Programme YALI : Andrew Young a rencontré les 15 « ambassadeurs » burkinabè

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • mardi 9 mai 2017 à 00h10min

L’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique a rencontré, ce lundi 8 mai 2017, les quinze boursiers du programme Mandela Washington Fellowship for Young African Leaders (YALI). Au cours d’un bref entretien, le diplomate Andrew Young a prodigué un conseil à ces jeunes leaders qui séjourneront avec leurs pairs africains six à huit semaines au pays de l’Oncle Sam.

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Programme YALI : Andrew Young a rencontré les 15 « ambassadeurs » burkinabè

Lancé en 2010 par le président Barack Obama, le programme « Young African Leadership Initiative » (YALI) vise à stimuler l’engagement et l’autonomisation de jeunes leaders africains en leur offrant des formations de six à huit semaines dans les domaines suivants : business et entreprenariat, management public et leadership civique. Jusqu’en 2015, 500 jeunes de 25 à 35 ans étaient choisis chaque année sur le continent. Mais depuis 2016, leur nombre est passé à 1000. Le quota par pays ayant donc augmenté, le Burkina Faso se retrouve cette année encore avec 15 « ambassadeurs » triés parmi 350 postulants, à l’issue d’un recrutement très sélectif depuis l’inscription en ligne en passant par le test d’Anglais jusqu’à l’entretien.

Pour un mentorat des jeunes filles scientifiques

Parmi ces leaders qui ont réussi à passer entre les mailles de l’équipe de sélection, l’on retrouve Kadija Simboro, ingénieur en énergie. Première burkinabè de la cuvée « Energy Policy » (Politique énergétique), une nouvelle catégorie qui compte douze leaders cette année, elle compte, après sa formation de six semaines à l’Université de Navy, s’investir dans le montage de projets d’accès à l’énergie en milieu rural notamment grâce au solaire. Aussi, au sein de l’association Femme leaders d’Afrique dont elle est la présidente, Mlle Simboro veut continuer à accompagner les jeunes filles à s’orienter dans les filières scientifiques.

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Dr Annick SIDIBE

Cette ambition est aussi celle du Dr Sidibé Annick, épouse d’un alumni (ancien bénéficiaire du programme YALI), séduite par l’esprit combattif des Américains. De retour de l’Université du Delaware, elle envisage la création d’un réseau de femmes leaders réalisant des activités de mentorat et de tutoring des jeunes filles dans les milieux scientifiques. « Durant mes études de médecine, j’ai vu des jeunes filles arrêter leur cursus parce que stigmatisées et victimes des stéréotypes. Je veux montrer au monde qu’il est possible pour une femme d’être leader dans le milieu scientifique et d’avoir une vie de famille épanouie », clame-t-elle.

La question qu’il compte poser à Trump si l’occasion se présente

Si Sidibé Annick et Kadija Simboro sont à leur première aventure, ce n’est pas le cas pour l’informaticien, Malick Lengani et l’ingénieur en assainissement, Compaoré Frédéric. Candidats malheureux du programme YALI 2016, ils font partie aujourd’hui des huit messieurs de cette cohorte de 15 personnes. Si dès son retour des USA, le premier nourrit un projet d’inclusion financière qui a pour but d’étendre l’offre de l’assurance maladie à plus de Burkinabè, le second, lui, compte développer sa petite entreprise spécialisée dans les évaluations des impacts environnementaux afin de lutter contre le chômage. Ce chômage-là qui étreint la jeunesse burkinabè et que l’administrateur civil, Corneille Bamogo, voudrait combattre aussi en contribuant à la création d’un fonds pour l’entrepreneuriat. Et si l’occasion se présente, Compaoré Frédéric compte bien poser une question au président Donald Trump : « Pourquoi les Etats africains sont toujours à la traine en matière de développement » ?

« Soyez curieux »

Au cours du bref entretien qu’il a eu avec les quinze jeunes leaders, l’Ambassadeur des Etats-Unis s’est dit très impressionné par le travail des alumni au Burkina depuis quelques années, notamment dans le domaine de l’environnement, de la promotion des droits de la jeune fille et de la femme, des technologies de l’information et de la communication. Et il espère que la présente cuvée va suivre les pas de leurs ainés. Le YALI étant un rendez-vous du donner et du recevoir, il les a invité à partager leurs expériences avec les Américains et à être toujours curieux car « même si les Américains ne sont pas connus pour leur connaissance du monde au-delà de leur géographie, ils ont un esprit assez ouvert ».

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 mai à 08:21, par Truth
    En réponse à : Programme YALI : Andrew Young a rencontré les 15 « ambassadeurs » burkinabè

    Compaoré Frédéric, à la question de savoir pourquoi les Africains sont à la traine en matière de développement, la réponse est simple. Moi, je dirai que les dirigeants Africains sont très égoïstes et méchants. Dès qu’ils sont au pouvoir, ils ne pensent qu’a se remplir les poches au détriment de la masse. Ils pillent nos ressources pour les déposer dans les banques Européennes et Américaines. Ces ressources auraient pu contribuer au développement de l’Afrique en créant des Universités de renommées internationales, des universités de recherches ou le développement des pays Africains serait pensé et mis en œuvre. Les exemples sont légions. Je n’ai donné qu’un exemple parmi tant d’autres.

    Quant à Trump, il avait déjà répondu à cette question. Il te dira juste que les Africains sont paresseux. Je suggérerais que tu lui pose une autre question plus pertinente. En tous cas, bon sejour à vous au pays de l’oncle Sam. Soyez curieux surtout ! Les Américains sont beaucoup limités en matière de géographie, de connaissance des autres peuples. Good luck to you all !

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    • Le 11 mai à 11:18, par Zambrotte
      En réponse à : Programme YALI : Andrew Young a rencontré les 15 « ambassadeurs » burkinabè

      Cher monsieur ou madame Truth, merci pour votre contribution qui dépeint une triste réalité des pays africains. Concernant ma question au président Trump, il faut la voir plutôt d’un point de vue stratégique ; en effet, je souhaite avoir son point de vue de la politique de développement des pays africains. Même quand on est un bourreau du travail, c’est sa politique de développement oriente les efforts.

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