’histoire de cette ecole m’attristent et me font remetttre en question cete idee. Comment cela va t-il se passer avec des ecoliers et des enseignants dont le quotidien n’est que des tenebres ?
    Ja’i fait le primaire dans les annees 1960s. Dans notre ecole il y avaient des fleurs que nous arrozions chaque matin et chaque soir ; nous avions des toilettes avec de l’eau courante et une cantine abondante et nutritive delivree par le Catholic Relief Service americain. Notre seul soucis, c’etait de nous concentrer sur les livres et le football.
    Malgre les difficulties majeures auxquelles font face la plupart des ecoliers Burkinabe, je n’ai aucun doute que parmis eux il y aura des professeurs, des medecins, des ingenieurs, des avocats, des policiers, des militaires, ...

    Cependant, c’est encore notre devoir et nous devons tout faire pour mettre ces enfants dans des conditions minimales pour leur premettre d’arriver a destination sans cette experience tenebreuse et traumatisante.

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